Petit, bien serré, parfois encore boudé à cause de vieux souvenirs de cantine, le chou de Bruxelles retrouve pourtant toute sa place dès septembre dans les étals et les potagers. Sa saison peut s’étendre jusqu’au début du printemps, ses premières récoltes annoncent véritablement le changement de saison et ses qualités nutritionnelles en font un légume particulièrement intéressant pour les menus d’automne et d’hiver.
Le mois de septembre marque une transition assez spectaculaire dans le potager. Les tomates donnent encore, les courgettes résistent tant bien que mal, les poivrons profitent des dernières belles journées et, pendant ce temps, certains légumes beaucoup plus associés aux températures fraîches commencent à prendre le relais. Le chou de Bruxelles appartient précisément à cette catégorie. La Société nationale d’horticulture de France indique une période de récolte allant de septembre à mars, avec des variétés plus ou moins précoces selon les dates de semis et leur comportement face au froid. Le CTIFL situe également sa présence commerciale de septembre à mars.
Le calendrier mérite toutefois une petite précision. Dire que « la saison commence en septembre » ne signifie pas que tous les choux de Bruxelles disponibles dès le début du mois ont été récoltés en France quelques heures auparavant. Les variétés, les régions de production, les conditions météorologiques et les circuits commerciaux modifient fortement le calendrier réel. En septembre, vous êtes surtout dans la phase de début de saison, avec les récoltes automnales précoces qui prennent progressivement de l’importance avant que les variétés plus tardives occupent les étals durant l’automne et l’hiver.
Le chou de Bruxelles est une forme particulière de Brassica oleracea, la même espèce botanique qui comprend notamment le chou pommé, le chou-fleur, le brocoli, le chou kale et plusieurs autres légumes du groupe des Brassicacées. Sa particularité est assez amusante à observer dans un potager : les petites pommes ne constituent pas une grosse tête unique, mais une succession de bourgeons axillaires répartis le long d’une tige. Sur une plante bien développée, vous pouvez donc obtenir une véritable colonne de petites pommes vertes. Le légume semble modeste dans l’assiette, mais la plante, elle, peut devenir franchement impressionnante.
Pourquoi septembre constitue-t-il une vraie période de démarrage ? Le calendrier de culture explique beaucoup de choses. Pour une récolte automnale, les semis sont généralement réalisés au printemps. La SNHF indique des semis en mars-avril pour les récoltes d’automne, puis des semis plus tardifs, en avril-mai, pour des productions destinées à l’hiver et au printemps. Les plants sont ensuite installés au potager lorsqu’ils possèdent environ six à sept feuilles, avec des distances relativement importantes : environ 50 à 60 cm entre les plants et jusqu’à 1 m entre les rangs selon les conditions de culture.
Cette distance n’est pas un luxe de jardinier qui aurait soudainement décidé de transformer son potager en parking pour choux. La plante développe une partie aérienne importante et doit disposer d’assez d’espace pour recevoir de la lumière et assurer une bonne circulation de l’air. Les tiges peuvent aussi devenir sensibles au vent lorsqu’elles prennent de la hauteur. Le tuteurage et le buttage peuvent donc avoir leur intérêt dans les jardins exposés, particulièrement lorsque l’automne devient humide et venteux.
Le chou de Bruxelles apprécie surtout les sols frais, profonds et correctement drainés. Il supporte des conditions assez différentes selon les variétés, mais les excès d’azote ne sont pas recherchés. Un apport trop généreux de fertilisant azoté favorise surtout le développement du feuillage au détriment de la formation des petites pommes. Pour votre potager, une terre fertile mais équilibrée, avec une bonne réserve d’humidité sans stagnation permanente, correspond mieux à ses besoins qu’un sol gavé d’engrais.
Le choix variétal joue un rôle considérable sur le calendrier. Certaines variétés automnales peuvent être récoltées dès septembre et jusqu’en novembre, tandis que des types plus tardifs sont destinés aux récoltes d’octobre, de novembre, de décembre ou même au début du printemps. Terre Vivante cite par exemple des variétés automnales comme ‘Rubine’, récoltée de septembre à novembre, ainsi que des variétés plus tardives capables de produire durant l’hiver.
