🍂Septembre dans les dictons : 20 petites phrases populaires qui racontent le temps, les rĂ©coltes
 et les caprices du ciel

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Septembre est un mois de transition : l’étĂ© mĂ©tĂ©orologique s’achĂšve le 31 aoĂ»t, l’automne mĂ©tĂ©orologique dĂ©bute le 1er septembre et l’automne astronomique arrive autour du 22 ou 23 septembre. Dans les campagnes françaises, cette bascule a longtemps Ă©tĂ© observĂ©e Ă  travers les vendanges, les rĂ©coltes, les brouillards, les premiĂšres fraĂźcheurs et l’évolution de la vĂ©gĂ©tation. Les dictons de septembre sont donc moins de simples phrases folkloriques que de petites rĂšgles empiriques, parfois trĂšs justes, parfois franchement optimistes, que plusieurs gĂ©nĂ©rations ont utilisĂ©es pour lire le ciel.

Les dictons mĂ©tĂ©orologiques ont une particularitĂ© amusante : ils donnent souvent l’impression que la nature fonctionne avec un calendrier parfaitement rĂ©glĂ©. Un ciel rouge, trois jours de pluie ; une gelĂ©e, bientĂŽt l’hiver ; des noix abondantes, un hiver rigoureux
 Dans la rĂ©alitĂ©, l’atmosphĂšre est beaucoup moins disciplinĂ©e. Pourtant, derriĂšre ces formules transmises oralement se trouvent des observations rĂ©pĂ©tĂ©es pendant des siĂšcles, liĂ©es au rythme des travaux agricoles et aux signes visibles dans les champs, les vergers et les forĂȘts.

Septembre occupe une place particuliĂšre dans cette tradition. Le mois porte encore une partie de la chaleur accumulĂ©e pendant l’étĂ©, mais les nuits deviennent sensiblement plus longues. À latitude française, la durĂ©e du jour diminue rapidement : entre le dĂ©but et la fin du mois, on perd gĂ©nĂ©ralement autour de 1 h 30 Ă  1 h 50 de lumiĂšre selon la latitude. Dans le nord du pays, la diminution est plus importante que dans le Sud. Cette perte d’ensoleillement modifie progressivement les tempĂ©ratures nocturnes, la rosĂ©e, les brouillards et les conditions de maturation des fruits.

🍂 RepĂšre de septembre 📊 Ordre de grandeur đŸŒŠïž Ce que cela change
DĂ©but du mois ÉtĂ© mĂ©tĂ©orologique terminĂ© Sols et vĂ©gĂ©tation encore chauds
Équinoxe Vers le 22-23 septembre Jour et nuit proches de 12 h
Fin du mois Nuits nettement plus longues Refroidissement nocturne plus marqué
Vendanges Variable selon cépage et année Indicateur traditionnel de maturité
PremiÚres gelées TrÚs variable selon région Risque surtout pour les cultures sensibles
Brouillards matinaux Plus frĂ©quents avec nuits fraĂźches Signal d’humiditĂ© et de refroidissement
Dictons Transmission populaire Observation empirique, pas prévision scientifique

🟧 Le premier dicton mĂ©rite dĂ©jĂ  une prĂ©cision, car il est souvent citĂ© sous plusieurs formes : « Septembre se nomme le mai de l’automne. » L’idĂ©e est assez belle. Le mois peut effectivement offrir une pĂ©riode de douceur remarquable, avec des journĂ©es encore lumineuses et des tempĂ©ratures agrĂ©ables, alors que la saison change progressivement. Comme au printemps, la nature continue donc de produire, mais dans une dynamique inverse : en mai, la vĂ©gĂ©tation dĂ©marre et accĂ©lĂšre ; en septembre, elle termine son cycle avant le repos hivernal.

Cette comparaison explique aussi pourquoi septembre peut ĂȘtre un mois trĂšs actif pour le jardinier. Les rĂ©coltes s’accumulent, les fruits mĂ»rissent, les lĂ©gumes d’étĂ© donnent encore beaucoup, tandis que les premiĂšres cultures d’automne prennent le relais. Pour vous qui observez votre jardin, le contraste est assez spectaculaire : le potager peut encore avoir une allure estivale Ă  la mi-septembre, alors que certaines feuilles commencent dĂ©jĂ  Ă  jaunir.

