Pour les maraîchers français, l’été 2026 ne se résume pas à quelques légumes moins beaux sur les étals. La succession des vagues de chaleur depuis la fin du printemps, le déficit hydrique et les températures parfois très élevées ont provoqué des pertes de rendement, des déclassements, des destructions de plants et surtout un problème moins visible : dans plusieurs régions, il est devenu difficile, voire impossible, de remettre certaines cultures en terre. Le premier bilan national évoquait déjà 25 à 30 % du potentiel de récolte perdu en juillet. Depuis, les constats de terrain ont confirmé une situation très hétérogène, avec des pertes qui atteignent parfois 50 %, 60 % ou davantage selon les légumes et les bassins de production.
Il faut d’abord revenir au début de l’été pour comprendre l’ampleur du problème. Le 10 juillet, alors que la troisième vague de chaleur de la saison était encore en cours, Légumes de France estimait déjà entre 25 et 30 % la perte du potentiel de récolte maraîcher. Ce premier bilan avait été établi à partir de remontées consolidées avec Felcoop, qui représente les coopératives, et Gefel, qui regroupe des organisations de producteurs. À cette date, les situations variaient fortement selon les cultures, mais plusieurs productions affichaient déjà des niveaux de pertes très élevés.
Les salades et les jeunes pousses constituaient l’un des cas les plus préoccupants, avec des pertes estimées entre 20 et 100 % selon les exploitations et les productions concernées. Sur le papier, certaines parcelles pouvaient encore être replantées. Le problème était alors moins la disponibilité des plants que celle de l’eau. Les producteurs avaient déjà utilisé une grande partie de leurs réserves constituées avant l’été et se trouvaient confrontés à la difficulté d’arroser les nouveaux semis et les nouvelles plantations.
Le phénomène est particulièrement important pour comprendre la spécificité de 2026. Une canicule qui détruit une récolte déjà presque mûre provoque une perte immédiate. Une canicule qui empêche de replanter provoque, elle, une perte qui se prolonge plusieurs semaines plus tard. La parcelle reste disponible, mais elle ne produit plus. Le calendrier de production se retrouve ainsi décalé ou interrompu.
Les chiffres communiqués en juillet montrent cette diversité. Les premières estimations faisaient état d’environ 30 % de pertes pour les fraises, de 50 % pour les poireaux de printemps, de 20 à 30 % pour les navets et les carottes, et de 30 à 40 % pour les pois et les haricots destinés à l’industrie. Pour l’ail, les oignons et les échalotes, certaines situations atteignaient jusqu’à 100 % de pertes.
Ces chiffres ne doivent pas être transformés en moyenne nationale définitive pour chaque légume. Ils correspondent à des remontées de filière et à des situations variables selon les régions, les sols, les dates de plantation, l’accès à l’irrigation et les conditions locales. C’est justement cette dispersion qui rend le bilan national difficile à établir.
À la mi-juillet, le constat s’est toutefois nettement aggravé. Légumes de France indiquait que les pertes se comptaient déjà en milliers de tonnes par produit pour la mâche, les jeunes pousses, les salades, les carottes, les poireaux, les échalotes, l’ail et les oignons. La fédération estimait que certaines filières pouvaient atteindre jusqu’à 50 % de pertes sur leur tonnage annuel. Elle signalait également que les pertes représentaient déjà plusieurs dizaines de millions d’euros pour les organisations de producteurs concernées.
À ce stade, il ne s’agissait donc plus uniquement d’un problème de rendement. La chaleur commençait à toucher toute la chaîne de production : calendrier des plantations, disponibilité de l’eau, organisation de la main-d’œuvre, qualité des légumes, capacité des stations de conditionnement à fonctionner normalement et perspectives pour les récoltes suivantes.
Le cas des carottes est particulièrement révélateur. Dans le Cotentin et autour du Mont-Saint-Michel, où la carotte constitue une production importante, la récolte estivale a été annoncée en baisse d’environ 30 %. Les températures supérieures à 30 °C, le manque d’eau et le vent chaud ont pénalisé le développement des jeunes plants. Les difficultés n’ont donc pas seulement concerné les légumes déjà proches de la récolte : les cultures en phase d’installation ont elles aussi payé le prix fort.
