Le Pacifique tropical connaît une montée en température remarquable. Dans son bilan climatique de septembre 2026, Copernicus signale des eaux de surface exceptionnellement chaudes dans le Pacifique équatorial, alors que le phénomène El Niño se renforce. Les chiffres sont particulièrement élevés : la température moyenne mondiale de surface des océans hors régions polaires atteint un nouveau record pour un mois de septembre, tandis que l’indicateur utilisé pour surveiller El Niño atteint lui aussi un niveau inédit dans la série de données citée. Cette évolution pourrait modifier les régimes de pluie, les températures et le risque d’événements extrêmes dans plusieurs régions du globe au cours des prochains mois. Il faut toutefois distinguer les records effectivement mesurés, les conséquences déjà observées et les prévisions qui restent incertaines.
Un Pacifique qui sort de l’ordinaire
Le bulletin climatique de septembre 2026 publié par Copernicus fait état d’un renforcement marqué d’El Niño, un phénomène naturel qui modifie périodiquement les échanges de chaleur entre l’océan Pacifique tropical et l’atmosphère. Les eaux de surface se sont fortement réchauffées dans les secteurs central et oriental du Pacifique équatorial. Cette anomalie ne correspond pas simplement à une mer agréable pour la baignade : elle traduit une modification de grande ampleur du système océan-atmosphère, susceptible d’influencer les pluies, les vents et la circulation atmosphérique à des milliers de kilomètres de la zone concernée.
Le chiffre le plus spectaculaire du bulletin concerne la région Niño 3.4, une zone du Pacifique équatorial utilisée par les climatologues pour suivre l’évolution d’El Niño et de son opposé, La Niña. Selon les données ERA5 reprises par Copernicus, la température de surface moyenne de cette région a atteint 29,70 °C en septembre 2026, un niveau présenté comme un record dans la série utilisée. Cette valeur correspond à une température absolue de l’eau, et non à un réchauffement de 29,70 °C par rapport à la normale. La distinction est importante : pour mesurer l’intensité d’une anomalie climatique, les scientifiques comparent la température observée à une moyenne de référence.
Le record régional s’inscrit dans un contexte plus vaste. À l’échelle des océans situés entre 60° de latitude sud et 60° de latitude nord, la température moyenne de surface a atteint 21,05 °C en septembre, la valeur la plus élevée jamais relevée pour ce mois dans la série ERA5. Le précédent record de septembre était de 20,92 °C, établi en 2023. L’écart atteint donc 0,13 °C entre ces deux moyennes mensuelles. Une différence qui peut paraître faible à l’échelle d’un thermomètre domestique, mais qui prend une autre dimension lorsqu’elle concerne une immense partie de la surface océanique mondiale.
Il faut néanmoins éviter de confondre ces deux indicateurs. La valeur de 29,70 °C concerne une région particulière du Pacifique tropical, tandis que les 21,05 °C correspondent à une moyenne beaucoup plus vaste des océans hors régions polaires. Les zones, les méthodes de calcul et les références ne sont pas identiques. Leur intérêt commun est de montrer que le réchauffement ne se limite pas à un petit secteur isolé.
Septembre 2026 : les chiffres à retenir
Le réchauffement du Pacifique intervient alors que plusieurs indicateurs climatiques mondiaux se situent à des niveaux très élevés. Copernicus estime que la température moyenne de l’air près de la surface du globe a atteint 16,27 °C en septembre 2026, soit 0,82 °C au-dessus de la moyenne de septembre sur la période 1991-2020. Le mois se classe au deuxième rang des mois de septembre les plus chauds de la série, derrière septembre 2023. Par rapport à la période préindustrielle 1850-1900, l’anomalie atteint +1,63 °C. Cette comparaison porte sur un mois particulier : elle ne signifie pas que le seuil de réchauffement à long terme de l’Accord de Paris est définitivement dépassé.
