L’été 2026 est officiellement terminé dans quelques jours, mais la planète ne semble pas vraiment avoir reçu le mémo. En France, les sols restent exceptionnellement secs et le danger de feu demeure élevé dans le Sud. À l’échelle mondiale, août a égalé le record de chaleur établi en juillet 2023, tandis que l’eau douce stockée sur les continents continue de diminuer. Dans le Pacifique, El Niño se renforce et pourrait devenir l’un des plus puissants jamais observés. Derrière cette accumulation de nouvelles, une réalité apparaît de plus en plus nettement : le changement climatique ne se résume plus à quelques degrés supplémentaires sur un thermomètre. Il modifie la circulation de l’eau, la durée des sécheresses, la végétation, les incendies, les glaciers et jusqu’au calendrier auquel nous avions pris l’habitude de nous fier.
Il y a quelque chose d’assez étrange dans ce 18 septembre. Le calendrier nous explique que l’été touche à sa fin, les journées raccourcissent, les premières fraîcheurs matinales apparaissent et les rayons des magasins commencent déjà à remplir les rayons de décorations d’automne. Pourtant, dans de nombreuses régions, la réalité météorologique raconte une autre histoire. En France, après un été 2026 exceptionnellement chaud, les sols restent dans un état de sécheresse remarquable pour une mi-septembre. Météo-France indique que l’indicateur national de sécheresse des sols atteint encore des niveaux jamais observés à cette période dans de nombreux départements. Depuis le début de septembre, les précipitations restent très faibles à l’échelle nationale et les pluies de la fin août n’ont offert qu’un répit temporaire.
Le plus étonnant est peut-être que les températures ne constituent même plus le seul sujet. Après les canicules, c’est désormais l’état du sol qui raconte l’histoire de l’été. Une terre desséchée ne retrouve pas son état initial après quelques averses. Il faut que l’eau pénètre profondément, recharge les réserves, alimente les nappes, restaure progressivement la végétation et permette aux cours d’eau de retrouver un fonctionnement plus proche des normales. Une pluie de quelques millimètres peut humidifier la surface sans réellement remettre les compteurs à zéro. Et lorsque le soleil revient, l’évaporation reprend très vite.
En France, le danger d’incendie reste donc présent alors que l’automne météorologique a déjà commencé. Météo-France signalait encore le 17 septembre un danger élevé autour du golfe du Lion, avec mistral et tramontane pouvant atteindre 50 à 60 km/h en pointe. Une nouvelle remontée des températures est attendue au cours du week-end, avec des maximales pouvant atteindre 30 °C dans le Sud.
Ce décalage entre le calendrier et l’état réel des milieux naturels mérite davantage d’attention. Nous avons longtemps pensé les saisons comme des blocs relativement ordonnés : printemps, été, automne, hiver. Dans la réalité climatique actuelle, les frontières deviennent moins nettes. Une vague de chaleur peut apparaître en septembre, une sécheresse peut traverser l’automne, une végétation peut entrer dans une forme de stress estival alors que les calendriers agricoles annoncent déjà la fin de saison.
L’été 2026 a justement montré jusqu’où cette évolution pouvait aller en France. Les températures moyennes de l’été ont atteint un niveau inédit depuis le début des mesures nationales en 1900, avec environ 24 °C de moyenne, soit environ 3,6 °C au-dessus de la normale 1991-2020. La pluie a également fait défaut, avec un déficit proche de 40 % à l’échelle de la saison. Le mois de septembre n’a pas suffi à effacer cette situation.
Et pendant que la France surveille ses sols et ses forêts, le reste du monde apporte une autre pièce au puzzle.
Août 2026 a remis la planète au-dessus de 1,5 °C
Les données publiées par le service européen Copernicus le 16 septembre sont particulièrement parlantes. Août 2026 a été le mois le plus chaud jamais mesuré à égalité avec juillet 2023. La température moyenne mondiale de l’air en surface a atteint 16,96 °C, soit 1,65 °C au-dessus de l’estimation de la période préindustrielle 1850-1900. L’océan extra-polaire, entre 60° sud et 60° nord, a lui aussi atteint un record pour un mois d’août.
