« Le jour du dépassement » est atteint, à partir de ce 30 juillet.

The coast of the Pacific Ocean under the cloudy sky of the Southern Hemisphere. Australia. The picture is made by the fisheye lens. The concept of active and photo-tourism
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Ce 30 juillet marque le « Jour du dépassement » (Earth Overshoot Day). À compter d’aujourd’hui, l’humanité a consommé la totalité des ressources biologiques que la Terre est capable de régénérer en une année civile. Durant les cinq mois restants, nous vivons symboliquement à « crédit écologique ».

Comment est calculée cette date ?

Calculée chaque année par l’ONG internationale Global Footprint Network, cette date repose sur le rapport entre la biocapacité de la planète et l’empreinte écologique humaine :

Jour du déassement=(Empreinte écologique de l’humanitéˊBiocapaciteˊ de la Terre​)×365

La biocapacité : La capacité des écosystèmes (forêts, océans, terres agricoles, pâturages) à produire de la matière biologique renouvelable et à absorber nos déchets (notamment le CO2​).

L’empreinte écologique : L’ensemble des ressources naturelles prélevées pour nous nourrir, nous loger, nous déplacer et fabriquer nos biens, additionné aux surfaces nécessaires pour capter le carbone émis.

À notre rythme actuel, il faudrait environ 1,73 Terre pour subvenir durablement aux besoins de la population mondiale.

L’évolution historique du dépassement : sans cesse raccourci

Ce seuil critique est franchi de plus en plus tôt au fil des décennies :

  • 1972 : 31 décembre (l’équilibre était encore presque préservé).

  • 1990 : 23 octobre.

  • 2010 : 7 août.

  • Aujourd’hui : fin juillet.

Depuis les années 1970, l’humanité accumule une dette écologique structurelle. Le plateau relatif constaté depuis une quinzaine d’années ne traduit pas une baisse significative de nos prélèvements, mais plutôt une stagnation à un niveau de pression environnementale historiquement élevé.

Les facteurs principaux de ce déficit

  • L’empreinte carbone : Elle représente la part la plus importante du dépassement. Nos émissions massives de gaz à effet de serre excèdent largement ce que les puits de carbone naturels (forêts et océans) peuvent absorber.

  • L’agriculture et l’élevage intensifs : La sur exploitation des terres dégrade les sols, épuise les nappes phréatiques et accélère le déboisement au profit de monocultures ou d’espaces de pâturage.

  • La surpêche et la déforestation : Le rythme de prélèvement du bois et de captures de poissons dépasse les cycles naturels de reproduction et de repousse.

  • Un modèle économique linéaire : Le schéma traditionnel « extraire, fabriquer, jeter » accélère la destruction des stocks de matières premières non renouvelables.

Quelles sont les conséquences concrètes ?

Vivre à crédit n’est pas sans impact immédiat :

Dégradation du capital naturel : Érosion des sols, fonte des glaciers, perte accélérée de la biodiversité et effondrement de certaines populations animales (ex. stocks halieutiques).

Dérèglement climatique : L’accumulation de CO2​ dans l’atmosphère accentue la fréquence et la violence des épisodes extrêmes (sécheresses, canicules, incendies géants, inondations).

Tensions socio-économiques : La raréfaction de ressources essentielles comme l’eau douce ou les terres arables engendre de l’inflation sur les denrées alimentaires et alimente les conflits.

Comment faire reculer la date (#MoveTheDate) ?

Les solutions techniques, économiques et comportementales existent déjà pour faire reculer cette échéance :

Décarboner l’énergie : Diviser par deux les émissions de CO2​ issues des énergies fossiles permettrait à lui seul de faire reculer le Jour du dépassement de près de trois mois.

  • Transformer le système alimentaire : Réduire la consommation globale de viande, lutter contre le gaspillage alimentaire (1/3 de la nourriture est perdue ou jetée) et développer l’agroécologie.

  • Repenser les villes et la mobilité : Développer massivement les transports en commun, privilégier la mobilité douce et isoler le bâti existant.

  • Passer à une économie circulaire : Éco-concevoir les objets, favoriser la réparation, le réemploi et le recyclage systématique pour limiter la pression sur les matières premières vierges.