Septembre 2026 ne sera pas un mois de transition tranquille pour les amateurs de ciel et de sciences. Après un mois d’août marqué par l’éclipse solaire totale du 12 août et l’éclipse lunaire partielle des 27-28 août, le ciel se calme sur le plan des éclipses, mais pas sur celui de l’astronomie. Vénus croisera Spica au début du mois, Mars et Jupiter accompagneront plusieurs rapprochements avec la Lune, les Perséides de septembre profiteront d’une nuit presque sans Lune autour du 9 septembre, Neptune atteindra son opposition le 26 septembre et la pleine lune arrivera le même jour. Côté espace, le mois sera particulièrement chargé avec le lancement récent du télescope spatial Nancy Grace Roman, les dernières rentrées des satellites Cluster, le passage de JUICE près de la Terre le 12 septembre et le lancement prévu de la mission FLEX avec Sentinel-3C autour du 14-15 septembre. Pour la météo et le climat, septembre débute dans un contexte très chaud après un été 2026 exceptionnel en France, tandis que l’automne astronomique commencera le 22 septembre. Autrement dit : vous aurez de quoi lever les yeux, mais aussi de quoi suivre les instruments qui regardent la Terre depuis l’espace.
| 🌌 Rendez-vous | 📅 Date | 🔭 Ce qu’il faut retenir |
| 🛰️ Dernières rentrées Cluster | 31 août – 1er septembre | Deux derniers satellites de la mission européenne rentrent dans l’atmosphère |
| ⭐ Vénus – Spica | 2 septembre | Rapprochement très esthétique dans le ciel du soir |
| 🌙 Lune – Mars | 6 septembre | Rencontre visible dans le ciel matinal |
| 🌠 Epsilon-Perséides de septembre | 9 septembre | Environ 8 météores/h théoriques au maximum |
| 🌑 Nouvelle Lune | 11 septembre | Meilleures nuits sombres du mois |
| 🪐 Passage terrestre de JUICE | 12 septembre | La sonde européenne utilise la Terre pour modifier sa trajectoire vers Jupiter |
| 🌙 Lune – Vénus | 14 septembre | Rapprochement serré, visibilité dépendante du lieu et de l’horizon |
| ☀️ Équinoxe | 22 septembre | Début de l’automne astronomique dans l’hémisphère Nord |
| 🔭 Neptune à l’opposition | 26 septembre | Meilleure période annuelle pour rechercher la planète |
| 🌕 Pleine Lune | 26 septembre | Pleine Lune de septembre, très proche de l’opposition de Neptune |
| 🛰️ FLEX + Sentinel-3C | 14/15 septembre | Nouvelle mission européenne d’observation de la végétation et de la Terre |
| 🏛️ Sommet international de l’espace | 9-10 septembre | Grand rendez-vous spatial à Paris |
| 🚀 Journées portes ouvertes ESA | 19-20 septembre | Siège de l’ESA à Paris ouvert au public |
Septembre commence avec un événement spatial assez discret, mais qui mérite davantage d’attention qu’il n’en reçoit généralement. Les deux derniers satellites de la mission Cluster de l’Agence spatiale européenne doivent rentrer dans l’atmosphère terrestre entre le 31 août et le 1er septembre. Il s’agit de Samba et Tango, les deux derniers éléments d’une mission lancée en 2000 pour étudier la magnétosphère terrestre et ses interactions avec le vent solaire. L’ESA prévoit leur rentrée au-dessus d’une zone reculée du Pacifique Sud. Samba est annoncée autour de 23 h 42 CEST le 31 août, avec une incertitude de l’ordre de dix minutes, puis Tango environ 24 heures plus tard, avec une incertitude d’une douzaine de minutes.
Ce ne sera donc pas un spectacle comparable à une rentrée spectaculaire au-dessus d’une zone habitée. Le choix de la trajectoire répond justement à une logique de sécurité : les deux engins doivent finir leur voyage au-dessus d’une région très peu peuplée du Pacifique. Cluster aura toutefois marqué l’histoire de l’étude de l’environnement spatial terrestre. Pendant plus de deux décennies, les quatre satellites ont volé en formation afin de mesurer en trois dimensions les phénomènes qui se produisent dans la magnétosphère.
