
Les précipitations, quant à elles, ont dominé le récit de ce septembre, transformant ce qui aurait pu être un mois de transition paisible en une saga d’humidité et de débordements. Le cumul national moyen s’élève à 80 mm, soit un excédent de 20 % par rapport à la normale, mais avec des disparités criantes qui traduisent la complexité des circulations atmosphériques actuelles. L’ouest et le nord ont été les plus touchés : la Bretagne a vu des épisodes pluvieux intenses dès la première décade, avec des cumuls dépassant 150 mm à Brest et Quimper, tandis que la Normandie et les Hauts-de-France ont enchaîné les averses grises, accumulant jusqu’à 120 mm sur Caen. Fin septembre, une perturbation atlantique stagnante a déversé des quantités diluviennes sur le centre-ouest, provoquant des inondations localisées dans la Loire et le Poitou, où des stations comme Poitiers ont relevé plus de 100 mm en trois jours. Au sud, le tableau est plus contrasté : les Cévennes et le Languedoc ont connu des retours cévenols modérés, avec 80-100 mm sur Montpellier, mais l’évapotranspiration élevée – due aux chaleurs résiduelles – a rendu ces pluies « inefficaces » dans des zones comme la vallée de la Garonne ou la Provence, où les déficits hydriques persistent malgré tout. Globalement, ces excès ont mis fin à une sécheresse relative héritée de l’été, rechargeant les nappes phréatiques dans l’ouest – un bol d’air pour les aquifères côtiers – mais ils ont aussi amplifié les risques d’érosion et de ruissellement, particulièrement sur des sols déjà saturés. Des études récentes du BRGM, publiées en marge de ce bilan, estiment que ces épisodes pluvieux ont contribué à une hausse de 15 % des débits fluviaux dans le bassin de la Seine, évitant in extremis une crise hydrique automnale, mais au prix de vigilance accrue pour les crues.
Tout ce qu’il faut retenir selon Météo France :
● une température moyenne sur le mois et sur le pays conforme à la normale (17,5 °C) avec un pic de chaleur tardif suivi d’un épisode de fraîcheur précoce en fin de mois ;
● un mois de septembre marqué par plusieurs passages pluvieux d’ampleur, entraînant localement des inondations. À l’échelle du mois et du pays, l’excédent pluviométrique atteint 15 % ;
● un mois particulièrement gris avec un déficit d’ensoleillement de 15 %.
Des températures en moyenne proches de la normale .

Après une première quinzaine où les températures ont oscillé autour de la normale, la seconde a été marquée par un pic de chaleur tardif (les 19 et 20 septembre), suivi de températures souvent dignes d’un début novembre (du 23 au 26 septembre). À l’échelle du mois et du pays, la température de 17,5 °C est conforme à la normale. Les températures minimales ont été légèrement plus chaudes que la normale (+0.3 °C) tandis que les températures maximales sont restées légèrement plus fraîches que la normale (-0.5 °C).
Durant le pic de chaleur remarquable, les températures ont dépassé 30 °C sur près de la moitié du territoire. Les 35 °C ont même été localement dépassés sur le Sud-Ouest.
En revanche, durant l’épisode de fraîcheur précoce, les températures maximales ont été inférieures de 5 °C aux normales de saison durant quatre jours (du 23 au 26 septembre).
Aucune journée n’avait encore connu une telle anomalie froide depuis le début de l’année2025. A contrario, on dénombre, depuis le 1er janvier, déjà plus de 43 jours avec des températures maximales supérieures de 5 °C à la normale.
Un mois de septembre pluvieux
Le mois de septembre a été marqué par plusieurs épisodes pluvieux importants, entraînant
localement des inondations :
● le 1er septembre dans l’arrière-pays héraultais et le Gard ;
● le 8 près des frontières luxembourgeoise et allemande ;
● du 11 au 13 sur le Pas-de-Calais ;
● le 21 sur les Côtes-d’Armor ou encore à l’est du Rhône, près de la Méditerranée.
À l’échelle du mois et du pays, l’excédent pluviométrique atteint 15 %.Il est tombé plus d’une fois et demi à deux fois la normale de précipitations du Massif central
au Grand Est où il a plu un jour sur deux en moyenne (soit cinq jours de plus que la normale).
Dans certaines villes, il s’agit du mois de septembre le plus pluvieux jamais enregistré :
● Nancy (Meurthe-et-Moselle) : 170 mm (normale : 61 mm).
● Sélestat (Bas-Rhin) : 111 mm (normale : 50 mm),
● Bâle-Mulhouse (Haut-Rhin) : 146 mm (normale : 64 mm).
