🌞Idée reçue : Le soleil d’octobre ne peut plus chauffer fortement. Et pourtant…..

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Dire que le soleil d’octobre ne chauffe plus fortement est une idée reçue particulièrement tenace. Elle vient probablement d’une impression très humaine : les jours raccourcissent, les nuits deviennent fraîches, les arbres changent de couleur et les premières gelées apparaissent parfois. Pourtant, lorsque le ciel est dégagé, le rayonnement solaire reste suffisamment puissant pour réchauffer fortement les surfaces, les habitations, les voitures et même l’air près du sol. La différence avec juillet ne vient donc pas d’un Soleil devenu « faible », mais de sa hauteur plus basse dans le ciel, de journées plus courtes, de nuits plus longues et d’une atmosphère qui se refroidit davantage. Et certaines journées d’octobre peuvent encore atteindre 25, 28, 30 °C, voire davantage lors d’épisodes exceptionnels. En octobre 2023, la France a même connu des températures supérieures à 35 °C, avec 35,8 °C à Navarrenx le 2 octobre, record national d’octobre. *

☀️ Repère 📊 Valeur ou ordre de grandeur 🌡️ Ce que vous pouvez constater
🌞 Hauteur du Soleil Nettement plus basse qu’en juillet Rayonnement plus oblique
🕐 Durée du jour En diminution chaque jour Moins de temps pour chauffer le sol
🌙 Nuit Plus longue qu’en été Refroidissement nocturne plus important
🌡️ Octobre 2023 35,8 °C à Navarrenx le 2 octobre Une chaleur estivale reste possible
🌡️ Octobre 2024 15,3 °C de moyenne nationale +1,5 °C par rapport à la normale
☀️ Octobre 2021 Jusqu’à 209 h de soleil à Nantes Un mois d’octobre peut être très lumineux
☀️ Octobre 2025 +10 % d’ensoleillement à l’échelle nationale Soleil encore très présent selon les régions
🌡️ Septembre 2026 +3,1 °C par rapport à la normale Un début d’automne très chaud peut prolonger les fortes chaleurs
🏠 Surface exposée Toiture, mur, voiture, terrasse Chauffe parfois fortement en plein soleil
🚗 Habitacle automobile Peut dépasser largement la température extérieure Effet de serre toujours actif en automne

La première erreur consiste à confondre baisse de la puissance solaire et disparition de l’effet chauffant. Le Soleil fournit effectivement moins d’énergie au sol en octobre qu’au mois de juin ou de juillet sous nos latitudes, mais « moins » ne signifie absolument pas « peu ». Lorsque le ciel est dégagé, le rayonnement solaire reste capable de provoquer une forte élévation de température des surfaces exposées. Une terrasse sombre, une carrosserie noire, un mur orienté au sud ou une toiture peuvent devenir nettement plus chauds que l’air mesuré sous abri. C’est l’une des raisons pour lesquelles vous pouvez ressentir une vraie chaleur au soleil alors que le thermomètre officiel indique seulement 15 ou 17 °C.

La hauteur du Soleil explique une grande partie de cette différence. En plein été, le Soleil monte beaucoup plus haut dans le ciel. Son rayonnement arrive alors plus directement sur le sol et concentre davantage d’énergie sur une surface donnée. En octobre, sa trajectoire est plus basse et les rayons arrivent selon un angle plus oblique. La même quantité d’énergie se répartit sur une surface plus importante, tandis que la traversée de l’atmosphère devient plus longue. Le rayonnement reçu au sol diminue donc, mais il reste largement suffisant pour chauffer des surfaces exposées lorsque le ciel est dégagé.

Il existe aussi un phénomène que les thermomètres officiels ne montrent pas directement : la température radiative des surfaces. Une mesure météorologique standard doit être réalisée dans des conditions précises, sous abri ventilé, afin de mesurer la température de l’air et non celle d’un objet chauffé par le Soleil. Une voiture stationnée au soleil n’est évidemment pas placée dans les mêmes conditions. Sa carrosserie absorbe une partie du rayonnement solaire, son habitacle reçoit directement le rayonnement à travers les vitrages et l’énergie s’accumule. En octobre, vous pouvez donc retrouver un volant chaud, des sièges nettement réchauffés et un intérieur inconfortable alors que l’air extérieur paraît frais.

