Septembre devait normalement commencer Ă ranger les parasols et ressortir les petites vestes pour les matinĂ©es fraĂźches. En 2026, le calendrier semble avoir Ă©tĂ© oubliĂ© dans un tiroir. Ce vendredi 4 septembre, la chaleur a encore franchi un cap avec 282 nouveaux records mensuels de tempĂ©rature recensĂ©s dans les stations françaises, auxquels sâajoutent 10 records mensuels Ă©galĂ©s. Et le week-end pourrait encore faire grimper le compteur, avec 38 Ă 40 °C possibles dans le Sud samedi et une nouvelle poussĂ©e dimanche, notamment vers le Sud-Ouest. AprĂšs un Ă©tĂ© dĂ©jĂ historique, septembre attaque donc son deuxiĂšme Ă©pisode chaud avec une Ă©nergie qui ferait presque croire que lâautomne a demandĂ© un congĂ© sans solde.
Il fallait bien que cette journĂ©e du 4 septembre trouve une maniĂšre de se distinguer. AprĂšs un Ă©tĂ© 2026 qui restera dans les annales mĂ©tĂ©orologiques françaises, le pays vient de connaĂźtre une nouvelle journĂ©e de trĂšs fortes chaleurs, avec des niveaux parfois totalement inhabituels pour cette pĂ©riode de lâannĂ©e. MĂ©tĂ©o-France qualifie cet Ă©pisode de chaleur tardif et souligne que plusieurs tempĂ©ratures observĂ©es vendredi atteignent des niveaux inĂ©dits pour un mois de septembre. Ă 15 heures, les tempĂ©ratures dĂ©passaient dĂ©jĂ 36 °C dans de nombreux secteurs du Sud-Ouest et du Sud, tandis que Strasbourg venait lui aussi de battre son record mensuel avec 33,7 °C Ă 15 h 20.
Mais le chiffre qui retient particuliĂšrement lâattention aujourdâhui se trouve dans les relevĂ©s. Le classement des stations françaises officielles affiche 282 tempĂ©ratures constituant de nouveaux records mensuels, ainsi que 10 records mensuels Ă©galĂ©s. Il sâagit d’un classement des tempĂ©ratures maximales provisoires calculĂ©es entre 8 h et 19 h locales. Les records mensuels prennent dĂ©sormais en compte les records dĂ©jĂ Ă©tablis au cours du mois en cours, avec une rĂ©serve pour quelques stations dont la climatologie doit encore ĂȘtre vĂ©rifiĂ©e. Le chiffre de 282 correspond donc Ă lâĂ©tat du compteur disponible ce vendredi soir et pourra encore Ă©voluer aprĂšs consolidation des observations.
Cette prĂ©cision est importante, car un record mensuel n’est pas la mĂȘme chose qu’un record absolu. Battre le record mensuel de septembre signifie dĂ©passer la plus haute tempĂ©rature enregistrĂ©e dans cette station durant tous les mois de septembre de sa sĂ©rie de rĂ©fĂ©rence. Une station peut donc battre son record de septembre sans approcher son record absolu annuel. Câest prĂ©cisĂ©ment ce qui rend le chiffre des 282 records intĂ©ressant : il montre lâampleur gĂ©ographique de lâanomalie de chaleur par rapport aux rĂ©fĂ©rences habituelles du mois, pas simplement quelques valeurs extrĂȘmes isolĂ©es.
Et le phĂ©nomĂšne ne concerne pas seulement le pourtour mĂ©diterranĂ©en. MĂ©tĂ©o-France a relevĂ© vendredi des valeurs remarquables de 39,4 °C Ă LĂ©zignan-CorbiĂšres, 38 °C Ă Carcassonne, 37,5 °C Ă Toulouse, 37,4 °C Ă Cahors, 36,1 °C Ă Avignon, 35,1 °C Ă Valence, 34,9 °C Ă Millau, 34,7 °C Ă Bourg-Saint-Maurice, 33,8 °C Ă Strasbourg, 32,4 °C Ă Annecy-Meythet et 31,5 °C Ă Chamonix. CĂ©ret a mĂȘme atteint 40,2 °C. Ces valeurs Ă©taient encore provisoires au moment de la publication du bilan.
