Le soleil à la montagne, en hiver ou au début du printemps, est souvent perçu comme étant moins dangereux que celui de l’été, principalement en raison des températures plus froides et du fait que les journées sont plus courtes. Pourtant, cette perception est loin d’être exacte et mérite un éclaircissement. Les rayonnements solaires à haute altitude sont tout aussi, voire plus, puissants qu’en basse altitude, et peuvent entraîner des risques importants pour la peau et les yeux.
L’impact du soleil à la montagne en hiver
L’un des facteurs principaux qui rend le soleil en montagne potentiellement plus dangereux est l’altitude. En effet, à chaque 100 mètres d’altitude, la pression atmosphérique diminue et, par conséquent, la quantité de filtration des rayons UV par l’atmosphère se réduit également. En montagne, à 1500 mètres par exemple, l’intensité des rayons UV peut être 30% plus élevée qu’au niveau de la mer, et cette intensification augmente avec l’altitude.
De plus, l’environnement montagnard agit comme un amplificateur de l’exposition au soleil. La neige, en particulier, réfléchit une grande partie des rayons solaires. Une grande quantité de lumière UV est réfléchie par la neige, ce qui fait qu’un skieur, même en étant dans une zone d’ombre partielle, peut être exposé à des rayons indirects. En fait, l’exposition au soleil sur la neige, en particulier en hiver, peut atteindre des niveaux supérieurs à ceux rencontrés en été, notamment lors des journées ensoleillées, quand la neige est fraîche et peu perturbée.
Différences entre le soleil d’hiver et d’été
Bien que l’intensité des rayons UV à la montagne en hiver soit élevée, il existe des différences notables entre l’exposition au soleil d’été et celle d’hiver. L’une des principales différences réside dans l’angle d’incidence des rayons solaires. En été, les rayons du soleil arrivent plus directement, ce qui entraîne une plus grande concentration d’énergie. Cependant, en hiver, le soleil est plus bas dans le ciel, et ses rayons frappent plus obliquement la surface terrestre. Cela signifie qu’en été, le soleil peut provoquer une forte chaleur ressentie, alors qu’en hiver, même si les rayons UV sont intenses, la sensation de chaleur est beaucoup moins évidente en raison des températures ambiantes plus froides.
Le phénomène de réverbération sur la neige en hiver est également un facteur important. Les rayons du soleil se réfléchissent sur la neige, ce qui double potentiellement l’exposition au rayonnement UV. Un skieur qui est en plein soleil sur une pente enneigée peut se retrouver exposé à une quantité de rayonnement UV bien supérieure à celle qu’il percevrait sous un soleil d’été dans une zone dégagée.
Risques pour la peau et les yeux
Les dangers du soleil d’hiver à la montagne ne doivent pas être sous-estimés, tant pour la peau que pour les yeux. L’exposition prolongée aux rayons UV peut entraîner des brûlures de la peau, même en hiver, en particulier lors des journées où le ciel est clair et la neige est fraîche. Les symptômes des coups de soleil peuvent être accentués à cause de l’effet de réflexion de la neige. Il n’est pas rare que les skieurs souffrent de coups de soleil sévères sur des zones de peau exposées, telles que le visage, les lèvres, ou les oreilles, même en hiver, où les températures sont froides. C’est particulièrement vrai dans les stations à haute altitude, où l’intensité des rayons UV est plus grande.
Les yeux sont également particulièrement vulnérables au soleil en montagne. L’exposition excessive aux rayons UV peut provoquer une affection appelée « cécité des neiges », ou kératite, qui est une brûlure de la cornée due à la réflexion des rayons UV sur la neige. Cette condition, bien que réversible, est douloureuse et peut entraîner une perte temporaire de vision. Les personnes qui pratiquent des sports d’hiver sans lunettes de soleil adaptées aux conditions montagnardes sont particulièrement exposées à ce risque.
L’important rôle de la protection solaire
La meilleure manière de prévenir les effets nocifs du soleil à la montagne est de mettre en place une protection solaire adéquate. Ce n’est pas parce qu’il fait froid que les rayons UV ne sont pas dangereux. En fait, la protection contre le soleil à la montagne est d’autant plus nécessaire qu’il est plus difficile de ressentir les effets immédiats du soleil en raison des températures froides.
Il est essentiel de porter une crème solaire à large spectre (protection UVA et UVB) avec un indice de protection élevé, idéalement de 50, sur toutes les zones exposées de la peau, en particulier le visage, le cou, les oreilles et les lèvres. Il est recommandé d’appliquer la crème toutes les deux heures, ou plus fréquemment en cas de transpiration ou après avoir été en contact avec la neige. Les vêtements de protection, tels que les casquettes, les gants et les vêtements couvrants, sont également conseillés pour limiter l’exposition au soleil.
En ce qui concerne les yeux, des lunettes de soleil ou des masques de ski avec une protection UV de catégorie 3 ou 4 (adaptée aux altitudes élevées) sont absolument indispensables. Ces lunettes doivent être portées à tout moment, même en cas de ciel nuageux, car les rayons UV peuvent pénétrer à travers les nuages.
En résumé, le soleil à la montagne, en hiver, peut être aussi dangereux, voire plus dangereux, que celui de l’été, en raison de l’altitude, de la réflexion des rayons sur la neige et de la faible sensation de chaleur. Les skieurs et les autres amateurs de sports d’hiver doivent être conscients des risques d’exposition au soleil, même par temps froid. En prenant des précautions adéquates, telles que l’utilisation d’une protection solaire efficace et le port de lunettes adaptées, il est possible de profiter des plaisirs de la montagne tout en limitant les dangers liés à une exposition excessive au rayonnement ultraviolet. L’ignorance des risques liés au soleil peut compromettre le bien-être des skieurs et des snowboardeurs, même au cœur de l’hiver, dans un environnement apparemment inoffensif.




