Un nouveau feu s’est déclaré ce mercredi 16 septembre dans les Landes, à proximité de Lüe et Labouheyre. Parti d’un parc photovoltaïque avant de gagner la forêt de pins, l’incendie avait parcouru environ 150 hectares vers 18 h 30 selon le point communiqué par le préfet. La situation reste particulièrement délicate en raison de la proximité de l’autoroute A63, d’une voie ferrée et de lignes électriques à haute tension. Plusieurs centaines de sapeurs-pompiers et un important dispositif aérien sont mobilisés, avec notamment des Canadair.
Le massif forestier landais connaît une nouvelle journée difficile. Ce mercredi 16 septembre, un incendie s’est déclaré vers 14 heures sur la commune de Lüe, dans le nord des Landes, avant de gagner rapidement les parcelles forestières voisines. Le feu concerne un secteur situé entre Lüe, Labouheyre et Solférino. Les premières informations disponibles font état d’un départ au niveau d’un parc photovoltaïque, puis d’une propagation vers la forêt de pins. À 18 h 30, le bilan communiqué par le préfet faisait état d’environ 150 hectares parcourus par les flammes.
La progression du feu explique la mobilisation rapide des secours. Le bilan donné dans l’après-midi faisait état de 150 sapeurs-pompiers et de six moyens aériens engagés, dont deux Canadair. D’autres informations opérationnelles faisaient état de 200 pompiers présents sur le terrain au fil de la montée en puissance du dispositif. Cette différence ne signifie pas nécessairement une contradiction : les effectifs évoluent avec l’arrivée des renforts, les relèves et l’organisation des secteurs de lutte.
Le dispositif aérien constitue l’un des éléments majeurs de cette intervention. Deux Canadair ont été engagés dans la lutte contre les flammes. Leur rôle consiste à effectuer des largages d’eau sur les zones accessibles depuis les airs afin de ralentir la progression du front ou de protéger certains secteurs. Les appareils travaillent en complément des moyens terrestres et non à leur place : l’eau larguée depuis un avion ne suffit pas, à elle seule, à éteindre durablement un feu de forêt. Le travail des équipes au sol reste nécessaire pour traiter les lisières, sécuriser les zones déjà parcourues par les flammes et empêcher les reprises.
Des moyens aériens supplémentaires ont également été signalés au cours de l’après-midi. Certaines sources ont évoqué jusqu’à quatorze appareils ou engins aériens mobilisés ou attendus dans le dispositif élargi, tandis que le point préfectoral relayé en début de soirée faisait état de six moyens aériens effectivement engagés. Il convient donc de distinguer les moyens annoncés, ceux en transit et ceux réellement présents sur zone à un instant donné. Pour un bilan opérationnel fiable, le chiffre de six moyens aériens, dont deux Canadair, reste celui qui ressort du point préfectoral diffusé en fin d’après-midi.
La situation est qualifiée de très défavorable par les secours. Le problème ne tient pas seulement à la surface déjà parcourue. Le secteur présente une combinaison particulièrement délicate avec la forêt de pins, des infrastructures électriques, une autoroute et une voie ferrée. Le SDIS des Landes a notamment signalé la présence de lignes à haute tension de 63 000 volts à proximité du sinistre. Cette configuration limite certaines possibilités d’intervention aérienne et impose une grande prudence aux équipes engagées au sol.
L’autoroute A63 constitue également un élément de surveillance. Une propagation vers une infrastructure aussi fréquentée peut avoir des conséquences rapides sur la circulation et sur la sécurité des automobilistes. La voie ferrée représente une autre contrainte immédiate. La circulation des trains a été interrompue sur une partie de la liaison Bordeaux-Dax en raison de la proximité des flammes. La coupure vise à éviter toute exposition des circulations ferroviaires au sinistre et à permettre aux secours de travailler dans des conditions plus sûres.
Sur le réseau routier local, la route départementale entre Labouheyre et Cap-de-Pin a également été fermée dans le secteur concerné, avec une déviation par l’A63 signalée dans l’après-midi. La déchetterie située à proximité du sinistre a elle aussi été concernée par les mesures de sécurité locales. Ces restrictions peuvent évoluer en fonction du déplacement du front et des décisions prises par les autorités.
Le bilan humain reste heureusement limité à des blessures légères parmi les équipes de secours, mais là encore les chiffres ont évolué au fil des points de situation. En début de soirée, deux sapeurs-pompiers légèrement brûlés étaient signalés par le SDIS 40 et plusieurs sources de presse. Un point préfectoral relayé plus tard par TF1 faisait état de quatre soldats du feu légèrement blessés. Le chiffre définitif devra donc être confirmé par les autorités après stabilisation de la situation.
