L’arrêté interministériel publié ce mardi 25 février 2026 au Journal Officiel marque un nouveau pas dans la reconnaissance des dégâts liés aux intempéries de ces dernières semaines. Au total, 294 communes ont été ajoutées à la liste des territoires reconnus en état de catastrophe naturelle, portant le bilan provisoire de la saison hivernale à des niveaux jamais atteints depuis des décennies. Cet arrêté, signé conjointement par les ministres de l’Intérieur, de l’Économie et de l’Écologie, concerne principalement des inondations par débordement de cours d’eau, ruissellement pluvial et submersion marine causées par les tempêtes Goretti, Ingrid, Nils et Pedro. Ces perturbations successives ont frappé l’ouest et le sud-ouest de la France depuis la mi-janvier, avec des cumuls exceptionnels : plus de 300 mm en un mois sur certains secteurs de Bretagne, Pays de la Loire et Nouvelle-Aquitaine, soit deux fois la normale pour un hiver entier.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a salué cette décision lors d’une déclaration depuis Matignon ce matin, soulignant que « cette reconnaissance accélérée permet aux sinistrés d’accéder rapidement aux indemnisations, dans un contexte où les dégâts matériels se chiffrent déjà en centaines de millions d’euros ». L’état de catastrophe naturelle ouvre effectivement la voie à une prise en charge par les assurances pour les biens assurés, dans la limite des garanties contractuelles. Pour les habitations ou biens non professionnels, la franchise est fixée à 380 euros par sinistre ; pour les mouvements de terrain liés à la sécheresse ou à la réhydratation des sols, elle monte à 1 520 euros. Les professionnels, quant à eux, peuvent bénéficier d’un remboursement partiel des pertes d’exploitation si leur contrat le prévoit.
Le processus de reconnaissance est bien rodé : les communes doivent déposer un dossier motivé auprès de la préfecture dans les 24 mois suivant l’événement, avec des preuves des dommages (photos, rapports pompiers, relevés hydrométriques). La préfecture transmet à la commission interministérielle, qui statue sur la base des rapports de Météo-France et Vigicrues. Sur les 371 dossiers examinés lors de la session du 20 février, 294 ont été validés, 77 ajournés pour compléments d’information et seront réexaminés les 3 et 10 mars prochains. Parmi les ajournés, plusieurs communes du Finistère et du Morbihan touchées par Pedro attendent des précisions sur les cumuls exacts et les dommages.
La répartition géographique de ces 294 communes reflète les zones les plus frappées par les tempêtes hivernales. En Nouvelle-Aquitaine, le Lot-et-Garonne domine avec 63 communes reconnues, suivi de la Gironde avec 91. Le Maine-et-Loire en Pays de la Loire compte 77 communes. D’autres départements comme la Charente sont mentionnés, mais sans chiffre précis pour ce lot. Au total, plus de 7 800 communes ont été reconnues en catastrophe naturelle depuis novembre 2025, un record absolu qui dépasse les 7 200 de l’année 2025 entière. Pour la seule période novembre 2025 – février 2026, on avoisine les 6 000 communes, contre 5 400 pour l’année hydrologique complète 2023-2024.
Dans le Lot-et-Garonne, les communes reconnues couvrent une large partie du département, du val de Garonne au Gers et à la Baïse. Parmi elles, Marmande, Tonneins, Agen, Nérac, Condom et Fleurance, où les inondations ont touché des milliers d’habitants. Les dégâts y sont estimés à plusieurs dizaines de millions d’euros : maisons submergées sur 50 à 150 cm, routes coupées pendant deux semaines, cultures d’hiver perdues à 50-70 %. La reconnaissance permet aux sinistrés de déclarer leurs dommages dans les 10 jours suivant la publication de l’arrêté, soit jusqu’au 7 mars. Les assureurs comme Allianz ou Axa ont déjà ouvert des plateformes en ligne pour accélérer les expertises, avec des avances possibles jusqu’à 1 500 euros pour les besoins immédiats.
En Gironde, les 91 communes reconnues se concentrent sur la vallée de la Garonne : Langon, La Réole, Cadillac, Podensac, Cérons, mais aussi Bordeaux (quartiers bas de la rive droite) et plusieurs communes des Graves et du Libournais. Les inondations y ont duré plus de quinze jours, avec des niveaux qui ont frôlé les records de 1930 à La Réole (9,30 m). Les viticulteurs du Bordelais estiment des pertes sur 20-30 % des parcelles basses, avec risque de maladies fongiques une fois l’eau retirée. La préfecture a annoncé ce matin un fonds d’urgence de 5 millions d’euros pour les réparations immédiates des digues et des routes.
Le Maine-et-Loire compte 77 communes reconnues, principalement le long de la Loire aval et de ses affluents (Mayenne, Sarthe, Loir). Angers, Saumur, Montsoreau et plusieurs villages des basses vallées angevines ont été durement touchés, avec des inondations qui ont dépassé 1 mètre dans certains quartiers. Les maraîchers parlent de 60-80 % de pertes sur les légumes d’hiver, et les éleveurs ont dû déplacer des milliers de têtes de bétail. La reconnaissance ouvre la voie à des indemnisations pour les biens non professionnels, mais les professionnels doivent vérifier leurs contrats pour les pertes d’exploitation.
Au-delà de ces trois départements phares, l’arrêté couvre d’autres zones affectées par Goretti (mi-janvier, Bretagne et Normandie), Ingrid (fin janvier, Pays de la Loire), Nils (début février, Sud-Ouest) et Pedro (18-20 février, Bretagne et ouest). En Bretagne, plusieurs communes du Finistère et du Morbihan sont incluses pour les inondations flash et les coulées de boue liées à Pedro. En Normandie, des communes du Calvados et de la Manche pour les ruissellements pluviaux. En outre-mer, la Réunion domine avec 31 communes reconnues pour les pluies diluviennes de janvier-février, suivies de la Martinique (19), la Guadeloupe (14) et Mayotte (12). À la Réunion, les communes comme Saint-Denis, Le Port et Saint-Paul ont subi des inondations et coulées de boue avec des cumuls de 500-800 mm en 48 heures lors d’un épisode cyclonique. En Martinique, Fort-de-France et Le Lamentin sont touchées par des ruissellements pluviaux. Les délais d’indemnisation y sont similaires, mais les franchises peuvent varier selon les contrats locaux.
Le bilan économique provisoire est déjà très lourd. La Fédération française de l’assurance (FFA) estime que les indemnisations CatNat pour janvier-février 2026 pourraient atteindre 4 à 6 milliards d’euros, s’ajoutant aux 7,8 milliards de 2025. Le fonds de garantie des catastrophes naturelles affiche un déficit technique de 2,1 milliards d’euros fin 2025, et la surprime de 12 % votée en 2023 pourrait être revue à la hausse dès l’automne. Les assureurs comme Groupama ou Maif ont déjà traité plus de 300 000 déclarations depuis novembre, avec des avances versées dans 70 % des cas pour les sinistres mineurs.
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