Électricité : dès novembre, vos heures creuses changent… et vos habitudes aussi !

voici ce qu'il faut savoir !

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À partir de novembre 2026, la réforme des heures creuses entre dans une nouvelle phase de déploiement en France. Pour des millions de foyers abonnés à l’option heures pleines-heures creuses, les horaires auxquels le kilowattheure est facturé à prix réduit vont évoluer progressivement. Le changement ne concernera pas tout le monde au même moment : il dépendra du calendrier de déploiement et des plages actuellement attribuées à chaque compteur. Selon Enedis, la réforme doit se poursuivre jusqu’en 2027.

Le principe reste le même : huit heures creuses par jour, pendant lesquelles l’électricité coûte moins cher selon la grille tarifaire du contrat, et seize heures pleines. Ce qui change, c’est la répartition de ces huit heures. Une partie pourra être déplacée vers la journée, notamment lorsque la production solaire fournit davantage d’électricité au réseau. Pour les foyers concernés, les habitudes devront parfois s’adapter : un lave-linge lancé à midi pourra devenir plus avantageux qu’un appareil programmé en fin d’après-midi, selon les nouveaux horaires du compteur.

Une nouvelle étape à partir du 4 novembre 2026

La date mérite d’être précisée : il ne s’agit pas d’un changement uniforme pour tous les foyers le 1er novembre. Selon les informations publiées le 21 octobre 2026, une nouvelle vague de modifications doit commencer chez EDF le 4 novembre 2026 et se poursuivre jusqu’au 30 novembre 2027. Elle s’inscrit dans le déploiement national prévu par Enedis, qui concerne environ 11 millions de clients dont les horaires doivent encore évoluer. Les abonnés à l’option Tempo ne sont pas concernés par cette réforme, pas plus que les contrats en Corse et dans les territoires d’outre-mer.

Les huit heures à tarif réduit seront, dans la plupart des cas, réparties entre la nuit et la journée. Au moins cinq heures consécutives devront se situer entre 23 heures et 7 heures. Jusqu’à trois heures pourront être placées entre 11 heures et 17 heures. Les créneaux exacts dépendront du compteur et des contraintes locales du réseau : deux voisins ne bénéficieront donc pas nécessairement des mêmes horaires. La répartition pourra également varier entre la saison estivale et la saison hivernale.

Pourquoi déplacer une partie des heures creuses en journée ?

L’ancien système favorisait surtout les consommations nocturnes, à une époque où la demande était plus faible durant la nuit. La situation évolue avec le développement de la production photovoltaïque : lors des journées ensoleillées, les panneaux solaires injectent davantage d’électricité sur le réseau, parfois à des heures où la consommation des ménages reste relativement modeste. Déplacer une partie des usages vers le milieu de journée permet de mieux faire coïncider la demande avec cette production.

La réforme vise aussi à mieux répartir les appels de puissance et à limiter certains pics de consommation. La recharge d’une voiture électrique, le fonctionnement d’un chauffe-eau ou le lancement d’appareils ménagers peuvent ainsi être déplacés vers les créneaux les plus favorables. Enedis estime que la réforme pourrait transférer environ 5 gigawatts de consommation vers les après-midi pendant les mois les plus ensoleillés. Il s’agit d’un objectif de pilotage du système électrique, et non de la garantie que chaque foyer verra sa facture baisser.

Les économies seront-elles toujours au rendez-vous ?

Le changement des horaires ne signifie pas, à lui seul, une baisse du prix de l’électricité. Le gain dépend du contrat souscrit, de l’écart entre le tarif des heures pleines et celui des heures creuses, ainsi que de la quantité d’électricité réellement consommée pendant les périodes à prix réduit. Un foyer qui utilise beaucoup d’électricité la nuit peut conserver une organisation adaptée à ses besoins ; un autre, qui recharge son véhicule en journée ou dispose d’appareils programmables, pourra tirer parti des nouveaux créneaux.

Il faut donc éviter de confondre le déplacement des heures creuses avec une baisse générale du tarif du kilowattheure. La réforme concerne d’abord les plages horaires. Pour savoir si l’option reste intéressante, il faut examiner la consommation réelle et les tarifs du contrat, plutôt que supposer que huit heures à prix réduit suffisent automatiquement à faire économiser de l’argent.

Faut-il modifier son compteur ou ses appareils ?

Aucune intervention à domicile n’est prévue pour les compteurs Linky concernés : les horaires sont actualisés à distance. Les chauffe-eau raccordés correctement au compteur par le dispositif de commande prévu à cet effet doivent suivre automatiquement les nouveaux créneaux. En revanche, un lave-linge, un lave-vaisselle, une borne de recharge ou une prise programmable réglés sur une ancienne plage horaire peuvent nécessiter une nouvelle programmation.

Le fournisseur doit prévenir le client concerné au moins un mois avant l’entrée en vigueur de ses nouveaux horaires. Il faut donc vérifier les courriels et courriers du fournisseur, puis consulter l’espace client ou la facture. Enedis ne permet pas au particulier de choisir librement ses heures creuses : leur attribution dépend des conditions d’exploitation du réseau.

Ce qu’il faut retenir

La réforme se poursuit donc à partir de novembre 2026, mais tous les foyers ne verront pas leurs horaires changer à la même date. Les huit heures creuses quotidiennes sont maintenues ; c’est leur répartition qui évolue, avec une partie potentiellement déplacée vers la journée et des horaires susceptibles de différer selon la saison. Le bon réflexe consiste à attendre la notification de son fournisseur, à vérifier les nouveaux créneaux et à reprogrammer les appareils qui ne s’adaptent pas automatiquement. Inutile de faire modifier son compteur ou de changer de contrat dans la précipitation : mieux vaut d’abord connaître ses nouveaux horaires et mesurer leur effet sur ses habitudes de consommation.