🔥Incendies : près de 98 000 hectares brûlés en France, 2026 entre dans l’histoire des feux de forêt

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Près de 98 000 hectares ont effectivement brûlé depuis le début de l’année en France hexagonale, selon le bilan communiqué le 24 septembre par l’Office national des forêts. Avec environ 21 000 départs de feu recensés, la saison 2026 atteint un niveau exceptionnel, cinq fois supérieur à la moyenne des vingt dernières années. Le bilan reste provisoire, mais il permet déjà de mesurer l’ampleur d’une saison marquée par les fortes chaleurs, la sécheresse et plusieurs incendies géants.

🔥 Indicateur 📊 Bilan 2026 au 24 septembre
Surface totale effectivement brûlée environ 98 000 ha
Dont surface forestière environ 76 000 ha
Départs de feu environ 21 000
Moyenne annuelle des surfaces brûlées sur 20 ans 12 700 ha
Rapport à cette moyenne environ × 5
Données précises disponibles depuis 1973
Part des départs éteints avant 10 ha 97 %

Ces chiffres donnent une idée de la violence de la saison, mais ils méritent d’être lus avec précision. Les 98 000 hectares annoncés par l’ONF regroupent les forêts, mais aussi des espaces naturels et des surfaces agricoles. Pour la seule forêt, environ 76 000 hectares ont été effectivement brûlés. L’ONF précise que le bilan doit encore être consolidé dans les prochaines semaines.

2026, une année exceptionnelle mais une nuance historique importante

Le chiffre de 98 000 hectares a rapidement été présenté comme un record depuis cinquante ans. La réalité historique est un peu plus subtile. En 1976, les surfaces végétales effectivement brûlées avaient dépassé les 100 000 hectares. Cette année reste donc la référence pour le total regroupant forêts, milieux naturels et zones agricoles. Avec environ 98 000 hectares au 24 septembre, 2026 se situe juste en dessous de ce niveau historique.

En revanche, la situation est particulièrement spectaculaire pour les forêts. Environ 76 000 hectares de surfaces forestières ont été effectivement brûlés depuis le début de 2026. L’ONF indique que cette valeur place l’année parmi les plus exceptionnelles jamais observées, même si le record forestier de 1976 demeure supérieur, avec au moins 80 000 hectares. Les statistiques modernes sont disponibles depuis 1973, ce qui permet de comparer la saison actuelle avec plusieurs décennies de données.

La différence entre « surface parcourue par le feu » et « surface effectivement brûlée » explique aussi pourquoi différents chiffres ont circulé pendant l’été. Le périmètre traité lors d’un incendie peut englober des secteurs qui n’ont finalement pas brûlé : parcelles agricoles épargnées, vignes, routes, bâtiments ou secteurs restés à l’intérieur du contour du feu. L’ONF utilise notamment les images satellitaires pour déterminer les surfaces réellement brûlées.

21 000 départs de feu, mais une grande majorité rapidement maîtrisée

L’autre chiffre marquant est celui du nombre de départs de feu. Environ 21 000 ont été recensés en France hexagonale depuis le début de l’année. Pourtant, la très grande majorité de ces incendies ne deviennent pas de grands feux. Selon l’ONF, environ 97 % des départs sont éteints avant d’avoir parcouru 10 hectares.

Cette donnée permet de comprendre pourquoi quelques incendies géants peuvent peser très lourd dans le bilan national. Un feu de plusieurs dizaines de milliers d’hectares modifie à lui seul les statistiques annuelles. La saison 2026 a justement été marquée par plusieurs sinistres de très grande ampleur, en particulier dans le Sud-Ouest.

Le massif de Fontainebleau, en Seine-et-Marne, a lui aussi été durement touché. Environ 2 000 hectares y ont brûlé au cours de l’été. Les images prises après le passage des flammes montrent encore des secteurs noircis, avec des arbres condamnés et une végétation basse qui commence déjà à recoloniser certaines zones.