Pour vous, il s’agit aussi d’un rappel assez concret de la quantité d’objets fabriqués par l’homme qui gravitent autour de notre planète. Un satellite ne reste pas éternellement en orbite. Lorsque son altitude diminue, la traînée atmosphérique finit par modifier sa trajectoire jusqu’à provoquer sa rentrée. Une grande partie de l’engin se consume alors dans les couches denses de l’atmosphère, même si certains éléments peuvent survivre à la rentrée.
Le ciel du début septembre sera surtout dominé par Vénus, qui fait une très belle apparition dans le ciel du soir. Le 2 septembre, la planète se rapprochera de Spica, l’étoile principale de la constellation de la Vierge. L’écart sera d’environ 1,5 à 1,7 degré selon les calculs et les références utilisées. C’est suffisamment serré pour produire une scène facilement identifiable à l’œil nu si l’horizon ouest est dégagé.
Vénus est de toute façon l’un des objets les plus faciles à repérer après le Soleil et la Lune. Sa luminosité apparente la distingue très nettement des étoiles environnantes. Il ne faut toutefois pas attendre une grosse bille blanche visible à l’œil nu : à travers un petit instrument, sa phase pourra être observée, tandis qu’à l’œil nu elle restera simplement très brillante.
Les premières semaines de septembre seront aussi intéressantes pour les observateurs matinaux. La Lune passera près de Mars le 6 septembre, puis près de Jupiter autour du 8 septembre. Ces rapprochements ne signifient évidemment pas que les astres sont physiquement proches. Il s’agit d’un alignement apparent sur notre voûte céleste, produit par les mouvements orbitaux et la géométrie de l’observation depuis la Terre.
C’est justement une bonne occasion de rappeler une règle simple : un rapprochement apparent dans le ciel ne correspond presque jamais à une rencontre réelle entre les objets concernés. La Lune peut sembler passer à quelques degrés d’une planète alors qu’elle se trouve à environ 384 000 kilomètres de la Terre et que la planète concernée est parfois à plusieurs dizaines ou centaines de millions de kilomètres.
Le 9 septembre, le spectacle sera moins spectaculaire visuellement mais intéressant pour les amateurs de météores. Les Epsilon-Perséides de septembre atteindront leur maximum autour de cette date. Le taux théorique est de l’ordre de huit météores par heure dans des conditions idéales. Ce chiffre correspond à une ZHR, ou taux horaire zénithal : ce n’est pas le nombre garanti de météores que vous verrez depuis votre jardin. La pollution lumineuse, la hauteur du radiant, les nuages, la transparence du ciel et votre propre champ de vision réduisent fortement le nombre réellement observable.
Cette année, les conditions lunaires seront particulièrement intéressantes puisque la nouvelle Lune interviendra le 11 septembre. Le ciel sera donc peu éclairé autour du maximum des Epsilon-Perséides. C’est nettement plus favorable que pour les Aurigides, dont le maximum tombe autour du 1er septembre alors que la Lune encore très lumineuse gênera fortement l’observation.
Vous n’avez besoin d’aucun télescope pour observer une pluie de météores. C’est même souvent l’inverse : un instrument grossissant réduit énormément le champ de vision. Le mieux est de vous installer dans un endroit sombre, de laisser vos yeux s’adapter pendant une vingtaine de minutes et de regarder une large portion du ciel. Un transat, une couverture et une bonne dose de patience feront souvent mieux qu’un télescope à plusieurs centaines d’euros.
Le 11 septembre, la nouvelle Lune offrira justement les nuits les plus noires du mois. Pour l’astrophotographie, cette période sera intéressante pour les objets faibles du ciel profond. Les nébuleuses, amas stellaires et galaxies profiteront d’un fond de ciel plus sombre. Pour l’observation visuelle, l’amélioration sera particulièrement sensible depuis un site éloigné des villes.
Septembre marque également le retour des longues nuits. C’est un changement très concret. Le Soleil descend progressivement plus tôt et la durée d’observation astronomique augmente. La transition est particulièrement sensible autour de l’équinoxe. En France métropolitaine, le 22 septembre marquera le début de l’automne astronomique dans l’hémisphère Nord. Météorologiquement, l’automne commence dès le 1er septembre ; astronomiquement, il commence au moment de l’équinoxe.
Il existe d’ailleurs une petite subtilité souvent oubliée : l’équinoxe ne signifie pas exactement douze heures de jour et douze heures de nuit partout sur Terre. La réfraction atmosphérique et la définition du lever et du coucher du Soleil font que l’égalité parfaite entre durée du jour et durée de la nuit n’intervient pas exactement le jour de l’équinoxe dans de nombreuses régions.
