🧅Septembre : les lĂ©gumes de saison dont il faut profiter.

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Septembre est un mois charniĂšre dans le potager comme sur les Ă©tals : les lĂ©gumes d’étĂ© ne disparaissent pas du jour au lendemain, mais les premiĂšres courges, les poireaux, les brocolis, les Ă©pinards et les lĂ©gumes-racines annoncent dĂ©jĂ  l’automne. Pour vous, c’est probablement l’un des meilleurs moments de l’annĂ©e pour varier les assiettes sans tomber dans une cuisine monotone : tomate, aubergine, courgette et poivron jouent les prolongations, pendant que le potimarron, le brocoli, le cĂ©leri et le poireau arrivent progressivement.

đŸ„• LĂ©gume 📅 PĂ©riode en septembre 💧 Eau approximative đŸœïž IntĂ©rĂȘt en cuisine đŸ’¶ Budget indicatif
🍅 Tomate Pleine saison / fin de saison ≈ 94–95 % Crue, cuite, sauce, soupe € à €€
đŸ«‘ Poivron Fin de pleine saison ≈ 92 % GrillĂ©, farci, ratatouille €€
🍆 Aubergine Fin de pleine saison ≈ 92 % GrillĂ©e, mijotĂ©e, caviar € Ă  €€
đŸ„’ Courgette Fin de pleine saison ≈ 94 % PoĂȘlĂ©e, gratin, soupe €
đŸ«˜ Haricot vert Fin de saison ≈ 90 % Vapeur, poĂȘlĂ©, salade €€
đŸ„Š Brocoli DĂ©but de saison ≈ 89 % Vapeur, gratin, poĂȘlĂ© €€
đŸ„Ź Épinard Retour saisonnier ≈ 91 % PoĂȘlĂ©, tarte, omelette €€
đŸŒ± Poireau DĂ©but de saison ≈ 83 % Fondue, soupe, tarte €
🎃 Potimarron DĂ©but de saison ≈ 88 % Soupe, rĂŽti, purĂ©e €€
đŸ„• Carotte Disponible largement ≈ 88 % Cru, vapeur, rĂŽti €
🧅 Oignon Saison / conservation ≈ 89 % Base de cuisson €
🌿 Fenouil Saison automnale ≈ 90 % Cru, braisĂ©, rĂŽti €€

Les pourcentages d’eau sont des ordres de grandeur nutritionnels pour les lĂ©gumes crus et peuvent varier selon la variĂ©tĂ©, le degrĂ© de maturitĂ© et les conditions de culture. Les prix, eux, fluctuent fortement selon l’origine, le mode de production, le magasin et la pĂ©riode : ils servent ici Ă  situer le coĂ»t relatif plutĂŽt qu’à annoncer un tarif prĂ©cis.

Septembre possĂšde un avantage que les calendriers alimentaires montrent assez bien : il ne s’agit pas d’un mois oĂč l’on passe brutalement des lĂ©gumes d’étĂ© aux lĂ©gumes d’hiver. La transition est progressive. Vous pouvez encore profiter des tomates, aubergines, courgettes, poivrons, haricots verts et artichauts, alors que brocoli, Ă©pinard, poireau et courges commencent leur arrivĂ©e. Le calendrier officiel français des fruits et lĂ©gumes de septembre confirme cette coexistence entre les productions estivales qui terminent leur cycle et les premiĂšres productions caractĂ©ristiques de l’automne.

C’est d’ailleurs ce qui rend septembre particuliĂšrement intĂ©ressant pour cuisiner. En aoĂ»t, l’assiette peut facilement tourner autour des mĂȘmes associations : tomates, courgettes, aubergines, poivrons, haricots, salades. En octobre, les courges, choux, poireaux et lĂ©gumes-racines prennent beaucoup plus de place. Septembre, lui, permet encore de faire une ratatouille avec des lĂ©gumes rĂ©coltĂ©s Ă  maturitĂ© tout en commençant Ă  prĂ©parer une soupe de potimarron. Autrement dit, vous pouvez passer du barbecue Ă  la cocotte sans avoir l’impression d’avoir changĂ© de planĂšte en 48 heures.