Les chiffres du tableau proviennent du bulletin climatique de septembre 2026. Les anomalies dépendent de la période de référence et de la zone géographique retenues.
| 🌡️ Indicateur | 📊 Valeur de septembre 2026 | 🔎 Ce que cela signifie |
| 🌍 Température moyenne mondiale de l’air | 16,27 °C | Deuxième septembre le plus chaud de la série ERA5 |
| 📈 Anomalie mondiale de l’air, par rapport à 1991-2020 | +0,82 °C | Écart à la moyenne récente de référence |
| 🔥 Écart estimé à la période préindustrielle | +1,63 °C | Valeur mensuelle, pas moyenne climatique sur plusieurs décennies |
| 🌊 Température moyenne des océans hors régions polaires | 21,05 °C | Record pour un mois de septembre |
| 🌊 Précédent record de septembre pour ces océans | 20,92 °C en 2023 | Écart de 0,13 °C avec septembre 2026 |
| 🌡️ Température moyenne de surface de la région Niño 3.4 | 29,70 °C | Record signalé dans la série ERA5 utilisée par Copernicus |
Ces chiffres ne décrivent pas tous la même réalité. Une température moyenne de surface ne mesure pas la chaleur accumulée dans toute la colonne d’eau, qui peut atteindre plusieurs kilomètres de profondeur. Elle ne donne pas non plus directement la quantité d’énergie transférée à l’atmosphère. Pour comprendre l’évolution du système climatique, les scientifiques examinent ensemble les températures de surface, les mesures en profondeur, les vents, les précipitations, la pression atmosphérique et les indices qui caractérisent El Niño.
La prudence s’impose aussi dans la lecture des records. Les données ERA5 constituent une réanalyse : elles combinent observations, satellites et modèles météorologiques pour produire une représentation cohérente de l’état de l’atmosphère et de la surface terrestre. D’autres jeux de données, qui n’utilisent pas exactement les mêmes méthodes ou domaines géographiques, peuvent donner des valeurs légèrement différentes. Un record annoncé par Copernicus doit donc être rapporté à la série et à l’indicateur concernés, sans le transformer en affirmation universelle sur chaque portion du Pacifique.
El Niño, un phénomène naturel qui redistribue la chaleur
Dans les conditions habituelles, les alizés soufflent globalement d’est en ouest le long de l’équateur dans le Pacifique. Ils poussent les eaux chaudes vers l’ouest, en direction de l’Indonésie et de la région australienne. Dans le Pacifique oriental, près de l’Amérique du Sud, des eaux plus froides remontent vers la surface depuis les profondeurs : c’est le phénomène de remontée d’eau, ou upwelling. Cette circulation contribue à maintenir un contraste marqué entre l’ouest et l’est du bassin.
Pendant un épisode El Niño, les alizés faiblissent et la répartition de la chaleur se modifie. Les eaux chaudes s’étendent davantage vers le centre et l’est du Pacifique équatorial, tandis que la remontée des eaux froides peut perdre en intensité. L’atmosphère réagit à son tour : les zones de convection et de fortes pluies se déplacent, la circulation tropicale change et les effets se propagent vers d’autres régions du globe par l’intermédiaire de grandes structures atmosphériques.
Le phénomène n’est donc pas seulement une hausse locale du thermomètre. Il s’agit d’une interaction entre l’océan et l’atmosphère. Pour déterminer si El Niño est installé et évaluer son intensité, les scientifiques ne se contentent pas d’observer une seule journée chaude. Ils suivent les anomalies de température dans des régions définies, leur persistance et les signes atmosphériques qui accompagnent le réchauffement.
La région Niño 3.4, située dans le Pacifique équatorial central et oriental, joue un rôle important dans cette surveillance. Les organismes météorologiques utilisent notamment les anomalies de température de cette zone pour classer les phases d’El Niño et de La Niña. Les critères exacts dépendent de l’indice retenu et de la méthode employée. Une valeur absolue de 29,70 °C ne permet donc pas, à elle seule, de classer l’épisode : il faut connaître l’écart à la normale, sa durée et les conditions atmosphériques associées.
En septembre 2026, les analyses de Copernicus et du centre américain de prévision climatique décrivent un renforcement d’El Niño dans le Pacifique équatorial. Les observations font aussi état de températures océaniques supérieures à la moyenne sous la surface, avec des anomalies particulièrement marquées dans le secteur oriental. Cette chaleur en profondeur compte, car elle renseigne sur la quantité d’énergie disponible et sur la possibilité que le signal persiste ou évolue au cours des mois suivants.
Pourquoi ce réchauffement attire-t-il autant l’attention ?