Le mécanisme agronomique est assez simple. Une jeune plante possède un système racinaire encore limité. Lorsque le sol se dessèche et que la demande évaporative de l’atmosphère augmente fortement, les racines ne parviennent plus à fournir suffisamment d’eau aux parties aériennes. La plante ferme ses stomates pour limiter les pertes d’eau, ce qui réduit aussi les échanges gazeux nécessaires à la photosynthèse. Si le stress se prolonge, la croissance ralentit puis s’arrête. Dans les situations les plus sévères, le plant meurt.
La température intervient elle aussi directement. Une plante ne souffre pas uniquement parce que le sol est sec. Les températures élevées perturbent différents processus physiologiques : photosynthèse, respiration, développement des fleurs, fécondation et croissance des fruits. Chez certaines espèces, le stress thermique peut donc réduire la production même lorsqu’un apport d’eau reste possible.
Les tomates illustrent bien cette difficulté. Dans certaines exploitations, les fleurs ont subi des températures trop élevées au moment de leur développement ou de leur fécondation, ce qui a provoqué des avortements floraux et donc moins de fruits. Dans l’Oise, une productrice citée par Le Monde estimait ainsi sa production de tomates en baisse de 40 %, après la destruction des premières fleurs par la chaleur.
L’irrigation n’a donc pas constitué une protection absolue. C’est un point important du bilan 2026. Un maraîcher peut disposer d’un système d’irrigation et subir malgré tout une baisse importante de production. L’eau apportée au sol ne corrige pas automatiquement les effets d’une température excessive sur la floraison, la pollinisation ou le fonctionnement physiologique de la plante.
Cela explique aussi pourquoi la question de l’eau ne peut pas être résumée à la seule présence ou absence d’un réseau d’irrigation. Il faut disposer d’une ressource suffisante au bon moment, pouvoir l’utiliser dans le respect des restrictions en vigueur, avoir un sol capable de retenir une partie de l’eau et disposer d’un système permettant de distribuer cette eau efficacement.
Dans les cultures maraîchères, quelques jours peuvent suffire pour modifier complètement le résultat d’une parcelle. Un jeune plant repiqué juste avant une période de forte chaleur peut subir un stress très important. Si la reprise racinaire ne se fait pas correctement, une partie du travail de plantation est perdue. Si les conditions restent sèches, le producteur peut hésiter à replanter, car il risque de consommer une nouvelle quantité d’eau pour une culture dont la survie reste incertaine.
C’est précisément ce qui a inquiété la profession à partir de juillet : la capacité à produire les légumes des semaines et des mois suivants.
Dans certaines zones, les semis destinés aux productions d’automne ont été fortement pénalisés. Les carottes, notamment, ont connu des semis brûlés dans plusieurs secteurs. Les sols très secs et parfois très durs compliquaient aussi l’implantation et l’arrachage de certaines cultures.
Le problème s’est donc déplacé dans le calendrier. L’été a détruit une partie des récoltes immédiates, mais il a aussi préparé des difficultés pour l’automne.
Les salades et les poireaux en sont de bons exemples. Après un repiquage, la plante doit rapidement reconstituer son système racinaire dans son nouvel environnement. Un sol trop sec ou trop chaud ralentit cette reprise. Les salades peuvent également monter rapidement à graines sous l’effet de fortes températures. Leur qualité commerciale se dégrade alors : la plante quitte sa phase végétative pour passer à la reproduction.
Pour un producteur, une salade montée à graines n’est pas simplement une salade moins jolie. Elle peut devenir impropre à la commercialisation parce que sa texture et son goût ne correspondent plus au produit attendu.
Les pertes ne sont donc pas uniquement mesurées en kilos récoltés. Il faut aussi compter les produits déclassés, les légumes qui ne correspondent plus aux calibres commerciaux, les parcelles qu’il faut ressemer, le temps de travail supplémentaire et les récoltes qui arrivent au mauvais moment.