La prĂ©sence de Bourg-Saint-Maurice, Annecy et Chamonix dans cette liste est particuliĂšrement rĂ©vĂ©latrice. La chaleur ne reste pas confinĂ©e aux plaines mĂ©diterranĂ©ennes. Elle s’Ă©tend jusque dans les vallĂ©es alpines, oĂč l’altitude limite habituellement les tempĂ©ratures maximales. Atteindre 32,4 °C Ă Annecy-Meythet et 31,5 °C Ă Chamonix au dĂ©but du mois de septembre montre Ă quel point la masse d’air est chaude. La montagne n’est pas une climatisation gĂ©ante ; elle dispose simplement d’un avantage thermique liĂ© Ă l’altitude, avantage qui peut ĂȘtre largement rĂ©duit lorsque l’air trĂšs chaud envahit toute la colonne atmosphĂ©rique.
Dans l’Ain, les relevĂ©s donnent eux aussi une photographie trĂšs intĂ©ressante. VĂ©rizieu atteint 36 °C, Saint-Julien-sur-Reyssouze 35,4 °C, AmbĂ©rieu 35,1 °C, Balan 35 °C, CeyzĂ©riat 34,8 °C, Marlieux-Le Clou 34,6 °C et Divonne Zone Artisanale 34,4 °C. Plusieurs stations dĂ©passent leurs rĂ©fĂ©rences de septembre. Ă Marlieux-Le Clou, les 34,6 °C dĂ©passent les 34,5 °C du 4 septembre 2005. Ă CeyzĂ©riat, les 34,8 °C dĂ©passent les 34,1 °C du 10 septembre 2023. Ă Divonne, 34,4 °C dĂ©passent les 33,5 °C du 12 septembre 2018. AmbĂ©rieu atteint 35,1 °C mais conserve pour l’instant une marge de trois dixiĂšmes par rapport Ă son record mensuel de 35,4 °C Ă©tabli le 5 septembre 1949.
Cette derniĂšre donnĂ©e est assez savoureuse sur le plan climatique : le record d’AmbĂ©rieu date de 1949 et rĂ©siste toujours. Cela montre aussi pourquoi les stations historiques sont si prĂ©cieuses. Une valeur ancienne peut rester debout pendant plusieurs dĂ©cennies avant qu’un nouvel Ă©pisode exceptionnel ne vienne la chercher. Et avec 35,1 °C enregistrĂ©s ce vendredi, le record de 1949 se trouve dĂ©sormais Ă seulement 0,3 °C.
La journée de samedi ne devrait pas apporter de véritable soulagement dans le Sud. Météo-France prévoit encore une trÚs forte chaleur, avec des maximales pouvant atteindre 32 à 36 °C dans le Sud-Ouest et la moyenne vallée du RhÎne, et surtout 36 à 39 °C sur le pourtour méditerranéen et dans la basse vallée du RhÎne. La Corse restera elle aussi trÚs chaude, avec 30 à 35 °C. Au nord, le contraste sera nettement plus marqué, puisque les maximales seront généralement comprises entre 20 et 25 °C prÚs de la Manche, 25 à 28 °C des Pays de la Loire vers le Grand Est, avec des valeurs intermédiaires dans le Centre et le nord-est.
Samedi matin, les minimales seront dĂ©jĂ trĂšs Ă©levĂ©es dans le Sud. Le Languedoc-Roussillon pourrait connaĂźtre des tempĂ©ratures comprises entre 22 et 26 °C. Une nuit qui commence Ă 25 °C n’offre Ă©videmment pas le mĂȘme potentiel de rĂ©cupĂ©ration qu’une nuit Ă 14 ou 16 °C. C’est l’une des raisons pour lesquelles les autoritĂ©s sanitaires surveillent autant les tempĂ©ratures nocturnes lors des Ă©pisodes de canicule. Le corps doit pouvoir Ă©vacuer la chaleur accumulĂ©e pendant la journĂ©e ; lorsque l’environnement reste chaud pendant plusieurs heures, cette rĂ©cupĂ©ration devient beaucoup plus difficile.