🟧 Le deuxiĂšme dicton est particuliĂšrement connu : « Septembre se montre souvent comme un second et court printemps. » Il rejoint l’idĂ©e prĂ©cĂ©dente, avec une diffĂ©rence intĂ©ressante. AprĂšs les fortes chaleurs de juillet et aoĂ»t, une baisse des tempĂ©ratures peut provoquer une reprise de certaines plantes. Les pelouses reverdisent aprĂšs les pluies, certaines plantes vivaces repartent et les arbres fruitiers peuvent parfois produire quelques pousses tardives.

Il ne faut toutefois pas prendre cette phrase au pied de la lettre. Septembre n’est pas un vĂ©ritable printemps. La durĂ©e du jour diminue, le rayonnement solaire devient moins intense et les tempĂ©ratures nocturnes baissent. Une plante peut profiter de conditions temporairement favorables sans disposer de plusieurs mois devant elle.

🟧 TroisiĂšme formule : « En septembre, sois prudent, car l’étĂ© peut encore revenir. » Celle-ci rĂ©sume une rĂ©alitĂ© bien connue des climatologues et des jardiniers : la transition saisonniĂšre n’est pas linĂ©aire. Une semaine fraĂźche peut ĂȘtre suivie d’une pĂ©riode trĂšs chaude. La France connaĂźt rĂ©guliĂšrement des Ă©pisodes de chaleur tardive en septembre, parfois suffisamment marquĂ©s pour donner l’impression que l’étĂ© refuse de partir.

Cette variabilitĂ© explique pourquoi vous pouvez avoir besoin de vĂȘtements presque hivernaux le matin et retrouver 25 °C ou davantage l’aprĂšs-midi. Les amplitudes thermiques deviennent parfois importantes, notamment sous ciel dĂ©gagĂ©. Un sol humide refroidit fortement pendant la nuit, tandis que le soleil peut rapidement rĂ©chauffer l’air aprĂšs son lever.

🟧 Le quatriĂšme dicton est l’un des grands classiques : « Septembre humide, pas de tonneau vide. » DerriĂšre la formule se trouve une logique agricole trĂšs ancienne. Un mois suffisamment humide pouvait favoriser certaines productions et maintenir les ressources en eau aprĂšs les mois d’étĂ©. Le tonneau Ă©voque Ă©videmment le vin, mais l’idĂ©e peut ĂȘtre Ă©largie aux rĂ©coltes.

Il faut cependant Ă©viter de transformer cette observation en Ă©quation mĂ©tĂ©orologique. Une forte pluviomĂ©trie en septembre ne garantit pas une bonne rĂ©colte. Pour la vigne, par exemple, la pĂ©riode prĂ©cĂ©dant les vendanges peut ĂȘtre particuliĂšrement dĂ©licate. Une pluie importante sur des grappes arrivĂ©es Ă  maturitĂ© peut favoriser l’éclatement des baies ou le dĂ©veloppement de maladies cryptogamiques. Dans certaines situations, un mois trop humide peut donc faire davantage de dĂ©gĂąts que de bien.

🟧 CinquiĂšme dicton : « Septembre emporte les ponts ou tarit les fontaines. » Cette formule illustre parfaitement les contrastes du mois. Elle Ă©voque deux extrĂȘmes : les pluies suffisamment fortes pour provoquer des crues et, Ă  l’inverse, la sĂ©cheresse capable de faire baisser les cours d’eau et les sources.

Cette opposition n’est pas absurde. Septembre peut connaĂźtre des situations mĂ©tĂ©orologiques trĂšs diffĂ©rentes selon les annĂ©es. Une dĂ©gradation mĂ©diterranĂ©enne peut apporter des prĂ©cipitations considĂ©rables dans le Sud-Est, alors qu’une grande partie du pays reste sĂšche sous influence anticyclonique. À l’échelle locale, quelques dizaines de kilomĂštres peuvent mĂȘme suffire Ă  produire des diffĂ©rences impressionnantes.

