Entre les séjours au bord de la mer, les parcs d’attractions, les escapades dans les grandes villes et les voyages vers l’Espagne ou l’Italie, les vacances de la Toussaint restent une occasion de couper avec le quotidien. Mais cette année, les premiers chiffres montrent un marché plus hésitant : les réservations reculent, le coût des déplacements pèse sur les choix et les destinations proches gagnent du terrain. Les données permettent de cerner les envies des Français, à condition de distinguer les recherches sur Internet, les réservations effectives et les départs réellement réalisés.
Des vacances plus courtes, plus faciles à sacrifier
Les vacances de la Toussaint 2026 se déroulent du 17 octobre au 2 novembre pour les départs étudiés par les professionnels du tourisme. Contrairement aux grandes vacances d’été, cette coupure automnale dure environ deux semaines dans le calendrier scolaire, mais les familles ne partent pas nécessairement pendant toute la période. Certaines privilégient quelques nuits, un séjour dans la famille ou des sorties à la journée, sans réserver de logement touristique.
Les premiers chiffres du marché montrent un ralentissement. Selon le baromètre EDV-Orchestra, les dossiers de voyages réservés pour la Toussaint étaient en recul de 2,6 % par rapport à 2025 à la fin septembre. Le volume d’affaires diminuait de 4,7 %, tandis que le panier moyen atteignait 2 238 euros, soit 2,1 % de moins qu’un an auparavant. Ce montant correspond à la valeur moyenne d’un dossier de réservation, et non à la dépense d’une personne : un dossier peut concerner plusieurs voyageurs.
Les données de PAP.fr, établies à partir de 8 308 demandes de réservation enregistrées entre le 1er juin et le 12 octobre, font apparaître une baisse plus marquée de 12,5 % des réservations de locations de vacances en France par rapport à la Toussaint 2025. Ces deux résultats ne sont pas contradictoires : ils reposent sur des sources, des circuits de réservation et des périmètres différents. Ils ne mesurent pas non plus tous les départs des Français, notamment les séjours gratuits chez des proches, les résidences secondaires ou les voyages organisés directement auprès d’un hébergeur.
La tendance suggère toutefois que certains ménages arbitrent leurs dépenses. Quand le budget est serré, une semaine de vacances en été est parfois maintenue au prix d’économies sur les autres périodes. La Toussaint, plus courte et souvent moins anticipée, peut alors devenir la première coupure sacrifiée. D’autres familles ne renoncent pas complètement, mais raccourcissent leur séjour, choisissent un hébergement moins cher ou limitent les kilomètres parcourus.
La mer reste très recherchée, mais les destinations proches progressent
Les résultats de PAP.fr font ressortir une préférence nette pour le littoral dans les demandes de locations : 74,2 % des demandes recensées concernent des séjours à la mer, loin devant l’étranger, à 9,3 %, la campagne, à 6,8 %, et la montagne, à 4,5 %. Il s’agit bien de la répartition des demandes observées par cette plateforme, et non de la proportion de tous les Français qui partiront effectivement dans ces différents environnements.
Le littoral garde plusieurs atouts à l’automne. Les plages sont moins fréquentées qu’en été, les promenades restent possibles lorsque la météo le permet et les locations peuvent être plus accessibles hors saison. La Toussaint ne garantit toutefois ni baignade ni soleil : les séjours sont davantage tournés vers les balades, la découverte des villes côtières, les visites patrimoniales et les activités couvertes en cas de pluie.
Les destinations proches progressent également dans les demandes. En Ille-et-Vilaine, celles-ci augmentent de 26,6 %, tandis que la zone appelée « Manche Nord » par PAP.fr progresse de 20,8 %. À l’inverse, les demandes reculent de 11 % sur la Côte d’Azur et de 10,3 % dans le Languedoc. La zone Vendée-Charente affiche une baisse de 13,7 %, tandis que l’Atlantique Sud limite le recul à 2,3 %.
Ces écarts sont compatibles avec une recherche de séjours moins coûteux à rejoindre, mais ils ne prouvent pas que le prix du carburant soit l’unique explication. Les tarifs des hébergements, la proximité du domicile, les disponibilités et les envies de chaque famille interviennent également. Un séjour de trois nuits à quelques heures de route peut revenir bien moins cher qu’un voyage vers le sud qui nécessite une longue distance, plusieurs pleins et un hébergement plus coûteux.