La tomate reste probablement la vedette de cette transition. Septembre correspond Ă  la fin de sa grande pĂ©riode de production en plein champ dans de nombreuses rĂ©gions françaises. Une tomate mĂ»rie correctement possĂšde une teneur en eau trĂšs Ă©levĂ©e, gĂ©nĂ©ralement autour de 94 Ă  95 %, avec une faible densitĂ© Ă©nergĂ©tique. Elle apporte notamment du potassium et de la vitamine C, mĂȘme si cette derniĂšre peut diminuer avec le stockage et certaines transformations culinaires. Le lycopĂšne, pigment carotĂ©noĂŻde responsable d’une partie de la couleur rouge, mĂ©rite aussi l’attention : la cuisson et la prĂ©sence d’un peu de matiĂšre grasse peuvent amĂ©liorer sa disponibilitĂ© alimentaire.

Vous avez donc intĂ©rĂȘt Ă  ne pas considĂ©rer septembre comme le mois oĂč la tomate doit obligatoirement disparaĂźtre du rĂ©frigĂ©rateur. Au contraire, c’est souvent le moment oĂč les fruits arrivent avec une bonne maturitĂ© et suffisamment de goĂ»t pour ĂȘtre utilisĂ©s simplement. Une tomate bien mĂ»re, un filet d’huile d’olive, quelques herbes, un peu de sel et une tranche de pain peuvent parfois faire mieux qu’une recette compliquĂ©e de douze lignes. Et votre cuisine vous remerciera probablement de ne pas transformer chaque lĂ©gume en chantier gastronomique.

L’aubergine suit la mĂȘme logique. Elle appartient clairement au paysage estival, mais sa saison se prolonge en septembre. Sa chair absorbe facilement l’huile, ce qui explique pourquoi certaines recettes mĂ©diterranĂ©ennes peuvent rapidement devenir beaucoup plus caloriques que le lĂ©gume lui-mĂȘme. Une aubergine cuite simplement au four, avec une quantitĂ© maĂźtrisĂ©e d’huile, offre un rĂ©sultat trĂšs diffĂ©rent d’une aubergine frite. Pour une cuisson au four, vous pouvez la couper en deux, quadriller lĂ©gĂšrement la chair et utiliser environ une Ă  deux cuillĂšres Ă  cafĂ© d’huile par demi-aubergine selon la recette. La diffĂ©rence sur l’assiette peut ĂȘtre considĂ©rable.

Le poivron profite lui aussi de cette derniĂšre partie de l’étĂ©. Rouge, jaune ou vert, il appartient Ă  la mĂȘme espĂšce botanique mais correspond Ă  des stades de maturitĂ© diffĂ©rents et Ă  des variĂ©tĂ©s diffĂ©rentes. Le poivron rouge arrivĂ© Ă  maturitĂ© possĂšde gĂ©nĂ©ralement davantage de vitamine C que le poivron vert. La cuisson modifie Ă©videmment cette composition, notamment pour les vitamines sensibles Ă  la chaleur. Une consommation crue permet de conserver davantage de vitamine C, tandis que la cuisson amĂ©liore parfois la digestibilitĂ© et modifie les arĂŽmes.

La courgette mĂ©rite Ă©galement une place de choix. Elle est particuliĂšrement intĂ©ressante pour les repas de septembre parce qu’elle contient beaucoup d’eau, environ 94 % de son poids, et apporte relativement peu d’énergie. Elle peut ĂȘtre consommĂ©e poĂȘlĂ©e, grillĂ©e, farcie, en gratin, en soupe ou mĂȘme crue lorsqu’elle est jeune et tendre. Vous pouvez aussi utiliser les courgettes devenues trop grosses pour une soupe ou un veloutĂ©, mĂȘme si leur texture devient souvent plus aqueuse et leurs graines plus dĂ©veloppĂ©es.