Une habitation menacée par les flammes a par ailleurs pu être protégée par les équipes. À ce stade du bilan disponible en début de soirée, aucune ville ni aucun village ne se trouvait dans l’axe immédiat de propagation identifié par les secours. Cette précision est importante : elle ne signifie pas que le feu est sans danger pour les secteurs habités, mais simplement que le front connu à ce moment-là ne se dirigeait pas directement vers une agglomération.
La rapidité de propagation constitue justement l’un des sujets de préoccupation. Dans les Landes, la continuité forestière, la présence de peuplements de pins et la végétation desséchée peuvent permettre à un incendie de parcourir rapidement plusieurs centaines d’hectares lorsque les conditions météorologiques deviennent défavorables. Le relief relativement peu marqué du massif landais ne signifie pas que les flammes progressent lentement. Dans certaines configurations, le vent, la faible humidité de l’air et l’état de sécheresse des végétaux suffisent à accélérer fortement le front.
Le contexte météorologique de cette mi-septembre reste lui aussi préoccupant. Météo-France indiquait ce mercredi que la sécheresse des sols atteignait un niveau inédit pour une mi-septembre et que le danger de feu pouvait encore atteindre des niveaux élevés à très élevés dans plusieurs secteurs du sud, notamment dans l’Aude. Le fait que nous soyons déjà à la mi-septembre ne suffit donc pas à faire disparaître le danger. Une forêt qui a subi plusieurs semaines de chaleur et de déficit hydrique ne retrouve pas immédiatement un état humide après quelques passages pluvieux.
Les Landes sortent en outre d’un été particulièrement éprouvant. Le département avait déjà connu deux incendies majeurs en quelques semaines. À Biscarrosse, fin juillet, environ 3 600 hectares avaient été parcourus par le feu. À la mi-août, le secteur de Luglon et Garein avait été touché par un incendie qui avait parcouru environ 1 700 hectares selon les bilans diffusés après le sinistre. Le nouvel épisode de ce mercredi intervient donc dans un territoire déjà fortement sollicité par les opérations de lutte contre les incendies.
Cette succession pose aussi la question de la disponibilité des moyens. Les opérations de lutte contre les grands feux mobilisent des effectifs considérables pendant plusieurs jours, parfois avec des relèves successives. Les moyens aériens doivent eux aussi être répartis entre les différents départements confrontés simultanément au danger. La Sécurité civile dispose notamment de Canadair CL-415, de Dash 8 Q400MR et d’autres appareils spécialisés, mais leur disponibilité dépend de la situation opérationnelle, de la maintenance et de la localisation des autres incendies.
Le Canadair possède une caractéristique particulièrement adaptée à ce type de situation : il peut écoper de l’eau directement sur une surface aquatique suffisamment longue et dégagée, puis revenir rapidement au-dessus du feu pour larguer sa charge. Cette capacité permet de multiplier les rotations lorsque les conditions s’y prêtent. Mais la présence de lignes électriques, d’un relief particulier, de fumées importantes ou d’autres obstacles peut modifier les possibilités d’intervention. Un bombardier d’eau n’est jamais simplement un avion qui « verse de l’eau » sur un incendie : son emploi repose sur une coordination très précise avec les équipes au sol et avec les autres aéronefs.
Le travail terrestre demeure donc déterminant. Les colonnes de sapeurs-pompiers établissent des points d’attaque, protègent les secteurs sensibles et tentent de ralentir la progression du front. Dans une forêt de pins, l’objectif consiste aussi à empêcher les flammes de franchir certaines coupures ou de contourner les secteurs traités. Une fois une partie du feu passée, les équipes doivent encore rechercher les points chauds et traiter les lisières afin de limiter les reprises.
C’est précisément cette phase qui explique pourquoi la notion de « feu fixé » ne signifie pas « feu éteint ». Un incendie peut être considéré comme fixé lorsque sa progression est stoppée, tout en conservant des foyers actifs ou des points chauds à l’intérieur du périmètre. Les équipes doivent alors poursuivre les opérations de surveillance et de noyage. Avec un sol sec et une végétation très inflammable, une reprise peut survenir plusieurs heures après le passage du front principal.
L’origine exacte du sinistre n’est pas établie dans les informations disponibles en début de soirée. Le départ du feu est situé dans le secteur d’un parc photovoltaïque, mais cette localisation ne permet pas à elle seule de déterminer la cause. Une enquête devra établir les circonstances précises du départ. Il faut donc éviter, à ce stade, de transformer la proximité avec les panneaux photovoltaïques en conclusion sur l’origine du feu.
