En septembre, la serre change complĂštement de rĂŽle. Elle nâest plus seulement un abri contre le froid : elle devient un vĂ©ritable outil de gestion du climat, capable de prolonger les rĂ©coltes, de protĂ©ger les plantes sensibles et dâaccueillir les premiers semis dâautomne. Mais attention au faux sentiment de sĂ©curitĂ© : une serre peut encore dĂ©passer 35 Ă 40 °C lors dâune journĂ©e ensoleillĂ©e, alors que la tempĂ©rature extĂ©rieure paraĂźt presque automnale. Ă lâinverse, une nuit claire peut faire fortement chuter la tempĂ©rature intĂ©rieure. Vous devez donc dĂ©sormais gĂ©rer Ă la fois la chaleur, lâhumiditĂ©, lâaĂ©ration, les arrosages et les premiĂšres nuits froides. En septembre, quelques bons rĂ©glages peuvent vous faire gagner plusieurs semaines de production.
La serre connaĂźt en septembre une situation assez particuliĂšre. Le calendrier indique que lâĂ©tĂ© touche Ă sa fin, mais le rayonnement solaire reste suffisamment important pour provoquer des Ă©chauffements rapides dĂšs que le soleil apparaĂźt. Une petite serre tunnel ou une serre vitrĂ©e peut prendre plusieurs degrĂ©s en quelques dizaines de minutes. Lorsque lâair extĂ©rieur atteint seulement 20 °C, lâintĂ©rieur peut facilement dĂ©passer 30 °C si les ouvertures restent fermĂ©es. Avec une exposition plein sud et une ventilation insuffisante, les 35 °C sont rapidement atteints, voire dĂ©passĂ©s.
Cette situation est particuliĂšrement importante pour les tomates, poivrons, aubergines, concombres et autres plantes qui ont besoin de chaleur. Vous pourriez ĂȘtre tentĂ© de fermer la serre parce que les nuits commencent Ă fraĂźchir, mais ce rĂ©flexe peut provoquer exactement le problĂšme inverse pendant la journĂ©e. Une serre fermĂ©e conserve la chaleur et lâhumiditĂ©, ce qui favorise la condensation nocturne et les conditions propices Ă certaines maladies sur le feuillage.
Le mois de septembre demande donc un fonctionnement beaucoup plus dynamique. Vous ouvrez lorsque la tempĂ©rature grimpe, vous refermez progressivement lorsque les nuits deviennent froides et vous adaptez les arrosages Ă la baisse progressive de lâĂ©vapotranspiration. Le calendrier ne suffit plus : il faut observer la tempĂ©rature rĂ©elle de votre serre.
| đĄïž ĂlĂ©ment Ă surveiller | đ RepĂšre pratique en septembre | đ ïž Action conseillĂ©e | đ¶ Budget indicatif |
| đĄïž TempĂ©rature diurne | 20 Ă 30 °C gĂ©nĂ©ralement favorable aux cultures estivales | AĂ©rer dĂšs que la chaleur sâaccumule | 0 ⏠si ventilation manuelle |
| đ„ Pic sous serre | > 30-35 °C | Ouvrir portes et lucarnes | 0 Ă 150 ⏠selon automatisation |
| đ TempĂ©rature nocturne | < 10-12 °C : croissance ralentie pour les espĂšces chaudes | Fermer progressivement | 0 ⏠|
| đ Tomates | RĂ©coltes encore possibles | Supprimer progressivement les parties inutiles | 0 ⏠|
| đ¶ïž Poivrons | Besoin de chaleur prolongĂ© | Maintenir la protection | 0 ⏠|
| đ„ Concombres | Sensibles au refroidissement | Surveiller humiditĂ© et feuillage | 0 ⏠|
| đ„Ź MĂąche | Semis de fin dâĂ©tĂ©/dĂ©but automne | Maintenir une humiditĂ© rĂ©guliĂšre | Quelques euros |
| đ± Ăpinards | Semis selon climat | Ăviter lâexcĂšs dâeau | Quelques euros |
| đ§ HumiditĂ© du sol | Variable selon mĂ©tĂ©o | Arroser moins souvent mais correctement | 10 Ă 50 ⏠pour sonde |
| đ§ïž Condensation | FrĂ©quente la nuit | AĂ©rer dĂšs que possible le matin | 0 ⏠|
| đĄïž ThermomĂštre mini-maxi | Suivi des extrĂȘmes | Installer au niveau des cultures | 10 Ă 30 ⏠|
| đŠ Goutte-Ă -goutte | DĂ©bit variable selon installation | Ajuster les durĂ©es | 30 Ă 150 ⏠|
| đ·ïž Acariens | Risque accru par air chaud et sec | Inspecter rĂ©guliĂšrement les feuilles | 0 Ă 30 ⏠|
| đ Limaces | Risque aprĂšs humidification | Surveillance des jeunes plants | 0 ⏠|
| đ§Œ Nettoyage | Fin de cultures | Retirer les dĂ©chets vĂ©gĂ©taux | 0 ⏠|
La premiĂšre chose Ă faire en septembre consiste Ă contrĂŽler lâĂ©tat gĂ©nĂ©ral de la serre. Les parois doivent laisser passer suffisamment de lumiĂšre, les ouvrants doivent fonctionner correctement et les systĂšmes de ventilation ne doivent pas ĂȘtre bloquĂ©s. Une serre couverte de poussiĂšre, de dĂ©pĂŽts ou de vĂ©gĂ©taux peut perdre une partie de sa transmission lumineuse. Pour les cultures qui arrivent en fin de cycle, chaque fraction de lumiĂšre disponible compte.