La courgette est aussi l’un des lĂ©gumes les plus faciles Ă  cuisiner rapidement. Une dĂ©coupe en demi-rondelles de quelques millimĂštres permet une cuisson rapide Ă  feu assez vif. Le piĂšge classique consiste Ă  remplir complĂštement la poĂȘle. La tempĂ©rature chute, l’eau sort, et vous obtenez une sorte de bain de courgettes plutĂŽt qu’une belle poĂȘlĂ©e. Une cuisson en deux fois peut donner une texture beaucoup plus agrĂ©able.

Septembre marque aussi le dernier grand passage des haricots verts dans de nombreuses productions saisonniĂšres françaises. Ils sont intĂ©ressants pour leur teneur en fibres, leur apport en vitamine K et leur faible densitĂ© Ă©nergĂ©tique. La cuisson vapeur ou Ă  l’eau bouillante permet de conserver une texture ferme si vous Ă©vitez de les laisser trop longtemps. Une cuisson de l’ordre de 8 Ă  12 minutes peut convenir selon leur calibre et le rĂ©sultat recherchĂ©, mais le meilleur indicateur reste la texture : un haricot doit rester tendre sans devenir mou.

À cĂŽtĂ© de ces lĂ©gumes qui prolongent l’étĂ©, septembre introduit une autre famille. Le brocoli revient sur les Ă©tals. Sa saison dĂ©pend Ă©videmment des rĂ©gions et des conditions mĂ©tĂ©orologiques, mais il fait partie des lĂ©gumes dont la production reprend avec l’arrivĂ©e des tempĂ©ratures plus modĂ©rĂ©es. Il appartient Ă  la famille des BrassicacĂ©es, comme le chou-fleur, le chou, le chou kale ou les navets. Cette famille vĂ©gĂ©tale contient des composĂ©s soufrĂ©s caractĂ©ristiques, responsables de certaines odeurs Ă  la cuisson mais aussi Ă©tudiĂ©s pour leurs effets biologiques.

La cuisson du brocoli mĂ©rite d’ailleurs un peu de finesse. Une cuisson trĂšs longue dans une grande quantitĂ© d’eau entraĂźne une perte d’une partie des vitamines hydrosolubles. La vapeur, une cuisson rapide Ă  l’eau ou une cuisson au wok permettent de limiter ce phĂ©nomĂšne. Vous pouvez Ă©galement manger le pied du brocoli : dĂ©barrassĂ© de sa partie extĂ©rieure la plus dure, il peut ĂȘtre dĂ©coupĂ© en bĂątonnets ou en petits morceaux. Jeter systĂ©matiquement le pied revient un peu Ă  acheter une partie du lĂ©gume pour la poubelle.

Les Ă©pinards font eux aussi leur retour avec les tempĂ©ratures plus fraĂźches. Leur volume peut surprendre. Une grosse quantitĂ© d’épinards frais peut devenir minuscule aprĂšs cuisson, car les feuilles contiennent beaucoup d’eau et leur structure vĂ©gĂ©tale s’effondre sous l’effet de la chaleur. Si vous achetez 500 g d’épinards frais, ne prĂ©voyez donc pas forcĂ©ment de remplir cinq assiettes monumentales. Vous risquez surtout de chercher les Ă©pinards dans la poĂȘle avec une loupe.

L’épinard apporte notamment des folates, de la vitamine K, du bĂȘta-carotĂšne et des minĂ©raux. Comme pour d’autres lĂ©gumes Ă  feuilles, la prĂ©sence de vitamine K est particuliĂšrement notable. Les personnes qui suivent certains traitements anticoagulants doivent conserver une consommation rĂ©guliĂšre plutĂŽt que modifier brutalement leurs apports alimentaires ; dans ce contexte, les recommandations individuelles du professionnel de santĂ© restent prioritaires.