Il faut toutefois éviter une interprétation trop simpliste. Un mois au-dessus de 1,5 °C ne signifie pas que l’objectif de l’Accord de Paris est officiellement dépassé au sens où il est défini sur le long terme. La référence de 1,5 °C concerne une moyenne climatique sur une période suffisamment longue, pas la température d’un mois isolé.
Mais voir un mois atteindre 1,65 °C au-dessus de la période préindustrielle reste un signal climatique considérable. Surtout lorsqu’il intervient après une succession d’années très chaudes et dans un contexte où les océans eux-mêmes affichent des températures exceptionnellement élevées. Copernicus indique également que la période juin-août 2026 figure parmi les étés les plus chauds jamais observés à l’échelle mondiale, tandis que l’Europe occidentale a connu son été le plus chaud enregistré.
Autrement dit, il ne s’agit pas d’un thermomètre isolé qui aurait décidé de faire des siennes pendant quelques semaines. Plusieurs composantes du système climatique évoluent simultanément.
Et maintenant arrive El Niño
Le deuxième grand sujet de cette fin septembre se trouve à des milliers de kilomètres des côtes françaises, dans le Pacifique tropical.
El Niño est désormais solidement installé et l’Organisation météorologique mondiale prévoit qu’il se renforce fortement au cours des prochains mois. Les températures de surface de l’océan dans la région concernée sont déjà nettement supérieures aux normales et les températures sous la surface atteignaient localement des anomalies particulièrement importantes durant juillet et le début août.
Ce phénomène naturel modifie la circulation atmosphérique à l’échelle planétaire. Il ne provoque pas partout le même temps, et il ne permet surtout pas de prédire la météo d’une ville six mois à l’avance. En revanche, il modifie les probabilités de certains types de situations : davantage de chaleur dans certaines régions, davantage de précipitations dans d’autres, des risques de sécheresse ailleurs encore.
Le problème de 2026 tient au contexte dans lequel El Niño apparaît.
Le Pacifique ne part pas d’une situation climatique neutre. Il se trouve sur une planète déjà beaucoup plus chaude qu’au XIXe siècle. L’océan mondial accumule de la chaleur depuis des décennies et les températures de surface des mers ont atteint des niveaux remarquables. El Niño vient donc se superposer à un réchauffement de fond.
C’est un peu comme si le système climatique possédait déjà un niveau de chauffage plus élevé et qu’un phénomène naturel venait temporairement modifier encore la distribution de cette chaleur. Les deux phénomènes ne sont pas identiques, mais leurs effets peuvent se cumuler dans certaines régions.
La question des prochains mois sera donc moins de savoir si El Niño « provoquera » une catastrophe mondiale que de comprendre où les risques de chaleur, sécheresse, pluies intenses ou incendies seront renforcés.
Le problème dont on parle moins : l’eau douce
Et c’est probablement l’une des informations les plus importantes de cette semaine.
Le rapport de l’Organisation météorologique mondiale sur les ressources mondiales en eau, publié le 17 septembre, montre que les réserves d’eau douce stockées sur les continents diminuent. En 2025, 42 % des terres émergées disposaient de réserves d’eau douce inférieures à la normale, contre moins de 20 % au début des années 2000.
Ce chiffre englobe plusieurs compartiments : humidité des sols, eaux de surface, nappes, neige et glace.
Le signal est particulièrement préoccupant parce qu’il ne concerne pas uniquement les régions où l’on parle habituellement de sécheresse. Le système mondial de l’eau devient plus irrégulier. Certaines régions connaissent des déficits prolongés tandis que d’autres subissent des épisodes de précipitations extrêmes.
En 2025, seulement environ 36 % de la surface des bassins fluviaux mondiaux se situait dans une zone de débits considérée comme normale, contre 46 % en moyenne sur la période 1991-2020. L’OMM classe 2025 parmi les années les plus sèches pour les débits des rivières sur les 35 dernières années.
Voilà une information qui mérite de sortir des rubriques environnementales.
L’eau n’est pas uniquement une question de nature. Elle conditionne l’agriculture, l’hydroélectricité, l’industrie, la navigation, l’alimentation en eau potable, les forêts, les zones humides et une grande partie de l’économie.
Une rivière plus basse n’est donc pas simplement une rivière qui offre un joli paysage de sécheresse.