L’océan absorbe une grande partie de l’excès d’énergie accumulé dans le système climatique. Il possède une capacité thermique élevée : il peut stocker beaucoup de chaleur sans que sa température varie aussi rapidement que celle de l’air. Mais lorsque la surface de vastes zones océaniques reste très chaude, les échanges avec l’atmosphère peuvent modifier l’humidité disponible, la formation des nuages et les pluies.
Des eaux plus chaudes favorisent généralement une évaporation plus importante, toutes choses égales par ailleurs. L’air qui se charge en vapeur d’eau peut ensuite alimenter des précipitations intenses lorsque les conditions atmosphériques permettent la formation de nuages convectifs. Cela ne signifie pas qu’une mer plus chaude entraîne automatiquement davantage de pluie partout : la circulation des vents, la stabilité de l’atmosphère et la position des zones de convergence déterminent où l’humidité se condense.
Le Pacifique tropical est particulièrement influent parce qu’il couvre une superficie immense et interagit avec la circulation atmosphérique mondiale. Les variations de température entre ses secteurs ouest et est peuvent déplacer les zones de pluies tropicales et modifier certains courants atmosphériques. Ces changements influencent ensuite, avec des intensités variables, les conditions météorologiques en Amérique, en Asie, en Océanie et parfois au-delà.
El Niño est aussi susceptible d’augmenter la température moyenne mondiale pendant une période donnée. Le transfert de chaleur entre l’océan et l’atmosphère et la redistribution de cette énergie peuvent accentuer temporairement le réchauffement déjà provoqué par les gaz à effet de serre. L’effet ne se manifeste pas partout de façon identique et ne se résume pas à une addition mécanique entre « réchauffement climatique » et « El Niño ». Il dépend de la saison, de l’état de l’océan et des configurations atmosphériques.
Le point important est que le réchauffement climatique de fond et El Niño ne sont pas la même chose. El Niño est une variabilité naturelle qui revient de façon irrégulière, avec des épisodes de force différente. Le réchauffement de long terme est principalement lié à l’accumulation de gaz à effet de serre issus des activités humaines. Les deux peuvent se superposer : un épisode El Niño se déroule alors dans un climat déjà plus chaud qu’autrefois.
Des conséquences possibles, mais différentes selon les régions
Les conséquences d’El Niño ne sont jamais uniformes. Dans certaines régions, le phénomène augmente la probabilité de sécheresses ou de chaleur inhabituelle ; dans d’autres, il peut favoriser des pluies plus abondantes. L’effet dépend de la période de l’année, de la configuration des vents et des conditions locales. Une prévision climatique donne donc des tendances de probabilité, pas une certitude sur la météo d’une ville précise plusieurs mois à l’avance.
En Indonésie et dans certaines parties de l’Asie du Sud-Est, un épisode El Niño peut favoriser des conditions plus sèches à certaines saisons. Si les sols et la végétation manquent déjà d’eau, le risque d’incendies peut augmenter. En Australie, les effets varient selon les régions et les périodes de l’année, mais le phénomène peut contribuer à un risque accru de chaleur et de sécheresse dans certains secteurs.
Sur les côtes occidentales de l’Amérique du Sud, l’affaiblissement de la remontée d’eaux froides peut perturber les écosystèmes marins et réduire la disponibilité de nutriments dans certaines zones de pêche. Les espèces qui dépendent d’eaux froides peuvent se déplacer ou devenir moins abondantes localement. Les effets sur la pêche et les communautés côtières dépendent toutefois de l’intensité de l’épisode et des caractéristiques de chaque écosystème.
Dans certaines parties de l’Amérique du Sud, El Niño peut accroître le risque de fortes précipitations et d’inondations, alors que d’autres régions connaissent un déficit pluviométrique. Le phénomène peut aussi influencer les trajectoires de certains systèmes météorologiques dans le Pacifique et modifier les conditions favorables aux cyclones tropicaux dans différents bassins. Là encore, il ne permet pas de prédire à lui seul le nombre de tempêtes ou l’emplacement exact d’un événement.
Pour l’Europe, le lien est beaucoup moins direct. El Niño peut exercer une influence sur la circulation atmosphérique à grande échelle, mais le signal européen est variable et se combine à d’autres facteurs, notamment l’état de l’Atlantique Nord, les conditions stratosphériques et les configurations de pression. Il serait donc hasardeux d’affirmer que le réchauffement actuel du Pacifique entraînera forcément un hiver doux, froid, sec ou très pluvieux en France. Pour prévoir les conditions saisonnières européennes, les services météorologiques analysent plusieurs indicateurs et actualisent régulièrement leurs simulations.