Dans le bassin breton, les données communiquées en août montrent à quel point les écarts peuvent devenir importants selon les espèces. Prince de Bretagne, qui rassemble plus de 1 300 maraîchers adhérents au sein de trois organisations de producteurs, faisait état de pertes dépassant 25 % pour la courgette, 40 % pour les petits pois et 60 % pour les brocolis, tandis que l’artichaut connaissait des pertes comprises entre 50 et 100 % selon les situations.
Ces chiffres concernent un bassin de production déterminé et ne doivent donc pas être présentés comme le bilan de tous les maraîchers français. Ils montrent toutefois l’ampleur des écarts entre les cultures et les régions.
L’un des aspects les plus inhabituels de 2026 tient justement à l’étendue géographique des difficultés. Dans une année climatique moins homogène, une région peut parfois compenser les problèmes rencontrés dans une autre. Cette année, les professionnels interrogés par Le Monde ont décrit une situation simultanée dans plusieurs grands bassins légumiers, notamment dans les Hauts-de-France, en Bretagne et dans le Sud-Ouest. Cette simultanéité limite les possibilités de compensation entre régions.
Pour les légumes destinés à la transformation, la situation a aussi été compliquée. Les pois et haricots d’industrie avaient déjà été estimés en baisse de 30 à 40 % dans le premier bilan de juillet. Pour ces productions, le calendrier de récolte est particulièrement précis, car les usines de transformation doivent organiser leurs chaînes en fonction des volumes disponibles. Une baisse importante de rendement peut donc modifier l’organisation industrielle en plus de réduire le revenu du producteur.
La chaleur a également changé les horaires de travail.
Lorsque les températures deviennent très élevées l’après-midi, les récoltes peuvent être avancées tôt le matin. Certains producteurs ont dû modifier les horaires des salariés et travailler dans des conditions plus difficiles. Dans l’Aisne, des producteurs de légumes ont témoigné de récoltes effectuées à des horaires inhabituels et d’un recours supplémentaire à la main-d’œuvre pour l’irrigation.
Pour un maraîcher, arroser davantage ne signifie pas seulement consommer davantage d’eau. Il faut aussi du temps, du matériel, de l’électricité ou du carburant, de la surveillance et de la main-d’œuvre. Lorsque les températures restent très élevées plusieurs jours, l’arrosage devient une activité quasi permanente pour certaines cultures sensibles.
La chaleur peut aussi accélérer la dégradation des produits après récolte. La température du légume au moment de la récolte influence sa conservation. Une récolte réalisée sous une forte chaleur doit être refroidie rapidement lorsque l’espèce le nécessite. Le maintien de la chaîne du froid devient donc plus contraignant lorsque l’air extérieur est lui-même très chaud.
Cela peut contribuer à expliquer pourquoi la qualité commerciale devient un enjeu aussi important que le rendement.
À la rentrée, le bilan reste toutefois impossible à résumer par un seul pourcentage national définitif. Les cultures ne se récoltent pas toutes au même moment et certaines productions ont encore évolué après les premiers constats de juillet. Les organismes professionnels poursuivent leurs remontées de terrain et les situations restent très différentes selon les exploitations.
Une enquête menée auprès de fermes biologiques des Hauts-de-France apporte un autre éclairage localisé. Elle estime les pertes du maraîchage à 30 à 50 % en moyenne sur les principaux légumes, avec certaines séries de carottes, choux, betteraves, épinards ou haricots perdues à 100 %. Les tomates, concombres et courgettes ont pu continuer à produire, mais avec des rendements et une régularité affectés par les avortements floraux, les brûlures et une forte pression des acariens.
Là encore, ces données concernent les fermes enquêtées dans les Hauts-de-France et ne peuvent pas être extrapolées à l’ensemble de la France. Elles montrent cependant que les effets de la chaleur ne se limitent pas à la disponibilité de l’eau.