Pour les astronomes amateurs, l’intérêt du 22 septembre est surtout symbolique et pratique : les nuits deviennent franchement plus longues et les constellations automnales prennent progressivement le dessus. La région du ciel autour de Pégase, Andromède, Cassiopée et Persée devient de plus en plus intéressante.
Mais le véritable rendez-vous planétaire du mois sera Neptune. La planète atteindra son opposition autour du 25-26 septembre. À cette occasion, elle sera située à l’opposé du Soleil dans le ciel terrestre, ce qui signifie qu’elle sera observable une grande partie de la nuit. Elle atteindra également sa meilleure visibilité annuelle, avec une magnitude voisine de 7,7.
Et c’est ici que la réalité rejoint les fantasmes astronomiques. Neptune n’est pas visible à l’œil nu. Même au moment de son opposition, vous ne verrez pas un gros point bleu spectaculaire dans le ciel. Une paire de jumelles astronomiques peut aider à la localiser sous un ciel très sombre, mais un télescope sera beaucoup plus adapté pour confirmer son identité.
Dans un petit instrument, Neptune ressemble surtout à un minuscule disque bleuâtre. Vous n’allez pas voir les tempêtes de son atmosphère comme dans les images des grands observatoires. Les photographies détaillées diffusées par les agences spatiales sont obtenues avec des instruments autrement plus puissants et des traitements d’image sophistiqués.
Le problème de septembre 2026 est encore plus intéressant : la pleine Lune tombe le 26 septembre, pratiquement au moment de l’opposition de Neptune. Le clair de Lune compliquera donc la recherche de la planète. Les quelques nuits précédant et suivant l’opposition peuvent être plus intéressantes, surtout avec un ciel très sombre et un instrument suffisamment performant.
Le même 26 septembre, la pleine Lune sera visible durant toute la nuit selon les conditions locales. Elle sera particulièrement spectaculaire lorsqu’elle se lèvera au-dessus d’un horizon dégagé. Son diamètre apparent ne sera pas radicalement différent de celui d’une autre pleine Lune : l’effet visuel de « grosse Lune » dépend beaucoup de la position près de l’horizon et du contexte paysager.
Septembre 2026 est aussi marqué par un événement spatial qui dépasse largement le simple calendrier d’astronomie amateur : le lancement du télescope spatial Nancy Grace Roman. La mission américaine a finalement été lancée le 30 août 2026 à bord d’un Falcon Heavy. Le télescope doit rejoindre le point de Lagrange L2 du système Soleil-Terre, situé à environ 1,5 million de kilomètres de la Terre.
Son arrivée va progressivement modifier la manière dont les astronomes étudient l’Univers. Roman n’est pas simplement un « nouveau James Webb ». Les deux observatoires ont des rôles différents. Le James Webb possède une capacité exceptionnelle pour observer en détail des objets individuels, alors que Roman est conçu pour effectuer des relevés beaucoup plus larges du ciel.
NASA indique que Roman doit notamment cartographier des milliards de galaxies, étudier la matière noire et l’énergie noire et rechercher des exoplanètes. Les estimations scientifiques évoquent environ 100 000 nouvelles exoplanètes susceptibles d’être détectées par la mission au cours de ses observations.
Le télescope possède un champ de vue beaucoup plus large que celui du Webb. C’est cette différence qui pourrait devenir l’un de ses plus grands atouts. Imaginez un appareil photo doté d’un zoom extrêmement puissant face à un appareil capable de photographier une région beaucoup plus vaste. Les deux ne produisent pas les mêmes informations, mais leurs observations peuvent se compléter.
Roman doit également travailler sur les phénomènes variables et transitoires. Une supernova, une microlentille gravitationnelle ou une variation de luminosité peut apparaître dans une zone du ciel puis disparaître ou évoluer. Un observatoire capable de scanner rapidement de grandes surfaces est particulièrement adapté à ce type de recherche.
Septembre 2026 sera également marqué par JUICE, la grande mission européenne destinée à étudier Jupiter et ses lunes glacées. La sonde doit effectuer un survol de la Terre le 12 septembre afin de gagner de l’énergie orbitale grâce à une assistance gravitationnelle. La manœuvre permet de modifier sa vitesse et sa trajectoire sans consommer la même quantité de carburant qu’une propulsion classique.