Le fameux « soleil trompeur » d’octobre n’a donc rien de mystérieux. Vous sortez le matin avec une veste parce que le thermomètre affiche 7 °C. Quelques heures plus tard, le ciel se dégage, le vent tombe et le Soleil monte suffisamment pour réchauffer les surfaces. À l’ombre, vous restez dans une ambiance fraîche ; en plein soleil, votre sensation thermique change rapidement. Le corps humain ne mesure pas uniquement la température de l’air. Il reçoit aussi des échanges radiatifs avec son environnement, ce qui explique cette différence parfois spectaculaire entre une place ensoleillée et une rue voisine située à l’ombre.

La température de l’air elle-même peut pourtant grimper fortement en octobre. Les épisodes chauds récents l’ont montré à plusieurs reprises. Octobre 2023 reste un exemple spectaculaire : le 2 octobre, 35,8 °C ont été relevés à Navarrenx, dans les Pyrénées-Atlantiques, valeur exceptionnelle pour cette période. Les 7 et 8 octobre, de nombreux records mensuels ont encore été battus et l’indicateur national des températures maximales a dépassé 28 °C les 8 et 9 octobre. Ce type de situation reste rare, mais il suffit à démontrer que le calendrier ne constitue pas une barrière physique empêchant la chaleur estivale de revenir.

Octobre 2024 a fourni un autre exemple beaucoup plus représentatif d’une douceur durable. La température moyenne nationale du mois a atteint 15,3 °C, soit 1,5 °C au-dessus de la normale 1991-2020. Le mois s’est classé au dixième rang des mois d’octobre les plus chauds depuis 1900. Les valeurs maximales ont été supérieures aux normales sur une grande partie du pays, avec des écarts de 1 à 3 °C sur plusieurs secteurs. Autrement dit, même lorsqu’un mois d’octobre n’affiche pas de records spectaculaires, la douceur peut rester très présente.

Mais il ne faut pas tomber dans l’excès inverse : octobre n’est pas un mois de juillet déguisé. Le Soleil reste moins haut, la durée du jour diminue et les pertes nocturnes augmentent. Le bilan thermique quotidien devient donc beaucoup moins favorable. En été, une longue période d’ensoleillement peut apporter énormément d’énergie au sol pendant la journée, puis la nuit relativement courte limite la durée du refroidissement. En octobre, le Soleil disparaît plus tôt et réapparaît plus tard. Le sol dispose de moins de temps pour accumuler de l’énergie et davantage de temps pour la perdre.

La longueur de la nuit joue un rôle particulièrement important. Une surface qui reçoit du rayonnement solaire pendant la journée peut perdre beaucoup d’énergie pendant une nuit claire. Le rayonnement infrarouge émis vers le ciel peut entraîner un refroidissement marqué du sol et des objets proches du sol. C’est pourquoi une matinée d’octobre peut commencer avec 3 ou 5 °C après une journée précédente à 20 °C. Le Soleil peut alors remonter assez rapidement la température dans la journée, surtout si la masse d’air reste douce et si le vent est faible.

Le contraste entre température minimale et maximale peut donc devenir remarquable. Une journée peut commencer à 4 °C et atteindre 20 °C quelques heures plus tard. Une amplitude de 16 °C n’a rien d’impossible en situation anticyclonique avec ciel dégagé et vent faible. Dans certaines cuvettes ou zones rurales, l’écart peut même être encore plus important. Le phénomène donne parfois l’impression que deux saisons se succèdent dans la même journée : veste et chauffage le matin, manches courtes en début d’après-midi, puis retour rapide vers la fraîcheur dès que le Soleil descend.

Le vent change aussi complètement la perception du soleil d’octobre. Un après-midi à 18 °C avec peu de vent peut sembler agréablement doux en plein soleil. La même température avec un vent soutenu donne une sensation nettement plus fraîche. Le rayonnement solaire continue pourtant d’arriver sur le corps. Le problème vient alors du bilan entre les apports radiatifs et les pertes par convection. Le vent renouvelle constamment l’air au contact de la peau et accélère les échanges thermiques. Une personne immobile à l’abri du vent peut donc ressentir une chaleur agréable tandis qu’une personne exposée au courant d’air cherche déjà sa veste.

Les bâtiments illustrent parfaitement le phénomène. Une maison exposée plein sud avec de grandes surfaces vitrées peut recevoir beaucoup d’énergie solaire en octobre. En été, les protections solaires sont surtout utilisées pour éviter la surchauffe lorsque le Soleil est haut. En automne, la trajectoire plus basse du Soleil peut au contraire favoriser la pénétration des rayons à travers les vitrages. Les rayons entrent plus profondément dans les pièces et réchauffent les sols, les murs et les meubles. Le phénomène peut réduire les besoins de chauffage lors d’une belle journée d’octobre, parfois de manière très sensible.