Cette diversité explique aussi pourquoi le chou de Bruxelles peut être présent pendant plusieurs mois sans que la qualité soit identique à chaque période. Les premiers choux d’automne possèdent souvent une texture assez ferme et une saveur marquée. Plus tard, avec les températures fraîches, la composition gustative peut évoluer et certaines variétés deviennent plus douces. Le froid n’est donc pas uniquement un ennemi du légume : il participe aussi à l’identité culinaire du chou de Bruxelles.
Le fameux gel qui rendrait automatiquement le chou de Bruxelles meilleur mérite néanmoins une petite mise au point. Vous entendrez souvent dire qu’un bon coup de gel transforme nécessairement le chou en légume sucré. La réalité est moins spectaculaire. Les basses températures peuvent modifier le métabolisme de la plante et favoriser certains changements de composition, notamment dans les sucres solubles, mais l’effet dépend de la variété, du stade de maturité et des conditions de culture. Il ne faut donc pas attendre obligatoirement une température négative pour cuisiner les premières récoltes de septembre.
À l’achat, quelques critères simples permettent déjà de repérer un produit intéressant. Le chou doit être ferme, les petites pommes bien serrées, avec une couleur verte relativement homogène. Les feuilles extérieures doivent rester fraîches et le point de coupe de la tige ne doit pas être desséché. Le CTIFL précise également que le chou de Bruxelles ne poursuit pas sa maturation après récolte : il ne s’agit donc pas d’un légume qu’il faudrait acheter très jeune dans l’espoir qu’il atteigne ensuite une maturité parfaite dans votre réfrigérateur.
Le calibre compte aussi pour la cuisson. Si vous préparez une grande quantité de choux de tailles très différentes, les petits risquent de devenir trop tendres avant que les plus gros soient cuits à cœur. Dans une poêlée, au four ou à la vapeur, trier approximativement les calibres ou couper les plus gros en deux permet d’obtenir un résultat beaucoup plus homogène. Ce petit geste fait davantage pour la qualité du plat qu’une longue discussion sur le choix de la casserole.
Sur le plan nutritionnel, le chou de Bruxelles est particulièrement intéressant pour un légume aussi peu calorique. Les données issues de la table Ciqual utilisées par le CTIFL montrent notamment une teneur intéressante en fibres, en vitamine C, en vitamine K1 et en folates. Pour 100 g de chou de Bruxelles cuit, les données Ciqual reprises dans les bases nutritionnelles donnent environ 56 mg de vitamine C, 113 µg de folates et 140 µg de vitamine K1, avec environ 3,2 g de fibres.
Une portion de 150 g de chou cuit représente donc approximativement 4,8 g de fibres et plus de 80 mg de vitamine C selon ces valeurs moyennes. Il ne faut évidemment pas transformer ces chiffres en promesse médicale : la teneur réelle varie selon la variété, la fraîcheur, la conservation et surtout la cuisson. Mais le profil nutritionnel explique parfaitement pourquoi ce légume trouve facilement sa place dans une alimentation diversifiée.
Le chou de Bruxelles apporte aussi du potassium. Les données Ciqual donnent environ 324 mg pour 100 g une fois cuit. Il contient également des protéines végétales en quantité modeste, autour de 2,6 g pour 100 g cuit, ainsi que différents composés végétaux appartenant notamment à la famille des glucosinolates.
Les glucosinolates constituent justement l’un des aspects scientifiques les plus intéressants du chou de Bruxelles. Ces composés soufrés sont caractéristiques de nombreuses Brassicacées. Lors de la découpe ou de la destruction des cellules végétales, des enzymes de la plante, notamment la myrosinase, peuvent intervenir dans leur transformation en différents produits, dont certains isothiocyanates et indoles.
Attention toutefois aux raccourcis que l’on voit régulièrement circuler. La présence de glucosinolates ne signifie pas que manger une assiette de choux de Bruxelles « détoxifie » l’organisme ou protège à elle seule contre une maladie. Les recherches portent sur des mécanismes biochimiques complexes, des composés précis, des concentrations variables et des modèles expérimentaux qui ne permettent pas de transformer automatiquement un résultat de laboratoire en bénéfice clinique chez l’être humain.
Des travaux expérimentaux ont néanmoins montré que la transformation et la cuisson modifient réellement le profil des glucosinolates. Une étude publiée en 2024 sur différents traitements thermiques du chou de Bruxelles a notamment observé des différences dans les pertes de glucosinolates selon les méthodes de cuisson, avec des pertes particulièrement importantes dans certaines conditions de cuisson sous vide étudiées.
