Les photinias sont des arbustes à feuillage persistant très appréciés pour leur facilité d’entretien, leur résistance et leur aspect ornemental, notamment grâce à leurs jeunes pousses rouges qui contrastent avec le vert mature de leur feuillage. Utilisés en haies, en massifs ou en isolé, ils offrent un intérêt décoratif tout au long de l’année. Leur culture demande néanmoins quelques précautions en fonction des saisons, que ce soit pour l’arrosage, la taille, la prévention des maladies ou l’enrichissement du sol.
La plantation se fait idéalement en automne ou au début du printemps, afin de leur laisser le temps de s’enraciner avant les chaleurs estivales ou les rigueurs de l’hiver. Une exposition ensoleillée ou mi-ombragée est à privilégier, car un manque de lumière peut réduire l’intensité du rouge des nouvelles feuilles. Le sol doit être bien drainé, car l’excès d’humidité est l’un des principaux facteurs de maladies, notamment la tache foliaire due à l’entomosporiose. Pour limiter ce risque, il est préférable d’éviter les arrosages excessifs et d’espacer les arbustes lors de la plantation afin de favoriser une bonne circulation de l’air.
Au printemps, c’est le début de la pleine phase de croissance. C’est la saison où apparaissent les jeunes pousses rouges, qui offrent un spectacle coloré. L’apport d’un engrais organique riche en azote favorise la reprise et l’émission de nouvelles feuilles. Une taille légère en avril stimule la ramification et accentue la coloration du feuillage. Cependant, il convient d’éviter les coupes trop sévères à cette période, afin de ne pas compromettre la floraison blanche qui survient en mai-juin. Bien que discrètes, ces fleurs attirent les pollinisateurs et renforcent l’intérêt écologique de la plante. Les arrosages doivent être réguliers, surtout si le printemps est sec, mais toujours sans excès.
L’été est une période plus délicate pour les photinias, notamment en cas de fortes chaleurs ou de sécheresse prolongée. Un paillage au pied de l’arbuste permet de conserver l’humidité et de limiter l’évaporation. L’arrosage doit être espacé mais abondant, en évitant de mouiller le feuillage afin de prévenir les maladies cryptogamiques. Si des taches noires apparaissent sur les feuilles, signe d’entomosporiose, il est recommandé de supprimer les parties atteintes et d’aérer la plante par une taille légère. Un traitement préventif à la bouillie bordelaise en fin d’été peut être envisagé si le problème est récurrent. Pour renforcer la plante face aux stress hydriques, un apport de potasse favorise une meilleure résistance aux conditions climatiques extrêmes.
L’automne marque une période de transition où la croissance ralentit. C’est le moment idéal pour une taille plus marquée, notamment pour équilibrer la silhouette et supprimer les branches mortes ou trop faibles. Une fertilisation légère à base de compost ou de fumier bien décomposé enrichit le sol en prévision de l’hiver. Les arrosages peuvent être réduits, sauf en cas d’automne anormalement sec. Cette période est aussi favorable à la plantation de nouveaux sujets, car les températures encore douces et l’humidité croissante facilitent l’enracinement.
En hiver, ces arbustes entrent en dormance, mais leur feuillage persistant continue d’apporter une touche de verdure au jardin. Dans les régions aux hivers rigoureux, les jeunes plants peuvent être protégés par un voile d’hivernage ou un paillage plus épais. La taille est à éviter en cas de gel, car les coupes fragiliseraient les rameaux exposés aux basses températures. L’arrosage est généralement inutile, sauf en cas de sécheresse prolongée ou si l’arbuste est en pot.
Certaines variétés sont plus adaptées que d’autres selon le climat et l’usage recherché. ‘Red Robin’ est l’un des plus populaires pour ses jeunes feuilles d’un rouge intense et sa croissance rapide, idéale pour une haie dense. ‘Carré Rouge’ offre une teinte encore plus vive et se prête bien aux petits jardins. ‘Pink Marble’ se distingue par un feuillage panaché de rose et de crème, ajoutant une touche d’originalité. Dans les régions froides, des variétés plus résistantes comme ‘Little Red Robin’ sont à privilégier.