À l’échelle de l’Alsace et de la Lorraine, c’est le deuxième mois de septembre le plus
pluvieux derrière septembre 1984.
Une large moitié nord du pays a été très arrosée pour un mois de septembre, à l’exception de l’intérieur de la Normandie. Plusieurs régions sont en revanche déficitaires comme le Sud-Ouest (-10 à -20 %), le Languedoc-Roussillon (-50 %) ou encore la Corse (-70 %).
L’humidité des sols est restée proche de la normale à l’échelle du pays tout au long du mois. L’activité orageuse a été plus faible que la normale, à l’instar des mois précédents, avec
moins de 30 000 impacts (à comparer avec une normale de 50 000 impacts).
Un mois peu ensoleillé
Le mois de septembre a été globalement gris sur une très large partie du territoire. On dénombre moins de cinq journées très ensoleillées sur la majeure partie du pays. Du Sud-Ouest au Nord-Est, avec une journée sur trois très peu ensoleillée, le déficit d’ensoleillement atteint 20 %, localement 30 %. Seul le pourtour méditerranéen a bénéficié d’un ensoleillement proche de la normale.
À l’échelle du mois et du pays, le déficit d’ensoleillement atteint 15 %. C’est le premier mois déficitaire depuis le début de l’année et même depuis octobre 2024
Zoom régional
Plusieurs épisodes pluvieux d’ampleur au cours du mois.
Au cours du mois, plusieurs épisodes pluvieux ont concerné le pays et ont localement entrainé des inondations. On a ainsi relevé :
● 162 mm à Uzès (Gard) et 128 mm à Orange (Vaucluse) dans la nuit du 31 août au
1er septembre ;
● 93 mm à Porcelette (Moselle) le 8 septembre, localement plus de 150 mm ;
● 105 mm à Bainghen (Pas-de-Calais) entre le 11 et le 14 septembre (normale du mois
: 93 mm) ;
● 96 mm à Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor) le 21 septembre. Il s’agit du plus fort cumul quotidien jamais enregistré sur cette ville. Il a pu tomber localement 150 à 200 mm sur cette zone au cours de cet épisode ;
● près de 150 mm en quelques heures le 21 septembre à l’est du Rhône :
○ 133 mm à Avignon (Vaucluse) dont 111 mm en 3 heures ;
○ 103 mm à Marignane (Bouches-du-Rhône) dont 87 mm en 3 heures ;
○ 123 mm à Toulon (Var) dont 90 mm en une heure.
Pic de chaleur tardif
Les températures ont été particulièrement élevées les 18 et 19 septembre avec des températures dépassant 30 °C le 18 et même 35 °C le 19 dans le Sud-Ouest. On relève ainsi jusqu’à :
● 35,2 °C à Bordeaux (Gironde) ;
● 34,0 °C à Biarritz (Pyrénées-Atlantiques) ;
● 33,7 °C à Dax (Landes) ;
● 32,6 °C à Carcassonne (Aude) ;
● 32,6 °C à Pau (Pyrénées-Atlantiques)
● 32,6 °C à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) ;
● 32,2 °C à Toulouse (Haute-Garonne) ;
● 32,0 °C à Auch (Gers) ;
● 31,8 °C à Agen (Lot-et-Garonne) ;
● 30,5 °C à Lyon (Rhône) ;
● 30,4 °C à Paris ;
● 30,1 °C à Rouen (Seine-Maritime).
Avec le changement climatique, ces pics de chaleurs tardifs sont plus probables et plus
fréquents.
Une fin de mois maussade et très fraîche
Une goutte froide se positionne sur la France en fin de mois, occasionnant un temps gris et froid pour la saison. Les températures maximales sont localement 10 °C en dessous de la normale, parfois dignes d’un mois de novembre. On a ainsi relevé :
● 9,1 °C à Limoges (Haute-Vienne) le 23 ;
● 9,3 °C à Langres (Haute-Marne) le 23 ;
● 9,7 °C à Nancy (Meurthe-et-Moselle) le 23 ;
● 10,9 °C à Paris le 24 ;
● 11,7 °C à Auxerre (Yonne) le 24.
De petites gelées sont relevées dans les fonds de vallée, et quelques flocons de neige sont parfois tombés à partir de 1500 mètres dans les Alpes ou les Pyrénées. Ces épisodes froids précoces ne sont pas inédits, mais deviennent de plus en plus rares avec le changement climatique.
Dossier préparé avec les données relevées par Météo France