Le changement climatique amplifie-t-il le phénomène ?
C’est une question importante, mais la réponse demande de distinguer plusieurs mécanismes. El Niño existait bien avant l’industrialisation et fait partie de la variabilité naturelle du climat. Le réchauffement lié aux émissions humaines de gaz à effet de serre augmente cependant la température de fond des océans. Un épisode El Niño peut donc se développer dans un environnement déjà plus chaud, ce qui contribue à des records de température globale sans que chaque record puisse être attribué au seul phénomène.
Il reste plus délicat de déterminer comment le changement climatique modifie précisément la fréquence et l’intensité des épisodes El Niño. Les observations montrent une forte variabilité d’un événement à l’autre, tandis que les modèles climatiques ne donnent pas tous les mêmes résultats sur certains aspects de leur évolution future. Il faut donc éviter d’affirmer que le réchauffement climatique rend nécessairement chaque nouvel épisode El Niño plus puissant que le précédent.
Ce que l’on peut établir avec davantage de certitude, c’est que le réchauffement global augmente la température moyenne de l’océan et de l’atmosphère. Lorsqu’un épisode El Niño se produit dans ce contexte, il peut contribuer à pousser les températures mondiales vers de nouveaux sommets. Le record de septembre 2026 s’inscrit dans cette combinaison entre réchauffement de fond et variabilité naturelle.
Il faut également se méfier des raccourcis entre températures de surface et contenu thermique total. Une eau de surface très chaude n’indique pas, à elle seule, la quantité exacte de chaleur stockée dans l’ensemble du bassin. Pour suivre l’énergie accumulée, les chercheurs ont besoin de mesures en profondeur et d’analyses complémentaires. Ces données aident à comprendre si la chaleur reste concentrée près de la surface, si elle s’étend vers les couches plus profondes ou si elle est redistribuée par les courants.
Ce que les prochains mois permettront de vérifier
Le suivi d’El Niño repose sur plusieurs familles d’indicateurs. Les scientifiques observent les températures de surface dans les régions Niño, les vents près de l’équateur, les différences de pression atmosphérique entre l’ouest et l’est du Pacifique, les pluies tropicales et la température de l’océan sous la surface. La cohérence entre ces paramètres permet de distinguer un réchauffement temporaire d’un épisode océan-atmosphère durable.
Les prévisions saisonnières sont régulièrement mises à jour, car l’évolution du Pacifique peut changer en quelques semaines. Les modèles estiment la probabilité que les conditions El Niño se renforcent, restent stables ou commencent à faiblir. Leur précision dépend du moment de l’année, de la qualité des observations et de la capacité des modèles à reproduire les interactions entre l’océan et l’atmosphère.
Un épisode particulièrement intense pourrait avoir des effets importants sur les précipitations, les récoltes, les ressources en eau et certains risques naturels. Mais l’intensité d’El Niño ne détermine pas seule la gravité des conséquences. La vulnérabilité des territoires compte également : une région déjà touchée par la sécheresse, des sols dégradés ou des infrastructures insuffisantes peut subir davantage de dommages qu’un territoire mieux préparé, même si les conditions météorologiques sont comparables.
Pour la France, le bon réflexe consiste à suivre les tendances saisonnières publiées par les services météorologiques plutôt que de tirer une prévision locale d’un seul indicateur océanique. El Niño peut modifier les probabilités à grande échelle, mais il ne fournit pas un calendrier fiable des pluies, des vagues de froid ou des épisodes de chaleur en métropole. Le Pacifique est une pièce majeure du système climatique, pas une télécommande qui permettrait de programmer la météo française plusieurs mois à l’avance.
