Sécheresse dans l’Ain :les orages n’ont pas inversé la tendance. Le préfet renforce les mesures de restrictions

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Compte tenu de l’évolution de la situation hydrologique et des prévisions météorologiques à venir où sur les 10 prochains jours il n’y a pas de pluies significatives à attendre, Virginie GUERIN-ROBINET, secrétaire générale de la préfecture de l’Ain, a signé un nouvel arrêté « sécheresse » le 7 août 2026 renforçant les mesures de restriction des usages de l’eau sur plusieurs secteurs du département.

La sécheresse, associée à une répétition d’épisodes caniculaires, perdure maintenant depuis la fin du mois de mai. Un 5e n’est pas à exclure la semaine prochaine.

Les orages qui ont touché le Bugey cette semaine ont permis d’apporter un répit à la végétation, mais ne contribuent pas à stopper l’effet de la sécheresse sur les sols et les cours d’eau. Où toute la partie ouest de l’Ain est restée au sec.

Ainsi, les débits des cours d’eau continuent de baisser particulièrement sur l’est du département et sur les têtes de bassin versant.

La situation des milieux aquatiques devient préoccupante, avec des débits très faibles proches de ceux de fin août 2022 et une qualité des milieux fortement dégradée par la présence d’algues. La situation du Suran est particulièrement critique. Et l’Ain a subi fin juillet le premier lâcher d’eau de l’année.

Concernant les eaux souterraines, la situation évolue peu.

En l’absence de pluviométrie depuis de nombreuses semaines, le niveau des étangs de la Dombes a fortement baissé et pourrait devenir critique d’ici la fin de l’été.

Ce qui commence à être inquiétant, ce sont les réseaux d’alimentation en eau potable qui sont toujours sous tension, avec des consommations très élevées depuis de nombreuses semaines. De nombreuses communes sont désormais en alerte renforcée.

Les prévisions météorologiques annoncent une nouvelle vague de chaleur au cours de la semaine prochaine, sans précipitations significatives attendues. Dans ce contexte, la situation est susceptible de continuer de se dégrader dans les prochains jours.

À l’issue de la réunion du comité départemental restreint chargé du suivi de la sécheresse, réunie le 6 août 2026, Virginie GUERIN-ROBINET, secrétaire générale de la préfecture de l’Ain, a décidé de :

  • plaçer les zones d’alerte eaux superficielles « Rivières du Haut Rhône » et « Rivières du Bugey » en situation d’alerte renforcée ;
  • maintenir les zones d’alerte eaux superficielles « Rivières de Bresse » et « Rivières de Dombes » en situation d’alerte ;
  • maintenir la zone d’alerte eaux souterraines « Dombes Certines Nord » en situation de vigilance ;
  • maintenir la zone d’alerte eaux souterraines « Plaine de l’Ain » en situation d’alerte ;
  • maintenir la zone d’alerte eaux souterraines « Dombes – Sud » en situation d’alerte renforcée ;
  • maintenir la zone d’alerte eaux superficielles et eaux souterraines « Saône aval » en situation d’alerte renforcée.

La gestion équilibrée de la ressource doit permettre en priorité de satisfaire les exigences de la santé, de la salubrité publique, de la sécurité civile et de l’alimentation en eau potable de la population, mais aussi de satisfaire ou concilier, lors des différents usages, activités ou travaux, notamment les exigences de l’agriculture, de la pêche en eau douce, de l’industrie, de la production
d’énergie, en particulier pour assurer la sécurité du système électrique, des transports,du tourisme, de la protection des sites, des loisirs et des sports nautiques ainsi que de toutes autres activités humaines légalement exercées.

Le préfet peut ainsi prendre des mesures de limitation ou de suspension provisoire des usages de l’eau, pour faire face à une menace ou aux conséquences d’accidents, de sécheresse, d’inondations ou à un risque de pénurie.

Le déficit pluviométrique cumulé depuis le mois de mars 2026  devient notable et sur ce mois de juillet il n’est souvent tombé moins de 50 mm de pluie soit un manque d’environ 50 %. De plus, les chaleurs exceptionnelles enregistrées depuis la fin du mois de mai et les prévisions météorologiques chaudes et sèches à venir, pour au moins 10 jours ne sont guère à l’optimisme.
La situation hydrologique actuelle, notamment la faiblesse des débits des cours d’eau, tout particulièrement en tête de bassins versants  demeure inquiétante dans le département et selon les  données de l’Observatoire National des Étiages (ONDE) mis en œuvre par le service départemental de l’Office Français de la Biodiversité (OFB), l’état des milieux aquatiques est très dégradé (faiblesse des débits voire assec,température de l’eau, développement algal, etc.) et de nombreuses mortalités piscicoles ont été constatées par la fédération départementale de pêche et de protection des milieux aquatiques.

 

 

La protection, la valorisation et le développement de l’agriculture et de la pêche sont d’intérêt général majeur en tant qu’ils garantissent la souveraineté alimentaire de la Nation et qu’ils constituent un intérêt fondamental de la Nation en tant qu’éléments essentiels de son potentiel économique. Considérant que les fortes chaleurs et l’absence de pluviométrie ont entraîné des
pertes de récolte importantes pour les maraîchers, notamment dans le Val de Saône, que les maraîchers mettent en place, en ce moment, les cultures d’automne et d’hiver, que les  besoins en eau de ces semis ou plantations ne sont pas à négliger, la préfecture justifie ainsi  au travers de l’article 4.1 de l’arrêté-cadre « sécheresse » départemental le placement en situation d’alerte
renforcée des zones d’alerte « Rivières du Bugey » et « Rivières du Haut Rhône » ; le maintien en situation d’alerte des zones d’alerte « Rivières de Bresse » et « Rivières de Dombes » ;
le maintien en situation de vigilance de la zone d’alerte eaux souterraines « Dombes-Certines-Nord » ; le maintien en situation d’alerte de la zone d’alerte eaux souterraines « Plaine de l’Ain » ; le maintien en situation d’alerte renforcée de la zone d’alerte eaux souterraines « Dombes-Sud » ;  le maintien en situation d’alerte renforcée de la zone d’alerte eaux superficielles et eaux souterraines « Saône Aval ». Il convient de prendre des mesures de suspension ou de limitation provisoire des usages de l’eau.

Ces dispositions sont inscrites dans un arrêté préfectoral signé le 7 août 2026.

TOUTES COMMUNES CONCERNEES PAR CES RESTRICTIONS