La Gironde a concentré un des incendies les plus importants de l’histoire récente

La Gironde figure parmi les départements les plus durement frappés. Les incendies de Saumos et de Biscarrosse, survenus à partir du 22 juillet, ont représenté à eux seuls des surfaces considérables. Le ministère de l’Agriculture a évalué l’incendie de Saumos à environ 39 800 hectares et celui de Biscarrosse à environ 3 600 hectares dans son bilan d’août. Les autorités avaient alors évoqué une ampleur sans précédent depuis 1949 pour les forêts de Gironde et des Landes concernées.

Le feu de Saumos a également dépassé les précédents grands incendies récents en matière de superficie. L’ONF le cite notamment devant les incendies de Landiras en Gironde en 2022 et de Ribaute dans l’Aude en 2025. Cette évolution illustre la capacité de certains incendies à changer d’échelle lorsque la végétation est très sèche, que les températures sont élevées et que les conditions météorologiques favorisent la propagation.

Les conséquences ne se limitent évidemment pas aux hectares de végétation détruits. Les incendies de Gironde et des Landes ont entraîné l’évacuation de plus de 250 000 personnes et endommagé plus de 240 bâtiments selon le ministère de l’Agriculture. Les pertes pour la filière forêt-bois sont importantes et doivent encore être précisément chiffrées.

Une sécheresse de la végétation particulièrement marquée

Derrière les statistiques de superficie se trouve une réalité physique très simple : lorsque la végétation perd beaucoup d’eau, elle devient beaucoup plus facilement inflammable. En 2026, l’ONF a observé sur la quasi-totalité de ses sites de prélèvement des teneurs en eau exceptionnellement faibles pour la période. Le réseau de surveillance de la sécheresse de la végétation s’appuie sur 123 sites et permet de suivre directement l’état hydrique de la végétation.

Cette surveillance est devenue particulièrement importante depuis que le risque d’incendie s’étend à des territoires qui étaient historiquement moins concernés. L’ONF explique que, sous l’effet du changement climatique, les feux de forêt progressent géographiquement et dans le temps. Le réseau de suivi de la sécheresse de la végétation a d’ailleurs été étendu vers le nord depuis 2022.

Cela signifie qu’un département situé loin du littoral méditerranéen ne peut plus considérer le risque de feu comme un phénomène exclusivement méridional. Les incendies importants observés en 2026 en Île-de-France, dans la Drôme ou encore dans plusieurs secteurs du Sud-Ouest montrent l’élargissement géographique du problème. L’ONF souligne précisément cette extension du risque dans son bilan de la saison.

Le bilan 2026 n’est pas encore définitif

Il faut également éviter de transformer le chiffre du 24 septembre en bilan annuel définitif. La saison des feux n’est pas complètement terminée et l’ONF indique que les données seront affinées dans les prochaines semaines. Les surfaces peuvent donc encore évoluer, notamment si des incendies importants surviennent avant la fin de la période à risque.

Cette précision compte particulièrement lorsqu’on compare 2026 aux années précédentes. Les données de l’année en cours sont encore en cours de consolidation dans les bases nationales. La Base de données sur les incendies de forêts en France, la BDIFF, centralise les informations relatives aux incendies et précise que les années en cours de saisie ne sont pas encore diffusées comme des données définitives.

Il faudra donc attendre la consolidation du bilan pour disposer d’une comparaison définitive. À ce stade, le constat est néanmoins déjà très solide : 2026 fait partie des saisons les plus sévères jamais enregistrées en France et se situe à un niveau très supérieur à celui des années récentes.

Cinq fois la moyenne des vingt dernières années

Le contraste avec une saison normale est particulièrement frappant. La moyenne annuelle des surfaces effectivement brûlées sur les vingt dernières années est estimée à environ 12 700 hectares. Avec près de 98 000 hectares déjà comptabilisés en 2026, le niveau atteint environ cinq fois cette moyenne.

Pour la forêt seule, les chiffres sont également très élevés. Les quelque 76 000 hectares forestiers brûlés en 2026 représentent plusieurs fois la moyenne récente. Une autre analyse publiée à la suite du bilan de l’ONF situe d’ailleurs les 76 300 hectares forestiers brûlés hors feux agricoles et feux de végétation au deuxième rang des cinquante dernières années derrière 1976, tout en soulignant que 2026 occupe la première place pour l’extension géographique du phénomène.

