đŸŒĄïžCanicule : 50 000 Ă©quipements achetĂ©s depuis l’étĂ© pour faire face aux fortes chaleurs dans les Ă©tablissements scolaires

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AprĂšs un Ă©tĂ© 2026 marquĂ© par une chaleur exceptionnelle, les Ă©coles, collĂšges et lycĂ©es français commencent Ă  changer de visage face au risque de canicule. Depuis la mi-juillet, environ 50 000 Ă©quipements de rafraĂźchissement ont Ă©tĂ© acquis grĂące au dispositif d’aide lancĂ© avec EDF. Ventilateurs, brumisateurs, climatiseurs mobiles ou fixes : ces appareils rĂ©pondent Ă  une urgence trĂšs concrĂšte. Mais derriĂšre ces achats se pose une question beaucoup plus vaste : comment adapter durablement des milliers de bĂątiments scolaires conçus pour un climat qui n’est plus celui d’aujourd’hui ?

đŸŒĄïž Chaleur đŸ« 50 000 đŸ’¶ 80 M€ 🌀 100 000+ đŸ—ïž 2 500
Équipements dĂ©jĂ  achetĂ©s Depuis mi-juillet Fonds EDF Objectif d’Ă©quipements aidĂ©s Écoles identifiĂ©es comme trĂšs vulnĂ©rables

Le chiffre est spectaculaire, mais il raconte surtout l’accĂ©lĂ©ration d’un problĂšme que les collectivitĂ©s connaissent depuis plusieurs annĂ©es. Depuis la mi-juillet 2026, quelque 50 000 Ă©quipements de rafraĂźchissement ont Ă©tĂ© achetĂ©s par des Ă©coles et Ă©tablissements scolaires en France. L’annonce a Ă©tĂ© faite le 9 septembre par le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray. Ces acquisitions s’inscrivent dans le plan d’urgence annoncĂ© par EDF Ă  la fin du mois de juin, aprĂšs les premiers Ă©pisodes de chaleur de l’Ă©tĂ©.

Le dispositif prĂ©voit une enveloppe globale de 80 millions d’euros. Une premiĂšre partie de 40 millions d’euros est destinĂ©e Ă  financer l’achat rapide de matĂ©riels. EDF prĂ©voit une aide forfaitaire de 400 euros par Ă©quipement, avec une limite de dix Ă©quipements par Ă©tablissement. Le dispositif concerne notamment les ventilateurs, les brumisateurs ainsi que les climatiseurs mobiles ou fixes. L’objectif initial est de contribuer au financement de plus de 100 000 Ă©quipements dans plus de 10 000 Ă©tablissements.

À la mi-septembre, la moitiĂ© environ de cette cible avait donc dĂ©jĂ  Ă©tĂ© atteinte. Le calendrier est particuliĂšrement court : le dispositif d’aide aux Ă©quipements directement mobilisables court jusqu’au 30 septembre 2026. Les Ă©tablissements disposent donc de quelques semaines pour finaliser leurs achats dans le cadre prĂ©vu. Une seconde enveloppe de 40 millions d’euros est destinĂ©e Ă  des projets plus durables, avec une aide pouvant atteindre 10 000 euros par Ă©tablissement jusqu’au 30 juin 2027. Cette partie doit notamment permettre de financer des solutions de rafraĂźchissement plus pĂ©rennes, dont des pompes Ă  chaleur air-air rĂ©versibles.

Ce changement de dimension est important. Un ventilateur peut amĂ©liorer immĂ©diatement le confort d’une classe, mais il ne transforme pas le bĂątiment. Or une salle exposĂ©e plein sud, avec de grandes surfaces vitrĂ©es, peu de protections solaires, une toiture qui accumule fortement la chaleur et une ventilation insuffisante peut devenir trĂšs chaude mĂȘme avec plusieurs appareils Ă©lectriques. Dans certaines configurations, le matĂ©riel mobile constitue donc une rĂ©ponse d’urgence, pas une solution architecturale complĂšte.

Le problĂšme est d’autant plus sĂ©rieux que le bĂątiment scolaire possĂšde une particularitĂ© : il accueille des enfants pendant plusieurs heures consĂ©cutives, souvent dans des salles oĂč l’activitĂ© physique et intellectuelle se poursuit malgrĂ© la chaleur. La tempĂ©rature ressentie ne dĂ©pend pas seulement de la tempĂ©rature de l’air. L’humiditĂ©, le rayonnement des parois et des vitrages, les mouvements d’air, la ventilation et la tempĂ©rature des surfaces jouent aussi un rĂŽle.