🟧 SixiĂšme dicton : « À la Saint-Mathieu, les jours sont Ă©gaux aux nuits. » La Saint-Mathieu est traditionnellement cĂ©lĂ©brĂ©e le 21 septembre. Le rapprochement avec l’équinoxe est Ă©vident, mĂȘme si l’égalitĂ© parfaite entre durĂ©e du jour et durĂ©e de la nuit ne correspond pas exactement Ă  la date de l’équinoxe astronomique.

La raison tient notamment Ă  la rĂ©fraction atmosphĂ©rique et Ă  la dĂ©finition du lever et du coucher du Soleil. Le disque solaire est visible alors que son centre se trouve encore sous l’horizon. RĂ©sultat : le jour rĂ©el mesurĂ© entre apparition et disparition du Soleil dĂ©passe lĂ©gĂšrement douze heures autour de l’équinoxe.

🟧 SeptiĂšme dicton : « À la Saint-Michel, la chaleur monte au ciel. » La Saint-Michel tombe le 29 septembre. Cette phrase peut sembler Ă©trange dans un mois qui marque le dĂ©but de l’automne, mais elle rappelle que la chaleur peut persister trĂšs tard.

Les derniĂšres dĂ©cennies ont d’ailleurs montrĂ© que les Ă©pisodes chauds de septembre ne sont pas une curiositĂ© historique. Le rĂ©chauffement climatique augmente la probabilitĂ© de tempĂ©ratures Ă©levĂ©es en fin d’étĂ© et au dĂ©but de l’automne, mĂȘme si chaque annĂ©e reste soumise aux fluctuations mĂ©tĂ©orologiques. Un mois de septembre chaud ne signifie donc pas que l’automne a disparu ; il montre simplement que les saisons mĂ©tĂ©orologiques sont des moyennes et non des interrupteurs.

🟧 HuitiĂšme dicton : « À la Saint-Michel, regarde le ciel : s’il est serein, l’hiver sera serein. » Celui-ci entre davantage dans la catĂ©gorie des prĂ©dictions traditionnelles. L’idĂ©e d’établir un lien entre une situation mĂ©tĂ©orologique ponctuelle et l’hiver suivant n’a pas de fondement suffisamment robuste pour servir de mĂ©thode de prĂ©vision.

La mĂ©tĂ©orologie moderne fonctionne sur une autre Ă©chelle. Les prĂ©visions saisonniĂšres peuvent donner des probabilitĂ©s concernant certaines anomalies de tempĂ©rature ou de prĂ©cipitations, mais elles ne permettent pas de dĂ©duire l’ensemble d’un hiver Ă  partir du temps observĂ© un jour donnĂ©.

🟧 NeuviĂšme dicton : « Septembre doux, hiver doux. » VoilĂ  le genre de formule que l’on entend encore rĂ©guliĂšrement lorsque le thermomĂštre dĂ©passe les normales en fin de mois. Elle paraĂźt logique, mais elle est beaucoup trop simpliste.

Un mois de septembre chaud ne permet pas de dĂ©terminer correctement les conditions de dĂ©cembre, janvier et fĂ©vrier. L’atmosphĂšre europĂ©enne dĂ©pend de phĂ©nomĂšnes Ă  grande Ă©chelle, de la circulation atmosphĂ©rique, de la tempĂ©rature de l’Atlantique Nord, de la situation de l’Arctique et de nombreux autres paramĂštres. Le dicton conserve donc une valeur culturelle, mais pas une valeur prĂ©dictive fiable.

🟧 DixiĂšme dicton : « En septembre, si trois jours il tonne, c’est un mauvais signe pour l’automne. » Cette formule appartient Ă  la famille des dictons qui associent l’orage Ă  une Ă©volution ultĂ©rieure du temps.

Or un orage en septembre indique surtout qu’une masse d’air suffisamment instable a permis le dĂ©veloppement de convection. Cela peut arriver dans une situation de transition entre air chaud et air plus frais. L’orage ne porte pas en lui le programme mĂ©tĂ©orologique des semaines suivantes.