Les parcs d’attractions : un grand classique des vacances en famille
Les recherches d’hébergement sur Booking.com révèlent un autre phénomène : les familles s’intéressent fortement aux destinations associées aux loisirs et aux parcs d’attractions. Parmi les communes françaises les plus recherchées pour la Toussaint, Serris progresse de 134 % et Montévrain de 152 % par rapport à 2025. Ces deux communes se situent à proximité de Disneyland Paris. Chasseneuil-du-Poitou, près du Futuroscope, figure également dans le classement des destinations familiales les plus recherchées.
Ces hausses concernent des recherches d’hébergement effectuées entre le 1er août et le 15 septembre pour des séjours prévus du 17 octobre au 1er novembre. Elles ne correspondent donc pas à une hausse identique de la fréquentation réelle des parcs. Elles montrent néanmoins l’intérêt pour les séjours construits autour d’une activité principale, avec une ou plusieurs journées de loisirs et des nuits sur place.
Pour les parents, ce format présente un avantage pratique : il permet de prévoir les activités à l’avance, de limiter les trajets entre les visites et de proposer aux enfants un programme adapté à leur âge. Il peut toutefois faire grimper rapidement le budget. Aux billets d’entrée s’ajoutent le logement, les repas, le stationnement, les éventuels transports et les achats sur place. Pour une famille de quatre personnes, le coût final peut ainsi dépasser largement le prix affiché pour une seule journée de visite.
Les parcs ne sont pas les seules options. Les aquariums, les musées interactifs, les grottes aménagées, les châteaux et les centres de découverte scientifique offrent des solutions de repli lorsque le temps se dégrade. À l’automne, la possibilité de remplacer une activité extérieure par une visite couverte peut peser dans le choix de la destination.
Paris, Marseille, Nice et Lyon en tête des destinations françaises
Dans le classement Booking.com consacré aux familles, Paris arrive en première position des villes françaises les plus recherchées, devant Marseille, Nice et Lyon. Saint-Malo se place en cinquième position, suivie d’Annecy. Porto-Vecchio figure aussi dans le classement, tout comme Serris, Chasseneuil-du-Poitou et Toulouse.
Cette diversité montre que les vacances d’automne ne se résument pas à la recherche de chaleur. Les grandes villes attirent pour leurs musées, leurs monuments, leurs restaurants et leurs activités culturelles. Les destinations alpines ou lacustres, comme Annecy, se prêtent aux promenades et aux excursions lorsque les conditions météo le permettent. Les villes côtières offrent, elles, un mélange de patrimoine, de paysages et de loisirs.
Les séjours urbains permettent aussi de moduler les dépenses. On peut visiter un quartier à pied, prévoir un musée, choisir quelques restaurants et compléter le programme avec des activités gratuites. En revanche, les prix des hébergements dans les grandes villes peuvent rapidement augmenter pendant les périodes de forte demande, en particulier lorsque les vacances coïncident avec un événement ou un week-end prolongé.
À l’étranger, l’Espagne et l’Italie séduisent les familles
Pour les familles françaises qui recherchent un séjour à l’étranger, l’Espagne et l’Italie arrivent en tête des pays les plus recherchés sur Booking.com, devant le Royaume-Uni et le Maroc. Les États-Unis, le Portugal, la Grèce, l’Égypte, le Japon et la Turquie figurent également dans le classement.
Le choix de l’Espagne et de l’Italie s’explique notamment par la diversité des séjours possibles : visites de villes, patrimoine, gastronomie, activités familiales et météo parfois plus clémente qu’en France à cette période. Barcelone arrive en quatrième position des villes étrangères recherchées par les familles, derrière Londres, Rome et Marrakech. Madrid et Séville figurent également dans le classement.
Les destinations plus lointaines conservent leur public. New York apparaît à la cinquième place des villes étrangères recherchées par les familles, tandis que le Japon et l’Égypte progressent dans le classement des pays. Mais les recherches ne disent pas combien de voyageurs achèteront effectivement un billet d’avion. Les prix des vols, les frais d’hébergement, les formalités et la durée du séjour peuvent encore modifier les décisions.
Le budget est particulièrement sensible pour les voyages aériens : le prix du billet ne représente qu’une partie de la dépense. Il faut ajouter les transferts, les repas, les déplacements sur place et les activités. Pour un séjour familial, un vol à bas prix peut donc déboucher sur une facture totale élevée si l’hébergement ou les visites sont coûteux.
Que font les Français pendant ces vacances ?