Les ravageurs peuvent aussi profiter de conditions chaudes et sèches. Les acariens, par exemple, apprécient généralement les atmosphères chaudes et sèches. Le stress hydrique affaiblit par ailleurs les plantes et peut modifier leur sensibilité à différentes agressions. Le producteur doit alors gérer simultanément l’irrigation, la protection des cultures et la chaleur.
La facture finale dépasse donc largement la valeur des légumes non récoltés.
Il faut ajouter le coût des plants remplacés, des semences perdues, du temps de travail supplémentaire, de l’irrigation, des interventions phytosanitaires lorsque celles-ci sont nécessaires, des déclassements et des surfaces qui restent improductives.
Pour une petite exploitation diversifiée, une perte de 30 ou 40 % sur une culture peut parfois être compensée partiellement par une autre production. Mais si plusieurs légumes sont touchés simultanément, cette diversification perd une partie de son rôle d’amortisseur.
C’est l’un des enseignements majeurs de l’été 2026 : la répétition des épisodes de chaleur au cours d’une même saison augmente le risque de subir plusieurs pertes successives sur les mêmes parcelles.
Une première vague peut endommager les cultures en place. Une deuxième peut empêcher la reprise. Une troisième peut détruire les plantations suivantes. Lorsque les épisodes sont séparés par des périodes trop courtes pour permettre au sol et aux plantes de récupérer, le bilan devient cumulatif.
La profession a donc désormais les yeux tournés vers l’automne.
La question n’est pas seulement de savoir combien de légumes ont été perdus entre juin et août. Il faut aussi regarder ce que les producteurs ont pu remettre en terre et ce qui pourra effectivement être récolté dans les prochaines semaines.
Pour certaines cultures, la fenêtre de plantation est relativement courte. Si elle est manquée à cause d’un sol trop sec ou de températures excessives, le producteur ne peut pas simplement décaler la récolte de quelques semaines. Le calendrier biologique de la plante, la durée du jour et les températures automnales imposent leurs propres limites.
C’est ce qui explique les inquiétudes exprimées dès juillet par la profession et par le ministère de l’Agriculture sur la disponibilité future de certaines productions. La question était alors de savoir si les maraîchers pourraient suffisamment replanter après les premières pertes.
Le bilan économique commence lui aussi à apparaître.
Une réduction de l’offre française peut provoquer des tensions sur certains marchés, mais il serait excessif d’affirmer que tous les légumes vont manquer ou que tous les prix vont augmenter dans les mêmes proportions. Les marchés restent influencés par les importations, les disponibilités européennes, les calendriers de production et la demande des consommateurs.
Légumes de France signalait dès juillet que les difficultés ne concernaient pas uniquement la France et que les possibilités de recours aux importations européennes pouvaient elles aussi être limitées.
Cette dimension européenne compte beaucoup. Si plusieurs grands bassins producteurs connaissent simultanément une baisse de rendement, l’importation peut devenir moins facile ou plus coûteuse. Mais chaque légume possède son propre marché et son propre calendrier. Il n’existe donc pas de « prix de la canicule » applicable à l’ensemble du rayon fruits et légumes.
Le bilan des maraîchers français à la mi-septembre peut finalement être résumé par quelques ordres de grandeur, mais aussi par beaucoup de nuances.