Des recherches plus anciennes avaient déjà montré que la cuisson à l’eau pouvait entraîner une perte importante de glucosinolates par passage dans l’eau de cuisson. Dans l’étude concernée, une grande partie des pertes mesurées se retrouvait dans cette eau. La vapeur, le four à micro-ondes ou la cuisson rapide à la poêle pouvaient mieux préserver certains composés selon les conditions étudiées.
Vous avez donc une raison supplémentaire de ne pas transformer systématiquement le chou de Bruxelles en légume « bouilli jusqu’à oubli de soi ». Une cuisson courte, maîtrisée et adaptée à la taille des pommes permet souvent de conserver une meilleure texture et de limiter les pertes de certains micronutriments hydrosolubles.
La cuisson vapeur constitue une excellente méthode pour septembre. Comptez généralement autour de 8 à 12 minutes pour des petits choux entiers, avec davantage de temps pour des pièces volumineuses. Le temps réel dépend du diamètre, de la puissance du cuiseur et du degré de fermeté recherché. Une lame de couteau doit pouvoir pénétrer le cœur sans rencontrer une résistance excessive, mais vous devez encore sentir une petite tenue sous la dent.
Pour une cuisson à l’eau, le blanchiment préalable peut être utile si vous souhaitez ensuite faire revenir les choux à la poêle. Une méthode efficace consiste à nettoyer les pommes, retirer les feuilles abîmées, réaliser éventuellement une petite incision à la base des plus gros choux, puis les blanchir quelques minutes avant de les égoutter. Vous pouvez ensuite les terminer à la poêle avec une matière grasse, de l’ail, des échalotes, des noisettes ou quelques dés de poitrine fumée selon le plat recherché.
Le blanchiment n’est cependant pas obligatoire. Pour une préparation rôtie, vous pouvez couper les choux en deux, les mélanger avec un filet d’huile, du poivre et éventuellement quelques épices, puis les placer sur une plaque à environ 200 °C. Une cuisson de l’ordre de 20 à 30 minutes convient souvent, avec un retournement à mi-cuisson. Les feuilles extérieures deviennent légèrement croustillantes alors que le cœur reste tendre.
La cuisson au four permet d’ailleurs de faire découvrir le chou de Bruxelles à ceux qui le détestent depuis 1987. Les températures élevées favorisent des réactions de brunissement qui modifient fortement les arômes. Vous obtenez ainsi un légume beaucoup plus complexe qu’un chou simplement cuit dans une grande casserole d’eau. Un filet d’huile, une pincée de paprika fumé, du poivre noir et quelques noisettes concassées peuvent suffire à transformer complètement le résultat.
Pour quatre personnes, prévoyez environ 600 à 700 g de choux de Bruxelles bruts si le légume constitue l’accompagnement principal. Après nettoyage et cuisson, la quantité réellement servie sera inférieure. Avec 150 à 170 g par personne, vous obtenez une portion généreuse sans que le chou monopolise toute l’assiette.
Une première recette très simple consiste à préparer des choux de Bruxelles rôtis à l’ail et aux noisettes. Pour quatre personnes, utilisez environ 700 g de choux, 2 gousses d’ail, 25 g de noisettes, 2 cuillères à soupe d’huile d’olive, du poivre et une petite quantité de sel. Coupez les choux en deux, mélangez-les avec l’huile et l’ail, placez-les face coupée contre la plaque et faites cuire autour de 200 °C pendant 20 à 25 minutes. Ajoutez les noisettes concassées durant les dernières minutes afin qu’elles grillent sans brûler.
Une seconde version, plus automnale, associe le chou à la pomme. Pour quatre personnes, comptez environ 600 g de choux, deux pommes assez fermes, une échalote, 20 g de beurre ou d’huile, 30 g de noix et une petite cuillère de moutarde douce. Faites revenir l’échalote, ajoutez les choux précuits ou directement coupés en deux, puis les quartiers de pomme dans les dernières minutes. La douceur et l’acidité du fruit équilibrent très bien l’amertume éventuelle du légume.
Une troisième recette joue sur le contraste entre le chou, le parmesan et le citron. Après une cuisson vapeur de 8 à 10 minutes, faites revenir les choux dans une poêle avec un filet d’huile d’olive, ajoutez le zeste très fin d’un demi-citron et environ 30 g de parmesan fraîchement râpé pour quatre personnes. Le résultat est plus vif et moins lourd qu’une préparation à la crème.