🟧 OnziĂšme dicton : « Brouillards d’automne, beau temps en leur somme. » Celui-ci est beaucoup plus intĂ©ressant du point de vue physique. Les brouillards matinaux de septembre et d’octobre se dĂ©veloppent frĂ©quemment lorsque les nuits sont longues et suffisamment fraĂźches pour faire descendre la tempĂ©rature de l’air jusqu’à son point de rosĂ©e.

Lorsque le soleil se lĂšve, le brouillard peut se dissiper assez rapidement. Si l’atmosphĂšre reste stable et que la situation anticyclonique domine, vous pouvez donc avoir un paysage complĂštement bouchĂ© Ă  7 heures et un ciel parfaitement dĂ©gagĂ© quelques heures plus tard.

🟧 DouziĂšme dicton : « Septembre est le mai de l’automne. » Cette formule mĂ©rite d’ĂȘtre conservĂ©e malgrĂ© sa rĂ©pĂ©tition avec les prĂ©cĂ©dentes car elle fait partie des expressions les plus reprĂ©sentatives du mois. Elle rappelle surtout le rĂŽle de transition de septembre : le jardin n’est pas encore entrĂ© dans le ralentissement profond de novembre, et la nature conserve une activitĂ© biologique importante.

Pour le jardinier, cela signifie que vous ne devez pas considĂ©rer septembre comme un simple mois de rangement. Les rĂ©coltes continuent, certaines plantations dĂ©marrent et les sols peuvent redevenir beaucoup plus faciles Ă  travailler aprĂšs les chaleurs estivales. Une pluie de 15 Ă  20 mm peut modifier considĂ©rablement l’état d’un sol dessĂ©chĂ©, mĂȘme si son effet dĂ©pend Ă©videmment de la texture et de la profondeur d’humectation.

🟧 TreiziĂšme dicton : « Septembre se fait, octobre le dĂ©fait. » Cette expression Ă©voque la rapiditĂ© avec laquelle les conditions peuvent changer entre les deux mois. Un mois de septembre doux peut laisser place Ă  un mois d’octobre nettement plus frais et humide.

Le phénomÚne est particuliÚrement visible dans les jardins. Les tomates peuvent encore mûrir en septembre, puis ralentir brutalement lorsque les nuits passent durablement sous les 10 °C. Les aubergines, poivrons et courgettes deviennent eux aussi beaucoup moins productifs lorsque les températures nocturnes diminuent.

🟧 QuatorziĂšme dicton : « Septembre en saignant, fait le paysan content. » Cette formule ancienne fait rĂ©fĂ©rence aux conditions favorables aux rĂ©coltes et Ă  l’agriculture, mĂȘme si sa formulation varie selon les rĂ©gions et les traditions locales. Les dictons ruraux possĂšdent souvent plusieurs variantes, transmises oralement, ce qui explique les diffĂ©rences d’un recueil Ă  l’autre.

Il faut d’ailleurs garder une certaine prudence avec les listes modernes de dictons. Certaines phrases prĂ©sentĂ©es aujourd’hui comme de trĂšs anciennes expressions populaires ont Ă©tĂ© reformulĂ©es, raccourcies ou adaptĂ©es au fil du temps. Pour cette raison, mieux vaut privilĂ©gier les formules vĂ©ritablement attestĂ©es dans la tradition populaire plutĂŽt que les phrases modernes fabriquĂ©es pour sonner « ancien ».

🟧 QuinziĂšme dicton : « À la Saint-JĂ©rĂŽme, sors tes outils de la maison. » La Saint-JĂ©rĂŽme correspond au 30 septembre et marque traditionnellement une pĂ©riode de changement dans les travaux agricoles. Les outils ne restent plus mobilisĂ©s pour les mĂȘmes tĂąches qu’en plein Ă©tĂ© : les rĂ©coltes Ă©voluent, les travaux de prĂ©paration du sol commencent et l’entretien prend progressivement davantage de place.

