Grippe et Covid en France : le coronavirus circule encore, la grippe reste discrète avant l’hiver

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À l’approche de l’hiver, les virus respiratoires reprennent progressivement leur place dans l’actualité sanitaire. Mais au début du mois de novembre, la situation française ne ressemble pas encore à une grande vague épidémique. Les derniers indicateurs disponibles montrent une activité faible pour les infections respiratoires aiguës, une circulation persistante du SARS-CoV-2 et très peu de grippe en métropole. La vigilance porte désormais sur les prochaines semaines, avec le retour des rassemblements en intérieur et la baisse des températures.

Covid-19 : une circulation toujours présente, mais un impact limité sur les soins

Le Covid-19 n’a pas disparu du paysage sanitaire français. Le virus SARS-CoV-2 continue de circuler, même si son impact sur les consultations et les établissements de santé reste limité au regard des données disponibles.

Pour la semaine du 19 au 25 octobre 2026, le réseau Sentinelles estime à 18 cas pour 100 000 habitants le taux d’incidence des consultations de médecine générale pour Covid-19 associé à une infection respiratoire aiguë. Ce niveau est légèrement supérieur à celui de la semaine précédente, établi à 14 cas pour 100 000 habitants. La progression existe donc, mais elle reste modeste et s’inscrit dans une activité qualifiée de faible.

Il faut bien comprendre ce que mesure cet indicateur : il ne s’agit pas du nombre total de personnes contaminées en France. Il estime la fréquence des consultations pour Covid-19 en médecine générale, à partir d’un réseau de surveillance et d’une méthode statistique. Les personnes qui présentent peu de symptômes, qui ne consultent pas ou qui réalisent un autotest sans passer par un médecin ne sont pas toutes comptabilisées.

La surveillance virologique de Santé publique France avait déjà mis en évidence une reprise de la circulation du SARS-CoV-2 depuis le mois d’août. Cette évolution s’est poursuivie à la rentrée, mais les indicateurs de recours aux soins sont restés inférieurs à ceux observés à la même période l’année précédente. Le virus circule donc toujours, sans provoquer pour l’instant une pression comparable aux grandes vagues des premières années de la pandémie.

Grippe : très peu de cas en médecine générale

La grippe reste beaucoup plus discrète en France métropolitaine. Pour la semaine du 19 au 25 octobre, le taux d’incidence estimé des consultations pour grippe s’établit à seulement 4 cas pour 100 000 habitants. Il était de 8 cas pour 100 000 habitants la semaine précédente, selon les données consolidées du réseau de surveillance.

Ces valeurs correspondent à une activité faible, très éloignée des niveaux observés lors des épidémies hivernales. Les virus grippaux sont toutefois déjà détectés de manière sporadique. Leur présence ne signifie pas que l’épidémie a commencé : chaque automne, quelques infections sont identifiées avant la montée saisonnière habituelle.

Les analyses virologiques réalisées au début de l’automne ont identifié principalement des virus grippaux de type A, avec la présence des sous-types A(H3N2) et A(H1N1)pdm09. Leur détection confirme que les virus circulent, mais ne permet pas encore de prévoir lequel dominera pendant la saison hivernale.

La situation est différente dans certains territoires ultramarins. À La Réunion, l’épidémie de grippe a débuté dès la fin août, avec une circulation majoritaire du sous-type A(H1N1)pdm09. Mayotte a également connu une circulation active de ce sous-type et est entrée en phase de pré-épidémie en septembre. Il ne faut donc pas confondre la situation de la métropole avec celle de l’ensemble des territoires français.

Les infections respiratoires aiguës restent à un niveau faible

Au-delà de la grippe et du Covid-19, les médecins surveillent l’ensemble des infections respiratoires aiguës. Cette catégorie regroupe plusieurs virus capables de provoquer de la fièvre, une toux, un écoulement nasal, des maux de gorge ou des difficultés respiratoires. Elle comprend notamment le SARS-CoV-2, les virus grippaux, le virus respiratoire syncytial (VRS), les rhinovirus et les métapneumovirus.

Pour la semaine du 19 au 25 octobre, le taux d’incidence des infections respiratoires aiguës vues en médecine générale en France hexagonale a été estimé à 166 cas pour 100 000 habitants. Il était de 162 cas pour 100 000 habitants la semaine précédente, une différence qui ne traduit pas de changement significatif de niveau d’activité. Le réseau Sentinelles qualifie la situation de faible et comparable à celle habituellement observée à cette période de l’année.

Les régions qui présentent les taux les plus élevés sont la Bretagne, avec 266 cas pour 100 000 habitants, la Bourgogne-Franche-Comté, avec 247 cas, et Provence-Alpes-Côte d’Azur, avec 227 cas. Ces chiffres concernent toutes les infections respiratoires aiguës réunies, et non uniquement la grippe ou le Covid-19.

Cette distinction est importante. Une hausse des consultations pour toux, fièvre ou rhume ne signifie pas nécessairement que la grippe progresse. Plusieurs virus peuvent circuler simultanément et produire des symptômes proches.

Le VRS et la bronchiolite : une autre surveillance à suivre

Le virus respiratoire syncytial, ou VRS, est particulièrement surveillé à l’approche de l’hiver en raison de son rôle dans les bronchiolites du nourrisson. Pour la semaine du 19 au 25 octobre, le taux d’incidence des consultations de médecine générale pour infection à VRS était estimé à 1 cas pour 100 000 habitants. L’activité restait donc très faible.