Vous pouvez profiter dâune journĂ©e sĂšche pour nettoyer les surfaces vitrĂ©es ou les panneaux qui ont accumulĂ© des dĂ©pĂŽts. Le nettoyage doit rester doux afin de ne pas rayer les surfaces plastiques. Dans une serre Ă©quipĂ©e de polycarbonate, il faut Ă©galement Ă©viter les produits agressifs qui peuvent altĂ©rer certains matĂ©riaux.
La lumiĂšre devient progressivement moins intense au fil de septembre, mais le problĂšme nâest pas seulement la quantitĂ© de lumiĂšre reçue dans la journĂ©e. La durĂ©e du jour diminue rapidement. Autour du solstice dâĂ©tĂ©, la durĂ©e dâĂ©clairement est maximale ; en septembre, elle baisse chaque jour jusquâĂ lâĂ©quinoxe dâautomne. Pour les tomates et les poivrons, cette rĂ©duction progressive de la lumiĂšre se traduit par une maturation plus lente des fruits.
Vous devez donc Ă©viter de surcharger les plantes avec une vĂ©gĂ©tation excessive. Une tomate trĂšs feuillue dans une serre mal ventilĂ©e peut conserver davantage dâhumiditĂ© autour des feuilles et des fruits. Une taille raisonnĂ©e permet de maintenir une meilleure circulation de lâair, mais septembre nâest pas le moment de procĂ©der Ă une taille brutale qui affaiblirait une plante encore productive.
Pour les tomates, vous pouvez supprimer progressivement les feuilles trĂšs abĂźmĂ©es, dessĂ©chĂ©es ou malades. Les feuilles situĂ©es trĂšs prĂšs du sol peuvent Ă©galement ĂȘtre retirĂ©es si elles ne jouent plus de rĂŽle important. Il faut toutefois conserver suffisamment de feuillage sain pour assurer la photosynthĂšse et permettre aux fruits de poursuivre leur maturation.
La question du pincement de la tĂȘte des tomates dĂ©pend du climat et du moment oĂč vous souhaitez arrĂȘter la production. En serre dans une rĂ©gion fraĂźche, il peut ĂȘtre intĂ©ressant de limiter progressivement la croissance lorsque les nouvelles fleurs nâauront plus suffisamment de temps pour donner des fruits mĂ»rs. Cela permet Ă la plante de concentrer ses ressources sur les fruits dĂ©jĂ formĂ©s.
Si votre serre se situe en zone montagnarde ou dans un secteur oĂč les nuits fraĂźches apparaissent tĂŽt, cette opĂ©ration peut intervenir plus tĂŽt que dans une rĂ©gion de plaine. Ă lâinverse, une serre bien exposĂ©e dans un secteur doux peut continuer Ă produire durant une bonne partie dâoctobre.
Les poivrons et les aubergines demandent encore davantage de chaleur. Une température nocturne durablement basse ralentit fortement leur développement. La serre leur apporte alors un avantage évident par rapport au plein air. Tant que les journées restent lumineuses et relativement douces, vous pouvez prolonger les récoltes.
Pour les poivrons, ne laissez pas systĂ©matiquement tous les fruits atteindre une maturitĂ© complĂšte si la plante porte une charge importante. Les fruits dĂ©jĂ bien dĂ©veloppĂ©s peuvent ĂȘtre rĂ©coltĂ©s selon leur stade et leur utilisation, ce qui permet de ne pas laisser toute la plante consacrer ses ressources Ă quelques fruits.
Les aubergines doivent Ă©galement ĂȘtre rĂ©coltĂ©es rĂ©guliĂšrement. Une aubergine trop avancĂ©e peut devenir moins agrĂ©able en cuisine et la plante ralentit naturellement lorsque les tempĂ©ratures diminuent.
Le concombre constitue un cas diffĂ©rent. Il apprĂ©cie la chaleur et lâhumiditĂ©, mais une humiditĂ© excessive du feuillage peut devenir problĂ©matique lorsque les nuits sont fraĂźches. Il faut donc privilĂ©gier un arrosage au pied et Ă©viter de mouiller inutilement les feuilles.
Lâarrosage est probablement lâun des domaines oĂč les habitudes estivales doivent ĂȘtre le plus rapidement modifiĂ©es. En juillet ou en aoĂ»t, une serre peut nĂ©cessiter des apports dâeau importants, surtout lors des pĂ©riodes chaudes. En septembre, les besoins diminuent gĂ©nĂ©ralement avec la baisse des tempĂ©ratures, la diminution de la durĂ©e du jour et la rĂ©duction de lâĂ©vapotranspiration.
Cela ne signifie pas que vous devez laisser les plantes sĂ©cher. Il faut plutĂŽt passer dâun arrosage automatique rĂ©glĂ© mĂ©caniquement Ă une gestion basĂ©e sur lâĂ©tat du substrat ou du sol. Si vous utilisez un goutte-Ă -goutte, rĂ©duisez progressivement la durĂ©e ou la frĂ©quence des cycles lorsque les conditions mĂ©tĂ©orologiques le permettent.