🟧 SeiziĂšme dicton : « À la Saint-Michel, dĂ©part d’hirondelles. » Ici, la tradition populaire rejoint une observation biologique rĂ©elle. Les hirondelles font partie des migrateurs visibles en France avant leur dĂ©part vers l’Afrique. La date exacte varie selon les espĂšces, les rĂ©gions et les conditions mĂ©tĂ©orologiques.

La migration n’est pas dĂ©clenchĂ©e par un seul facteur. La durĂ©e du jour, la disponibilitĂ© des insectes, la tempĂ©rature et les conditions atmosphĂ©riques interviennent ensemble. Les oiseaux insectivores sont particuliĂšrement sensibles Ă  la diminution des ressources alimentaires qui accompagne l’entrĂ©e dans la saison froide.

🟧 Dix-septiĂšme dicton : « Quand septembre se fait humide, l’hiver sera rude. » Ici encore, la tentation est grande de chercher une relation scientifique. Pourtant, aucun mĂ©canisme suffisamment fiable ne permet de considĂ©rer l’humiditĂ© d’un mois de septembre comme un indicateur direct de la rigueur de l’hiver.

Il existe toutefois une raison historique Ă  la persistance de ce genre de dictons. Les agriculteurs devaient prendre des dĂ©cisions avec des moyens d’observation limitĂ©s. Ils conservaient donc les coĂŻncidences qui semblaient fonctionner et les transmettaient. Certaines relations Ă©taient pertinentes localement, mais elles ne possĂ©daient pas forcĂ©ment de valeur gĂ©nĂ©rale.

🟧 Dix-huitiĂšme dicton : « À la Sainte-Croix, cueille tes noix. » La Sainte-Croix est traditionnellement cĂ©lĂ©brĂ©e le 14 septembre. La pĂ©riode correspond effectivement Ă  une phase oĂč les noix commencent Ă  arriver Ă  maturitĂ© dans de nombreuses rĂ©gions, mĂȘme si la date dĂ©pend fortement de la variĂ©tĂ©, du climat et de l’exposition.

Pour savoir si une noix est prĂȘte, l’observation du brou et de la facilitĂ© avec laquelle le fruit se dĂ©tache est plus fiable que le calendrier. Une rĂ©colte trop prĂ©coce donne des fruits insuffisamment mĂ»rs, tandis qu’une attente excessive peut exposer les noix aux intempĂ©ries, aux ravageurs ou Ă  la chute au sol.

🟧 Dix-neuviĂšme dicton : « Septembre, le bon temps pour semer. » Il s’agit davantage d’une formule pratique que d’un vĂ©ritable dicton mĂ©tĂ©orologique. Le dĂ©but de l’automne est effectivement une pĂ©riode intĂ©ressante pour de nombreuses opĂ©rations de semis, notamment lorsque les tempĂ©ratures diminuent mais que le sol conserve encore une certaine chaleur.

Cette combinaison est intĂ©ressante pour les graines : un sol Ă  environ 10-15 °C peut encore permettre une germination correcte de nombreuses espĂšces, tandis que l’humiditĂ© automnale limite parfois les besoins d’arrosage. Il faut toutefois surveiller les excĂšs d’eau et les Ă©pisodes de sĂ©cheresse qui restent possibles en septembre.

🟧 VingtiĂšme dicton : « Septembre nous produit le plus dĂ©lectable des fruits. » Cette derniĂšre formule rĂ©sume bien l’importance du mois dans l’ancien calendrier agricole. Raisins, pommes, poires, prunes tardives, figues selon les rĂ©gions, noix et noisettes participent Ă  une pĂ©riode particuliĂšrement riche en rĂ©coltes.

Septembre est donc moins le mois oĂč la nature « s’arrĂȘte » que celui oĂč elle change de rythme. Les arbres commencent progressivement Ă  rĂ©cupĂ©rer leurs rĂ©serves, les fruits terminent leur maturation et les oiseaux migrateurs modifient leur comportement. Pour le jardinier, la saison devient plus technique : il faut profiter des fenĂȘtres de mĂ©tĂ©o favorable sans se laisser surprendre par les premiĂšres nuits fraĂźches.