Le vent va Ă©galement jouer un rĂŽle samedi. Une lĂ©gĂšre tramontane doit souffler dans la matinĂ©e avec des pointes autour de 40 Ă 50 km/h, avant un renforcement du mistral dans la basse vallĂ©e du RhĂŽne avec des pointes pouvant atteindre 50 km/h. Sur le plan thermique, le vent peut apporter une sensation diffĂ©rente et modifier les tempĂ©ratures locales. Sur le plan des incendies, c’est une autre histoire : une vĂ©gĂ©tation dĂ©jĂ trĂšs sĂšche et un vent rĂ©gulier constituent un cocktail qui mĂ©rite une surveillance sĂ©rieuse.
Dimanche 6 septembre pourrait constituer le point culminant de cette sĂ©quence. MĂ©tĂ©o-France prĂ©voit une nouvelle hausse gĂ©nĂ©rale des tempĂ©ratures maximales, avec de fortes chaleurs gĂ©nĂ©ralisĂ©es entre l’Occitanie, le Lyonnais et la Provence. Les trĂšs fortes chaleurs doivent persister dans la moitiĂ© sud et pourraient atteindre 37 Ă 40 °C. Sur le modĂšle ARPEGE, certains scĂ©narios envisagent localement 41 Ă 42 °C dans les Landes et les PyrĂ©nĂ©es-Atlantiques. Il s’agit d’une projection de modĂšle, et non d’une tempĂ©rature garantie, mais l’hypothĂšse est suffisamment sĂ©rieuse pour justifier une surveillance particuliĂšre des records mensuels.
Si des tempĂ©ratures supĂ©rieures Ă 40 °C sont effectivement observĂ©es dimanche dans le Sud-Ouest, le compteur des records pourrait repartir fortement Ă la hausse. Les rĂ©fĂ©rences historiques de septembre sont dĂ©jĂ Ă©levĂ©es dans plusieurs stations du Sud-Ouest, mais elles restent infĂ©rieures aux niveaux susceptibles d’ĂȘtre atteints ce week-end. Une valeur de 41 °C en septembre constituerait une performance mĂ©tĂ©orologique extrĂȘmement rare. Le scĂ©nario le plus chaud pourrait donc produire une nouvelle vague de records, peut-ĂȘtre plus spectaculaire encore que celle observĂ©e vendredi.
Le phĂ©nomĂšne possĂšde toutefois une gĂ©ographie particuliĂšre. Contrairement Ă septembre 2023, oĂč la chaleur avait concernĂ© une trĂšs grande partie du pays pendant plusieurs jours, l’Ă©pisode actuel est plus concentrĂ© dans la moitiĂ© sud. En revanche, son intensitĂ© locale pourrait ĂȘtre supĂ©rieure. MĂ©tĂ©o-France souligne prĂ©cisĂ©ment cette diffĂ©rence entre les deux situations. Le prĂ©cĂ©dent Ă©pisode notable de chaleur tardive remonte Ă septembre 2023, du 3 au 11 septembre, alors que la sĂ©quence actuelle pourrait ĂȘtre plus courte mais plus intense dans le Sud.
Dimanche sera Ă©galement intĂ©ressant plus au nord. La chaleur doit progresser vers la Bretagne, la Normandie et l’Ăle-de-France, avec environ 30 Ă 32 °C possibles. Quelques ondĂ©es ou orages localisĂ©s peuvent se dĂ©velopper dans l’Ouest et sur les reliefs. Cette Ă©volution annonce le changement de rĂ©gime qui doit intervenir en dĂ©but de semaine, avec une baisse progressive des tempĂ©ratures par l’Ouest.
Lundi, le thermomĂštre devrait commencer Ă perdre des degrĂ©s sur l’Ouest et le Nord, mais la chaleur restera bien prĂ©sente dans le Sud. MĂ©tĂ©o-France prĂ©voit encore 25 Ă 32 °C sur une grande partie du pays, avec 35 Ă 37 °C possibles dans le quart sud-est. Mardi, la situation devrait devenir plus perturbĂ©e avec le retour de conditions ocĂ©aniques. Cette Ă©volution reste toutefois Ă affiner, notamment pour la rĂ©partition des prĂ©cipitations. Une baisse de 10 °C n’Ă©quivaudra pas automatiquement Ă une bonne pluie gĂ©nĂ©ralisĂ©e.