Un pluviomĂštre nâa Ă©videmment aucun intĂ©rĂȘt sous une serre fermĂ©e, mais une mesure de lâhumiditĂ© du sol peut ĂȘtre trĂšs utile. Une sonde simple coĂ»te souvent quelques dizaines dâeuros. Les modĂšles connectĂ©s peuvent coĂ»ter davantage, parfois plus de 50 ou 100 euros, mais ils permettent de suivre les variations sans devoir contrĂŽler manuellement chaque zone.
Le principe est simple : vous cherchez Ă maintenir une humiditĂ© suffisante dans la zone racinaire sans transformer le sol en Ă©ponge permanente. Un sol constamment saturĂ© en eau manque dâoxygĂšne pour les racines et peut favoriser certains problĂšmes racinaires.
La meilleure méthode reste souvent un contrÎle manuel. Enfoncer un doigt dans les premiers centimÚtres du substrat ou observer sa texture fournit déjà une information utile. Une terre sÚche en surface mais fraßche quelques centimÚtres plus bas ne nécessite pas forcément un arrosage immédiat.
Le moment de la journĂ©e joue aussi un rĂŽle. En septembre, arroser tĂŽt dans la journĂ©e permet au feuillage et Ă la structure de la serre de revenir Ă un niveau dâhumiditĂ© plus raisonnable avant la nuit. Les arrosages importants rĂ©alisĂ©s tard le soir sont moins intĂ©ressants lorsque les tempĂ©ratures nocturnes baissent.
La ventilation doit accompagner cette gestion de lâeau. Une serre humide et mal ventilĂ©e reprĂ©sente un environnement favorable Ă la condensation. Le phĂ©nomĂšne apparaĂźt lorsque lâair humide se refroidit et atteint son point de rosĂ©e. Les surfaces froides, notamment les parois et le feuillage, peuvent alors se couvrir de fines gouttelettes.
Une condensation importante chaque matin nâest pas nĂ©cessairement le signe dâun problĂšme, mais une serre qui reste humide pendant plusieurs heures sans renouvellement dâair mĂ©rite votre attention. Vous pouvez ouvrir les portes ou les lucarnes dĂšs que la tempĂ©rature extĂ©rieure le permet.
LâaĂ©ration du matin est particuliĂšrement intĂ©ressante. DĂšs que le soleil rĂ©chauffe la serre, lâair intĂ©rieur commence Ă se rĂ©chauffer. Une ouverture prĂ©coce permet dâĂ©vacuer une partie de lâhumiditĂ© accumulĂ©e durant la nuit.
Les ventilateurs peuvent Ă©galement ĂȘtre utiles dans les serres plus grandes. Un petit ventilateur de brassage amĂ©liore la circulation de lâair, mais il ne remplace pas une vĂ©ritable ventilation. Faire circuler un air humide sans lâĂ©vacuer ne suffit pas.
Pour une serre familiale, un systĂšme dâouverture automatique des lucarnes constitue une technologie intĂ©ressante. Certains modĂšles fonctionnent grĂące Ă un vĂ©rin thermosensible qui ouvre progressivement la lucarne lorsque la tempĂ©rature augmente. Leur coĂ»t reste gĂ©nĂ©ralement modĂ©rĂ© par rapport au confort obtenu.
Vous pouvez Ă©galement installer un thermomĂštre Ă mĂ©moire minimale et maximale. Câest probablement lâun des Ă©quipements les plus utiles pour comprendre votre serre. Une lecture ponctuelle Ă 18 heures ne vous dira rien de la tempĂ©rature atteinte Ă 14 heures ni de celle observĂ©e Ă 5 heures du matin.
Imaginez que vous releviez 21 °C le soir. Cela peut sembler parfait. Mais si votre thermomĂštre indique un maximum de 37 °C dans lâaprĂšs-midi et un minimum de 7 °C pendant la nuit, vous comprenez immĂ©diatement pourquoi certaines plantes ralentissent ou prĂ©sentent des rĂ©actions inhabituelles.
Ces amplitudes peuvent ĂȘtre particuliĂšrement fortes en septembre lorsque le ciel est dĂ©gagĂ©. Une journĂ©e ensoleillĂ©e peut chauffer fortement la serre, puis la perte radiative nocturne peut provoquer un refroidissement rapide aprĂšs le coucher du soleil.
Les premiĂšres gelĂ©es doivent donc ĂȘtre anticipĂ©es. Dans une rĂ©gion montagnarde, vous pouvez prĂ©parer dĂšs septembre les voiles dâhivernage, les couvertures thermiques ou les petits dispositifs de chauffage si vous souhaitez prolonger certaines cultures.
Attention toutefois aux chauffages dâappoint mal utilisĂ©s. Un appareil de chauffage Ă©lectrique doit ĂȘtre compatible avec un environnement humide et protĂ©gĂ© contre les projections dâeau. Les appareils Ă combustion nĂ©cessitent une ventilation et des prĂ©cautions supplĂ©mentaires. Une serre fermĂ©e nâest pas un local conçu pour accueillir nâimporte quel chauffage.
Pour prolonger les cultures, vous pouvez aussi jouer sur lâinertie thermique. Des bidons ou rĂ©servoirs remplis dâeau placĂ©s dans la serre accumulent une partie de la chaleur durant la journĂ©e et la restituent progressivement la nuit. LâefficacitĂ© dĂ©pend de la masse dâeau, de lâexposition et de la configuration de la serre.