Repères et points clés à retenir
| 🌊 Indicateur | 📌 Repère à retenir |
| Température de surface de la région Niño 3.4 | 29,70 °C en septembre 2026, valeur record rapportée par Copernicus dans la série ERA5 |
| Océans hors régions polaires | 21,05 °C en moyenne entre 60° S et 60° N, record pour septembre |
| Écart au précédent record de septembre pour cette moyenne océanique | +0,13 °C par rapport à 2023 |
| Température moyenne mondiale de l’air | 16,27 °C en septembre, deuxième valeur la plus élevée pour ce mois |
| Anomalie mondiale de l’air par rapport à 1850-1900 | +1,63 °C pour septembre, une valeur mensuelle et non une moyenne sur plusieurs décennies |
| Phénomène en cours | Renforcement d’El Niño dans le Pacifique équatorial |
| Effets attendus | Risques de modifications des pluies, des températures et de certains événements extrêmes, variables selon les régions |
Ces valeurs montrent un réchauffement océanique remarquable, mais elles ne doivent pas être mélangées. La température de Niño 3.4 décrit une région tropicale précise ; la moyenne de 21,05 °C concerne une grande partie des océans ; les anomalies de température de l’air reposent sur d’autres calculs. Leur lecture conjointe permet de comprendre l’ampleur du signal, sans attribuer à un seul chiffre plus d’informations qu’il n’en contient.
Focus : pourquoi quelques dixièmes de degré comptent-ils autant ?
Une hausse de 0,13 °C dans une moyenne océanique couvrant des millions de kilomètres carrés n’a rien d’anecdotique. L’océan possède une masse considérable et emmagasine une grande quantité d’énergie. La température moyenne résulte de mesures réparties dans l’espace et dans le temps : un écart faible à l’échelle du thermomètre peut traduire une évolution importante lorsqu’il touche une surface immense.
Pour autant, un record de température ne signifie pas que chaque région de l’océan est plus chaude que jamais. Certaines zones peuvent connaître des anomalies positives très fortes tandis que d’autres restent proches de leur moyenne ou passent sous celle-ci. Une moyenne mondiale peut également masquer des différences entre le Pacifique, l’Atlantique et l’océan Indien.
La température de surface ne suffit pas non plus à mesurer tous les risques. Une mer chaude peut fournir davantage d’humidité à l’atmosphère, mais les pluies dépendent des mouvements de l’air. Une sécheresse dépend de la circulation atmosphérique, des précipitations précédentes, de l’humidité des sols et de la demande en eau. Pour établir un diagnostic fiable, les chercheurs croisent donc les relevés océaniques avec les observations atmosphériques et hydrologiques.
Pour aller plus loin : le record de septembre annonce-t-il une année climatique hors norme ?
Le bulletin de septembre 2026 confirme que le système climatique connaît une période exceptionnellement chaude. Le deuxième mois de septembre le plus chaud jamais relevé, une température océanique moyenne record pour ce mois et le renforcement d’El Niño constituent des signaux sérieux. Ils ne permettent toutefois pas, à eux seuls, de déterminer le bilan définitif de l’année ni la répartition exacte des événements extrêmes dans les mois à venir.
Le suivi doit se poursuivre sur plusieurs fronts : évolution de la région Niño 3.4, température des eaux en profondeur, force des alizés, anomalies de précipitations dans les régions tropicales et évolution de la température moyenne mondiale. Si ces indicateurs évoluent de façon cohérente, ils permettront de préciser l’intensité de l’épisode et ses conséquences probables. Les prévisions saisonnières devront ensuite être confrontées aux observations réelles.
Le point le plus important reste la différence entre un phénomène naturel et la tendance climatique de fond. El Niño peut amplifier temporairement la chaleur mondiale, mais il ne suffit pas à expliquer le réchauffement observé sur plusieurs décennies. La hausse durable des températures océaniques s’inscrit dans un système climatique qui accumule de l’énergie sous l’effet des émissions humaines de gaz à effet de serre. Le Pacifique apporte aujourd’hui un signal particulièrement fort ; les prochains mois diront comment il se propage dans l’atmosphère et quels territoires en ressentiront les effets.
En septembre 2026, les chiffres de Copernicus décrivent donc un Pacifique tropical très chaud, associé à un épisode El Niño en renforcement, dans un contexte où les océans hors régions polaires battent eux aussi des records mensuels. C’est une évolution à surveiller de près, sans annoncer à l’avance des catastrophes précises ni promettre un hiver particulier en Europe. Les données sont suffisamment remarquables pour parler d’un épisode exceptionnel dans les séries observées ; leur interprétation exige néanmoins de garder la distinction entre records mesurés, mécanismes physiques et prévisions climatiques.




