La campagne française de vaccination contre la grippe a commencé le 13 octobre 2026 en métropole. Au mardi 27 octobre, elle se poursuit depuis deux semaines, avec un objectif clair : protéger les personnes les plus exposées aux complications avant la montée saisonnière du virus. En revanche, il est encore trop tôt pour dresser un bilan national complet de la participation.
Un suivi des vaccinations réalisées en pharmacie existe déjà, à partir de données recueillies auprès d’un panel d’officines. Mais le premier jeu de données de la campagne 2026-2027 était encore actualisé au 22 octobre. Sa diffusion hebdomadaire est prévue à partir du 29 octobre. Il n’est donc pas possible d’avancer, à la date du 27 octobre, un nombre national définitif de personnes vaccinées depuis le lancement de la campagne.
Les chiffres les plus solides concernent pour l’instant la saison précédente. En 2025-2026, la couverture vaccinale a progressé par rapport à l’hiver antérieur, mais elle est restée loin de l’objectif de 75 % fixé par l’Organisation mondiale de la santé pour les personnes à risque. Selon les estimations nationales publiées en octobre, elle atteignait 56,7 % chez les personnes âgées de 65 ans et plus, contre 28,9 % chez les personnes de moins de 65 ans présentant un risque de forme grave.
Ces niveaux montrent que la marge de progression reste importante, en particulier chez les adultes plus jeunes qui souffrent d’une maladie chronique ou présentent un autre facteur de risque. L’âge ne constitue pas le seul critère de vulnérabilité face à la grippe.
Qui peut se faire vacciner et dans quelles conditions ?
La vaccination est recommandée en priorité aux personnes de 65 ans et plus, aux femmes enceintes, aux personnes atteintes de certaines maladies chroniques, aux personnes immunodéprimées et aux personnes présentant une obésité sévère. Elle concerne également les professionnels de santé et les personnes qui côtoient régulièrement des personnes fragiles.
Pour les publics ciblés par les recommandations, le vaccin contre la grippe est pris en charge à 100 % par l’Assurance maladie. Les enfants de 2 à 17 ans sans maladie chronique peuvent aussi se voir proposer la vaccination ; dans leur cas, la prise en charge du vaccin est de 65 %. Les personnes qui ne relèvent pas des recommandations peuvent également demander à être vaccinées, mais elles doivent en principe régler le vaccin et l’acte.
Plusieurs vaccins sont disponibles pour la saison 2026-2027. Pour les personnes de 65 ans et plus, les autorités sanitaires recommandent de préférence Efluelda, un vaccin à dose élevée d’antigènes, ou Fluad, qui contient un adjuvant. Les vaccins standards restent utilisables. Le choix dépend notamment de l’âge, de la disponibilité et de l’avis du professionnel de santé.
La vaccination peut être réalisée par un médecin, un pharmacien, un infirmier ou une sage-femme, selon les règles applicables à chaque professionnel. Les personnes éligibles peuvent aussi recevoir le vaccin contre le Covid-19 lors de la même consultation, avec une injection dans chaque bras ou sur deux sites distincts. Si les deux vaccinations ont lieu à des dates différentes, aucun délai minimal n’est imposé entre elles.
Pourquoi ne pas attendre les premiers cas de grippe ?
La campagne est organisée avant la période de circulation la plus intense, car la protection ne se met pas en place immédiatement après l’injection. Il faut généralement une quinzaine de jours pour développer une réponse immunitaire suffisante. Attendre une forte hausse des consultations ou des hospitalisations peut donc réduire l’intérêt d’une vaccination tardive, notamment chez les personnes fragiles.
La saison précédente rappelle que la grippe ne se résume pas à quelques jours de fièvre et de fatigue. En France, l’hiver 2025-2026 a entraîné près de 115 000 passages aux urgences pour syndrome grippal, dont environ un sur cinq a conduit à une hospitalisation. La saison a aussi été marquée par un excès important de mortalité toutes causes confondues pendant la période épidémique. Ces décès ne peuvent pas tous être attribués directement à la grippe, mais ils illustrent le poids sanitaire de l’hiver dernier.
Le vaccin ne protège pas contre toutes les infections respiratoires et son efficacité varie selon les saisons, les souches virales en circulation et les caractéristiques des personnes vaccinées. Il réduit toutefois le risque de formes graves et de complications. La vaccination ne remplace pas les autres mesures de prévention : aérer les pièces, se laver les mains et porter un masque en cas de symptômes ou au contact de personnes vulnérables restent des réflexes utiles.
Le point au 27 octobre
Deux semaines après le lancement de la campagne, le constat est simple : la vaccination contre la grippe est bien ouverte en France, les publics prioritaires sont identifiés et plusieurs vaccins sont disponibles. En revanche, aucun bilan national complet de la campagne en cours ne permet encore de mesurer précisément la proportion de Français déjà vaccinés au 27 octobre.
Les données de la saison 2025-2026 montrent une amélioration, mais aussi un retard persistant par rapport à l’objectif de couverture chez les personnes à risque. Le prochain suivi des vaccinations en pharmacie, attendu à partir du 29 octobre, permettra de commencer à mesurer le rythme de la campagne actuelle. D’ici là, il convient de distinguer