Un litre dâeau nĂ©cessite environ 4,18 kilojoules pour augmenter sa tempĂ©rature de 1 °C. Un rĂ©servoir de 100 litres qui gagne 10 °C pendant la journĂ©e stocke donc environ 4 180 kilojoules dâĂ©nergie thermique, soit environ 1,16 kWh. Ce nâest pas une chaudiĂšre, mais plusieurs centaines de litres correctement placĂ©s peuvent amortir les variations de tempĂ©rature.
Il faut nĂ©anmoins Ă©viter de placer de gros volumes dâeau lĂ oĂč ils gĂȘnent la circulation ou augmentent excessivement lâhumiditĂ©. Lâobjectif est de tamponner les variations, pas de crĂ©er une atmosphĂšre saturĂ©e.
Septembre est Ă©galement un excellent mois pour commencer les cultures qui prendront le relais des tomates et des concombres. La mĂąche, les Ă©pinards, certaines laitues dâautomne et certains radis peuvent trouver leur place sous serre selon votre climat et votre calendrier.
La mùche apprécie les températures fraßches. Elle ne recherche pas la chaleur excessive. Vous pouvez donc profiter de la baisse progressive des températures pour installer une culture qui continuera à se développer alors que les tomates ralentissent.
Les Ă©pinards peuvent Ă©galement ĂȘtre semĂ©s en septembre. Dans les rĂ©gions froides, il faut toutefois leur laisser suffisamment de temps pour sâinstaller avant les tempĂ©ratures trĂšs basses. Une jeune plantule possĂšde moins de rĂ©serves quâune plante dĂ©jĂ bien dĂ©veloppĂ©e.
La laitue demande un choix variĂ©tal adaptĂ©. Toutes les variĂ©tĂ©s ne se comportent pas de la mĂȘme maniĂšre lorsque les tempĂ©ratures diminuent. Vous avez intĂ©rĂȘt Ă privilĂ©gier des types destinĂ©s Ă lâautomne ou Ă lâhiver lorsque vous souhaitez les conserver longtemps.
La serre peut aussi servir de pĂ©piniĂšre pour certaines plantations dâautomne. Elle protĂšge les jeunes plants contre les pluies fortes, les nuits fraĂźches et certains ravageurs. Vous devez toutefois surveiller attentivement les limaces, qui peuvent parfaitement pĂ©nĂ©trer dans une serre.
Les limaces deviennent parfois plus visibles en septembre aprÚs les épisodes humides. Les jeunes salades et les semis constituent des cibles faciles. Une surveillance réguliÚre, notamment aprÚs le coucher du soleil ou tÎt le matin, permet de détecter rapidement leur présence.
Les acariens reprĂ©sentent un autre problĂšme possible, surtout si la serre reste chaude et sĂšche. Les feuilles peuvent prĂ©senter de petits points dĂ©colorĂ©s et perdre progressivement leur aspect normal. Une observation attentive du dessous des feuilles permet parfois de dĂ©tecter le problĂšme avant quâil ne devienne important.
Les pucerons peuvent également continuer leur activité en septembre. Là encore, il faut éviter les traitements automatiques. La présence de coccinelles, larves de syrphes ou chrysopes peut contribuer à limiter naturellement les populations.
La biodiversitĂ© reste donc utile mĂȘme dans une serre. Vous nâavez pas besoin de transformer la structure en laboratoire aseptisĂ©. Une serre trop propre, trop chaude, trop humide et constamment traitĂ©e peut devenir un environnement dĂ©sĂ©quilibrĂ©.
Le nettoyage doit cependant ĂȘtre sĂ©rieux lorsquâune culture est terminĂ©e. Retirez les feuilles mortes, les fruits pourris, les tiges abandonnĂ©es et les vĂ©gĂ©taux trĂšs atteints. Ne laissez pas sâaccumuler des dĂ©bris vĂ©gĂ©taux humides dans les coins de la serre.
Les ficelles, tuteurs et supports peuvent Ă©galement ĂȘtre inspectĂ©s. Si vous rĂ©utilisez des attaches ou des pots, un nettoyage avant la nouvelle culture limite le transfert de certains problĂšmes. Les outils utilisĂ©s pour tailler les plantes peuvent aussi ĂȘtre nettoyĂ©s rĂ©guliĂšrement.
Le sol mĂ©rite une attention particuliĂšre aprĂšs plusieurs mois de culture. Une serre est souvent utilisĂ©e intensivement et reçoit beaucoup moins de pluie quâun potager extĂ©rieur. Les sels minĂ©raux peuvent donc sâaccumuler dans le substrat lorsque les apports dâengrais sont importants et que les pluies ne lessivent pas naturellement le sol.
Dans une serre pleine terre, lâajout rĂ©gulier de matiĂšre organique mĂ»re permet de maintenir la structure du sol. Mais il faut Ă©viter de considĂ©rer le compost comme un engrais Ă utiliser sans mesure. Une accumulation excessive dâĂ©lĂ©ments nutritifs peut perturber lâĂ©quilibre du sol.
Une analyse de terre tous les quelques annĂ©es peut ĂȘtre pertinente si vous cultivez intensivement la mĂȘme parcelle sous serre. Le pH, la matiĂšre organique et les principaux Ă©lĂ©ments minĂ©raux donnent une image beaucoup plus prĂ©cise de la situation quâune estimation visuelle.