🍎 Dicton ou observation đŸŒĄïž RĂ©alitĂ© derriĂšre la formule ⭐ FiabilitĂ© pratique
« Septembre, le mai de l’automne » Douceur et activitĂ© biologique encore importantes ⭐⭐⭐⭐
« Septembre humide, tonneau plein » Lien traditionnel avec récoltes et vignobles ⭐⭐⭐
« Saint-Mathieu, jours Ă©gaux aux nuits » ProximitĂ© de l’équinoxe ⭐⭐⭐⭐
« Brouillards d’automne » Refroidissement nocturne + point de rosĂ©e ⭐⭐⭐⭐
« Septembre doux, hiver doux » Relation insuffisante pour prĂ©voir l’hiver ⭐
« Départ des hirondelles » Migration réelle mais dates variables ⭐⭐⭐⭐
« À la Sainte-Croix, cueille tes noix » PĂ©riode souvent favorable Ă  la rĂ©colte ⭐⭐⭐
« Septembre est le temps des semis » Conditions favorables à plusieurs cultures ⭐⭐⭐⭐

Il faut surtout retenir une chose : un dicton mĂ©tĂ©orologique n’est pas une prĂ©vision numĂ©rique. Vous pouvez y trouver une observation intĂ©ressante, un repĂšre agricole ou une trace de l’expĂ©rience des gĂ©nĂ©rations prĂ©cĂ©dentes, mais pas une garantie sur le temps des semaines suivantes.

Les dictons les plus intéressants sont finalement ceux qui décrivent des phénomÚnes directement observables. Le brouillard aprÚs une nuit claire, la diminution rapide de la durée du jour, le refroidissement nocturne, la maturation des fruits ou le départ des oiseaux correspondent à des processus physiques ou biologiques bien réels. Lorsque le dicton tente de prévoir le mois de janvier à partir du 14 septembre, sa valeur scientifique devient beaucoup plus fragile.

Il existe aussi un autre intĂ©rĂȘt, moins souvent Ă©voquĂ© : ces phrases constituent une sorte de calendrier rural miniature. Avant les applications mĂ©tĂ©o, les stations automatiques, les radars de prĂ©cipitations et les modĂšles numĂ©riques, l’observation du milieu Ă©tait permanente. Le paysan regardait le ciel, le sol, les arbres, les animaux et les rĂ©coltes parce que ces Ă©lĂ©ments avaient une consĂ©quence directe sur son travail.

Aujourd’hui, vous disposez de thermomĂštres connectĂ©s, de stations mĂ©tĂ©o domestiques capables d’enregistrer tempĂ©rature, humiditĂ©, pression, vent et pluviomĂ©trie, mais le principe d’observation reste Ă©tonnamment proche. Vous pouvez mesurer qu’une nuit claire a fait passer la tempĂ©rature de 15 Ă  7 °C, constater une humiditĂ© proche de 100 % au petit matin et voir apparaĂźtre un brouillard dans une zone basse. LĂ  oĂč l’ancien dicton disait simplement « brouillard du matin », votre station mĂ©tĂ©o permet dĂ©sormais de comprendre pourquoi il est apparu.

Le coĂ»t de cette observation moderne reste d’ailleurs raisonnable. Une petite station mĂ©tĂ©o sans connexion coĂ»te gĂ©nĂ©ralement quelques dizaines d’euros ; les modĂšles connectĂ©s capables d’enregistrer les donnĂ©es et de transmettre tempĂ©rature, hygromĂ©trie, pression, vent et pluie peuvent atteindre 100 Ă  300 euros, voire davantage pour les installations plus complĂštes. Pour un jardinier passionnĂ© ou un observateur mĂ©tĂ©o, une installation autour de 150 euros fournit dĂ©jĂ  beaucoup d’informations.

Vous pouvez Ă©galement conserver vos propres « dictons », mais avec une mĂ©thode un peu plus rigoureuse. Notez chaque annĂ©e la date des premiĂšres feuilles jaunissantes, des premiĂšres gelĂ©es, de la maturitĂ© des pommes, de l’apparition des brouillards matinaux ou du dĂ©part des hirondelles, puis comparez ces observations avec les tempĂ©ratures et les prĂ©cipitations. AprĂšs cinq, dix ou quinze ans, vous aurez constituĂ© un vĂ©ritable petit historique climatique local.