C’est potentiellement moins d’eau pour les cultures, moins de production hydroélectrique, davantage de contraintes pour certaines industries et une pression supplémentaire sur les écosystèmes.
Les glaciers perdent leur rôle de réservoir
Le rapport de l’OMM apporte une autre donnée particulièrement frappante : les glaciers de l’ensemble des grandes régions glaciaires ont encore perdu de la masse en 2025, pour la quatrième année consécutive. Entre 2023 et 2025, les pertes de glace représentent environ 1 400 gigatonnes d’eau.
Un glacier fonctionne comme une sorte de réservoir naturel qui stocke de l’eau sous forme solide et la restitue progressivement.
Lorsque les glaciers fondent fortement, les cours d’eau peuvent recevoir davantage d’eau à court terme. Mais cette logique ne peut pas durer éternellement. Lorsque le stock de glace diminue suffisamment, la contribution estivale des glaciers finit par baisser.
C’est précisément ce qui inquiète les hydrologues dans certaines régions de montagne.
Les Alpes européennes font partie des régions où la notion de « pic de l’eau glaciaire » est particulièrement surveillée. Une fois ce maximum passé, la diminution progressive du volume de glace signifie moins de réserve disponible lors des périodes chaudes.
Et cela nous ramène directement à la France.
Les glaciers alpins ne sont pas seulement des paysages blancs destinés aux cartes postales. Ils participent au fonctionnement hydrologique des vallées. Leur diminution intervient dans un système où les besoins en eau augmentent précisément au moment où les températures sont les plus élevées.
L’Europe n’a pas fini de payer son été 2026
L’Europe a connu une saison estivale exceptionnelle, et les conséquences ne disparaissent pas avec le changement de page du calendrier.
Le Centre commun de recherche de la Commission européenne indiquait encore mi-septembre que la sécheresse avait touché une grande partie du continent depuis le printemps. Les données du système européen de suivi des incendies faisaient état de 666 534 hectares brûlés dans l’Union européenne au 15 septembre 2026, pour les feux de plus de 30 hectares pris en compte par cet indicateur. Ce total reste inférieur à celui de 2025 à la même date, année record, mais dépasse très largement la moyenne 2006-2025, établie à environ 338 000 hectares.
L’Espagne, le Portugal, la France, l’Italie et plusieurs secteurs des Balkans ont été particulièrement exposés, mais le phénomène ne concerne plus uniquement les territoires méditerranéens.
L’Organisation mondiale de la santé rappelle que les conditions plus chaudes et plus sèches favorisent la propagation et l’intensité des incendies, tandis que les changements d’usage des sols jouent également un rôle. Elle souligne que plus de 600 000 hectares avaient déjà brûlé dans l’Union européenne au cours des huit premiers mois de 2026, soit bien davantage que la moyenne des deux dernières décennies.
Cela pose une question assez simple : où commence désormais la saison des feux et où finit-elle ?
La réponse devient moins évidente.
En Indonésie, El Niño montre déjà un autre visage
Pendant que l’Europe sort difficilement d’un été extrêmement chaud, l’Indonésie affronte une saison des incendies particulièrement intense.
Début septembre, les émissions de CO₂ liées aux incendies ont atteint des niveaux exceptionnellement élevés. Entre le 1er et le 7 septembre, les émissions estimées ont atteint environ 19,7 millions de tonnes de CO₂, soit plus d’un tiers du total mondial des émissions de feux sur la période selon les données de Fire Emissions Watch relayées par Reuters.
Les incendies touchent notamment des zones forestières et des tourbières de Bornéo et de Sumatra. La combinaison d’une saison sèche sévère et du renforcement d’El Niño favorise les conditions propices aux feux.
Et les conséquences ne restent pas dans les forêts.
Les fumées ont affecté certaines zones de Malaisie et de Bornéo, avec une forte dégradation de la qualité de l’air. À Kuching, l’indice de pollution de l’air avait dépassé 400 au début du mois de septembre selon les données rapportées par les autorités malaisiennes.
Voilà encore un rappel utile : un incendie de forêt n’est jamais seulement une affaire de forêt.
Il touche l’air, la santé, les transports, l’agriculture, les infrastructures et parfois l’économie de régions situées à plusieurs centaines de kilomètres du foyer.