Le remplacement complet du sol nâest gĂ©nĂ©ralement pas nĂ©cessaire dans une petite serre bien entretenue. La rotation des cultures, les apports raisonnĂ©s de matiĂšre organique et une bonne gestion de lâirrigation permettent souvent de maintenir une bonne qualitĂ© de sol.
La rotation reste particuliĂšrement intĂ©ressante sous serre parce que certaines cultures reviennent souvent au mĂȘme endroit. Tomates, aubergines et poivrons appartiennent Ă la famille des SolanacĂ©es. Les faire revenir chaque annĂ©e sur la mĂȘme zone augmente le risque dâaccumulation de certains problĂšmes.
Lorsque lâespace est limitĂ©, vous pouvez au moins alterner les zones de plantation et introduire des cultures diffĂ©rentes entre deux cycles. Vous pouvez aussi renouveler partiellement le substrat dans certaines zones trĂšs sollicitĂ©es, mais il faut Ă©viter de dĂ©placer inutilement des volumes importants de terre.
Septembre est également le moment de faire le bilan des cultures. Notez les variétés qui ont bien produit, celles qui ont souffert de la chaleur, celles qui ont été sensibles aux maladies et celles qui ont donné des fruits précoces.
Ces observations sont particuliĂšrement intĂ©ressantes dans une serre car votre microclimat est diffĂ©rent de celui de votre jardin extĂ©rieur. Une variĂ©tĂ© de tomate qui mĂ»rit tard dehors peut parfois se comporter correctement sous serre, tandis quâune variĂ©tĂ© trĂšs vigoureuse peut produire une vĂ©gĂ©tation excessive dans une structure chaude et humide.
Vous pouvez aussi noter les tempĂ©ratures maximales et minimales. AprĂšs deux ou trois annĂ©es, ces donnĂ©es deviennent extrĂȘmement utiles. Vous dĂ©couvrirez peut-ĂȘtre que votre serre dĂ©passe rĂ©guliĂšrement 35 °C dĂšs le mois de mai, ou que les tempĂ©ratures descendent sous 5 °C plusieurs semaines avant la premiĂšre gelĂ©e officielle annoncĂ©e pour votre commune.
Cette connaissance permet dâadapter les plantations. Une variĂ©tĂ© qui souffre systĂ©matiquement des fortes chaleurs pourra ĂȘtre placĂ©e dans une zone mieux ventilĂ©e. Une culture sensible au froid pourra ĂȘtre rapprochĂ©e dâun mur ou installĂ©e dans une zone bĂ©nĂ©ficiant dâune meilleure inertie thermique.
Lâemplacement des plantes dans la serre peut lui-mĂȘme devenir un outil de gestion climatique. Les tomates trĂšs vigoureuses peuvent occuper les zones les mieux ventilĂ©es, tandis que les jeunes semis doivent ĂȘtre placĂ©s dans un secteur oĂč ils ne subiront pas directement les tempĂ©ratures maximales.
Vous pouvez également installer une ombriÚre temporaire si la serre continue à surchauffer. En septembre, il ne faut toutefois pas conserver une ombre permanente trop importante. La lumiÚre devient progressivement un facteur limitant pour les cultures estivales.
La bonne stratégie consiste plutÎt à protéger pendant les épisodes exceptionnellement chauds et à laisser entrer un maximum de lumiÚre lorsque les températures restent raisonnables.
Pour les cultures d’automne, la situation est diffĂ©rente. Elles apprĂ©cient souvent une lumiĂšre douce et des tempĂ©ratures modĂ©rĂ©es. Une serre peut leur offrir un environnement beaucoup plus stable que lâextĂ©rieur, surtout lorsque les pluies deviennent frĂ©quentes.
Le calendrier des arrosages doit aussi ĂȘtre ajustĂ© aux nouvelles cultures. Une jeune mĂąche nâa pas les mĂȘmes besoins quâun plant de tomate adulte portant plusieurs kilogrammes de fruits. Les petits semis nĂ©cessitent souvent des apports lĂ©gers mais rĂ©guliers pour Ă©viter le dessĂšchement de la couche superficielle.
Lâarrosage par aspersion est Ă Ă©viter lorsque le feuillage reste humide durant de longues pĂ©riodes. Le goutte-Ă -goutte ou lâarrosage au pied est gĂ©nĂ©ralement plus adaptĂ© aux cultures sous abri.
Si vous utilisez un systĂšme automatique, septembre est le moment idĂ©al pour rĂ©duire progressivement les temps dâarrosage. Un programmateur qui fonctionne encore sur les rĂ©glages du mois de juillet peut apporter beaucoup trop dâeau lorsque les journĂ©es raccourcissent.
Vous pouvez Ă©galement regrouper les cultures ayant des besoins proches. Les plantes trĂšs gourmandes en eau ne doivent pas nĂ©cessairement partager la mĂȘme ligne de goutteurs que des plantes qui prĂ©fĂšrent un sol plus sec.
La technologie peut rendre cette gestion plus simple. Un programmateur connectĂ©, une sonde dâhumiditĂ© et un thermomĂštre connectĂ© permettent de surveiller plusieurs paramĂštres. Mais il ne faut pas tomber dans le piĂšge du jardin entiĂšrement automatisĂ© qui ne serait plus jamais observĂ©.