Et lĂ , les surprises arrivent. Vous dĂ©couvrirez peut-ĂȘtre que les « premiĂšres fraĂźcheurs » arrivent rarement Ă  la mĂȘme date, que certaines variĂ©tĂ©s de pommes ont avancĂ© leur maturitĂ©, que les gelĂ©es sont devenues plus irrĂ©guliĂšres ou que septembre conserve beaucoup plus souvent des Ă©pisodes chauds qu’autrefois. Vous aurez alors transformĂ© un dicton en observation locale mesurĂ©e, ce qui est finalement la meilleure façon de faire dialoguer la tradition et la science.

Pour septembre, quelques repĂšres simples restent particuliĂšrement utiles : surveillez les tempĂ©ratures nocturnes plutĂŽt que la seule tempĂ©rature maximale de l’aprĂšs-midi, regardez l’humiditĂ© du sol avant d’arroser, protĂ©gez les plantes sensibles si une baisse brutale est annoncĂ©e et profitez des journĂ©es sĂšches pour les rĂ©coltes qui supportent mal l’humiditĂ©. Dans le verger, ne vous fiez pas uniquement Ă  la couleur du fruit : la facilitĂ© de dĂ©tachement, la fermetĂ©, les caractĂ©ristiques de la variĂ©tĂ© et parfois la mesure de la maturitĂ© donnent de meilleurs indices.

Les 20 dictons racontent donc une Ă©poque oĂč l’on cherchait dans chaque changement du paysage un indice sur la suite des Ă©vĂ©nements. Certains ont conservĂ© une vraie pertinence parce qu’ils dĂ©crivent des mĂ©canismes physiques ou biologiques simples ; d’autres ont surtout survĂ©cu parce qu’ils sont bien tournĂ©s et faciles Ă  retenir. Et puis il y a ceux qui annoncent tranquillement un hiver rigoureux Ă  partir d’un matin de septembre : ceux-lĂ  peuvent rester dans le folklore sans vous empĂȘcher de regarder la vraie prĂ©vision mĂ©tĂ©o.

RepĂšres et points clĂ©s Ă  retenir : septembre marque la transition entre l’étĂ© et l’automne, mais les tempĂ©ratures peuvent encore ĂȘtre Ă©levĂ©es ; les nuits gagnent rapidement en durĂ©e et favorisent davantage de rosĂ©e, de brouillards et de refroidissements nocturnes ; l’équinoxe se situe autour du 22 ou 23 septembre, mĂȘme si l’égalitĂ© exacte entre jour et nuit ne correspond pas parfaitement Ă  cette date ; les dictons fondĂ©s sur des phĂ©nomĂšnes directement observables ont gĂ©nĂ©ralement davantage d’intĂ©rĂȘt que ceux qui prĂ©tendent prĂ©voir plusieurs mois Ă  l’avance ; la douceur de septembre ne permet pas, Ă  elle seule, de prĂ©voir la rigueur de l’hiver ; enfin, les fruits, les oiseaux, le brouillard et les premiĂšres fraĂźcheurs constituent encore aujourd’hui d’excellents indicateurs de la progression de la saison, Ă  condition de les complĂ©ter par des mesures mĂ©tĂ©o rĂ©elles.

Septembre reste ainsi un mois oĂč le ciel peut encore jouer les prolongations, oĂč le jardin donne ses derniĂšres grandes rĂ©coltes et oĂč l’automne commence discrĂštement son installation. Les anciens avaient leurs dictons ; vous avez dĂ©sormais le thermomĂštre, le pluviomĂštre et les donnĂ©es heure par heure. Les deux peuvent trĂšs bien cohabiter, Ă  condition de laisser au premier le charme de la tradition et au second la tĂąche beaucoup moins poĂ©tique de vĂ©rifier si le dicton raconte vraiment quelque chose de juste.