Le poireau commence Ă©galement Ă  retrouver une place plus importante. Il appartient Ă  la mĂȘme famille botanique que l’oignon et l’ail et possĂšde une forte concentration en eau. Il apporte des fibres et divers micronutriments tout en restant relativement peu calorique. Vous pouvez le cuisiner en fondue, dans une soupe, une tarte salĂ©e, un gratin ou simplement braisĂ©.

Pour bien prĂ©parer un poireau, la partie blanche et vert clair est gĂ©nĂ©ralement privilĂ©giĂ©e, mais une partie du vert tendre peut parfaitement ĂȘtre utilisĂ©e dans les bouillons, soupes ou prĂ©parations. LĂ  encore, l’idĂ©e de jeter systĂ©matiquement les parties vertes n’est pas particuliĂšrement intĂ©ressante. Un bon lavage reste indispensable, car la terre peut se loger entre les gaines.

Et puis arrive l’un des grands changements de septembre : la courge. Le calendrier de saison indique le dĂ©but de la saison de plusieurs courges, avec notamment le potiron et le potimarron.

Le potimarron possĂšde une particularitĂ© trĂšs pratique : sa peau peut ĂȘtre consommĂ©e lorsqu’il est correctement prĂ©parĂ© et cuit. Vous n’ĂȘtes donc pas obligĂ© de passer vingt minutes Ă  essayer de retirer une peau dure avec un Ă©conome. Il suffit de le laver, de le couper avec prĂ©caution, de retirer les graines et de le cuire. Sa chair dense et lĂ©gĂšrement sucrĂ©e fonctionne trĂšs bien au four, en soupe ou en purĂ©e.

Pour une cuisson rĂŽtie, des morceaux de potimarron de 3 Ă  4 cm peuvent ĂȘtre cuits autour de 30 Ă  40 minutes dans un four Ă  environ 190-200 °C, selon leur taille et la puissance rĂ©elle du four. Un filet d’huile, du poivre, du thym ou du romarin suffisent souvent. Si vous cherchez une prĂ©paration plus lĂ©gĂšre, la vapeur ou la cuisson en soupe fonctionnent trĂšs bien.

La carotte n’est pas spĂ©cifiquement un lĂ©gume limitĂ© Ă  septembre puisqu’elle reste disponible une grande partie de l’annĂ©e grĂące aux diffĂ©rentes pĂ©riodes de production et Ă  sa conservation. Elle conserve nĂ©anmoins toute sa place dans les paniers de septembre. Sa couleur orange provient principalement du bĂȘta-carotĂšne, prĂ©curseur de la vitamine A. La quantitĂ© rĂ©ellement transformĂ©e en vitamine A dĂ©pend de plusieurs facteurs, dont la matrice alimentaire et les caractĂ©ristiques individuelles.

La cuisson peut amĂ©liorer la digestibilitĂ© de certains constituants, tandis qu’une petite quantitĂ© de matiĂšre grasse favorise l’absorption des carotĂ©noĂŻdes. Vous n’avez donc pas besoin de choisir entre carotte crue et carotte cuite : les deux ont leur intĂ©rĂȘt.

Le cĂ©leri, sous forme de cĂ©leri-branche ou de cĂ©leri-rave, accompagne Ă©galement la transition vers l’automne. Le cĂ©leri-rave est plus dense et plus riche en amidon que le cĂ©leri-branche. Il se prĂȘte particuliĂšrement bien aux purĂ©es, aux soupes, aux prĂ©parations rĂŽties et au cĂ©lĂšbre cĂ©leri-rĂ©moulade. Pour ce dernier, une coupe trĂšs fine permet de conserver une texture croquante.

Le fenouil mĂ©rite lui aussi une mention. Son goĂ»t anisĂ© peut diviser les convives avec une efficacitĂ© remarquable : certains l’adorent, d’autres le dĂ©tectent Ă  trois mĂštres. Cru, il apporte du croquant dans les salades ; rĂŽti ou braisĂ©, son goĂ»t devient plus doux. Une cuisson au four autour de 180-200 °C permet de le caramĂ©liser lĂ©gĂšrement sur les bords, ce qui rĂ©duit la puissance de ses notes anisĂ©es.

