Goretti : encore 95600 foyers sans courant ce samedi matin.

Ce samedi 10 janvier 2026, au lendemain du passage dévastateur de la tempête Goretti, la France tente de sortir de la paralysie. Si le ciel s’est apaisé, les stigmates au sol témoignent d’une nuit de chaos où les records de vent ont volé en éclats, notamment dans le Cotentin avec une pointe extrême à 213 km/h à Barfleur. À 8 heures ce matin, le bilan opérationnel reste lourd malgré la mobilisation exceptionnelle des services de secours et des techniciens.

Le réseau électrique panse ses plaies

Le dernier point de situation d’Enedis confirme l’ampleur du chantier : 95 600 foyers sont toujours privés d’électricité ce samedi matin. On revient de loin, puisque le pic avait atteint 380 000 clients au plus fort de la crise vendredi à l’aube. La décrue des pannes s’est accélérée durant la nuit grâce au travail ininterrompu des équipes, mais les zones restantes sont les plus difficiles d’accès.

La Normandie concentre encore l’essentiel des difficultés, notamment dans les zones bocagères où des centaines d’arbres se sont abattus sur les lignes moyenne et basse tension. Enedis a déployé la quasi-totalité de sa Force d’Intervention Rapide Électricité (FIRE), soit plus de 2 500 agents sur le terrain. Des renforts venus du sud de la France et même des drones de reconnaissance survolent actuellement les secteurs isolés pour guider les techniciens vers les pylônes tordus par la force du vent. L’objectif affiché est de rétablir la quasi-totalité des foyers avant dimanche soir, bien que les conditions météo, marquées par un net refroidissement et l’arrivée de la neige sur l’Est, compliquent les interventions en nacelle.

Dégâts matériels : un inventaire à la Prévert

Le littoral normand et breton offre un visage désolé. À Étretat, la digue a subi des dégâts structurels sous l’assaut d’une houle massive qui a projeté des galets jusque dans les rues adjacentes. Plus à l’ouest, à Granville et Cherbourg, les toitures arrachées se comptent par dizaines. Les bâtiments agricoles ont payé un tribut particulièrement lourd : de nombreux hangars ont été littéralement déshabillés de leurs tôles, désormais éparpillées dans les champs.

Le bilan humain s’est stabilisé à huit blessés, dont deux hospitalisés dans un état sérieux dans la Manche. Ce chiffre, bien que regrettable, témoigne de l’efficacité des consignes de confinement. Les sapeurs-pompiers ont effectué plus de 2 500 interventions depuis jeudi soir, principalement pour des dégagements de chaussée, des assèchements de caves et la sécurisation d’éléments menaçant de s’effondrer.

Transports : une reprise sous surveillance

Sur le front des transports, la SNCF a annoncé une reprise progressive de la circulation sur les axes majeurs comme le Paris-Caen ou le Paris-Rouen, mais les usagers doivent s’attendre à des retards importants. Plusieurs « trains balais » ont parcouru les voies toute la nuit pour vérifier l’absence d’obstacles. Sur la route, si les grands ponts (Normandie, Cheviré) ont été rouverts, la vigilance reste de mise sur le réseau secondaire où la boue et les débris végétaux rendent la chaussée glissante.

La priorité des préfectures se tourne désormais vers l’évaluation des dommages pour engager les procédures de catastrophe naturelle. Les maires des communes littorales sont invités à recenser les dégâts sur les infrastructures publiques avant la fin du week-end.

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