Une salle affichant 30 °C n’offre pas forcĂ©ment le mĂȘme confort qu’une autre salle Ă  30 °C. Une piĂšce protĂ©gĂ©e du soleil, ventilĂ©e la nuit puis maintenue fermĂ©e pendant les heures chaudes peut rester nettement plus supportable qu’une salle dont les vitrages exposĂ©s au sud ou Ă  l’ouest laissent entrer plusieurs centaines de watts de rayonnement solaire. La chaleur accumulĂ©e dans les murs, les plafonds, les sols et le mobilier peut ensuite continuer Ă  ĂȘtre libĂ©rĂ©e plusieurs heures aprĂšs la baisse de la tempĂ©rature extĂ©rieure.

C’est prĂ©cisĂ©ment pour cette raison que le plan ministĂ©riel de gestion des vagues de chaleur publiĂ© en mai 2026 ne repose pas uniquement sur l’installation d’appareils. Le ministĂšre demande aux Ă©tablissements d’identifier les locaux les plus exposĂ©s, d’adapter l’utilisation des espaces et de privilĂ©gier les zones protĂ©gĂ©es du soleil, les espaces vĂ©gĂ©talisĂ©s ou couverts lorsque les conditions le permettent. Il recommande aussi le maintien des stores ou volets fermĂ©s lorsque les façades sont exposĂ©es, ainsi qu’une ventilation courte lorsque l’air extĂ©rieur permet de renouveler l’atmosphĂšre sans faire entrer inutilement de la chaleur.

Cette logique peut sembler presque Ă©lĂ©mentaire, mais elle rĂ©pond Ă  une rĂ©alitĂ© physique souvent mal comprise : la meilleure chaleur Ă  combattre est celle que le bĂątiment n’a pas laissĂ©e entrer. Un store extĂ©rieur, par exemple, agit avant que le rayonnement solaire ne traverse le vitrage. Un rideau intĂ©rieur intervient plus tard, lorsque le rayonnement a dĂ©jĂ  pĂ©nĂ©trĂ© dans la piĂšce. La diffĂ©rence peut devenir importante lors des aprĂšs-midi trĂšs chauds.

La vĂ©gĂ©talisation des cours d’Ă©cole prend Ă©galement une place croissante dans les stratĂ©gies d’adaptation. Un sol minĂ©ral absorbe et restitue une quantitĂ© importante de chaleur. Une surface vĂ©gĂ©talisĂ©e, surtout lorsqu’elle dispose d’une humiditĂ© suffisante, modifie le bilan thermique local. Les arbres apportent en plus de l’ombre et contribuent Ă  rĂ©duire la tempĂ©rature des surfaces situĂ©es sous leur couvert. Le ministĂšre prĂ©voit d’ailleurs, dans son plan, de dĂ©velopper les diagnostics et les Ă©tudes de faisabilitĂ© concernant la vĂ©gĂ©talisation des cours.

Le sujet dĂ©passe largement les Ă©coles maternelles. La rentrĂ©e 2026 concerne environ 11,6 millions d’Ă©lĂšves et 1,2 million de personnels dans plus de 55 000 implantations sur l’ensemble du territoire. Le bĂąti scolaire reprĂ©sente donc un parc immobilier considĂ©rable, avec des constructions de pĂ©riodes trĂšs diffĂ©rentes, des architectures variĂ©es et des capacitĂ©s d’adaptation trĂšs inĂ©gales.

Une Ă©cole des annĂ©es 1960 ou 1970, construite avec de grandes baies vitrĂ©es, une isolation faible et une ventilation limitĂ©e, ne rĂ©agit pas Ă  une vague de chaleur comme un bĂątiment rĂ©cent conçu selon des standards thermiques plus exigeants. De mĂȘme, un Ă©tablissement situĂ© dans une zone mĂ©diterranĂ©enne ne subit pas les mĂȘmes contraintes qu’une Ă©cole du nord-ouest de la France. Pourtant, la progression des Ă©pisodes de chaleur Ă©tend progressivement le problĂšme vers des territoires qui disposaient autrefois de davantage de nuits fraĂźches et de pĂ©riodes de rĂ©cupĂ©ration.