Cette technique peut sembler paradoxale : pourquoi une sonde qui doit aller vers Jupiter revient-elle près de la Terre ? Parce que la mécanique orbitale est moins intuitive qu’un trajet en voiture. Une sonde interplanétaire ne suit pas nécessairement une ligne droite entre la Terre et sa destination. Elle utilise les mouvements des planètes, leur gravité et des trajectoires soigneusement calculées pour modifier progressivement son orbite.
Le 12 septembre sera donc un moment important pour la mission. JUICE poursuit son voyage vers le système jovien, où elle doit étudier notamment Ganymède, Europe et Callisto. Ganymède est particulièrement intéressante puisque la mission doit devenir la première à se placer en orbite autour d’une lune autre que la Lune terrestre.
Mais le rendez-vous spatial le plus directement lié à la Terre aura lieu autour du 14-15 septembre, avec le lancement prévu de deux satellites européens sur un même Vega-C : FLEX et Copernicus Sentinel-3C. L’ESA prévoit actuellement un décollage depuis le Centre spatial guyanais le 14 septembre à 22 h 21 heure locale, soit le 15 septembre à 03 h 21 CEST.
FLEX est particulièrement intéressant dans le contexte actuel. Son objectif est d’étudier la photosynthèse des végétaux à l’échelle mondiale. Le satellite utilisera un instrument capable de détecter une fluorescence extrêmement faible émise par les plantes lorsqu’elles absorbent la lumière solaire. Cette fluorescence n’est pas visible à l’œil nu, mais elle contient des informations sur le fonctionnement de la végétation.
C’est un domaine où l’astronomie spatiale rejoint directement la météorologie, l’agriculture et la climatologie. Les végétaux absorbent du CO₂ grâce à la photosynthèse et jouent un rôle majeur dans les cycles du carbone et de l’eau. Pouvoir mesurer depuis l’espace l’état physiologique de la végétation donne donc aux scientifiques un outil supplémentaire pour suivre les conséquences des sécheresses, des vagues de chaleur ou des modifications des cycles saisonniers.
Sentinel-3C complète cette mission avec une vocation plus directement tournée vers l’observation de la Terre. Il doit fournir des données sur les océans, les terres émergées, les glaces et l’atmosphère. Ces informations sont utilisées pour la météorologie, le suivi environnemental et les études climatiques.
Le calendrier spatial de septembre ne s’arrête pas là. Les 9 et 10 septembre, Paris accueillera le Sommet international sur l’espace. Le rendez-vous réunira des représentants politiques, scientifiques, industriels, astronautes et acteurs du secteur spatial autour des grands enjeux scientifiques, technologiques, économiques et environnementaux. La France sera donc particulièrement présente dans l’actualité spatiale du mois. Les 19 et 20 septembre, le siège de l’Agence spatiale européenne à Paris ouvrira également ses portes au public dans le cadre des journées portes ouvertes 2026. D’autres établissements européens participeront à cette opération les 25, 26 et 27 septembre, notamment ESRIN en Italie et ESTEC aux Pays-Bas.
Pour le grand public, ces rendez-vous sont beaucoup plus intéressants qu’une simple exposition de fusées. Les technologies spatiales sont désormais directement liées à notre vie quotidienne : navigation par satellite, prévision météorologique, observation des incendies, suivi de la sécheresse, mesure de la température de surface des océans, surveillance des glaces, cartographie des cultures ou encore détection de changements dans les écosystèmes.
Et justement, septembre 2026 arrive dans un contexte météorologique français hors norme. Juillet 2026 a été le mois de juillet le plus chaud jamais enregistré en France depuis le début des mesures en 1900, avec une température moyenne de 24,9 °C, devant août 2003 à 24,8 °C et juillet 2006 à 24,4 °C.
Ce chiffre donne une idée de l’arrière-plan dans lequel commence ce mois de septembre. Les sols, la végétation, les cours d’eau et les infrastructures abordent l’automne après un été marqué par des températures très élevées et une sécheresse importante dans plusieurs secteurs.
Les dernières tendances saisonnières disponibles ne permettent pas de dire quel temps il fera tel ou tel jour de septembre. Elles donnent seulement une orientation à grande échelle. Pour août-octobre 2026, Météo-France privilégie un scénario plus chaud que la normale sur la France et l’Europe, avec une probabilité de précipitations supérieures aux normales autour de la Méditerranée.