La saisonnalitĂ© ne signifie toutefois pas qu’un lĂ©gume soit interdit hors de son mois. C’est une nuance importante. Un produit peut ĂȘtre disponible toute l’annĂ©e grĂące aux importations, aux serres, au stockage ou Ă  diffĂ©rentes pĂ©riodes de production. Le ministĂšre de l’Agriculture rappelle d’ailleurs que la notion de saison dĂ©pend aussi de la rĂ©gion et des conditions de production.

Pour vous, le vĂ©ritable intĂ©rĂȘt d’un calendrier de saison est donc plutĂŽt de savoir quand un lĂ©gume est normalement disponible dans de bonnes conditions de production locales ou nationales, et quand il risque davantage de venir de loin ou d’avoir Ă©tĂ© produit sous des conditions Ă©nergĂ©tiques particuliĂšres. L’ADEME rappelle notamment que les productions hors saison peuvent nĂ©cessiter du chauffage sous serre ou des transports depuis des rĂ©gions plus mĂ©ridionales ou depuis un autre hĂ©misphĂšre.

Il faut aussi Ă©viter une autre idĂ©e reçue : manger de saison ne signifie pas automatiquement manger moins cher Ă  chaque achat. Le prix dĂ©pend de la rĂ©colte, du rendement, de la main-d’Ɠuvre, du conditionnement, de la distribution et de la demande. Une tomate française en septembre peut ĂȘtre trĂšs intĂ©ressante en rapport qualitĂ©-prix si la production est abondante, alors qu’un lĂ©gume bio vendu en petite quantitĂ© peut rester cher. Le calendrier saisonnier constitue donc un outil, pas une baguette magique destinĂ©e Ă  faire disparaĂźtre le ticket de caisse.

Pour maĂźtriser votre budget, septembre se prĂȘte particuliĂšrement bien Ă  une stratĂ©gie simple : acheter davantage de lĂ©gumes au meilleur moment de leur disponibilitĂ©, puis les cuisiner sous plusieurs formes. Les tomates bien mĂ»res peuvent servir Ă  une sauce, une soupe froide, une salade ou une cuisson lente. Les courgettes peuvent ĂȘtre poĂȘlĂ©es, grillĂ©es ou transformĂ©es en veloutĂ©. Les poivrons peuvent ĂȘtre rĂŽtis puis conservĂ©s quelques jours au rĂ©frigĂ©rateur dans une prĂ©paration adaptĂ©e. Les courges se conservent gĂ©nĂ©ralement beaucoup mieux que les lĂ©gumes d’étĂ© lorsqu’elles sont intactes et stockĂ©es dans de bonnes conditions.

Vous pouvez aussi profiter de septembre pour prĂ©parer des lĂ©gumes Ă  congeler, avec une petite prĂ©caution technique : la plupart des lĂ©gumes se conservent mieux aprĂšs blanchiment. Le principe consiste Ă  les plonger briĂšvement dans l’eau bouillante puis Ă  les refroidir rapidement dans de l’eau trĂšs froide avant congĂ©lation. Cela limite l’action de certaines enzymes responsables de dĂ©gradations de couleur, texture et goĂ»t pendant la conservation. Les haricots verts, par exemple, se prĂȘtent bien Ă  cette mĂ©thode.

La congĂ©lation domestique fonctionne gĂ©nĂ©ralement autour de –18 °C. Elle ne tue pas nĂ©cessairement tous les micro-organismes prĂ©sents dans l’aliment ; elle bloque surtout leur multiplication pendant la pĂ©riode de stockage. Il faut donc travailler avec des lĂ©gumes frais, propres, correctement prĂ©parĂ©s et conditionnĂ©s. Une fois dĂ©congelĂ©s, ils doivent ĂȘtre traitĂ©s comme des aliments pĂ©rissables et ne doivent pas ĂȘtre recongelĂ©s crus.

