Sécheresse : la récolte du maïs devrait reculer de 35 % en France en 2026.

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La filière française du maïs traverse un épisode d’assèchement particulièrement sévère cet été 2026. L’estimation d’une baisse globale d’environ 35 % de la récolte s’explique par un enchaînement de facteurs climatiques et réglementaires exceptionnels.

Origine du blocage physiologique de la plante

Les températures extrêmes de juillet (pics supérieurs à 40 °C) sont survenues pile lors de la phase critique de floraison. Lorsque le thermomètre dépasse 35 °C, le pollen brûle et la fécondation n’a pas lieu, ce qui empêche le grain de se former. Sans précipitations significatives depuis la mi-mai sur une grande partie du pays, le niveau de sécheresse des sols équivaut à un niveau record historique.

Maïs non-irrigué vs maïs irrigué

  • En culture en sec (sans irrigation) : Dans les zones dépendantes des pluies (comme les Pays de la Loire ou le Sud-Ouest non aménagé), l’assèchement des parcelles en sols superficiels est quasi total. Les pertes de rendement y dépassent très localement 50 %, poussant certains agriculteurs à faucher le maïs précocement pour tenter de l’utiliser en fourrage.

  • En culture irriguée : Même le maïs irrigué, qui représente environ un gros tiers des surfaces, affiche des pertes de rendement comprises entre 20 % et 35 %. La chaleur extrême a accéléré l’évapotranspiration, rendant l’apport d’eau insuffisant pour compenser le stress de la plante. De plus, les arrêtés préfectoraux de restriction des prélèvements d’eau (qui touchent plus de 90 départements) ont fortement limité les tours d’arrosage.

Conséquences directes sur la filière

L’alimentation animale sous tension : La baisse de production touche directement le maïs grain et le maïs fourrage. Le manque de fourrage frais dans les pâturages brûlés force les éleveurs à puiser dès le mois d’août dans leurs stocks d’hiver.

Impacts économiques et marchés : Cette chute des volumes récoltés intervient alors que les surfaces semées étaient déjà en baisse au printemps. Cela crée une tension forte sur les prix du marché céréalier national et alimente les discussions sur les stratégies d’adaptation, le stockage de l’eau et le choix des variétés d’avenir face au changement climatique.

Cette baisse de 35 % ramènerait la récolte française de maïs grain aux alentours de 9 millions de tonnes, contre un volume habituel qui oscille généralement entre 13 et 14 millions de tonnes ces dernières années.

Si l’on prend en compte ce plancher de 9 millions de tonnes :

  • Un niveau historique bas : Ce chiffre se situerait parmi les plus bas niveaux enregistrés sur les deux dernières décennies, battant le triste record de la sécheresse de 2022 où la récolte était tombée à environ 11 millions de tonnes.

  • Tension sur le maïs grain et le maïs fourrage : Ce volume de 9 millions de tonnes concerne le maïs grain (utilisé pour la transformation, l’export et l’alimentation animale en granulés). Pour le maïs fourrage (ensilage destiné directement aux bovins), le manque à gagner en volume oblige déjà de nombreux éleveurs à entamer leurs réserves de paille et de foin prévues pour la période hivernale.

  • Conséquences financières : Une production nationale bloquée à 9 millions de tonnes entraîne une hausse mécanique du cours des céréales et des coûts de production pour les filières d’élevage (volailles, porcs, bovins lait et viande), impactant l’ensemble de la chaîne agroalimentaire.

Avec un volume estimé autour de 9 millions de tonnes, la récolte française de maïs grain retombe à son niveau le plus bas enregistré depuis 1980 (soit un plus bas depuis 46 ans).

Ce recul historique s’explique par la conjonction de deux facteurs majeurs :

  • L’impact climatique extrême : Les canicules à répétition et la sécheresse aiguë ont fait chuter le rendement moyen national à environ 70,3 quintaux par hectare (en baisse de 19 % sur un an).

  • La contraction des surfaces cultivées : Au-delà des pertes de rendement, les agriculteurs ont également réduit les surfaces dédiées au maïs au printemps au profit d’autres cultures moins gourmandes en eau (comme le tournesol) ou de jachères, sous la pression de la hausse des coûts de production.