Cette comparaison permet de remettre les choses en perspective. Dire que « tout le pays a brûlé » serait évidemment faux : une immense majorité des territoires forestiers français n’a pas été touchée. Mais quelques incendies extrêmement étendus ont suffi à faire basculer les statistiques nationales à un niveau rarement observé.

Après les flammes, les dégâts continuent

La fin d’un incendie ne signifie pas la fin du problème. Les arbres qui ont survécu au passage des flammes peuvent rester fragilisés, notamment lorsque la forêt avait déjà subi une sécheresse importante. Les peuplements brûlés sont aussi exposés aux maladies et aux ravageurs, tandis que les sols peuvent être perturbés et que la végétation doit progressivement recoloniser les espaces détruits.

À Fontainebleau, par exemple, l’ONF observe déjà la reprise de certaines herbacées et fougères après les pluies d’août. Mais la recolonisation végétale ne signifie pas que la forêt est rapidement revenue à son état initial. Pour retrouver des arbres de la hauteur de ceux qui ont disparu dans les secteurs les plus touchés, les délais se comptent en décennies. L’ONF évoque environ 50 à 60 ans pour retrouver des arbres de taille comparable dans certaines zones.

La question de la reconstruction forestière devient donc l’un des grands enjeux de l’après-incendie. Il faut sécuriser les secteurs dangereux, gérer les arbres morts ou instables, limiter l’érosion, favoriser la régénération naturelle lorsque les conditions le permettent et déterminer, pour les zones où une plantation est nécessaire, quelles essences seront capables de supporter les conditions climatiques futures.

Le risque ne s’arrête pas avec le mois de septembre

L’un des enseignements de 2026 concerne aussi l’allongement de la période pendant laquelle les forêts peuvent être exposées au feu. L’ONF observe depuis plusieurs années une évolution du risque, avec des périodes de sécheresse de la végétation plus longues et une extension du danger vers des régions qui étaient moins exposées historiquement.

La saison 2026 fournit donc un cas d’école. Les très fortes chaleurs, le déficit hydrique et l’état particulièrement sec de la végétation ont créé des conditions favorables à des incendies rapides et étendus. Mais la météo d’un jour donné ne suffit pas à expliquer seule la superficie finale d’un incendie : le vent, la continuité de la végétation, la topographie, l’humidité du sol, les moyens de lutte disponibles et la rapidité de détection jouent également un rôle.

Il faut aussi rappeler que les causes des départs de feu sont diverses. L’ONF et les services de l’État travaillent sur la prévention, la surveillance, la détection et l’intervention, tandis que les enquêtes permettent de déterminer l’origine des incendies lorsque celle-ci peut être établie. Le climat augmente la vulnérabilité de la végétation, mais il ne signifie pas que tous les incendies ont la même origine.

Ce que les chiffres racontent vraiment

Le chiffre de 98 000 hectares est donc bien celui à retenir pour mesurer l’ampleur du phénomène au 24 septembre 2026, à condition de préciser qu’il s’agit des surfaces effectivement brûlées dans les forêts, espaces naturels et zones agricoles. Il ne faut pas le confondre avec les 115 000 à 120 000 hectares parfois annoncés durant l’été, qui correspondent à des périmètres parcourus par les incendies et peuvent inclure des secteurs finalement épargnés par les flammes.

La formule « pire saison en 50 ans » mérite elle aussi d’être précisée. Pour l’ensemble des surfaces végétales, 1976 reste légèrement devant avec plus de 100 000 hectares. Pour les seules forêts, 1976 conserve également le record avec au moins 80 000 hectares. En revanche, 2026 atteint un niveau exceptionnel et se situe parmi les années les plus sévères jamais observées, avec une superficie forestière brûlée d’environ 76 000 hectares et une extension géographique particulièrement importante.

Près de 98 000 hectares brûlés, environ 21 000 départs de feu et une superficie forestière d’environ 76 000 hectares : au 24 septembre, la saison française des incendies 2026 est clairement l’une des plus marquantes depuis le début des statistiques modernes. Et le bilan définitif n’est pas encore connu.