Une sonde peut ĂȘtre mal positionnĂ©e, un goutteur peut se boucher, une pile peut ĂȘtre vide ou un tuyau peut se dĂ©placer. La technologie doit vous aider Ă comprendre le jardin, pas remplacer vos yeux.
Le budget peut rester raisonnable. Pour environ 20 Ă 30 euros, vous pouvez dĂ©jĂ disposer dâun thermomĂštre minimum-maximum correct. Une sonde simple dâhumiditĂ© peut coĂ»ter une dizaine Ă plusieurs dizaines dâeuros. Un systĂšme de ventilation automatique peut reprĂ©senter quelques dizaines Ă plus de 100 euros selon le dispositif.
Pour une serre familiale, un investissement de 50 Ă 150 euros dans quelques Ă©quipements de surveillance et dâautomatisation peut apporter un confort intĂ©ressant. Une installation plus complĂšte avec ventilation motorisĂ©e, capteurs connectĂ©s et automatisation de lâarrosage peut rapidement dĂ©passer 200 Ă 300 euros.
Il nâest cependant pas nĂ©cessaire de tout automatiser. Une ouverture manuelle matin et soir, un thermomĂštre et une bonne observation peuvent parfaitement suffire.
Votre agenda pratique semaine par semaine
Du 1er au 7 septembre, commencez par faire un Ă©tat prĂ©cis de la serre. VĂ©rifiez les ouvrants, les portes, les fixations, les gouttiĂšres Ă©ventuelles, les tuteurs et les systĂšmes dâarrosage. Installez ou contrĂŽlez le thermomĂštre minimum-maximum et relevez chaque jour les tempĂ©ratures extrĂȘmes. Pendant les journĂ©es ensoleillĂ©es, aĂ©rez suffisamment tĂŽt afin dâĂ©viter les pointes supĂ©rieures Ă 30-35 °C. Poursuivez les rĂ©coltes de tomates, concombres, poivrons et aubergines, tout en retirant les fruits abĂźmĂ©s et les feuilles fortement atteintes.
Du 8 au 14 septembre, commencez Ă rĂ©duire progressivement les arrosages si les tempĂ©ratures diminuent et si le sol conserve suffisamment dâhumiditĂ©. Nettoyez les parties basses des plants de tomates lorsque cela est nĂ©cessaire et amĂ©liorez la circulation de lâair. Vous pouvez commencer les semis de mĂąche, dâĂ©pinards ou de certaines salades adaptĂ©es Ă lâautomne. Surveillez particuliĂšrement les limaces aprĂšs les pluies ou les arrosages.
Du 15 au 21 septembre, faites le point sur les cultures estivales. Les nouvelles fleurs de tomates qui ont peu de chances dâarriver Ă maturitĂ© avant le refroidissement peuvent ĂȘtre supprimĂ©es afin de concentrer les ressources sur les fruits dĂ©jĂ formĂ©s. Continuez Ă rĂ©colter rĂ©guliĂšrement les poivrons et aubergines. ContrĂŽlez les tempĂ©ratures nocturnes et prĂ©parez les voiles ou protections nĂ©cessaires pour les nuits fraĂźches.
Du 22 au 30 septembre, adaptez clairement la serre au changement de saison. Les journĂ©es peuvent encore ĂȘtre chaudes, mais la ventilation nocturne doit ĂȘtre rĂ©duite lorsque les tempĂ©ratures baissent. Les cultures dâautomne doivent dĂ©sormais prendre davantage de place. Retirez progressivement les plantes estivales qui ne produisent plus et nettoyez soigneusement les zones libĂ©rĂ©es. PrĂ©parez les emplacements destinĂ©s aux cultures dâautomne et dâhiver et commencez Ă rĂ©flĂ©chir aux plantations qui resteront sous abri durant les mois froids.
RepÚres et points clés à retenir
đĄïž Surveillez les tempĂ©ratures maximales et minimales. Une serre qui affiche 20 °C le soir peut trĂšs bien avoir atteint 35 °C ou davantage dans lâaprĂšs-midi. Le thermomĂštre minimum-maximum vous donne une information beaucoup plus utile quâune mesure ponctuelle.
đ„ AĂ©rez mĂȘme en septembre lorsque le soleil chauffe. Une tempĂ©rature extĂ©rieure modĂ©rĂ©e ne garantit pas une tempĂ©rature raisonnable sous abri. DĂšs que la serre dĂ©passe durablement 30 °C, la ventilation devient particuliĂšrement utile pour les cultures qui commencent dĂ©jĂ Ă ralentir.
đ§ Adaptez les arrosages. Les besoins hydriques diminuent gĂ©nĂ©ralement avec la baisse des tempĂ©ratures et de lâĂ©vapotranspiration. Ne conservez pas automatiquement les rĂ©glages dâarrosage de juillet ou aoĂ»t.
đ Anticipez les premiĂšres nuits froides. Les tomates, poivrons, aubergines et concombres peuvent continuer Ă produire grĂące Ă la serre, mais ils restent sensibles aux tempĂ©ratures basses. PrĂ©parez les protections avant dâen avoir rĂ©ellement besoin.
đš LâhumiditĂ© nocturne mĂ©rite autant dâattention que la chaleur diurne. Une serre fermĂ©e conserve la vapeur dâeau produite par le sol et les plantes. LâaĂ©ration du matin permet de limiter la condensation et de renouveler lâair.