Le plan ministĂ©riel publiĂ© le 28 mai 2026 reconnaĂźt prĂ©cisĂ©ment cette Ă©volution. Le texte prĂ©voit des diagnostics de vulnĂ©rabilitĂ© Ă  la chaleur et une cartographie des Ă©tablissements les plus exposĂ©s. Il indique aussi que les mesures doivent ĂȘtre adaptĂ©es aux rĂ©alitĂ©s locales et que les collectivitĂ©s territoriales doivent ĂȘtre associĂ©es Ă  la dĂ©marche.

Cette responsabilitĂ© des collectivitĂ©s est importante, car l’État n’est pas propriĂ©taire de l’ensemble du bĂąti scolaire. Les communes ont la charge des Ă©coles, les dĂ©partements celle des collĂšges et les rĂ©gions celle des lycĂ©es. La rĂ©novation thermique ne peut donc pas ĂȘtre menĂ©e comme un simple programme centralisĂ©. Elle nĂ©cessite des diagnostics bĂątiment par bĂątiment, des budgets locaux, des choix techniques et des calendriers de travaux.

L’annĂ©e 2026 a toutefois accĂ©lĂ©rĂ© la prise de conscience. Le ministĂšre a identifiĂ© 2 500 Ă©coles particuliĂšrement vulnĂ©rables aux fortes chaleurs. Ces Ă©tablissements doivent bĂ©nĂ©ficier d’une approche renforcĂ©e avec diagnostics, isolation et solutions d’adaptation. Cette sĂ©lection ne signifie pas que les autres Ă©coles seraient Ă  l’abri : elle permet surtout de cibler les bĂątiments prĂ©sentant les niveaux de vulnĂ©rabilitĂ© les plus importants.

Le choix de commencer par du matĂ©riel facilement dĂ©ployable s’explique par une contrainte simple : les travaux lourds prennent du temps. Installer des protections solaires extĂ©rieures, refaire une toiture, modifier une ventilation, crĂ©er une ventilation nocturne efficace, vĂ©gĂ©taliser une cour ou transformer l’isolation d’un bĂątiment demande des Ă©tudes, des marchĂ©s publics, des entreprises et parfois plusieurs annĂ©es.

Un ventilateur, lui, peut ĂȘtre achetĂ© en quelques jours. Cette rapiditĂ© explique en partie les 50 000 Ă©quipements dĂ©jĂ  acquis. Mais elle explique aussi pourquoi ce chiffre ne doit pas ĂȘtre confondu avec 50 000 bĂątiments dĂ©sormais adaptĂ©s aux canicules. Les deux rĂ©alitĂ©s sont trĂšs diffĂ©rentes.

Un ventilateur amĂ©liore le mouvement de l’air. Il ne rĂ©duit pas rĂ©ellement la tempĂ©rature de la piĂšce de la mĂȘme maniĂšre qu’un systĂšme de climatisation. Son intĂ©rĂȘt tient surtout Ă  l’augmentation de l’Ă©vaporation de la sueur et Ă  l’amĂ©lioration de la sensation de confort lorsque les conditions s’y prĂȘtent. Dans une salle extrĂȘmement chaude, son efficacitĂ© reste donc dĂ©pendante de la tempĂ©rature, de l’humiditĂ©, de l’activitĂ© physique des occupants et de la possibilitĂ© de faire circuler de l’air moins chaud.

Les brumisateurs posent une problĂ©matique similaire. L’Ă©vaporation de fines gouttelettes peut provoquer un refroidissement local dans une atmosphĂšre suffisamment sĂšche, mais l’efficacitĂ© diminue lorsque l’humiditĂ© de l’air devient Ă©levĂ©e. Une solution qui fonctionne trĂšs bien dans une ambiance chaude et sĂšche n’aura donc pas nĂ©cessairement le mĂȘme rĂ©sultat pendant une pĂ©riode chaude et humide.

La climatisation mobile peut abaisser davantage la tempĂ©rature de l’air, mais elle possĂšde ses propres contraintes : consommation Ă©lectrique, bruit, Ă©vacuation de l’air chaud, entretien, condensats et implantation. Dans une salle de classe, le niveau sonore compte aussi. Un Ă©quipement qui produit un bruit permanent peut rendre plus difficile la concentration des Ă©lĂšves et l’Ă©coute de l’enseignant.