Il faut conserver une distinction importante entre tendance climatique saisonnière et prévision météorologique. Une tendance « plus chaude que la normale » ne signifie pas que tout le mois sera chaud. Vous pouvez très bien avoir une première quinzaine estivale, suivie d’une forte dégradation, puis d’une période fraîche. Les tendances saisonnières ne permettent pas de prévoir précisément les dates des vagues de chaleur, des épisodes méditerranéens ou des coups de froid.
Pour septembre, cette incertitude est particulièrement forte parce que le mois est précisément une période de bascule. La circulation atmosphérique peut encore conserver des caractéristiques estivales pendant plusieurs semaines, puis évoluer rapidement vers des situations automnales.
C’est aussi la période où les premiers épisodes méditerranéens sérieux peuvent apparaître. Une Méditerranée encore chaude, associée à une arrivée d’air plus froid en altitude, peut favoriser une forte instabilité. Les contrastes thermiques entre mer et continent deviennent alors un ingrédient important des épisodes pluvieux intenses.
Après un été aussi chaud, la température de la Méditerranée mérite donc une surveillance particulière. Une mer chaude ne provoque pas automatiquement un épisode méditerranéen, mais elle peut fournir davantage de vapeur d’eau disponible lorsqu’une situation atmosphérique favorable se met en place.
Septembre est également un mois intéressant pour observer le Soleil, mais avec une précaution absolue : ne regardez jamais directement le Soleil avec des jumelles ou un télescope sans filtre solaire spécifiquement conçu pour cet usage. Un instrument optique concentre la lumière et peut provoquer des lésions oculaires irréversibles en une fraction de seconde. Les filtres solaires doivent être installés à l’avant de l’instrument et non improvisés avec des matériaux de fortune.
Pour l’observation nocturne, vous pouvez au contraire commencer très simplement. Une application de carte du ciel peut vous aider à identifier les constellations, mais vous pouvez aussi apprendre progressivement à repérer Cassiopée, la Grande Ourse, le Triangle d’été, Pégase ou Andromède sans technologie. Une paire de jumelles 7×50 ou 10×50 constitue déjà un excellent outil pour commencer. Pour un budget d’environ 100 à 250 €, vous pouvez trouver des jumelles astronomiques correctes ; un télescope débutant sérieux demande généralement davantage, souvent 250 à 600 €, tandis qu’un équipement astrophotographique complet peut très rapidement dépasser plusieurs milliers d’euros.
Le smartphone peut également devenir un outil scientifique intéressant. Les appareils récents permettent de photographier la Lune correctement, mais il faut se méfier des images artificiellement renforcées. Les logiciels de traitement peuvent accentuer les couleurs, la netteté et les détails jusqu’à produire une image qui ne correspond plus directement à ce que voit l’œil.
Pour les météores, ne dépensez donc pas une fortune. Pour Neptune, en revanche, un télescope et une carte précise du ciel deviennent beaucoup plus utiles. Pour les objets du ciel profond, le facteur déterminant restera souvent la qualité du ciel plutôt que le prix du matériel.
Un télescope de 400 € sous un ciel noir peut fournir une expérience bien plus intéressante qu’un instrument de 1 500 € installé sous les lampadaires d’une grande agglomération.
Septembre 2026 sera donc un mois assez particulier. Il ne possède pas l’événement spectaculaire d’une grande éclipse visible depuis la France, mais il offre quelque chose de plus continu : des rendez-vous presque chaque semaine, depuis les dernières rentrées de Cluster jusqu’aux premières grandes observations de Neptune, en passant par JUICE, FLEX, Sentinel-3C, les Epsilon-Perséides et l’équinoxe.