Pour une assiette plus consistante, vous pouvez associer 700 g de choux de Bruxelles à 120 g de lentilles cuites, une échalote, 80 g de champignons et quelques noix. Cette combinaison apporte davantage de protéines végétales et transforme le légume d’accompagnement en véritable élément central du repas. Vous pouvez également ajouter un œuf poché ou mollet pour obtenir une assiette complète sans recourir systématiquement à la charcuterie.
Le mariage avec les produits fumés reste cependant un classique pour une raison simple : les saveurs fonctionnent très bien ensemble. Pour quatre personnes, 100 à 120 g de poitrine fumée ou de lardons suffisent largement avec environ 600 à 700 g de choux. Faites d’abord dorer la viande, retirez l’excédent de graisse si nécessaire, ajoutez les choux précuits puis poursuivez la cuisson quelques minutes.
Il existe toutefois une solution plus légère pour retrouver le côté fumé sans augmenter fortement la quantité de charcuterie : le paprika fumé. Une demi-cuillère à café suffit souvent pour parfumer une poêlée familiale. Vous pouvez également utiliser quelques gouttes d’huile de noix après cuisson, mais évitez de la soumettre à une température élevée pendant longtemps afin de préserver ses qualités aromatiques.
La technologie culinaire peut aussi améliorer nettement le résultat. Un thermomètre de cuisine n’est pas indispensable pour cuire des choux de Bruxelles, mais il devient très utile si vous travaillez avec des cuissons sous vide, un four à vapeur ou des préparations précises. Le four à vapeur permet notamment de maîtriser beaucoup mieux l’humidité qu’un four traditionnel, avec une texture régulière et moins de dessèchement.
Le four à air pulsé ou la friteuse à air chaud constitue une autre solution intéressante. Pour environ 500 g de choux coupés en deux, une température proche de 190 à 200 °C et une vingtaine de minutes constituent une bonne base, avec une agitation ou un retournement en cours de cuisson. Les appareils varient beaucoup en puissance et en circulation d’air : le temps affiché par le fabricant doit donc rester un point de départ, pas une vérité gravée dans le marbre.
Le robot cuiseur peut quant à lui assurer une cuisson vapeur très régulière, tandis qu’un simple panier vapeur posé au-dessus d’une casserole permet d’obtenir un résultat comparable sans investir dans un appareil supplémentaire. Pour une famille qui cuisine régulièrement des légumes, le panier vapeur reste probablement l’un des accessoires les plus rentables de la cuisine : peu coûteux, compact et presque impossible à mettre à jour avec une application qui réclame une connexion Wi-Fi.
La conservation demande également un peu d’attention. Les choux de Bruxelles frais doivent être conservés au réfrigérateur, idéalement dans le bac à légumes. Une conservation trop longue fait progressivement perdre de la fraîcheur et peut renforcer certaines notes soufrées. Il vaut mieux acheter une quantité adaptée à vos repas des quelques jours suivants plutôt que de remplir le réfrigérateur comme si vous prépariez le siège d’un village.
Les choux déjà cuits doivent être refroidis rapidement après le repas puis conservés au réfrigérateur dans une boîte fermée. Pour une bonne qualité gustative, les consommer dans les deux à trois jours reste une approche raisonnable. Vous pouvez aussi les congeler après blanchiment, ce qui permet de profiter plus longtemps d’une récolte importante du jardin.
Le prix constitue un autre intérêt du légume, même si le tarif varie fortement selon l’origine, le conditionnement, le circuit de distribution et la période. Un relevé de marché effectué en septembre 2026 affichait par exemple un prix de gros autour de 3,90 € le kilogramme pour un produit d’origine néerlandaise. Il s’agit d’un prix de marché précis à une date donnée et non d’un prix de détail national moyen : votre supermarché, votre marché local, votre producteur ou votre magasin bio peuvent afficher des montants très différents.