Dans l’Himalaya, le climat rencontre la géographie
Autre actualité lourde de cette rentrée : la catastrophe survenue dans l’Himalaya à la fin août.
Des inondations et mouvements de terrain ont dévasté plusieurs secteurs du Népal après un événement impliquant un glacier dans la région frontalière avec le Tibet. Au 14 septembre, World Weather Attribution rapportait plus de 1 300 morts confirmés au Népal, avec un bilan susceptible d’évoluer.
Des travaux scientifiques récents cherchent à déterminer précisément le rôle du réchauffement dans cette catastrophe et dans l’évolution des risques glaciaires et géologiques de haute montagne.
Il faut rester prudent sur ce type d’événement : le changement climatique n’est pas une explication automatique de chaque avalanche, glissement de terrain ou crue.
En revanche, le réchauffement modifie les glaciers, le pergélisol, la stabilité des pentes et les volumes d’eau disponibles dans certaines zones de haute montagne. Les chaînes de risques peuvent donc devenir plus complexes : fonte, instabilité, rupture, ruissellement, crue, glissement de terrain et destruction d’infrastructures peuvent se succéder.
Ce que montre l’Himalaya, c’est aussi la difficulté d’adapter des infrastructures construites dans un climat qui n’est plus tout à fait celui qui existait lorsque certaines routes, centrales hydroélectriques ou villages ont été implantés.
L’atmosphère contient elle aussi davantage d’eau
Une autre donnée publiée ce 18 septembre mérite un regard particulier : la quantité de vapeur d’eau dans l’atmosphère mondiale a atteint un nouveau record en août 2026.
Selon les données de Copernicus analysées par des chercheurs, l’atmosphère contenait en moyenne environ 27,35 kg de vapeur d’eau par mètre carré, un niveau légèrement supérieur au précédent record établi en juillet 2024.
Cela peut sembler abstrait. Pourtant, la vapeur d’eau joue un rôle majeur dans la météo.
Une atmosphère plus chaude peut contenir davantage de vapeur d’eau. Lorsque cette vapeur se condense, elle libère de l’énergie sous forme de chaleur latente, ce qui peut alimenter les systèmes pluvieux et les phénomènes convectifs.
Cela ne signifie pas que chaque orage devient automatiquement plus violent. La dynamique atmosphérique reste complexe. Mais une atmosphère plus chaude et plus humide peut disposer de davantage de « carburant » pour certaines précipitations intenses.
C’est l’une des raisons pour lesquelles le changement climatique produit parfois un paradoxe apparent : sécheresse durable et pluies diluviennes peuvent se succéder dans une même région.
Le sol sèche pendant des semaines, puis reçoit en quelques heures une quantité d’eau qu’il ne peut pas forcément absorber.
La sécheresse et l’inondation ne sont donc pas deux phénomènes totalement opposés. Elles peuvent devenir deux épisodes d’un même dérèglement hydrologique.
Le climat ne devient pas simplement plus chaud
C’est peut-être le point le plus important de cet éditorial.
Lorsque l’on parle de changement climatique, on utilise encore très souvent l’image d’une planète qui se réchauffe. L’image est juste, mais elle est désormais trop incomplète.
Le climat se réchauffe, mais il modifie aussi le cycle de l’eau.Les glaciers reculent.
Les sols s’assèchent dans certaines régions.Les précipitations deviennent plus irrégulières.Les océans accumulent de la chaleur.Les vagues de chaleur se prolongent ou deviennent plus fréquentes dans plusieurs régions.
Les incendies trouvent des conditions plus favorables dans des secteurs où ils étaient historiquement moins fréquents.Et lorsque les pluies reviennent, elles peuvent parfois arriver sous forme d’épisodes beaucoup plus intenses.La véritable difficulté pour les sociétés n’est donc pas seulement de savoir quelle température moyenne sera atteinte en 2050 ou en 2100.
Il faut savoir comment l’eau circulera dans un climat plus chaud.
C’est beaucoup plus concret.
Une commune doit savoir si son réseau d’eau potable pourra supporter une longue période sèche. Un agriculteur doit savoir si son sol conservera suffisamment d’humidité. Un gestionnaire de barrage doit connaître les évolutions des débits. Une station de ski doit réfléchir à l’évolution de l’enneigement. Une ville doit gérer les pluies intenses. Une forêt doit supporter des périodes de stress hydrique plus longues.