La question acoustique est rarement Ă©voquĂ©e lorsque l’on parle de rafraĂźchissement scolaire, pourtant elle devient trĂšs concrĂšte dĂšs que plusieurs appareils fonctionnent simultanĂ©ment. Dans une classe, le confort thermique ne doit pas ĂȘtre obtenu au prix d’une dĂ©gradation excessive des conditions d’enseignement.

Il faut Ă©galement tenir compte de la qualitĂ© de l’air intĂ©rieur. Fermer les fenĂȘtres pendant les pĂ©riodes trĂšs chaudes permet de limiter les apports de chaleur, mais une salle occupĂ©e par une vingtaine ou une trentaine de personnes produit rapidement du dioxyde de carbone et de l’humiditĂ©. La stratĂ©gie doit donc combiner protection solaire, ventilation adaptĂ©e et gestion des pĂ©riodes d’ouverture.

Le ministĂšre recommande ainsi de limiter l’ouverture des fenĂȘtres aux moments oĂč elle est utile, avec des pĂ©riodes courtes de l’ordre de cinq Ă  dix minutes dans les situations dĂ©crites dans ses consignes. L’objectif est d’Ă©viter de transformer une fenĂȘtre ouverte en entrĂ©e permanente d’air brĂ»lant pendant les heures les plus chaudes.

Le phĂ©nomĂšne est dĂ©sormais suffisamment sĂ©rieux pour modifier l’organisation mĂȘme de la scolaritĂ©. Durant les Ă©pisodes de chaleur de 2026, des Ă©tablissements ont dĂ» adapter leurs activitĂ©s et certains ont fermĂ© temporairement. Le plan ministĂ©riel prĂ©voit qu’en dernier recours, lorsque les conditions d’accueil ne permettent plus d’assurer la sĂ©curitĂ© des Ă©lĂšves et des personnels, une fermeture temporaire peut ĂȘtre dĂ©cidĂ©e aprĂšs concertation entre les autoritĂ©s concernĂ©es.

Cette Ă©volution touche aussi les examens. En juin 2026, les fortes chaleurs ont conduit Ă  prĂ©voir localement des adaptations pour certaines Ă©preuves. Le ministĂšre avait notamment indiquĂ© que des Ă©preuves orales du baccalaurĂ©at prĂ©vues l’aprĂšs-midi pouvaient ĂȘtre reportĂ©es dans les secteurs concernĂ©s. Pour le brevet, des adaptations avaient Ă©tĂ© prĂ©vues dans les salles, avec notamment des pauses permettant aux candidats de se rafraĂźchir.

Le problĂšme n’est donc plus seulement celui du « confort » dans une salle de classe. Il concerne la continuitĂ© du service public, l’organisation des examens, la sĂ©curitĂ© des Ă©lĂšves, les conditions de travail des personnels et la capacitĂ© d’un Ă©tablissement Ă  rester opĂ©rationnel pendant plusieurs jours de chaleur.

Le climat de 2026 donne une idĂ©e de la pression qui s’exerce sur les bĂątiments. La France a connu cette annĂ©e une succession exceptionnelle d’Ă©pisodes chauds, avec une saison estivale particuliĂšrement chaude. Dans ce contexte, une Ă©cole qui rĂ©ussit Ă  supporter une journĂ©e Ă  32 °C peut rencontrer beaucoup plus de difficultĂ©s si les tempĂ©ratures restent Ă©levĂ©es pendant plusieurs nuits consĂ©cutives.

La tempĂ©rature nocturne est particuliĂšrement importante. Un bĂątiment peut rĂ©cupĂ©rer une partie de sa fraĂźcheur pendant la nuit si l’air extĂ©rieur devient suffisamment frais. Mais lorsque les nuits restent chaudes, les murs et les planchers commencent le lendemain avec une tempĂ©rature plus Ă©levĂ©e. AprĂšs plusieurs jours, l’effet d’accumulation devient considĂ©rable. C’est l’une des raisons pour lesquelles les vagues de chaleur longues sont particuliĂšrement difficiles Ă  gĂ©rer dans les bĂątiments mal protĂ©gĂ©s.

La rĂ©novation doit donc viser le confort d’Ă©tĂ©, et pas seulement la rĂ©duction des besoins de chauffage en hiver. Une isolation supplĂ©mentaire peut amĂ©liorer les performances hivernales, mais sa conception doit aussi tenir compte des apports solaires, de l’inertie du bĂątiment, de la ventilation et des protections solaires. Une rĂ©novation Ă©nergĂ©tique qui ignore la chaleur estivale risque de rĂ©soudre une partie du problĂšme tout en laissant une autre difficultĂ© intacte.