Pour une préparation familiale de 700 g, un prix théorique de 3,90 €/kg représenterait environ 2,73 € de légume avant les autres ingrédients. Une recette rôtie avec huile, ail et noisettes peut donc rester raisonnable, même si les fruits secs font monter l’addition. Avec une production de jardin, le calcul change évidemment complètement : le coût direct devient faible, mais il faut intégrer semences, plants, eau, protection, espace et temps de culture si vous cherchez à évaluer le véritable coût de production.
| 🥬 Repère | 📊 Donnée pratique | 🍽️ Ce que vous pouvez en retenir |
| 🌱 Début de récolte | Dès septembre selon les variétés | Les premières récoltes annoncent l’automne |
| 📅 Saison | Septembre à mars selon les calendriers | Une présence longue, avec plusieurs types variétaux |
| 🧑🌾 Semis automnal | Mars-avril pour certaines variétés | Le légume de septembre se prépare plusieurs mois avant |
| 📏 Espacement | Environ 50–60 cm entre plants | Prévoir de la place au potager |
| 🌿 Hauteur | Souvent autour de 60 cm à 1 m selon variété | Tuteurage possible en terrain exposé |
| 🥦 Portion | Environ 150–170 g/personne | Bonne base pour un accompagnement généreux |
| 💚 Fibres | Environ 3,2 g/100 g cuit | Intéressant dans une alimentation variée |
| 🍊 Vitamine C | Environ 56 mg/100 g cuit | Une teneur notable malgré la cuisson |
| 🦴 Vitamine K1 | Environ 140 µg/100 g cuit | Forte concentration par rapport à de nombreux aliments |
| 🧬 Folates B9 | Environ 113 µg/100 g cuit | Contribution intéressante aux apports en folates |
| 🥔 Potassium | Environ 324 mg/100 g cuit | Le légume apporte aussi des minéraux |
| 🔥 Four | Environ 190–200 °C | Idéal pour obtenir des feuilles dorées |
| ♨️ Vapeur | Environ 8–12 min | Texture ferme et cuisson douce |
| ❄️ Conservation | Réfrigérateur, quelques jours | À consommer relativement rapidement |
| 💶 Budget | Variable selon origine et circuit | Les produits secs et fromages font surtout varier la recette |
Les valeurs nutritionnelles sont des moyennes et peuvent évoluer selon le produit et le mode de préparation. Les données Ciqual reprises par le CTIFL indiquent notamment que le chou de Bruxelles cuit est particulièrement intéressant pour la vitamine C et la vitamine K1.
Il faut aussi parler d’un problème très concret : les odeurs. Le chou de Bruxelles contient des composés soufrés et une cuisson prolongée peut produire des arômes beaucoup plus puissants. Le problème vient souvent moins du légume lui-même que de la combinaison entre température, durée de cuisson et quantité d’eau.
Si vous faites cuire les choux pendant quarante minutes dans une grande casserole, vous obtenez rarement le meilleur résultat gastronomique. Une cuisson plus courte, suivie éventuellement d’un passage à la poêle ou au four, donne généralement davantage de texture et des arômes plus nets. Pour les personnes qui gardent un souvenir traumatique de légumes mous servis à la cantine, cette différence peut être spectaculaire.
La digestion mérite également d’être évoquée sans dramatisation. Comme d’autres légumes riches en fibres et en composés fermentescibles, le chou de Bruxelles peut provoquer des ballonnements chez certaines personnes, surtout lorsqu’elles en consomment soudainement une grande quantité. Commencer par une portion raisonnable, manger lentement et varier les légumes constitue une approche plus confortable que de bannir définitivement toute la famille des choux.
Le chou de Bruxelles cru peut aussi trouver sa place dans certaines préparations. Les petites pommes très fraîches peuvent être finement émincées pour réaliser une salade croquante avec pomme, noix, citron et huile de noix. Dans ce cas, vous exploitez une texture totalement différente de celle obtenue par cuisson. Il faut toutefois privilégier des produits très frais, bien lavés et conservés correctement.
Une salade pour quatre personnes peut associer 400 g de choux très finement émincés, deux pommes, 50 g de noix, 30 g de parmesan et une vinaigrette composée de moutarde douce, citron et huile de noix. Le chou apporte le croquant, la pomme apporte une note fruitée, le parmesan apporte l’umami et les noix ajoutent une texture grasse et légèrement sucrée.
Focus : pourquoi le chou de Bruxelles a-t-il si mauvaise réputation ? Une partie du problème vient probablement de la manière dont il a été cuisiné pendant des décennies. Le légume supporte mal les cuissons interminables qui dégradent sa texture et accentuent les notes soufrées. Les méthodes modernes, notamment la vapeur courte, la cuisson au four, la poêle et l’air chaud, permettent de conserver davantage de croquant et de développer des arômes de torréfaction.