Le changement climatique arrive donc jusque dans les décisions les plus ordinaires.
Et l’automne qui arrive ?
Il serait tentant de penser que l’arrivée de l’automne va remettre progressivement les compteurs à zéro.
Ce serait une erreur.
En France, Météo-France prévoit encore une remontée des températures ce week-end, avec des valeurs supérieures aux normales dans plusieurs régions et des températures pouvant atteindre 30 °C dans le Sud. Le danger de feu reste élevé dans le Sud-Est.
Mais surtout, le sol ne fonctionne pas avec un calendrier.
Une date sur le calendrier ne recharge pas une nappe.
Une feuille qui tombe ne restaure pas l’humidité d’une forêt.
Une baisse de cinq degrés ne reconstitue pas une réserve d’eau.
L’automne devra donc être jugé sur les précipitations réellement reçues, leur répartition, leur capacité à pénétrer dans les sols et leur succession dans le temps.
Une grosse pluie isolée ne suffira pas forcément.
Il faudra regarder les semaines qui viennent.
Le paradoxe de septembre 2026
Nous voilà donc face à une situation assez paradoxale.
D’un côté, la saison chaude se termine.
De l’autre, les conséquences de cette saison continuent.
Les forêts restent sèches.
Les sols restent déficitaires en eau.
Les glaciers continuent de perdre de la masse.
Les océans restent extrêmement chauds.
L’atmosphère contient beaucoup de vapeur d’eau.
El Niño se renforce.
Et certaines régions du monde connaissent déjà de nouveaux épisodes d’incendies, d’inondations ou de sécheresse.
Ce n’est pas un scénario de film catastrophe. Ce sont des observations météorologiques, hydrologiques et climatiques réalisées dans des systèmes de surveillance très différents.
La difficulté consiste désormais à relier ces informations sans tomber dans l’exagération.
Il ne sert à rien de transformer chaque événement météo en preuve automatique du changement climatique. Une vague de chaleur peut avoir des causes météorologiques immédiates. Un incendie peut être déclenché par une activité humaine. Une crue peut résulter d’une configuration locale.
Mais lorsque les tendances se répètent sur plusieurs années et que les conditions de fond changent, le diagnostic climatique devient beaucoup plus solide.
C’est précisément ce que montrent les observations récentes.
Le vrai sujet de l’automne sera l’eau
Si je devais retenir une seule information de cette semaine du 18 septembre 2026, ce ne serait finalement pas le record de chaleur d’août, ni même El Niño.
Ce serait l’eau.
Parce que l’eau relie tout.
Elle relie les glaciers aux rivières, les rivières aux cultures, les cultures à l’alimentation, les forêts aux incendies, les sols aux récoltes, les océans aux précipitations et les précipitations aux risques d’inondation.
Le rapport mondial de l’OMM publié cette semaine montre que les réserves d’eau douce continentales diminuent et que les régimes des cours d’eau deviennent plus irréguliers.
C’est probablement là que se trouve l’un des grands défis des prochaines décennies.
Nous avons beaucoup parlé du thermomètre.
Nous allons devoir parler davantage du pluviomètre, de la nappe phréatique, de l’humidité du sol, du débit des rivières, de la neige et de la glace.
Parce qu’une planète plus chaude est aussi une planète où l’eau change de place, de forme et de calendrier.
Et le 18 septembre 2026, alors que certains pensent déjà aux premières gelées, aux feuilles mortes et aux stations de ski, la Terre nous rappelle une chose assez simple : l’été peut se terminer sur le calendrier sans que ses conséquences aient fini de produire leurs effets.
L’automne sera donc beaucoup plus qu’un changement de saison.
Il sera un test.
Un test pour les sols français après l’été le plus chaud jamais enregistré.
Un test pour les forêts encore sèches.
Un test pour les réserves d’eau.
Un test pour les glaciers.
Un test pour les agriculteurs.
Et, à l’échelle mondiale, un test supplémentaire pour un système climatique qui combine désormais réchauffement de fond, océans très chauds et puissant El Niño.
Le thermomètre n’est plus seul à parler.
Cette fois, c’est toute l’eau de la planète qui commence à raconter la même histoire.




