L’idée reçue selon laquelle il y a moins de rayons ultraviolets (UV) au printemps qu’en été est largement répandue, mais elle est simplifiée et ne reflète pas entièrement la réalité. En effet, si l’on s’attarde sur les facteurs scientifiques qui influencent l’intensité des rayons UV, on se rend vite compte que le printemps peut être tout aussi, voire plus, risqué que l’été en termes d’exposition aux UV, selon les circonstances et les zones géographiques.
Les facteurs qui influencent l’intensité des rayons UV
L’intensité des rayons UV ne dépend pas uniquement de la saison, mais d’une combinaison de plusieurs facteurs, dont l’angle d’incidence du soleil, l’altitude, la latitude, l’heure de la journée, et la couverture nuageuse. C’est l’interaction entre tous ces éléments qui détermine en grande partie le niveau d’exposition aux UV.
En été, les journées sont plus longues, et le soleil est plus haut dans le ciel, ce qui fait que les rayons UV frappent la Terre avec plus de force. C’est pourquoi, en été, les périodes d’exposition aux rayons UV sont plus longues, et l’intensité des rayons est plus forte. Cependant, au printemps, bien que la durée du jour commence à s’allonger, d’autres facteurs peuvent provoquer une exposition importante aux UV, parfois plus forte qu’en été.
L’angle du soleil et son influence
Un des principaux éléments à prendre en compte est l’angle d’incidence des rayons solaires. En hiver, l’angle des rayons UV est plus faible, ce qui signifie que la quantité d’énergie qu’ils délivrent à la surface terrestre est plus diffuse. Cependant, dès le printemps, l’angle du soleil commence à augmenter. En mars, avril et mai, dans les régions tempérées, le soleil commence à se situer à un angle plus direct, ce qui augmente l’intensité des rayons UV, même si la température reste relativement fraîche.
Bien que l’intensité maximale des UV soit généralement atteinte en été, la transition entre l’hiver et le printemps peut être particulièrement trompeuse. Lors des journées ensoleillées de printemps, surtout à midi, l’angle du soleil peut être suffisamment élevé pour que les rayons UV atteignent la Terre avec une grande force, même si la température ambiante est encore modérée. Cela signifie qu’il est possible d’être exposé à des niveaux de rayonnement UV assez importants au printemps, notamment au moment où le soleil est à son zénith, vers 12h ou 13h.
L’altitude et l’environnement
Un autre facteur clé à considérer est l’altitude. À mesure que l’on prend de l’altitude, l’intensité des rayons UV augmente, car il y a moins d’atmosphère pour filtrer ces rayons. Cela signifie que dans les régions montagneuses, au printemps, les risques d’exposition aux UV sont accrus. De plus, des surfaces réfléchissantes telles que la neige ou l’eau peuvent amplifier l’exposition aux rayons UV, même si la température ambiante est fraîche. La neige, par exemple, peut réfléchir jusqu’à 80 % des rayons UV, augmentant ainsi les risques de coups de soleil.
Cela explique pourquoi les skieurs, même au printemps, peuvent attraper des coups de soleil graves. Lorsqu’on combine des journées ensoleillées avec des altitudes élevées, les risques d’exposition aux UV deviennent particulièrement importants, malgré des températures printanières qui peuvent sembler relativement douces.
L’impact de la couverture nuageuse et de la pollution
Le printemps est également une saison où les conditions météorologiques peuvent être plus variables, avec des journées parfois nuageuses, suivies de périodes de beau temps. Or, il est important de noter que les nuages ne bloquent pas entièrement les rayons UV. En effet, même lorsque le ciel est couvert, jusqu’à 80 % des rayons UV peuvent atteindre la surface terrestre, surtout si les nuages sont légers. Ainsi, des journées de printemps apparemment fraîches et nuageuses peuvent toujours comporter un risque significatif de coup de soleil.
La pollution atmosphérique peut également jouer un rôle dans l’intensité des rayons UV. Bien que la pollution puisse parfois atténuer l’intensité des rayons UV, en particulier dans les zones urbaines, elle n’empêche pas totalement leur pénétration. En revanche, dans les régions plus propres, comme les zones rurales ou montagneuses, les rayons UV peuvent être particulièrement intenses au printemps.
Études et relevés scientifiques sur l’intensité des UV
Des études et des relevés scientifiques menés par des organisations comme l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et la NASA ont montré que l’intensité des rayons UV est, en effet, plus forte en été, mais que le printemps ne doit pas être sous-estimé. En effet, la fin de l’hiver et le début du printemps sont des périodes où l’on peut observer une forte intensité de rayons UV, surtout dans les régions proches de l’équateur, mais également dans les régions montagneuses.
Les mesures de l’indice UV, qui indique l’intensité des rayonnements UV à un moment donné, montrent des valeurs élevées dès les premiers mois de l’année. À partir du mois de mars, l’indice UV commence à augmenter progressivement, avec des niveaux similaires à ceux observés en été, en particulier dans les zones géographiques à latitude modérée à élevée. Des relevés réalisés en Europe et en Amérique du Nord ont montré que le printemps peut souvent présenter des indices UV supérieurs à ceux observés en automne ou en hiver, et que, dans certains cas, les pics d’UV au printemps peuvent être aussi dangereux que ceux de l’été.
Les risques d’exposition au printemps
Ainsi, malgré les températures plus fraîches de printemps, le risque de dommages causés par les rayons UV est significatif. Les coups de soleil, les dommages à long terme comme le vieillissement prématuré de la peau, et l’augmentation du risque de cancers cutanés sont tous associés à une exposition excessive aux rayons UV. Au printemps, l’idée que l’on est moins exposé à ces risques en raison de la température plus douce peut donner un faux sentiment de sécurité.
Le corps humain peut aussi être moins préparé à une exposition au soleil après l’hiver, où la peau a été protégée par des vêtements et la couverture nuageuse. Par conséquent, au printemps, la peau peut être plus vulnérable aux effets des UV, surtout si l’on n’a pas pris le temps de s’adapter progressivement à l’exposition solaire.
L’idée que le printemps présente moins de risques de coups de soleil que l’été est donc une idée reçue. Bien que l’été soit généralement la saison où les rayons UV sont les plus intenses, le printemps, avec son angle de soleil plus direct et ses journées plus longues, peut présenter un risque équivalent, voire supérieur, en termes d’exposition aux UV, surtout dans des conditions particulières telles que l’altitude élevée, l’environnement neigeux ou les journées ensoleillées. Il est donc essentiel, au printemps comme en été, de prendre des précautions appropriées, notamment en portant des vêtements protecteurs, des lunettes de soleil, et en appliquant régulièrement de la crème solaire, même lorsque la température est plus fraîche.