C’est également l’une des raisons pour lesquelles les maisons modernes réagissent différemment aux journées d’automne. Une bonne isolation limite les pertes de chaleur, tandis que les apports solaires peuvent rester importants derrière les vitrages. Une habitation très performante peut donc afficher une température intérieure agréable sans chauffage pendant plusieurs heures, alors que l’air extérieur reste frais. Le problème peut même s’inverser : après plusieurs heures de soleil, certaines pièces deviennent trop chaudes malgré une température extérieure relativement basse.

La couleur et la nature des surfaces jouent aussi un rôle. Une surface sombre absorbe généralement davantage de rayonnement solaire qu’une surface claire. Une carrosserie noire, un toit sombre ou un revêtement bitumineux peuvent donc devenir nettement plus chauds que l’air environnant. Une surface claire réfléchit davantage de rayonnement et chauffe généralement moins. Le phénomène explique pourquoi deux objets placés côte à côte, soumis exactement au même soleil d’octobre, peuvent présenter des températures très différentes.

Une voiture stationnée au soleil constitue probablement l’exemple le plus parlant pour le grand public. Même avec 14 °C dehors, les vitrages laissent entrer le rayonnement solaire et l’habitacle se comporte en partie comme un piège à chaleur. Les sièges, la planche de bord et les autres surfaces absorbent le rayonnement puis réémettent de l’énergie sous forme infrarouge. La ventilation naturelle étant faible lorsque le véhicule est fermé, la température intérieure peut monter rapidement. Il suffit parfois de quelques dizaines de minutes pour ressentir une différence spectaculaire entre une voiture restée au soleil et une autre garée à l’ombre.

L’automobiliste doit donc éviter une erreur assez classique en octobre : croire que le soleil ne justifie plus de précaution dans une voiture. Un enfant, un animal ou une personne fragile ne doit jamais être laissé dans un véhicule fermé, même lorsque la température extérieure semble modérée. Le rayonnement solaire peut créer une situation intérieure beaucoup plus chaude que ne le laisse penser le thermomètre extérieur. Le calendrier ne protège pas d’une montée rapide de la température dans un habitacle exposé.

Le jardin fournit lui aussi des exemples très intéressants. Un sol nu exposé plein sud peut se réchauffer rapidement pendant une journée ensoleillée. Une serre peut connaître une véritable poussée de chaleur alors que la température extérieure reste fraîche. Les plantes profitent du rayonnement solaire, mais elles subissent ensuite une baisse rapide lorsque le soleil disparaît. En octobre, le jardinier doit donc davantage raisonner en termes de cycles thermiques qu’en température moyenne de la journée.

Une serre peut ainsi dépasser largement la température extérieure en pleine journée. La lumière solaire traverse les parois transparentes, chauffe le sol et les plantes, puis l’énergie est transformée et réémise. L’air intérieur peut monter rapidement si les ouvrants restent fermés. Une journée à 17 °C dehors peut donc provoquer une température nettement supérieure dans une petite serre bien exposée. À l’inverse, cette même serre peut se refroidir fortement durant la nuit. Le soleil d’octobre possède donc encore suffisamment d’énergie pour créer des écarts thermiques importants.

Le potager profite lui aussi de cette énergie résiduelle. Les légumes d’automne tels que les salades, épinards, mâches ou certains choux continuent leur développement lorsque les températures restent modérées et que la luminosité demeure suffisante. Le ralentissement devient progressif avec la baisse de la durée du jour et les nuits froides. Il n’existe pas de coupure brutale le 1er octobre. La nature fonctionne avec une transition progressive, modulée par la température, la luminosité et l’humidité du sol.

Le rayonnement solaire reçu par une surface dépend également de son orientation. Une façade plein sud reste très favorable aux apports solaires. Une surface orientée est reçoit davantage de soleil le matin, tandis qu’une orientation ouest bénéficie davantage du rayonnement de l’après-midi. Une surface horizontale ne reçoit pas exactement la même quantité d’énergie qu’une surface verticale. La géométrie entre le Soleil et la surface compte donc autant que la température annoncée par la station météo.