Le plan ministĂ©riel demande justement que les travaux de rĂ©novation prennent en compte cette dimension. Les documents techniques du ministĂšre citent notamment les pare-soleil, les bardages ventilĂ©s, les protections solaires extĂ©rieures, les dispositifs de brassage de l’air et certaines solutions de rafraĂźchissement par le sol. Les projets d’isolation ou de remplacement des fenĂȘtres doivent Ă©galement intĂ©grer la question du confort d’Ă©tĂ©.

Le recours aux arbres, aux sols permĂ©ables et Ă  la vĂ©gĂ©tation peut aussi jouer sur l’environnement immĂ©diat de l’Ă©cole. Une cour fortement minĂ©ralisĂ©e peut devenir une vĂ©ritable surface de stockage thermique au cours d’une journĂ©e ensoleillĂ©e. La crĂ©ation d’ombrage, la dĂ©simpermĂ©abilisation et la vĂ©gĂ©talisation permettent de rĂ©duire la tempĂ©rature des surfaces et de crĂ©er des zones plus agrĂ©ables pour les Ă©lĂšves.

Il ne faut cependant pas transformer la vĂ©gĂ©talisation en solution miracle. Un arbre rĂ©cemment plantĂ© ne fournit pas immĂ©diatement l’ombre d’un arbre adulte. Les plantations nĂ©cessitent de l’eau pendant leur installation et doivent ĂȘtre choisies en fonction du sol, du climat local, des contraintes d’entretien et de la disponibilitĂ© future de la ressource en eau. Une cour vĂ©gĂ©talisĂ©e bien conçue constitue une stratĂ©gie de long terme, mais elle demande elle aussi une vraie conception.

Le mĂȘme raisonnement vaut pour les systĂšmes de rafraĂźchissement. L’installation d’une climatisation dans chaque salle ne constitue pas nĂ©cessairement une rĂ©ponse rĂ©aliste Ă  long terme. Elle implique une consommation Ă©lectrique, une maintenance, des Ă©quipements extĂ©rieurs et une gestion du bruit. Dans un bĂątiment trĂšs mal protĂ©gĂ© du soleil, elle peut surtout conduire Ă  refroidir mĂ©caniquement une piĂšce qui reçoit continuellement de nouveaux apports thermiques.

La stratĂ©gie la plus robuste repose donc sur plusieurs couches : empĂȘcher la chaleur d’entrer, limiter les apports internes, Ă©vacuer la chaleur lorsque l’air extĂ©rieur est plus frais, amĂ©liorer l’inertie et la ventilation, crĂ©er des zones ombragĂ©es, puis utiliser un rafraĂźchissement mĂ©canique lorsque les autres mesures ne suffisent pas.

Le plan EDF illustre finalement cette distinction entre urgence et adaptation. Les 40 millions d’euros consacrĂ©s aux Ă©quipements rapides permettent d’agir immĂ©diatement. Les 40 millions destinĂ©s aux projets plus durables permettent de commencer Ă  modifier les bĂątiments eux-mĂȘmes. L’un ne remplace pas l’autre.

La question sera dĂ©sormais de savoir combien d’Ă©tablissements pourront passer d’une logique de rĂ©action Ă  une vĂ©ritable stratĂ©gie d’adaptation. Les 50 000 Ă©quipements constituent un premier indicateur trĂšs concret de la demande. Ils montrent aussi l’ampleur du besoin : en quelques semaines seulement, des dizaines de milliers de matĂ©riels ont Ă©tĂ© commandĂ©s dans le parc scolaire.

Pour les collectivitĂ©s, le sujet devient Ă©galement financier. Une rĂ©novation thermique lourde coĂ»te bien davantage qu’un ventilateur, mais elle peut agir pendant plusieurs dĂ©cennies. Le calcul ne doit donc pas porter uniquement sur le prix d’achat immĂ©diat. Il doit intĂ©grer la durĂ©e de vie du bĂątiment, les dĂ©penses Ă©nergĂ©tiques, les coĂ»ts de maintenance, les pĂ©riodes d’inconfort et la frĂ©quence future des Ă©pisodes de chaleur.

Le changement de climat modifie en effet le calcul Ă©conomique. Une Ă©cole conçue pour quelques journĂ©es trĂšs chaudes par an n’a pas les mĂȘmes besoins qu’une Ă©cole confrontĂ©e rĂ©guliĂšrement Ă  des sĂ©quences de plusieurs jours avec des nuits chaudes. La frĂ©quence des Ă©vĂ©nements compte autant que leur intensitĂ© maximale.