Les données de recherche ne permettent pas de dresser un classement fiable de toutes les activités réellement pratiquées. Elles révèlent toutefois plusieurs grandes tendances : les séjours de loisirs en famille, les escapades culturelles, les vacances au bord de la mer et les voyages dans les villes européennes occupent une place importante dans les projets observés.
Les parcs d’attractions et les sites de loisirs organisés répondent à une demande de programme facile à planifier avec des enfants. Les grandes villes attirent les voyageurs qui souhaitent combiner musées, monuments, restaurants et promenades. Les régions littorales et les îles séduisent ceux qui privilégient les paysages, les balades et un rythme moins chargé. Enfin, les destinations étrangères proches permettent de changer de cadre sans nécessairement prévoir un long voyage.
Les vacances ne signifient pas toujours un départ avec nuitées. Certains ménages restent chez eux et organisent des sorties à la journée : cinéma, piscine, randonnée, visite d’un château, parc animalier ou rencontre familiale. D’autres rejoignent des proches, utilisent une résidence secondaire ou partent quelques jours sans passer par une plateforme de réservation. Ces comportements échappent en grande partie aux classements fondés sur les recherches d’hôtels et de locations.
C’est une limite importante des chiffres disponibles : on connaît assez bien les destinations que les internautes recherchent, mais beaucoup moins précisément le nombre total de Français qui partiront, leur durée de séjour et toutes les activités qu’ils pratiqueront. Les intentions et les recherches sont des indicateurs avancés, pas un bilan définitif des vacances.
Un budget sous pression : les familles surveillent la facture
Le baromètre EDV-Orchestra situe le panier moyen des dossiers réservés pour la Toussaint à 2 238 euros, en baisse de 2,1 % par rapport à 2025. Les dossiers familiaux représentent 41,9 % des ventes étudiées, avec un panier moyen de 2 493 euros. Les dossiers concernant des duos représentent 41,4 % des ventes, pour un panier moyen de 1 801 euros. Ces chiffres décrivent les réservations réalisées par les agences et marques utilisant la plateforme Orchestra ; ils ne constituent pas le budget moyen de tous les Français en vacances.
La différence entre les dossiers familiaux et ceux des duos est logique : les premiers peuvent inclure davantage de voyageurs, de nuits et de prestations. Pour connaître le coût individuel, il faudrait disposer du nombre de personnes dans chaque dossier et du détail des dépenses incluses. Comparer directement les deux paniers comme s’ils correspondaient à une personne conduirait à une conclusion erronée.
Les familles peuvent réduire la facture en raccourcissant le séjour, en choisissant une destination plus proche, en préparant certains repas ou en privilégiant des activités gratuites. Mais ces économies ont leurs limites : les billets d’entrée, les transports et l’hébergement peuvent représenter une part importante du budget, surtout dans les destinations très fréquentées.
Le recul des réservations ne signifie pas non plus que tous les prix baissent. Le baromètre EDV-Orchestra montre que le nombre de dossiers et le volume d’affaires peuvent évoluer différemment selon les catégories de voyages. Certains séjours se vendent moins, mais à des prix plus élevés ; d’autres perdent à la fois des clients et de la valeur. Le marché de la Toussaint est donc contrasté plutôt qu’uniformément en baisse.
Ce que les chiffres nous disent vraiment
À la mi-octobre 2026, les premières données décrivent des vacances de la Toussaint où les Français privilégient les destinations accessibles, les séjours en famille, les grandes villes et les activités de loisirs. Le littoral conserve une place importante dans les demandes de locations, tandis que les recherches d’hébergement progressent fortement autour de certains parcs d’attractions. À l’étranger, l’Espagne, l’Italie et les grandes villes européennes attirent les familles.
Mais le marché marque le pas. Selon les indicateurs, les réservations reculent de 2,6 % à 12,5 % par rapport à l’année précédente. Ces pourcentages ne mesurent pas le même périmètre : les données EDV-Orchestra concernent les dossiers de voyages de son réseau, tandis que PAP.fr suit des demandes de réservation de locations. Ils ne doivent donc pas être additionnés ni présentés comme une mesure globale des départs de toute la population.
Le portrait qui se dessine est celui de vacances plus arbitrées : moins de kilomètres pour certains, des séjours plus courts pour d’autres, mais toujours une recherche de loisirs et de dépaysement. Pour connaître le bilan réel, il faudra attendre les données de fréquentation et de consommation après la période des congés. Les recherches et les réservations donnent une tendance ; elles ne racontent pas encore toute l’histoire des vacances françaises.