La conservation au rĂ©frigĂ©rateur mĂ©rite Ă©galement un peu de mĂ©thode. Tous les lĂ©gumes ne supportent pas les mĂȘmes conditions. Les lĂ©gumes-feuilles apprĂ©cient gĂ©nĂ©ralement une humiditĂ© suffisante pour limiter leur dessĂšchement, tandis que certaines courges entiĂšres prĂ©fĂšrent un endroit sec, ventilĂ© et relativement frais. Les tomates mĂ»res ne gagnent pas forcĂ©ment Ă  passer systĂ©matiquement au rĂ©frigĂ©rateur, car le froid peut altĂ©rer leur texture et leur perception aromatique. Vous pouvez donc organiser votre cuisine plutĂŽt que tout mettre automatiquement dans le bac Ă  lĂ©gumes.

Septembre est Ă©galement intĂ©ressant pour les associations nutritionnelles. Une assiette composĂ©e de tomates, poivrons, courgettes et aubergines apporte une forte proportion d’eau, des fibres et plusieurs micronutriments. Si vous ajoutez une source de protĂ©ines comme des Ɠufs, des lĂ©gumineuses, du poisson ou une viande en quantitĂ© adaptĂ©e, vous obtenez un repas beaucoup plus complet. Une ratatouille seule constitue une excellente base, mais elle ne couvre pas Ă  elle seule tous les besoins nutritionnels d’un repas.

Le mĂȘme raisonnement fonctionne avec le brocoli. Vous pouvez l’associer Ă  des Ɠufs, des pois chiches, des lentilles, du poisson ou une cĂ©rĂ©ale. Le potimarron peut accompagner une volaille, des lentilles ou du fromage. Le poireau fonctionne trĂšs bien avec les Ɠufs et les poissons. L’intĂ©rĂȘt du calendrier n’est donc pas seulement de savoir quel lĂ©gume acheter : il permet aussi de construire une alimentation plus variĂ©e au fil des mois.

Il faut enfin regarder ce qui se passe dans votre propre jardin si vous cultivez vos lĂ©gumes. Septembre peut ĂȘtre un mois trĂšs gĂ©nĂ©reux, parfois mĂȘme trop gĂ©nĂ©reux. Trois pieds de courgettes peuvent produire une quantitĂ© qui dĂ©passe rapidement les capacitĂ©s d’une famille de quatre personnes. Les tomates peuvent arriver par kilos, les haricots verts rĂ©clamer plusieurs rĂ©coltes et les poivrons mĂ»rir presque tous en mĂȘme temps. C’est le moment de cuisiner, congeler, donner et transformer plutĂŽt que de laisser la production finir tristement sur le compost.

Le potager de septembre commence aussi Ă  fournir les premiĂšres rĂ©coltes destinĂ©es Ă  la conservation hivernale. Les courges bien mĂ»res peuvent ĂȘtre stockĂ©es plusieurs mois dans de bonnes conditions, alors que les lĂ©gumes plus fragiles devront plutĂŽt ĂȘtre consommĂ©s rapidement ou transformĂ©s. La diffĂ©rence entre une courge parfaitement conservĂ©e et une courge oubliĂ©e au fond d’un garage pendant quatre mois peut ĂȘtre spectaculaire : dans le premier cas vous avez une rĂ©serve alimentaire ; dans le second, vous avez potentiellement une expĂ©rience scientifique sur les moisissures.

Quelques repĂšres simples peuvent vous aider Ă  faire vos achats sans transformer votre marchĂ© en examen de nutrition. Si vous voulez prolonger l’étĂ©, privilĂ©giez encore tomates, aubergines, courgettes, poivrons et haricots verts. Si vous souhaitez commencer la transition vers l’automne, tournez-vous vers brocoli, Ă©pinards, poireaux, cĂ©leri, fenouil, courges et potimarron. Les carottes, betteraves, oignons et pommes de terre peuvent servir de lĂ©gumes de liaison entre les deux saisons. Cette diversitĂ© est bien documentĂ©e dans les calendriers alimentaires français consacrĂ©s Ă  septembre.