La montagne rend le phénomène encore plus spectaculaire. En altitude, l’atmosphère est moins épaisse au-dessus de l’observateur. Le rayonnement solaire peut donc être très intense alors que la température de l’air reste basse. C’est l’une des raisons pour lesquelles une journée d’automne en montagne peut provoquer une sensation de chaleur au soleil tout en conservant un air très froid à l’ombre. La neige, lorsqu’elle est présente, complique encore les échanges radiatifs avec sa forte capacité de réflexion de la lumière.

Vous pouvez ainsi avoir froid à l’ombre et chaud au soleil sans qu’aucune mesure ne soit contradictoire. Le thermomètre indique la température de l’air. Votre corps reçoit aussi du rayonnement solaire, échange de la chaleur avec le sol, les bâtiments et les objets voisins, et subit les effets du vent et de l’humidité. La sensation thermique est donc le résultat de plusieurs phénomènes simultanés. Dire « il ne fait que 12 °C » ne suffit pas à décrire ce que ressent une personne exposée directement au soleil.

L’altitude n’est d’ailleurs pas le seul facteur qui augmente l’intensité du rayonnement. La transparence de l’atmosphère joue également un rôle. Un ciel limpide avec peu d’humidité et peu d’aérosols laisse passer davantage de rayonnement qu’une atmosphère chargée de poussières, de particules ou de vapeur d’eau. Deux journées affichant exactement 18 °C peuvent donc présenter une sensation très différente au soleil. Le ciel bleu profond d’une journée sèche peut donner une impression de rayonnement particulièrement vif.

Les nuages ne constituent pas non plus une couverture uniforme. Un voile nuageux peut réduire une partie du rayonnement direct tout en laissant passer une fraction importante du rayonnement diffus. Un ciel variable peut produire des alternances très rapides entre chaleur au soleil et fraîcheur à l’ombre. Une éclaircie de quelques minutes suffit parfois à réchauffer rapidement une surface sombre. À l’automne, ces changements deviennent fréquents parce que les situations météorologiques évoluent rapidement entre périodes anticycloniques et passages perturbés.

Les relevés météorologiques récents montrent d’ailleurs qu’un mois d’octobre peut être extrêmement variable d’une année à l’autre. Octobre 2020 a été frais, avec une température moyenne nationale de 13 °C, soit environ 0,5 °C sous la normale de l’époque, tandis qu’octobre 2024 a atteint 15,3 °C, soit 1,5 °C au-dessus de la normale 1991-2020. Entre ces deux situations, l’impression du soleil d’automne n’a évidemment rien de comparable.

L’ensoleillement peut lui aussi varier énormément. Octobre 2021 a été particulièrement remarquable, avec un excédent d’ensoleillement supérieur à 20 % sur une grande partie du pays et des valeurs dépassant 200 heures dans plusieurs villes. Nantes a atteint 209 heures, tandis que Dijon a enregistré 197 heures et Tours 201 heures. Ces chiffres montrent qu’octobre peut encore offrir une quantité importante de soleil lorsqu’une situation anticyclonique durable s’installe.

L’année 2025 a confirmé que l’ensoleillement d’octobre pouvait encore être très généreux. À l’échelle nationale, l’ensoleillement du mois a été supérieur de 10 % à la moyenne de référence 1991-2020. Certaines régions de l’Ouest ont connu des excédents beaucoup plus importants. En Bretagne, par exemple, certaines stations ont enregistré des durées d’ensoleillement très supérieures aux valeurs habituelles du mois. Octobre n’est donc certainement pas synonyme de ciel gris permanent.

Et 2026 fournit déjà un contexte particulier. Septembre 2026 s’est classé au deuxième rang des mois de septembre les plus chauds depuis le début des mesures en 1900, avec une température moyenne supérieure de 3,1 °C à la normale. L’ensoleillement national a dépassé la normale de plus de 30 %, ce qui en fait également le deuxième mois de septembre le plus ensoleillé. Cette chaleur exceptionnelle ne signifie pas que tout octobre sera chaud, mais elle montre que l’automne peut débuter avec une réserve thermique considérable.

Le climat récent renforce donc parfois l’impression que l’été joue les prolongations. Les épisodes de chaleur tardive deviennent plus visibles dans les statistiques, même si toutes les journées d’octobre ne sont évidemment pas chaudes. Météo-France rappelle que les neuf automnes les plus chauds parmi les dix premiers depuis 1900 se sont produits depuis le début du XXIe siècle. Le réchauffement climatique ne supprime pas les coups de froid ni les gelées précoces, mais il déplace progressivement les conditions thermiques moyennes vers des valeurs plus élevées.