| 🌱 Production | 📊 Donnée disponible en 2026 | 📍 Portée du chiffre |
| 🥬 Potentiel maraîcher | −25 à −30 % | Première estimation nationale de la profession, juillet |
| 🥗 Salades et jeunes pousses | −20 à −100 % | Situations remontées en juillet |
| 🍓 Fraises | ≈ −30 % | Première estimation de filière |
| 🥕 Carottes | −20 à −30 % au premier bilan ; ≈ −30 % dans le bassin Mont-Saint-Michel/Cotentin | Selon régions et périodes |
| 🥬 Poireaux de printemps | ≈ −50 % | Première estimation de filière |
| 🌱 Pois et haricots d’industrie | −30 à −40 % | Première estimation de filière |
| 🧅 Ail, oignons, échalotes | Jusqu’à −100 % | Certaines situations remontées |
| 🥒 Courgettes | > −25 % | Prince de Bretagne, bassin breton |
| 🟢 Petits pois | ≈ −40 % | Prince de Bretagne |
| 🥦 Brocolis | ≈ −60 % | Prince de Bretagne |
| 🌿 Artichauts | −50 à −100 % | Prince de Bretagne |
| 🥬 Maraîchage bio Hauts-de-France | −30 à −50 % en moyenne | Enquête régionale, principaux légumes |
| 🥕 Certaines séries semées en bio | Jusqu’à −100 % | Enquête Hauts-de-France |
Ces données racontent donc une histoire beaucoup plus complexe qu’un simple « été catastrophique ». Les pertes ont été très variables, parfois modérées sur certaines exploitations et très fortes sur d’autres. L’accès à l’eau, le type de sol, la date de plantation, la variété, la protection des cultures, l’ombrage et la capacité à irriguer ont fait varier considérablement les résultats.
Mais un point ressort nettement : l’eau seule ne suffit pas lorsque la température devient trop élevée. Une plante correctement irriguée peut tout de même subir des problèmes de floraison, de fécondation, de croissance ou de qualité. À l’inverse, une bonne réserve en eau peut permettre à certaines parcelles de mieux résister lorsque les températures restent dans des limites supportables.
Pour les maraîchers, la réflexion pour les prochaines années porte donc sur plusieurs leviers à la fois : choix variétal, calendrier de plantation, amélioration de la matière organique des sols, couverture des sols, ombrage, serres mieux ventilées, filets, irrigation plus précise, récupération de l’eau et adaptation des rotations.
L’enjeu est également de réduire le nombre de situations où le producteur doit choisir entre arroser une culture déjà en place et conserver suffisamment d’eau pour les plantations suivantes.
L’été 2026 aura ainsi servi de test grandeur nature pour de nombreuses exploitations. Certaines techniques ont fonctionné, d’autres ont montré leurs limites. Les producteurs ont pu constater qu’une stratégie efficace lors d’une canicule courte n’est pas nécessairement suffisante lorsque plusieurs vagues se succèdent avec peu de pluie entre elles.
Le bilan n’est donc pas seulement celui des récoltes perdues. C’est aussi celui des méthodes de production qui ont résisté, de celles qui ont échoué et des investissements qui deviennent nécessaires.
À la mi-septembre, il reste encore des cultures à récolter et des conséquences économiques à mesurer. Les chiffres disponibles permettent déjà de constater une dégradation importante de plusieurs productions, mais il serait prématuré de transformer les premières estimations par culture en un bilan financier national définitif du maraîchage.
Une chose est en revanche bien documentée : les canicules de 2026 ont provoqué des pertes importantes dans de nombreuses productions légumières françaises, avec des situations pouvant aller de quelques dizaines de pour cent à des pertes quasi totales sur certaines parcelles ou séries. Les difficultés ont touché à la fois les récoltes de l’été et la mise en place des productions suivantes.
Et c’est probablement ce deuxième aspect qui laissera la trace la plus durable dans les exploitations. Une récolte perdue représente une saison difficile. Une succession de récoltes perdues, de plantations ratées et de coûts d’irrigation plus élevés commence à modifier l’équilibre économique de l’exploitation.
Pour les maraîchers, le véritable bilan de la canicule 2026 ne sera donc pas terminé lorsque les dernières tomates auront quitté les serres ou lorsque les derniers légumes d’été auront disparu des parcelles. Il faudra encore mesurer les cultures d’automne, les charges supplémentaires, les investissements réalisés et surtout la capacité des exploitations à repartir pour la campagne suivante.
L’été aura laissé derrière lui des parcelles moins productives, des calendriers bouleversés et, dans certaines régions, une question très concrète : comment produire normalement lorsque la météo ne laisse plus suffisamment de temps entre deux épisodes extrêmes pour remettre la terre en état ?
C’est cette question, plus encore que le chiffre spectaculaire d’une perte donnée, qui résume le mieux le bilan des maraîchers français en 2026.