đ Donnez la prioritĂ© aux fruits dĂ©jĂ formĂ©s. Lorsque la saison avance, les nouvelles fleurs ont de moins en moins de chances de produire des fruits mĂ»rs. Une gestion progressive de la vĂ©gĂ©tation permet de concentrer les ressources sur les rĂ©coltes rĂ©ellement envisageables.
đ„Ź PrĂ©parez la relĂšve. MĂąche, Ă©pinards, certaines laitues et autres cultures adaptĂ©es aux tempĂ©ratures fraĂźches peuvent prendre le relais des cultures estivales.
đ§Œ Nettoyez au fur et Ă mesure. Une serre ne doit pas devenir un entrepĂŽt de feuilles mortes, de fruits pourris et de tiges abandonnĂ©es. Les rĂ©sidus vĂ©gĂ©taux constituent un rĂ©servoir de problĂšmes sanitaires et rendent la surveillance plus difficile.
đ Notez vos observations. TempĂ©rature maximale, tempĂ©rature minimale, date de rĂ©colte, date du premier problĂšme sanitaire, quantitĂ© dâeau utilisĂ©e et comportement des variĂ©tĂ©s : ces informations vous permettront dâamĂ©liorer votre conduite de serre annĂ©e aprĂšs annĂ©e.
Septembre est Ă©galement le moment oĂč vous pouvez mesurer lâefficacitĂ© rĂ©elle de votre installation. Si vous constatez rĂ©guliĂšrement 38 ou 40 °C Ă lâintĂ©rieur alors que la tempĂ©rature extĂ©rieure ne dĂ©passe pas 25 °C, le problĂšme nâest pas forcĂ©ment votre serre : câest souvent le systĂšme de ventilation qui est insuffisant.
Une petite serre familiale peut fonctionner correctement avec deux ouvertures opposĂ©es permettant un renouvellement naturel de lâair. Une grande serre ou une structure trĂšs exposĂ©e aura davantage besoin dâune ventilation efficace. Lâouverture situĂ©e en hauteur est particuliĂšrement intĂ©ressante car lâair chaud monte naturellement.
La circulation dâair dĂ©pend aussi de lâorientation. Une serre installĂ©e dans un endroit complĂštement bloquĂ© par une haie ou un mur peut avoir beaucoup plus de difficultĂ©s Ă Ă©vacuer la chaleur quâune structure bĂ©nĂ©ficiant dâun passage dâair naturel.
La position des portes et lucarnes joue donc un rĂŽle technique. Une ouverture basse et une ouverture haute permettent de crĂ©er un renouvellement plus efficace quâune seule petite fenĂȘtre situĂ©e Ă hauteur intermĂ©diaire.
Vous pouvez Ă©galement vĂ©rifier les zones dâombre. Un arbre voisin peut protĂ©ger la serre du soleil Ă certaines heures et la laisser totalement exposĂ©e Ă dâautres. En septembre, lâangle du soleil change progressivement et les conditions peuvent ĂȘtre diffĂ©rentes de celles observĂ©es en juillet.
Les serres vitrĂ©es et les serres en plastique ne rĂ©agissent pas exactement de la mĂȘme maniĂšre. Le vitrage peut prĂ©senter une forte transmission lumineuse et une bonne durabilitĂ©, tandis que les films plastiques sont plus lĂ©gers et peuvent ĂȘtre remplacĂ©s plus facilement. Le polycarbonate offre une bonne rĂ©sistance mĂ©canique et une certaine capacitĂ© dâisolation selon son Ă©paisseur et sa structure alvĂ©olaire.
Lâisolation peut devenir intĂ©ressante Ă la fin du mois si vous souhaitez prolonger les cultures. Un film Ă bulles horticole ou une autre protection temporaire peut rĂ©duire certaines pertes thermiques, mais il faut mesurer son impact sur la lumiĂšre.
Il ne faut pas isoler une serre au point de lui faire perdre une quantité importante de rayonnement lumineux. En septembre, les plantes ont encore besoin de lumiÚre pour produire les sucres nécessaires à leur croissance et à la maturation des fruits.
Le chauffage reste une solution de dernier recours pour les cultures sensibles. Chauffer une petite serre entiĂšre pendant plusieurs semaines peut devenir coĂ»teux. Une protection localisĂ©e autour de quelques plantes ou un maintien hors gel ponctuel peut ĂȘtre beaucoup plus rationnel.
Le coĂ»t Ă©nergĂ©tique dĂ©pend du volume de la serre, de son isolation, de la tempĂ©rature extĂ©rieure et de la tempĂ©rature recherchĂ©e. Maintenir une serre Ă 18 °C toute la nuit nâa Ă©videmment pas le mĂȘme coĂ»t que simplement empĂȘcher la tempĂ©rature de descendre sous 5 °C.
Pour une serre familiale, la stratĂ©gie la plus Ă©conomique consiste gĂ©nĂ©ralement Ă exploiter dâabord la ventilation diurne, lâinertie thermique, les protections passives et le choix des variĂ©tĂ©s. Le chauffage ne vient quâensuite lorsque lâobjectif de production le justifie.
Les bidons dâeau, les murs proches, le sol et les structures lourdes peuvent jouer un rĂŽle dâinertie. Leur effet reste limitĂ©, mais ils permettent de rĂ©duire certaines variations rapides.
