Au mardi 27 octobre 2026, les dernières données nationales consolidées décrivent une situation plutôt stable. Le bulletin publié le 21 octobre par Santé publique France, qui porte sur la semaine du 12 au 18 octobre, ne signale pas de démarrage de l’épidémie de grippe. Les indicateurs restent à leur niveau de base, dans toutes les classes d’âge et dans les régions de France métropolitaine.
Le Covid-19 continue, lui, de circuler. Son impact sur les consultations et les soins hospitaliers demeure toutefois faible. Les indicateurs sont globalement stables ou en diminution, selon le suivi national. Le tableau n’est donc pas celui d’une vague importante, mais celui d’une circulation persistante de plusieurs virus respiratoires à l’approche de la saison froide.
Il faut préciser un point pour bien lire ces chiffres : au 27 octobre, le bilan national le plus récent porte sur la semaine précédente. Les statistiques épidémiologiques ne sont pas publiées en temps réel et peuvent être révisées après leur première diffusion. Il serait donc trompeur de présenter ces résultats comme un décompte exact des infections survenues ce mardi.
Covid-19 : une circulation toujours présente, mais un impact limité
Le réseau Sentinelles estime à 14 cas pour 100 000 habitants le taux d’incidence du Covid-19 vus en consultation de médecine générale au cours de la semaine du 12 au 18 octobre. La semaine précédente, l’estimation consolidée s’établissait à 13 cas pour 100 000 habitants. La variation reste faible et l’activité se situe à un niveau bas.
Les autres indicateurs vont dans le même sens. Les consultations en ville et l’activité hospitalière liées au Covid-19 restent globalement stables. La détection du SARS-CoV-2 dans les eaux usées diminue également, signe d’un ralentissement de la circulation virale. Les niveaux observés restent inférieurs à ceux relevés à la même période lors des années précédentes.
Le virus n’a donc pas disparu, même si la situation ne ressemble pas aux grandes vagues des premières années de la pandémie. Des cas groupés continuent d’être signalés dans les établissements médico-sociaux, principalement en lien avec le Covid-19. Les personnes âgées ou fragiles restent particulièrement exposées aux complications.
Grippe : pas encore d’épidémie dans l’Hexagone
Pour la grippe, les indicateurs demeurent eux aussi à un niveau bas. Le taux d’incidence estimé en médecine générale atteint 8 cas pour 100 000 habitants sur la semaine du 12 au 18 octobre, contre 11 cas pour 100 000 la semaine précédente, une fois les données antérieures consolidées.
Les virus grippaux sont bien détectés, mais de manière sporadique. Les analyses réalisées depuis la semaine 40 identifient surtout des virus de type A, avec les sous-types A(H1N1)pdm09 et A(H3N2). Leur présence ne signifie pas que l’épidémie saisonnière a commencé : les indicateurs restent dans la période inter-épidémique, dans toutes les classes d’âge et dans l’ensemble des régions métropolitaines.
La situation diffère toutefois dans certains territoires ultramarins. L’épidémie de grippe a débuté à La Réunion dès la fin du mois d’août et Mayotte est entrée en phase épidémique au cours de la semaine du 12 au 18 octobre. Les tendances de l’Hexagone ne résument donc pas toute la situation française.
Les autres virus respiratoires circulent aussi
Les symptômes d’une infection respiratoire ne permettent pas, à eux seuls, de distinguer la grippe du Covid-19 ou d’un autre virus. Au cours de la semaine étudiée, les infections respiratoires aiguës étaient surtout liées aux rhinovirus et au SARS-CoV-2, et dans une moindre mesure à la grippe.
Tous virus confondus, le taux d’infections respiratoires aiguës ayant conduit à une consultation de médecine générale était estimé à 158 cas pour 100 000 habitants. Il était stable par rapport à la semaine précédente, où il atteignait 161 cas pour 100 000 habitants après consolidation. Ce niveau correspond à une activité faible, comparable à celle habituellement observée à cette période.
Les données montrent néanmoins une légère hausse du recours aux soins pour infection respiratoire aiguë chez les moins de 15 ans et les personnes âgées de 65 ans ou plus. Ce signal ne suffit pas à annoncer une flambée épidémique, mais il rappelle que les infections hivernales ne se limitent pas à la grippe et au Covid-19.
Vaccination : la campagne est lancée
La campagne de vaccination contre la grippe et le Covid-19 a débuté le 13 octobre 2026 dans l’Hexagone. Elle vise en priorité les personnes exposées aux formes graves : les personnes de 65 ans et plus, les femmes enceintes, les personnes atteintes de certaines maladies chroniques ou immunodéprimées, ainsi que les professionnels de santé et les personnes en contact régulier avec des personnes fragiles.
Pour les personnes auxquelles les deux vaccinations sont recommandées, les injections peuvent être réalisées au cours d’une même consultation, sur deux sites différents. Si elles sont faites séparément, aucun délai minimal n’est requis entre les deux vaccins. La vaccination ne garantit pas l’absence d’infection, mais elle vise à réduire le risque de complications.
Les gestes de prévention gardent aussi leur intérêt. En cas de symptômes respiratoires, le port du masque, notamment dans les lieux fréquentés et auprès des personnes vulnérables, limite le risque de transmission. Le lavage des mains et l’aération régulière des pièces complètent ces mesures.
Le point au 27 octobre 2026
À cette date, la France métropolitaine n’est pas entrée dans une épidémie de grippe, selon les dernières données nationales disponibles. Le Covid-19 circule toujours, mais son impact sur les soins reste faible et les indicateurs récents sont stables ou en baisse. Les infections respiratoires aiguës demeurent globalement à un niveau bas.
Ces chiffres décrivent les consultations estimées et les tendances de surveillance, pas le nombre total de personnes infectées dans le pays. Beaucoup de malades ne consultent pas, et les données de la semaine en cours ne sont pas encore consolidées. La situation peut donc évoluer dans les prochains jours, notamment avec la baisse des températures, le retour des rassemblements en intérieur et la reprise des activités scolaires après les vacances d’automne.
Le constat est donc mesuré : pas de signal d’alerte épidémique pour la grippe dans l’Hexagone à ce stade, et pas de forte pression du Covid-19 sur le système de santé. La saison des virus respiratoires reste toutefois devant nous. Pour les personnes à risque, attendre une hausse des hospitalisations avant de se protéger serait une mauvaise stratégie.