Les indicateurs de bronchiolite chez les enfants de moins d’un an étaient également encore limités en métropole. Les rhinovirus, qui provoquent habituellement des rhumes et peuvent aussi entraîner des symptômes respiratoires chez les jeunes enfants, circulaient toutefois déjà.

La situation peut évoluer rapidement en novembre et en décembre. Le VRS connaît habituellement une circulation saisonnière, avec une montée des infections pendant les mois les plus froids. La surveillance des consultations, des passages aux urgences et des hospitalisations permettra de repérer le début de la progression.

Une situation régionale qui mérite d’être nuancée

Les chiffres nationaux donnent une vision générale, mais ils ne reflètent pas toujours les différences entre régions. En semaine 43, les taux d’infections respiratoires aiguës étaient plus élevés en Bretagne et en Bourgogne-Franche-Comté que dans plusieurs autres régions.

Cela ne signifie pas que ces territoires connaissent déjà une épidémie de grippe. Les taux régionaux regroupent plusieurs infections respiratoires et doivent être interprétés avec les données spécifiques à chaque virus. Une région peut afficher davantage de consultations pour infections respiratoires aiguës en raison de la circulation des rhinovirus ou du SARS-CoV-2, sans que la grippe y soit particulièrement présente.

Les données de surveillance restent par ailleurs soumises à consolidation. Les estimations peuvent être légèrement corrigées après réception de nouveaux résultats. Il est donc préférable de comparer des semaines consolidées plutôt que de tirer des conclusions à partir de chiffres provisoires.

Vaccination : la campagne automnale a commencé

La campagne de vaccination contre la grippe et le Covid-19 pour la saison 2026-2027 a débuté le 13 octobre. Elle vise en priorité les personnes les plus exposées aux formes graves : les personnes âgées, les personnes atteintes de certaines maladies chroniques, les personnes immunodéprimées, les femmes enceintes et les résidents d’établissements médico-sociaux.

Les deux vaccinations peuvent être réalisées au cours du même rendez-vous, sur deux sites d’injection différents. Cette possibilité facilite la protection avant la montée habituelle des infections respiratoires hivernales.

La vaccination contre la grippe est particulièrement recommandée aux personnes de 65 ans et plus, aux personnes présentant des facteurs de risque de complications, aux femmes enceintes et à certains professionnels en contact avec des personnes fragiles. Pour le Covid-19, les recommandations saisonnières ciblent également les personnes les plus exposées aux complications.

La faible circulation actuelle de la grippe ne signifie pas que la vaccination serait inutile. Son intérêt est de préparer la période où le virus circule davantage, plutôt que d’attendre une hausse importante des consultations et des hospitalisations.

Pourquoi les virus respiratoires progressent-ils en automne ?

La saison froide favorise les infections respiratoires par plusieurs mécanismes. Les températures plus basses conduisent à passer davantage de temps dans les espaces clos, parfois insuffisamment ventilés. Les transports collectifs, les bureaux, les écoles et les réunions familiales multiplient les occasions de transmission.

L’air froid et sec peut également fragiliser les mécanismes naturels de défense des voies respiratoires. La transmission dépend toutefois de nombreux facteurs : nature du virus, durée du contact, proximité, ventilation et immunité des personnes exposées.

Le calendrier des épidémies n’est jamais parfaitement identique d’une année à l’autre. La grippe peut commencer plus tôt ou plus tard selon les saisons. Le Covid-19, lui, conserve une circulation moins strictement saisonnière, avec des vagues possibles à différentes périodes de l’année.

Quels signes doivent alerter ?

La grippe provoque souvent une apparition brutale des symptômes : fièvre, frissons, courbatures, fatigue importante, maux de tête et toux. Le Covid-19 peut présenter un tableau proche, avec parfois des maux de gorge, un écoulement nasal, une perte de goût ou d’odorat, des troubles digestifs ou une fatigue prolongée. Les symptômes ne permettent pas toujours de distinguer les deux infections.

Chez les personnes fragiles, une difficulté respiratoire, une douleur thoracique, une confusion ou une aggravation rapide de l’état général nécessitent une évaluation médicale urgente. Chez les nourrissons, une respiration difficile, une alimentation nettement diminuée ou une somnolence inhabituelle doivent également conduire à demander un avis médical sans attendre.

Les gestes de prévention conservent leur intérêt : aérer régulièrement les pièces, se laver les mains, tousser dans son coude et porter un masque en présence de symptômes ou dans les lieux fréquentés par des personnes fragiles. En cas de fièvre ou de toux, limiter les contacts avec les personnes vulnérables reste une mesure de bon sens.

Ce qu’il faut attendre des prochaines semaines

Les chiffres disponibles au 3 novembre ne montrent pas encore de démarrage marqué de l’épidémie de grippe en métropole. Le Covid-19 demeure présent, avec une légère hausse de son incidence en médecine générale, mais son impact sur les soins reste faible. L’ensemble des infections respiratoires aiguës se situe à un niveau proche de celui habituellement observé à cette période.

Le mois de novembre sera déterminant pour observer l’évolution des différents virus. Une augmentation des consultations, des tests positifs, des passages aux urgences et des hospitalisations permettra de repérer une éventuelle accélération. La surveillance du VRS sera également importante, notamment pour les jeunes enfants.

Au début novembre, la France n’est donc pas confrontée à une vague importante de grippe ou de Covid-19. Le coronavirus circule toujours, la grippe reste peu présente en métropole et les autres infections respiratoires demeurent à un niveau faible. La situation peut changer au fil des semaines, mais les données disponibles ne justifient pas de parler d’une épidémie hivernale déjà installée.