Il faut aussi Ă©viter de trop remplir la serre. Une vĂ©gĂ©tation trĂšs dense augmente lâhumiditĂ©, rĂ©duit la circulation de lâair et rend les inspections plus difficiles. En septembre, retirer progressivement les cultures qui ne produisent plus permet de crĂ©er de lâespace pour les semis et les nouvelles plantations.
La serre devient alors un espace de transition plutĂŽt quâun simple prolongement de lâĂ©tĂ©. Les tomates terminent leur cycle, les poivrons profitent des derniĂšres journĂ©es chaudes, tandis que les salades, Ă©pinards et mĂąches prennent progressivement le relais.
Cette organisation prĂ©sente un autre avantage : elle permet dâĂ©viter le grand vide habituel entre les cultures estivales et les cultures dâautomne. Une serre bien gĂ©rĂ©e peut produire sur une pĂ©riode beaucoup plus longue quâun simple potager extĂ©rieur, sans nĂ©cessiter forcĂ©ment une technologie coĂ»teuse.
En montagne ou dans les secteurs oĂč les premiĂšres gelĂ©es arrivent tĂŽt, cette fonction prend encore plus dâimportance. Quelques semaines gagnĂ©es sous abri peuvent reprĂ©senter une diffĂ©rence significative pour les tomates et les poivrons. Mais lâaltitude impose de rester prudent : une serre non chauffĂ©e ne peut pas empĂȘcher durablement les tempĂ©ratures intĂ©rieures de rejoindre celles de lâextĂ©rieur lorsque la pĂ©riode froide sâinstalle.
La meilleure protection reste donc lâanticipation. Si vous attendez la premiĂšre nuit de gel pour prĂ©parer les voiles, dĂ©placer les plantes ou modifier la ventilation, vous risquez de perdre une partie de la rĂ©colte. En septembre, le matĂ©riel doit ĂȘtre prĂȘt avant que le froid ne devienne rĂ©ellement menaçant.
Le jardinier peut aussi profiter de ce mois pour prĂ©parer la serre Ă lâhiver. Les fixations doivent ĂȘtre contrĂŽlĂ©es, les plastiques inspectĂ©s et les Ă©lĂ©ments fragiles renforcĂ©s. Une structure qui a rĂ©sistĂ© Ă lâĂ©tĂ© nâest pas forcĂ©ment prĂȘte Ă supporter les vents automnaux, la neige ou les fortes pluies.
Les gouttiĂšres et Ă©vacuations doivent ĂȘtre dĂ©gagĂ©es. Une accumulation dâeau autour des fondations peut provoquer des problĂšmes de stabilitĂ© et maintenir une humiditĂ© excessive.
Les portes doivent fermer correctement lorsque la tempĂ©rature baisse. Une petite ouverture permanente peut ĂȘtre bĂ©nĂ©fique en Ă©tĂ© mais devenir problĂ©matique lorsque les nuits deviennent froides.
La fin septembre reprĂ©sente donc un vĂ©ritable changement de stratĂ©gie. Vous ne cherchez plus uniquement Ă obtenir le maximum de croissance. Vous cherchez Ă conserver les plantes en bonne santĂ©, Ă faire mĂ»rir les fruits dĂ©jĂ engagĂ©s, Ă Ă©viter les excĂšs dâeau et dâhumiditĂ©, puis Ă installer progressivement les cultures qui profiteront des conditions fraĂźches.
Câest Ă©galement une pĂ©riode oĂč il faut accepter de laisser partir certaines cultures. Une tomate qui ne produit plus, un concombre Ă©puisĂ© ou une plante malade occupant une grande partie de la serre peut parfois faire davantage perdre de temps et dâespace quâelle nâen rapporte.
La serre doit rester productive, mais pas au prix dâune lutte permanente contre le calendrier. Une plante thermophile qui survit artificiellement jusquâen novembre ne constitue pas forcĂ©ment une rĂ©ussite si elle produit peu et demande beaucoup dâĂ©nergie.
Ă lâinverse, une mĂąche semĂ©e au bon moment, protĂ©gĂ©e des fortes pluies et maintenue dans un sol correctement humide peut offrir une production intĂ©ressante avec trĂšs peu dâĂ©nergie.
Câest lĂ que septembre devient particuliĂšrement intĂ©ressant. Vous passez progressivement dâun modĂšle de serre « estivale » Ă un modĂšle de serre « quatre saisons ». La chaleur excessive devient moins recherchĂ©e, la ventilation prend une nouvelle fonction, les protections nocturnes apparaissent et les cultures changent.
Votre serre ne doit donc pas ĂȘtre fermĂ©e parce que lâĂ©tĂ© est terminĂ©. Elle doit ĂȘtre pilotĂ©e diffĂ©remment. Pendant la journĂ©e, vous devez encore Ă©vacuer la chaleur lorsquâelle sâaccumule ; pendant la nuit, vous devez progressivement conserver les calories disponibles ; au niveau du sol, vous devez rĂ©duire les apports dâeau lorsque les besoins diminuent ; et dans les rangs, vous devez remplacer progressivement les cultures qui arrivent en fin de cycle par celles qui apprĂ©cient la fraĂźcheur.
Avec un thermomĂštre, une bonne ventilation, un arrosage maĂźtrisĂ©, quelques protections et un peu dâobservation, vous pouvez souvent prolonger considĂ©rablement la saison sans transformer votre serre en installation complexe. Septembre nâest pas le mois oĂč la serre sâendort : câest celui oĂč elle change de saison.