🔎 Repùre Ce qu’il faut retenir
☀ ÉtĂ© qui joue les prolongations Tomate, courgette, aubergine et poivron restent trĂšs intĂ©ressants en septembre.
🍂 Automne qui arrive Brocoli, Ă©pinards, poireau et courges commencent Ă  prendre leur place.
🎃 PremiĂšre vedette automnale Le potimarron offre une grande polyvalence et peut ĂȘtre cuisinĂ© avec sa peau aprĂšs prĂ©paration.
💧 Hydratation alimentaire Beaucoup de lĂ©gumes de septembre contiennent environ 80 Ă  95 % d’eau.
🧊 Conservation Le blanchiment avant congĂ©lation amĂ©liore la conservation de nombreux lĂ©gumes.
đŸ’¶ Budget Le meilleur prix dĂ©pend surtout de l’abondance, de l’origine, du mode de production et du circuit de distribution.
đŸ„— VariĂ©tĂ© MĂ©langer lĂ©gumes d’étĂ© et lĂ©gumes d’automne permet d’éviter une alimentation rĂ©pĂ©titive.
đŸŒ± Local La saison dĂ©pend aussi de votre rĂ©gion : un calendrier national reste une indication gĂ©nĂ©rale.

Les points Ă  retenir tiennent finalement en quelques idĂ©es : septembre est un mois de transition, pas un changement brutal de garde. Les lĂ©gumes d’étĂ© sont encore bien prĂ©sents alors que les lĂ©gumes d’automne commencent Ă  arriver. La tomate, l’aubergine, la courgette et le poivron mĂ©ritent encore votre attention, tandis que brocoli, Ă©pinards, poireaux et courges annoncent les mois plus frais. Le potimarron devient particuliĂšrement intĂ©ressant pour les soupes, les purĂ©es et les cuissons au four, alors que le poireau et le brocoli permettent de diversifier les repas sans attendre octobre.

Vous pouvez aussi profiter de ce mois pour adapter progressivement vos habitudes culinaires. Les salades trĂšs fraĂźches peuvent laisser davantage de place aux lĂ©gumes rĂŽtis, aux gratins lĂ©gers et aux soupes, mais rien ne vous oblige Ă  sortir immĂ©diatement les grosses cocottes et les pulls en laine : une belle salade de tomates et de poivrons peut parfaitement cĂŽtoyer un veloutĂ© de potimarron. La mĂ©tĂ©o de septembre a parfois elle-mĂȘme du mal Ă  choisir entre juillet et octobre ; votre assiette peut donc faire pareil.

Sur le plan environnemental, la saisonnalitĂ© reprĂ©sente une piste parmi d’autres. Elle ne suffit pas Ă  elle seule Ă  dĂ©terminer l’impact environnemental d’un aliment, car interviennent aussi le mode de production, le rendement, l’énergie utilisĂ©e, le stockage, le transport et le gaspillage. L’ADEME et le ministĂšre de l’Agriculture prĂ©sentent toutefois la consommation de produits de saison comme l’un des leviers permettant de rĂ©duire certaines consommations d’énergie et Ă©missions associĂ©es aux productions hors saison.

Septembre vous donne donc surtout une belle occasion de faire le pont entre deux cuisines. Profitez encore des lĂ©gumes gorgĂ©s de soleil tant qu’ils sont disponibles, mais commencez Ă  accueillir les saveurs plus douces des courges, des poireaux, des brocolis et des Ă©pinards. Et si vous avez un potager, c’est aussi le moment de regarder sĂ©rieusement les quantitĂ©s : lorsque les tomates commencent Ă  remplir les cagettes et que les courgettes semblent avoir dĂ©cidĂ© de coloniser le jardin, mieux vaut avoir quelques recettes de secours. Parce qu’en septembre, le problĂšme n’est gĂ©nĂ©ralement pas de trouver des lĂ©gumes : c’est de rĂ©ussir Ă  tous les manger avant qu’ils ne prennent leur retraite au fond du rĂ©frigĂ©rateur.