Il faut néanmoins se méfier d’une autre idée reçue : une journée très chaude en octobre ne signifie pas que le Soleil d’octobre est aussi puissant qu’en juillet. La chaleur exceptionnelle d’une journée dépend aussi de la masse d’air. Si une masse d’air subtropicale remonte vers la France avec un vent de sud, elle peut apporter une température très élevée malgré une hauteur solaire déjà réduite. Le Soleil participe au réchauffement diurne, mais la température de départ, l’advection d’air chaud, le vent, l’humidité, la couverture nuageuse et la durée d’ensoleillement jouent ensemble.

C’est là que la différence entre météo et rayonnement devient intéressante. Une journée peut être chaude parce qu’une masse d’air chaude arrive sur la France sans que le rayonnement solaire soit exceptionnel. À l’inverse, une journée fraîche peut bénéficier d’un soleil très franc qui chauffe fortement les surfaces exposées. Le thermomètre et le rayonnement racontent donc deux histoires différentes, même s’ils interagissent constamment.

Pour le chauffage des logements, cette distinction peut avoir une conséquence très concrète. Une maison qui profite d’une exposition sud et de vitrages bien orientés peut accumuler suffisamment de chaleur pendant une belle journée d’octobre pour retarder le démarrage du chauffage. Si l’isolation est bonne, la chaleur accumulée reste plus longtemps dans les murs et les sols. Une habitation ancienne, mal isolée et exposée au nord ne profitera évidemment pas autant du même soleil. La qualité thermique du bâtiment détermine donc la quantité de rayonnement réellement utile.

Vous pouvez même observer le phénomène sur votre propre maison sans aucun matériel sophistiqué. Placez un thermomètre à l’ombre, dans des conditions protégées du rayonnement direct, puis observez parallèlement la température d’une terrasse, d’un mur exposé au soleil ou d’une carrosserie. Les valeurs peuvent différer de plusieurs dizaines de degrés. Une surface noire exposée en plein soleil peut devenir très chaude alors que l’air reste frais. Il faut toutefois éviter de comparer directement ces valeurs avec celles d’une station météo, car elles ne mesurent pas la même chose.

Les capteurs modernes permettent d’aller beaucoup plus loin. Une station météorologique personnelle peut mesurer température, humidité, pression, rayonnement solaire et parfois température du sol. Les pyranomètres mesurent le rayonnement solaire global reçu sur une surface. Les capteurs infrarouges peuvent estimer la température de surface. Les données satellitaires permettent de suivre la nébulosité et le rayonnement à grande échelle. Pour étudier réellement l’effet du soleil d’octobre, la température de l’air seule ne suffit donc pas.

Le jardinier peut tirer parti de cette connaissance sans transformer son potager en laboratoire spatial. Une serre doit être surveillée surtout lors des journées calmes et lumineuses. Les ouvrants peuvent être nécessaires même lorsque l’air extérieur paraît frais. Les jeunes plants peuvent profiter de la chaleur diurne mais souffrir d’une forte chute nocturne. Une protection légère, un voile ou une bonne gestion de l’aération permettent de mieux gérer ces écarts. Le soleil d’octobre reste donc une ressource, mais une ressource irrégulière.

La maison connaît le même problème avec une autre échelle de temps. Une journée lumineuse peut apporter plusieurs heures de gains solaires, mais une nuit claire et froide peut reprendre une partie de cette énergie. Une forte isolation permet de conserver davantage de chaleur. Les fenêtres constituent des zones d’échanges importants : elles laissent entrer le rayonnement mais peuvent aussi provoquer des pertes thermiques lorsque la température extérieure chute. Le comportement d’une maison en octobre dépend donc de l’équilibre entre apports solaires et pertes nocturnes.

La gestion des volets devient alors presque une question météorologique. Lorsqu’une journée d’octobre est lumineuse et fraîche, ouvrir les protections côté sud peut permettre aux apports solaires de réchauffer les pièces. Lorsque le soleil disparaît et que la température extérieure chute, fermer les volets limite les pertes. Cette stratégie très simple fonctionne mieux dans une habitation bien isolée et peut réduire les besoins de chauffage lors des journées ensoleillées.

Pour une voiture, la logique est inverse. En octobre, un véhicule stationné au soleil peut devenir très chaud même si vous n’avez aucune sensation de chaleur en dehors. Le conducteur qui rentre dans l’habitacle après une promenade peut avoir l’impression que la voiture a été laissée en plein été. Les vitrages et les surfaces intérieures ont accumulé une partie du rayonnement. Une simple ventilation peut rapidement améliorer la situation, mais il faut surtout éviter de sous-estimer le réchauffement intérieur.