Le ministĂšre prĂ©voit d’ailleurs de renforcer son plan de gestion des vagues de chaleur d’ici au printemps 2027. La rentrĂ©e 2026 marque ainsi une Ă©tape supplĂ©mentaire : la chaleur n’est plus considĂ©rĂ©e uniquement comme une situation exceptionnelle Ă  gĂ©rer lorsque les tempĂ©ratures explosent. Elle entre progressivement dans la gestion ordinaire du patrimoine scolaire.

Et c’est probablement le changement le plus significatif. Dans quelques annĂ©es, il ne sera peut-ĂȘtre plus Ă©tonnant de trouver dans le cahier des charges d’une Ă©cole neuve des exigences aussi prĂ©cises sur le confort d’Ă©tĂ© que sur l’isolation hivernale. Orientation du bĂątiment, vĂ©gĂ©tation, ombrage, vitrage, ventilation nocturne, inertie thermique, tempĂ©rature des salles, qualitĂ© de l’air et consommation Ă©lectrique feront partie d’une mĂȘme Ă©quation.

Les 50 000 Ă©quipements achetĂ©s depuis la mi-juillet constituent donc moins une fin qu’un thermomĂštre de la situation. Ils montrent que les Ă©tablissements avaient besoin de solutions immĂ©diatement disponibles aprĂšs les Ă©pisodes de chaleur de 2026. Mais ils montrent aussi que l’adaptation du bĂąti scolaire entre dans une nouvelle phase.

🔎 Repùre 📊 Chiffre ou mesure
🌀 Équipements de rafraĂźchissement dĂ©jĂ  achetĂ©s ≈ 50 000
🎯 Objectif du premier dispositif EDF > 100 000 Ă©quipements
đŸ’¶ PremiĂšre enveloppe pour ces Ă©quipements 40 M€
💳 Aide par Ă©quipement 400 €
đŸ« Limite par Ă©tablissement 10 Ă©quipements
đŸ—ïž Enveloppe pour les projets durables 40 M€
đŸ’¶ Aide potentielle pour un projet 10 000 €
đŸ« Établissements visĂ©s par ces projets 4 000
đŸŒĄïž Écoles identifiĂ©es comme trĂšs vulnĂ©rables 2 500
👧🧑 ÉlĂšves concernĂ©s par la rentrĂ©e 2026 ≈ 11,6 millions
đŸ« Implantations scolaires > 55 000

RepĂšres et points clĂ©s Ă  retenir : les 50 000 Ă©quipements correspondent Ă  des achats rĂ©alisĂ©s depuis la mi-juillet 2026, et non Ă  50 000 Ă©tablissements dĂ©sormais climatisĂ©s. Le programme lancĂ© avec EDF prĂ©voit une aide de 400 euros par Ă©quipement, dans la limite de dix appareils par Ă©tablissement, avec une premiĂšre enveloppe de 40 millions d’euros. Une seconde enveloppe de 40 millions doit soutenir des projets plus durables jusqu’en juin 2027.

Les 2 500 Ă©coles identifiĂ©es comme particuliĂšrement vulnĂ©rables doivent bĂ©nĂ©ficier d’un traitement renforcĂ© avec diagnostics et travaux d’adaptation. Le ministĂšre a parallĂšlement intĂ©grĂ© la gestion de la chaleur dans un plan national qui prĂ©voit des mesures d’organisation, de prĂ©vention, d’Ă©quipement et, lorsque les conditions ne permettent plus d’assurer la sĂ©curitĂ©, la possibilitĂ© d’une fermeture temporaire.

Enfin, le vrai enjeu se situe au-delĂ  des ventilateurs et des climatiseurs. La protection solaire extĂ©rieure, l’isolation adaptĂ©e, la ventilation, l’inertie thermique, les cours vĂ©gĂ©talisĂ©es, l’ombrage et la gestion des fenĂȘtres constituent les diffĂ©rentes briques d’une adaptation durable. Les appareils achetĂ©s en 2026 peuvent permettre de passer les prochaines vagues de chaleur dans de meilleures conditions. Les travaux sur les bĂątiments devront, eux, permettre aux Ă©coles de supporter les Ă©tĂ©s futurs sans transformer chaque salle de classe en