La science de la cuisson confirme que le choix de la méthode n’est pas anodin. Des études comparant différentes techniques sur les légumes du groupe des Brassica montrent que la chaleur modifie fortement les concentrations de vitamine C, de glucosinolates, de polyphénols et d’autres composés végétaux. Le résultat dépend toutefois du couple température-durée et du mode de transfert de chaleur : il serait donc trop simpliste d’affirmer qu’une seule méthode est toujours supérieure à toutes les autres.
Repères et points clés à retenir : septembre correspond bien au début de la période de récolte de nombreuses variétés de chou de Bruxelles, même si le calendrier exact dépend du cultivar et des conditions de culture. Le légume peut ensuite rester disponible jusqu’à l’hiver et parfois jusqu’au début du printemps. Pour votre potager, les variétés précoces permettent une récolte dès l’automne tandis que les variétés tardives prolongent la période de production.
Sur le plan culinaire, la règle la plus simple consiste à éviter la surcuisson. La vapeur, la cuisson rapide à l’eau suivie d’une poêlée, le four et l’air chaud offrent des résultats très différents d’une longue cuisson dans beaucoup d’eau. Pour une texture plus gourmande, coupez les grosses pommes en deux, séchez-les correctement avant de les rôtir et ne surchargez pas la plaque : si les légumes sont trop serrés, ils cuisent davantage à la vapeur qu’ils ne rôtissent.
Sur le plan nutritionnel, le chou de Bruxelles apporte fibres, vitamine C, vitamine K1, folates et potassium. Les glucosinolates constituent un autre groupe de composés caractéristiques, mais il faut éviter de leur attribuer des effets médicaux qui ne sont pas démontrés par le simple fait de manger une portion de légumes. Les études expérimentales montrent surtout que la conservation, la découpe et la cuisson modifient la composition de ces molécules.
Pour l’achat, choisissez des pommes fermes, compactes, bien vertes et sans feuilles jaunies. Un calibre homogène facilite la cuisson. Au jardin, surveillez surtout les chenilles de piéride, l’état des feuilles et la stabilité des tiges lorsque les vents d’automne arrivent. La SNHF conseille notamment d’éviter les excès d’azote et de protéger les plantes hautes contre les risques de verse.
Pour aller plus loin : le véritable intérêt du chou de Bruxelles en septembre ne réside finalement pas uniquement dans le retour d’un légume de saison. Il représente aussi une transition dans la façon de cuisiner. Vous passez progressivement des légumes d’été très aqueux, consommés crus ou rapidement poêlés, à des légumes plus denses qui supportent les cuissons lentes, le rôtissage et les associations avec les pommes, les noix, les champignons, les céréales, les légumineuses et les fromages.
Vous pouvez donc construire tout un repas autour de lui sans tomber dans le traditionnel « chou de Bruxelles + pomme de terre + morceau de viande ». Une assiette composée de choux rôtis, de lentilles, de pommes légèrement poêlées, de noix et d’une sauce au yaourt et à la moutarde donne par exemple un plat beaucoup plus contemporain. Une autre version avec choux, champignons, orge perlé et parmesan fonctionne très bien pour un repas végétarien d’automne.
Et si vous cultivez vous-même vos choux, septembre est aussi le moment où il faut commencer à observer la plante avec un autre regard. Les petites pommes qui se forment sur la tige ne doivent pas nécessairement être récoltées toutes en même temps. La récolte échelonnée, en commençant par les plus grosses pommes situées vers le bas, permet de profiter plus longtemps de la production. Cette particularité est l’un des grands avantages du chou de Bruxelles au potager : plutôt qu’un énorme légume à consommer immédiatement, vous disposez d’une succession de petites récoltes.
Finalement, le chou de Bruxelles arrive en septembre avec une réputation qui date presque davantage de la cantine scolaire que de la botanique. Bien choisi, correctement conservé et surtout correctement cuit, il peut être croquant, grillé, légèrement sucré, noisetté, citronné ou même franchement gourmand. La saison qui débute donne donc une excellente occasion de lui offrir une seconde chance : vous pourriez bien découvrir que le problème n’était pas le chou, mais la casserole.