Les repères et points clés à retenir tiennent finalement en une idée simple : le soleil d’octobre chauffe moins longtemps et moins efficacement qu’en plein été, mais il chauffe encore réellement. La hauteur solaire a diminué, la durée du jour est plus courte et les nuits sont plus longues. Pourtant, une journée dégagée peut encore produire une forte élévation de température des surfaces et permettre à l’air de dépasser 20 °C, voire davantage. Les épisodes de 2023 ont montré que 30 à 35 °C restaient possibles dans certaines situations exceptionnelles, tandis que les relevés des années récentes montrent régulièrement des mois d’octobre plus doux que les normales.

Focus : pourquoi avons-nous parfois plus chaud au soleil à 15 °C qu’à 20 °C sous les nuages ? La réponse tient au bilan radiatif du corps. Sous un ciel couvert, le rayonnement solaire direct est fortement réduit et le corps échange principalement avec l’air et les surfaces environnantes. Sous un soleil franc, une partie du rayonnement est absorbée par la peau et les vêtements. Le corps reçoit donc un apport énergétique supplémentaire. Si le vent reste faible, cette énergie peut suffire à donner une sensation de chaleur remarquable malgré une température de l’air inférieure. Voilà pourquoi « il fait 15 °C » ne signifie pas automatiquement « vous aurez froid ».

La couleur des vêtements intervient aussi. Des vêtements sombres absorbent davantage de rayonnement solaire que des vêtements clairs. En plein soleil d’octobre, la différence peut être perceptible. Le phénomène reste toutefois dépendant du tissu, de son épaisseur, du vent et de l’humidité. Vous pouvez donc avoir très chaud avec une veste sombre au soleil puis ressentir immédiatement la fraîcheur lorsque vous entrez dans une zone ombragée.

Budget et conseils pratiques : profiter du soleil d’octobre peut aussi réduire légèrement certaines consommations. Dans une maison correctement isolée, les apports solaires gratuits peuvent repousser de quelques heures le démarrage du chauffage lors des journées lumineuses. Si votre logement dispose d’une bonne exposition sud, de vitrages adaptés et d’une isolation correcte, les gains peuvent être intéressants sur plusieurs semaines. Il n’existe toutefois pas de montant universel : la surface vitrée, l’orientation, l’isolation, le chauffage et la météo locale déterminent le résultat. Une station météo intérieure de bonne qualité peut coûter quelques dizaines d’euros et permettre de vérifier concrètement la différence entre une pièce exposée au soleil et une pièce moins exposée.

Pour aller plus loin, il faut surtout abandonner l’idée d’un calendrier thermique. Le 1er octobre ne marque pas le passage brutal d’un Soleil chaud à un Soleil froid. La puissance du rayonnement évolue chaque jour avec la hauteur solaire, la durée du jour, la transparence atmosphérique et la couverture nuageuse. La météo ajoute ensuite sa propre mécanique avec les masses d’air, le vent, l’humidité et la pression. Une journée d’octobre peut donc ressembler à une journée de septembre, tandis qu’une autre peut déjà avoir les caractéristiques d’une journée de novembre.

Le plus intéressant est peut-être de regarder le ciel avant de regarder le calendrier. Un octobre anticyclonique avec ciel dégagé, vent faible et masse d’air douce peut encore produire une chaleur très agréable l’après-midi. Un octobre nuageux, humide et venteux peut au contraire donner une impression hivernale dès le début du mois. La date ne suffit donc jamais à déterminer la température ressentie. Le Soleil n’a pas disparu : il travaille simplement avec un angle différent, pendant moins longtemps, et avec une atmosphère qui évolue rapidement.

La prochaine fois que vous verrez 15 °C affichés sur un thermomètre et que quelqu’un affirme que « le soleil d’octobre ne chauffe plus », regardez simplement la terrasse, la voiture, le mur exposé au sud ou la serre. Ils raconteront probablement une histoire très différente. Le Soleil d’automne a perdu de la hauteur et du temps d’action par rapport à l’été, mais il conserve largement de quoi réchauffer les surfaces, influencer la température intérieure d’une maison et pousser le thermomètre vers des valeurs étonnamment élevées. Et lorsque les conditions atmosphériques s’en mêlent, octobre peut même offrir quelques journées qui donnent sérieusement envie de remettre les manches courtes.