C’est justement l’un des problĂšmes majeurs de cette fin d’Ă©tĂ©. La France sort d’un Ă©tĂ© exceptionnellement chaud et sec. MĂ©tĂ©o-France a Ă©tabli pour juin, juillet et aoĂ»t une tempĂ©rature moyenne nationale de 24,0 °C, soit 3,6 °C au-dessus de la normale. L’Ă©tĂ© 2026 devient ainsi le plus chaud jamais enregistrĂ© depuis 1900. La France a connu 53 jours de vague de chaleur sur la pĂ©riode estivale, tandis que 45 % du territoire ont atteint au moins 40 °C. Le dĂ©ficit de prĂ©cipitations s’est Ă©tabli autour de 40 %.
Ce contexte change complĂštement la lecture de l’Ă©pisode actuel. Une chaleur de 37 °C au mois de septembre serait dĂ©jĂ remarquable aprĂšs un Ă©tĂ© normal. AprĂšs l’Ă©tĂ© 2026, elle intervient sur des sols, des forĂȘts et des cultures qui ont dĂ©jĂ subi plusieurs mois de tempĂ©ratures trĂšs Ă©levĂ©es. Les pluies de fin aoĂ»t n’ont pas partout suffi Ă rĂ©hydrater profondĂ©ment les sols. MĂ©tĂ©o-France souligne d’ailleurs que le danger de feux reste Ă©levĂ© dans une grande partie des rĂ©gions mĂ©diterranĂ©ennes et demeure significatif dans plusieurs secteurs d’Aquitaine, du Poitou, du Centre-Val de Loire et du bassin parisien.
La sĂ©cheresse des vĂ©gĂ©taux constitue ici un facteur particuliĂšrement important. MĂȘme lorsqu’une pluie rĂ©cente a humidifiĂ© superficiellement la vĂ©gĂ©tation, le sous-sol peut rester trĂšs sec. Quelques millimĂštres de pluie peuvent donc donner une impression de changement alors que la rĂ©serve hydrique demeure trĂšs faible. Avec une nouvelle sĂ©quence de tempĂ©ratures supĂ©rieures Ă 35 °C, l’eau prĂ©sente dans les premiers centimĂštres du sol est rapidement consommĂ©e ou Ă©vaporĂ©e.
Pour les incendies, la situation est d’autant plus dĂ©licate que le vent prĂ©vu samedi peut accĂ©lĂ©rer la propagation d’un feu. La vitesse de propagation dĂ©pend de nombreux paramĂštres : type de vĂ©gĂ©tation, teneur en eau des combustibles, pente, vent, tempĂ©rature, humiditĂ© relative et configuration du terrain. Un mĂȘme dĂ©part de feu peut donc avoir un comportement totalement diffĂ©rent selon qu’il survient dans une zone humide ou dans une vĂ©gĂ©tation dessĂ©chĂ©e par plusieurs semaines de chaleur.
La vigilance canicule constitue Ă©videmment l’autre Ă©lĂ©ment Ă surveiller. Pour samedi 5 septembre, sept dĂ©partements sont placĂ©s en vigilance orange canicule : l’ArdĂšche, l’Aude, la DrĂŽme, le Gard, l’HĂ©rault, les PyrĂ©nĂ©es-Orientales et le Vaucluse. Dix dĂ©partements sont en vigilance jaune canicule : l’AriĂšge, la Haute-Garonne, le Gers, l’IsĂšre, les Landes, les PyrĂ©nĂ©es-Atlantiques, les Hautes-PyrĂ©nĂ©es, le RhĂŽne, ainsi que les territoires dĂ©jĂ concernĂ©s selon la carte de vigilance. La carte nationale actualisĂ©e Ă 16 heures reste la rĂ©fĂ©rence pour suivre les Ă©volutions.