| 🔭 Pour observer | 💡 Matériel conseillé | 💶 Budget raisonnable | 🌙 Meilleure période |
| 🌠 Météores | Œil nu + transat | 0–50 € | 8-10 septembre |
| 🌙 Lune | Œil nu / jumelles | 0–250 € | Autour du premier quartier |
| ✨ Vénus-Spica | Œil nu | 0 € | Début septembre |
| 🪐 Mars/Jupiter | Œil nu / jumelles | 0–250 € | Matins de début septembre |
| 🔵 Neptune | Télescope conseillé | 250 € et + | Autour du 25-26 septembre |
| 🌌 Ciel profond | Jumelles / télescope | 100–600 € | Autour de la nouvelle Lune |
| 📷 Astrophotographie | Trépied + appareil | 100–1 000 € et + | Nuit sans Lune |
Il faudra aussi surveiller les éventuelles rentrées atmosphériques et les passages de satellites. La quantité d’objets artificiels visibles dans le ciel augmente, et il devient parfois difficile pour un observateur débutant de distinguer une étoile, une planète, un avion, un satellite ou un train de satellites. Un point lumineux qui se déplace régulièrement sans clignoter est souvent un satellite ; un objet qui change brutalement de direction ou clignote régulièrement est beaucoup plus probablement un avion. Une planète reste fixe par rapport aux étoiles pendant une observation de quelques minutes.
Les satellites peuvent également produire des éclats lorsqu’ils réfléchissent la lumière solaire. Une observation peut alors donner l’impression qu’une étoile se déplace ou apparaît soudainement. Là encore, pas besoin de chercher une explication extraterrestre avant d’avoir regardé du côté de l’orbite terrestre. Le ciel de 2026 est suffisamment peuplé par nos propres machines pour offrir déjà beaucoup de phénomènes curieux.
Septembre sera également intéressant pour suivre l’évolution de la surveillance environnementale depuis l’espace. FLEX et Sentinel-3C en sont deux exemples particulièrement parlants. La prochaine génération de satellites ne sert plus uniquement à prendre de belles images de la Terre. Elle mesure des paramètres physiques utilisables dans les modèles météorologiques, les études climatiques et la gestion des ressources.
La fluorescence végétale suivie par FLEX permettra notamment d’améliorer la compréhension de la photosynthèse et de son lien avec les cycles du carbone et de l’eau. Sentinel-3C viendra renforcer une famille de satellites déjà utilisée pour surveiller les océans, les terres et l’atmosphère.
Cela peut sembler très éloigné de votre jardin, de votre potager ou de votre météo locale. En réalité, les données spatiales alimentent progressivement des applications de plus en plus concrètes. Le suivi de la végétation permet par exemple de repérer des signes de stress hydrique avant que certaines dégradations ne soient visibles à grande échelle. Les mesures océaniques contribuent au suivi des températures de surface et des courants. Les observations des nuages et de l’atmosphère participent aux modèles météorologiques.
Le mois de septembre sera donc aussi un mois où l’espace continuera de regarder la Terre.
Et c’est peut-être le fil conducteur le plus intéressant de cette rentrée scientifique. Lorsque vous regarderez Vénus ou Neptune depuis votre jardin, des instruments situés à des centaines de milliers ou millions de kilomètres seront occupés à observer d’autres phénomènes. Pendant que les astronomes chercheront des exoplanètes avec Roman, les satellites européens mesureront la végétation terrestre, les océans et l’atmosphère, tandis que JUICE poursuivra son long voyage vers Jupiter.
Les repères à garder pour septembre 2026 sont donc assez simples : le 2 septembre pour Vénus et Spica, le 6 pour la Lune et Mars, le 8 pour la Lune et Jupiter, le 9 pour les Epsilon-Perséides, le 11 pour la nouvelle Lune, le 12 pour le passage terrestre de JUICE, autour du 14-15 pour FLEX et Sentinel-3C, le 22 pour l’équinoxe, puis les 25-26 septembre pour Neptune et la pleine Lune.
Pour une soirée d’observation, le meilleur conseil reste finalement le moins spectaculaire : choisissez un endroit sombre, éloignez-vous des éclairages directs, consultez la couverture nuageuse, habillez-vous plus chaudement que prévu et laissez vos yeux s’adapter. En septembre, une soirée qui paraît douce à 20 heures peut devenir fraîche quelques heures plus tard, surtout dans les campagnes ou en altitude. Une batterie externe peut être utile si vous utilisez beaucoup votre smartphone pour la carte du ciel.
Et si les nuages arrivent au mauvais moment, ne considérez pas la soirée comme perdue. Le calendrier spatial du mois offre suffisamment de matière pour suivre les événements même sans pouvoir les observer directement. Septembre 2026 ne sera pas seulement le mois où les nuits recommenceront à s’allonger : ce sera aussi le premier mois complet d’une nouvelle étape pour l’observation spatiale, avec Roman désormais en route vers L2 et une nouvelle génération de satellites européens prêts à regarder la Terre avec une précision toujours plus fine.