Le choix de l’implantation et de la protection des infrastructures énergétiques en zone forestière constitue néanmoins un sujet technique intéressant. Les installations photovoltaïques au sol occupent parfois des surfaces importantes au sein de territoires où le risque incendie peut être élevé. Leur présence ne signifie pas qu’elles provoquent des incendies, mais leur environnement doit tenir compte des obligations de débroussaillement, des accès pour les secours, des pistes utilisables par les véhicules incendie et des conditions permettant une intervention rapide en cas de sinistre.
Dans le cas de Lüe, la proximité simultanée d’une forêt, d’une voie ferrée, de l’A63 et d’une ligne à haute tension transforme le feu en problème dépassant largement la seule protection des arbres. Les secours doivent protéger les infrastructures, garantir leurs propres conditions de sécurité et empêcher une propagation vers des zones où le trafic ou la population pourraient être exposés. Chaque infrastructure impose ses propres contraintes opérationnelles.
Le département des Landes avait par ailleurs abaissé son niveau départemental de vigilance feux de forêt au jaune à compter du mercredi 16 septembre. Cette décision réglementaire ne signifiait pas que le danger avait disparu. Le niveau jaune correspond au deuxième niveau sur cinq dans le dispositif départemental et maintient plusieurs interdictions, notamment le brûlage à l’air libre des déchets verts et certains travaux susceptibles de provoquer des départs de feu.
Cette situation illustre une difficulté classique de la prévention incendie : un niveau administratif de vigilance peut être abaissé alors que certains secteurs conservent une forte vulnérabilité locale. Le risque n’est pas uniforme à l’échelle d’un département. Il dépend de l’humidité de la végétation, du vent, des températures, de l’état des sols, de la continuité forestière et des conditions observées dans les heures précédentes.
Le feu de Lüe rappelle aussi que le calendrier climatique ne correspond pas exactement au calendrier administratif. Le 16 septembre, l’été météorologique est terminé, mais la forêt peut rester extrêmement sèche. Les arbres et la végétation basse ont subi les épisodes de chaleur et le déficit hydrique des semaines précédentes. Tant qu’une séquence de pluies suffisamment durable ne recharge pas les sols et ne réhumidifie pas la végétation, le risque peut rester élevé malgré des températures moins extrêmes qu’en plein mois de juillet.
Pour les habitants et les automobilistes du secteur, la situation impose surtout de respecter les fermetures décidées par les autorités. Les routes barrées ne le sont pas uniquement pour éviter les embouteillages : elles peuvent permettre aux véhicules de secours de circuler, réduire le nombre de personnes exposées et faciliter l’installation des moyens terrestres. Il est également préférable d’éviter de se rapprocher des fumées pour observer le feu. Un incendie de forêt peut changer de direction rapidement sous l’effet du vent ou d’un changement de régime local.
À la fin de la journée de mercredi, le chiffre de référence disponible était donc d’environ 150 hectares parcourus, avec au moins 150 sapeurs-pompiers mobilisés, un dispositif pouvant atteindre 200 personnels selon les renforts engagés, et six moyens aériens signalés dans le point préfectoral, dont deux Canadair. Deux à quatre sapeurs-pompiers étaient signalés comme légèrement blessés selon les différents points de situation disponibles, tandis qu’une habitation menacée avait été protégée. La circulation ferroviaire était interrompue sur le secteur concerné et plusieurs axes routiers locaux étaient perturbés.
| 🔥 Situation | Donnée vérifiée disponible mercredi soir |
| 📍 Secteur | Lüe – Labouheyre – Solférino |
| 🕑 Départ du feu | Vers 14 h |
| 🌲 Surface parcourue | Environ 150 ha vers 18 h 30 |
| 🚒 Sapeurs-pompiers | 150 dans le point préfectoral, renforts portant le dispositif à environ 200 selon les points de situation |
| ✈️ Moyens aériens | 6 dans le point préfectoral |
| 💧 Canadair | 2 signalés parmi les moyens engagés |
| ⚡ Ligne électrique | 63 000 volts à proximité |
| 🛣️ A63 | À proximité du sinistre |
| 🚆 Voie ferrée | Circulation interrompue sur le secteur |
| 🏠 Habitation | Une habitation menacée protégée |
| 🧑🚒 Blessés | Plusieurs pompiers légèrement blessés selon les points de situation |
| 🌡️ Contexte | Sols et végétation très secs, conditions défavorables |
Le bilan reste donc provisoire. La surface parcourue peut encore évoluer pendant la nuit, tout comme le nombre de personnels et d’aéronefs engagés. Le point le plus important à retenir est que l’incendie n’est pas un simple départ de feu localisé : il s’est propagé depuis le secteur photovoltaïque vers le massif forestier et a déjà parcouru une surface significative en quelques heures. Les autorités surveillent particulièrement sa progression en raison des infrastructures qui l’entourent.