Le passage en orange ne signifie pas simplement « il va faire trĂšs chaud ». Le systĂšme de vigilance prend en compte les tempĂ©ratures maximales et minimales prĂ©vues sur plusieurs jours ainsi que les seuils biomĂ©tĂ©orologiques propres Ă chaque dĂ©partement. Une mĂȘme tempĂ©rature n’entraĂźne donc pas automatiquement le mĂȘme niveau de vigilance dans deux dĂ©partements diffĂ©rents. MĂ©tĂ©o-France utilise notamment des indicateurs intĂ©grant les tempĂ©ratures minimales et maximales sur trois jours glissants.
Ă l’heure actuelle, il n’y a pas de vigilance rouge canicule en mĂ©tropole pour cette sĂ©quence. C’est une distinction importante. Les tempĂ©ratures peuvent ĂȘtre exceptionnelles et battre des records sans que le niveau rouge soit automatiquement dĂ©clenchĂ©. La vigilance correspond Ă une Ă©valuation du danger sanitaire et de son intensitĂ©, pas Ă un classement du spectacle mĂ©tĂ©orologique.
Le jaune mĂ©rite lui aussi d’ĂȘtre pris au sĂ©rieux. Une vigilance jaune canicule correspond Ă un pic de chaleur ou Ă une situation chaude susceptible de poser problĂšme aux personnes fragiles ou fortement exposĂ©es. Les sportifs, les travailleurs extĂ©rieurs, les personnes ĂągĂ©es, les enfants et les personnes qui vivent dans des logements difficiles Ă rafraĂźchir sont particuliĂšrement concernĂ©s. Une journĂ©e Ă 34 °C n’est pas la mĂȘme chose pour quelqu’un qui travaille huit heures Ă l’extĂ©rieur que pour quelqu’un qui passe sa journĂ©e dans un bĂątiment climatisĂ©.
Pour vous, le week-end demande donc quelques prĂ©cautions simples, surtout dans les dĂ©partements orange et jaunes. Le logement doit ĂȘtre protĂ©gĂ© du soleil durant les heures les plus chaudes, avec une ventilation privilĂ©giĂ©e lorsque l’air extĂ©rieur devient plus frais. Les efforts physiques importants doivent ĂȘtre limitĂ©s pendant le pic thermique. Pour les trajets en voiture, une attention particuliĂšre doit ĂȘtre portĂ©e Ă l’hydratation, aux enfants et aux animaux, qui ne doivent Ă©videmment jamais rester dans un vĂ©hicule arrĂȘtĂ©, mĂȘme quelques minutes.
La voiture elle-mĂȘme supportera trĂšs bien 38 °C si elle est correctement entretenue, mais certaines contraintes augmentent avec la chaleur. La climatisation doit Ă©vacuer une grande quantitĂ© d’Ă©nergie lorsque l’habitacle dĂ©passe 50 °C aprĂšs une longue exposition au soleil. Les pneumatiques chauffent eux aussi avec la tempĂ©rature extĂ©rieure et surtout avec la vitesse. La pression doit ĂȘtre contrĂŽlĂ©e Ă froid et rester conforme aux valeurs du constructeur. Il ne faut pas retirer de l’air d’un pneu chaud sous prĂ©texte que sa pression paraĂźt plus Ă©levĂ©e.
Le jardin, lui, risque encore de faire grise mine. Une nouvelle journĂ©e Ă 35 ou 38 °C augmente fortement la demande Ă©vaporative de l’atmosphĂšre. Le dĂ©ficit de pression de vapeur entre la feuille et l’air augmente, la plante transpire davantage et ferme progressivement ses stomates lorsque l’alimentation en eau ne suit plus. L’irrigation doit donc privilĂ©gier une pĂ©nĂ©tration suffisamment profonde du sol plutĂŽt qu’un simple mouillage superficiel qui s’Ă©vapore rapidement.
L’eau devient d’ailleurs un sujet de plus en plus dĂ©licat. Une baisse des tempĂ©ratures en dĂ©but de semaine pourrait rĂ©duire la demande Ă©vaporative, mais les nappes et les sols ne se reconstituent pas en quelques heures. Il faudra des prĂ©cipitations suffisamment importantes et suffisamment rĂ©guliĂšres pour vĂ©ritablement modifier la situation hydrologique. Une averse spectaculaire de vingt minutes peut produire beaucoup de ruissellement sans recharger efficacement les rĂ©serves souterraines.