Le photinia, bien que robuste, n’est pas à l’abri de certaines maladies et parasites. L’entomosporiose reste le problème le plus fréquent, se manifestant par des taches noires sur les feuilles qui finissent par tomber. Un bon espacement entre les plants, un sol bien drainé et une taille raisonnée permettent de limiter cette maladie. En cas d’attaque sévère, un traitement à base de bouillie bordelaise en fin d’hiver et à l’automne aide à prévenir sa réapparition. Les pucerons peuvent aussi s’attaquer aux jeunes pousses au printemps. Une pulvérisation d’eau savonneuse ou l’introduction d’auxiliaires naturels comme les coccinelles suffit généralement à les éliminer. Un feuillage jauni ou déformé peut être le signe d’une carence en fer, corrigée par un apport de chélate de fer.
Leur entretine repose sur quelques gestes clés adaptés aux saisons. Une taille modérée au printemps pour favoriser le feuillage rouge, une coupe plus marquée en automne pour structurer la plante, un arrosage maîtrisé en été et une vigilance contre les maladies tout au long de l’année garantissent un développement harmonieux. En intégrant cet arbuste dans une haie variée associant d’autres persistants comme le laurier-tin ou le fusain, il contribue à un jardin coloré et résilient face aux aléas climatiques.
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LE BOUTURAGE
Le bouturage des photinias est une méthode efficace pour multiplier ces arbustes à feuillage persistant tout en préservant leurs caractéristiques. Cette technique permet d’obtenir de nouveaux plants à moindre coût et sans passer par le semis, qui est plus long et aléatoire. Elle se pratique généralement en fin d’été ou au début de l’automne, lorsque les rameaux ont eu le temps de mûrir tout en conservant une certaine souplesse. Un bouturage en hiver sous abri ou au printemps est aussi possible, mais avec un taux de réussite plus variable.
Le choix des rameaux est une étape essentielle. Il faut sélectionner des tiges semi-aoûtées, c’est-à-dire des pousses de l’année qui commencent à durcir sans être totalement lignifiées. Ces rameaux doivent être sains, exempts de maladies ou de parasites, et mesurer une quinzaine de centimètres. La coupe doit être nette et effectuée juste sous un nœud, où se concentrent les cellules capables d’émettre de nouvelles racines.
Avant la mise en terre, il est conseillé de supprimer les feuilles du bas pour limiter l’évaporation et de ne conserver que les feuilles supérieures, éventuellement réduites de moitié si elles sont trop grandes. Une légère incision à la base de la tige, sur un centimètre, peut favoriser l’apparition des racines. Tremper la base de la bouture dans une hormone de bouturage stimule l’enracinement, bien que cette étape ne soit pas indispensable.
Le substrat doit être léger et drainant pour éviter la stagnation de l’eau, principale cause d’échec. Un mélange de terreau et de sable ou de perlite offre des conditions idéales. Les boutures doivent être enterrées sur plusieurs centimètres, en veillant à bien tasser la terre autour pour assurer un bon contact avec le substrat.
L’humidité est un facteur clé pour la réussite du bouturage. Il est préférable de placer les boutures sous châssis, sous une cloche ou dans une mini-serre pour maintenir une atmosphère humide. Une brumisation régulière des feuilles limite la déshydratation, mais les arrosages doivent rester modérés pour éviter le pourrissement des tiges. Une température douce, autour de 18 à 22°C, favorise le développement des racines.
Les premières racines apparaissent généralement au bout de quatre à six semaines. Une légère résistance lorsqu’on tire délicatement sur la tige indique que l’enracinement est en cours. Une fois bien installées, les jeunes boutures peuvent être progressivement acclimatées à l’air libre avant d’être repiquées en pleine terre ou en pot au printemps suivant.
Un paillage au pied des jeunes plants limite l’évaporation et protège du froid hivernal si les boutures sont installées à l’extérieur. La croissance étant plus lente que celle d’un plant acheté en pépinière, il faut patienter un à deux ans avant d’obtenir un arbuste bien formé.
Le bouturage des photinias, bien que nécessitant quelques précautions, est une méthode accessible pour multiplier ces arbustes tout en conservant leurs qualités esthétiques et leur résistance aux conditions climatiques.