À ce stade, aucune information fiable ne permet de parler d’un feu maîtrisé ou fixé. Les opérations se poursuivent avec les moyens terrestres et aériens disponibles. La priorité reste de stopper la progression du front, protéger les infrastructures proches, sécuriser les secteurs habités et éviter que le feu ne gagne de nouvelles parcelles forestières.
Le nouvel incendie des Landes rappelle enfin une réalité souvent oubliée à la mi-septembre : la saison des feux n’est pas terminée simplement parce que les vacances d’été le sont. Après un été 2026 marqué par une chaleur exceptionnelle et une forte sécheresse, les conditions de végétation restent suffisamment défavorables pour permettre des développements rapides. Une baisse des températures ne suffit pas à elle seule ; une véritable amélioration du danger passe aussi par une humidification durable des sols et de la végétation.
LE POINT DE LA PREFECTURE
La situation évolue de manière favorable sur la commune de Lüe : le feu est désormais contenu. La surface brûlée reste stabilisée à 150 hectares.
Au plus fort de l’événement, jusqu’à 250 sapeurs-pompiers ont été mobilisés sur le terrain.Le Chinook australien est attendu dans la soirée pour effectuer des missions de reconnaissance et, si nécessaire, des largages.
Outre les quatre sapeurs-pompiers légèrement blessés lors du précédent bilan, 22 personnes incommodées par les fumées ont été prises en charge par le service de santé du SDIS 40.Sur le site de la scierie Rolepin, la menace est écartée. Les départs de feu qui s’étaient déclarés dans l’enceinte de l’établissement ont été maîtrisés par les secours.Une maison inoccupée, menacée par les flammes, a été sauvegardée. En parallèle, les forces de la gendarmerie nationale ont mis à l’abri un troupeau d’une centaine d’ovins.
Par mesure de sécurité, deux lignes à très haute tension avaient été neutralisées ; elles ont depuis été remises en service. L’autoroute A63 n’a subi quant à elle aucune perturbation.Des agriculteurs ont prêté leur concours aux opérations pour assurer le ravitaillement en eau et procéder à l’arrosage préventif des abords.
Le préfet des Landes tient à remercier l’ensemble des acteurs mobilisés sur le terrain.
Déploiement du Plan Climat Adaptation Sécheresse Incendie :
1,9 millions d’euros attribués au département des Landes
Le 4 septembre dernier, la ministre de l’Agriculture annonçait un plan d’urgence d’ 1,3 milliards d’euros en soutien aux exploitations confrontées à des pertes importantes liées à la sécheresse, à la succession de canicules et aux incendies dont l’ampleur est inédite. Ce plan Climat Adaptation Sécheresse Incendies (CASI) représente un effort exceptionnel de l’État pour prévenir les cessations d’activité, la déprise agricole et soutenir notre souveraineté alimentaire.
Il doit permettre aux exploitations les plus en difficulté au plan de leur trésorerie de passer le cap de cette fin d’année 2026 et de lancer la campagne 2027 par un appui aux investissements nécessaires (achats de semences, engrais, etc).
Par la combinaison de ces mesures, qui permettront l’indemnisation des pertes de récolte et de fonds, le dégrèvement de taxes sur le foncier que l’État compensera auprès des collectivités, la prise en charge de cotisations sociales, le soutien à l’achat d’engrais et de carburant, le versement anticipé de 75 % des aides PAC ainsi qu’une aide de trésorerie directe pour relancer la production, l’État apporte ainsi un appui immédiat au secteur agricole.
Cette aide directe à la trésorerie des exploitations est dotée de 235 millions d’euros au plan national et 37,36 millions au niveau régional. L’agriculture des Landes se voit attribuer un premier montant de 1,938millions d’euros.
Dans les tout prochains jours, le préfet des Landes réunira la chambre d’agriculture et les organisations professionnelles agricoles afin de définir les critères de ciblage des aides, au plus près des difficultés et des spécificités des exploitations agricoles landaises.
L’objectif est de permettre une mise en œuvre simple et rapide de ce dispositif, afin que les exploitations concernées puissent bénéficier au plus vite de cet appui et ainsi faire face aux difficultés rencontrées cette année.