Il reste enfin un dernier Ă©lĂ©ment Ă surveiller : la durĂ©e de cette chaleur tardive. Un record mensuel isolĂ© est une curiositĂ© climatique. Une sĂ©rie de journĂ©es trĂšs chaudes, avec des nuits Ă©levĂ©es et une sĂ©cheresse persistante, constitue un phĂ©nomĂšne d’une autre dimension. C’est la rĂ©pĂ©tition qui transforme un Ă©pisode mĂ©tĂ©o en problĂšme sanitaire, agricole, Ă©nergĂ©tique ou forestier.
Et c’est probablement ce qui rĂ©sume le mieux cette situation. 282 nouveaux records mensuels sont dĂ©jĂ recensĂ©s ce vendredi dans le classement MĂ©tĂ©ociel, 10 autres records mensuels ont Ă©tĂ© Ă©galĂ©s, et la sĂ©quence n’est pas terminĂ©e. Samedi restera trĂšs chaud dans le Sud, dimanche pourrait produire un nouveau pic avec localement 40 °C ou davantage, puis l’air ocĂ©anique devrait progressivement reprendre la main Ă partir de lundi.
Le plus Ă©tonnant reste peut-ĂȘtre de regarder le calendrier. Nous sommes le 4 septembre. Dans quelques semaines, les premiers Ă©pisodes de brouillard, les matinĂ©es fraĂźches et les premiĂšres feuilles jaunes feront leur apparition. Mais pour l’instant, dans plusieurs rĂ©gions françaises, vous pourriez encore avoir besoin de votre ventilateur avant de ressortir votre veste.
đ LES CHIFFRES DU JOUR
| đĄïž Indicateur | Valeur |
| đ„ Nouveaux records mensuels recensĂ©s le 4 septembre | 282 |
| đ Records mensuels Ă©galĂ©s | 10 |
| đ PĂ©riode du classement | 8 h Ă 19 h |
| đĄïž CĂ©ret | 40,2 °C |
| đĄïž LĂ©zignan-CorbiĂšres | 39,4 °C |
| đĄïž Carcassonne | 38,0 °C |
| đĄïž Toulouse | 37,5 °C |
| đĄïž Cahors | 37,4 °C |
| đĄïž Valence | 35,1 °C |
| đĄïž Bourg-Saint-Maurice | 34,7 °C |
| đĄïž Strasbourg | 33,8 °C, nouveau record mensuel |
| đĄïž Annecy-Meythet | 32,4 °C |
| đĄïž Chamonix | 31,5 °C |
| đ„ Samedi Sud | 36 Ă 39 °C |
| đ„ Samedi Languedoc | jusqu’Ă 38-40 °C localement |
| đ„ Dimanche Sud-Ouest | 40 °C possibles |
| đ„ ScĂ©narios les plus chauds | 41 Ă 42 °C localement |
| đ Vigilance orange samedi | 7 dĂ©partements |
| đĄ Vigilance jaune canicule | 10 dĂ©partements |
| đŽ Vigilance rouge canicule | Aucun dĂ©partement |
đ VIGILANCES : CE QU’IL FAUT SURVEILLER
Samedi 5 septembre, sept dĂ©partements sont en orange canicule : ArdĂšche, Aude, DrĂŽme, Gard, HĂ©rault, PyrĂ©nĂ©es-Orientales et Vaucluse. Dix autres dĂ©partements apparaissent en jaune canicule, dont l’IsĂšre, le RhĂŽne, l’AriĂšge, la Haute-Garonne, le Gers, les Landes, les PyrĂ©nĂ©es-Atlantiques et les Hautes-PyrĂ©nĂ©es. Aucun dĂ©partement mĂ©tropolitain n’est en rouge canicule dans la carte disponible vendredi aprĂšs-midi.
Le danger ne se limite toutefois pas Ă la tempĂ©rature. Le risque de feu de forĂȘt reste Ă©levĂ© dans plusieurs rĂ©gions mĂ©diterranĂ©ennes, tandis que l’Aquitaine, les Landes, la Gironde, le Poitou, le Centre-Val de Loire et le bassin parisien conservent des niveaux de danger significatifs ou modĂ©rĂ©s. La sĂ©cheresse accumulĂ©e durant l’Ă©tĂ© reste un facteur dĂ©terminant.
đŻ POINTS CLĂS Ă RETENIR
282 records mensuels nouveaux sont actuellement recensĂ©s pour la journĂ©e du 4 septembre, avec 10 records mensuels Ă©galĂ©s. Le chiffre est provisoire puisque certaines donnĂ©es peuvent encore ĂȘtre corrigĂ©es ou consolidĂ©es.
Le Sud reste la zone la plus exposée samedi, avec 36 à 39 °C possibles et localement 38 à 40 °C dans les secteurs les plus chauds. Les nuits resteront particuliÚrement douces autour de la Méditerranée.
Dimanche pourrait constituer le sommet de l’Ă©pisode, notamment dans le Sud-Ouest. Le seuil des 40 °C est possible et certains scĂ©narios atteignent 41 Ă 42 °C localement. Ces valeurs restent des projections et devront ĂȘtre confirmĂ©es par les prochains bulletins.
La France ne sort pas d’un Ă©tĂ© ordinaire. L’Ă©tĂ© 2026 est le plus chaud jamais observĂ© depuis 1900, avec 24,0 °C de tempĂ©rature moyenne nationale et une anomalie de +3,6 °C.
Le risque incendie reste important, car la chaleur intervient sur une vĂ©gĂ©tation et des sols encore trĂšs secs. Les pluies de fin aoĂ»t n’ont pas partout suffi Ă effacer le dĂ©ficit hydrique.
Le dĂ©but de semaine devrait apporter une amĂ©lioration thermique, avec une baisse des tempĂ©ratures par l’Ouest dĂšs lundi et un retour plus net des perturbations ocĂ©aniques Ă partir de mardi. La chaleur restera cependant prĂ©sente quelque temps dans le Sud-Est.
đ POUR ALLER PLUS LOIN
Cette sĂ©quence de dĂ©but septembre mĂ©rite surtout d’ĂȘtre suivie comme un Ă©pisode de chaleur tardif et non comme une simple prolongation sympathique des vacances. Le nombre de records, leur rĂ©partition gĂ©ographique et leur marge par rapport aux anciennes rĂ©fĂ©rences donnent une information beaucoup plus intĂ©ressante que la seule tempĂ©rature maximale d’une ville.
La barre des 282 records mensuels constitue déjà un signal fort. Mais le compteur pourrait encore progresser samedi et surtout dimanche. Si le Sud-Ouest confirme des températures autour de 40 °C, voire davantage dans quelques secteurs, septembre 2026 pourrait inscrire de nouvelles références dans les archives météorologiques françaises.
Le changement de rĂ©gime attendu Ă partir de lundi sera donc particuliĂšrement observĂ©. Une France qui passe de 40 °C Ă des tempĂ©ratures beaucoup plus modĂ©rĂ©es en quelques jours ne revient pas pour autant instantanĂ©ment Ă une situation hydrologique normale. Le thermomĂštre peut changer de costume trĂšs vite ; les sols, les nappes, les forĂȘts et les cultures, eux, ont une mĂ©moire beaucoup plus longue.
Pour l’instant, le verdict est simple : le 4 septembre 2026 est dĂ©jĂ une journĂ©e historique par le nombre de records mensuels recensĂ©s, et le week-end n’a pas encore jouĂ© son dernier acte.
Les minimales de la nuit de vendredi Ă samedi sont comprises entre 19 et 23°C sur les rĂ©gions mĂ©diterranĂ©ennes. Ailleurs elles sont le plus souvent infĂ©rieures Ă 20°C (d’oĂč le niveau seulement jaune pour les dĂ©partements du Sud-Ouest).
Samedi aprÚs-midi, les maximales vont baisser de quelques degrés sur le Sud-Ouest, mais devraient monter sensiblement sur le littoral languedocien.
Ces trĂšs fortes chaleurs persistent au moins jusqu’Ă dimanche sur la moitiĂ© sud du pays, en particulier sur le Sud-Est, tandis que la moitiĂ© nord reste plus Ă l’Ă©cart, les maximales y Ă©tant infĂ©rieures Ă 35°C.




