Lorsque l’on compare les canicules et les vagues de froid en termes d’accidents vasculaires cérébraux (AVC) fatals, le froid apparaît comme un adversaire plus redoutable, mais la chaleur ne doit pas non plus être sous-estimée.
Des études d’envergure recensées dans plusieurs pays montrent que des températures froides, souvent sous 10 à 20 °C, favorisent significativement les AVC, notamment par vasoconstriction, hausse de la pression artérielle, épaississement du sang et activation de marqueurs inflammatoires. En Finlande, le taux d’AVC est 13 à 14 % plus élevé en hiver qu’en été . Une enquête globale sur près de deux millions d’AVC indique que les vagues de froid provoquent environ 9,1 décès supplémentaires pour 1 000 AVC ischémiques, contre seulement 2,2 pour la chaleur extrême .
Plusieurs mécanismes chimiques et physiologiques expliquent ce constat : sous l’effet du froid, l’organisme rétrécit ses vaisseaux pour conserver l’énergie thermique, ce qui augmente la pression et la viscosité sanguine. Ces phénomènes facilitent la formation de caillots, en particulier dans les jours qui suivent une exposition à des températures basses .
Les canicules, quant à elles, augmentent aussi le risque d’AVC, mais dans une moindre proportion. Un regroupement mondial de recherches conclut que les vagues de chaleur font grimper le risque de mortalité par AVC d’environ 9 %, tandis que la froideur extrême se traduit par une hausse de 18 %. Cela s’explique notamment par la déshydratation, la densification du sang et le stress thermique sur le système cardiovasculaire.
Ces différences ne signifient pas que les canicules sont sans danger : lors des épisodes de chaleur extrême, les AVC ischémiques peuvent augmenter, particulièrement chez les personnes âgées, vulnérables ou exposées à une mauvaise qualité de l’air .
En résumé, le froid reste globalement plus dangereux que la chaleur en matière d’AVC, tant en fréquence qu’en mortalité, mais les excès de chaleur ne sont pas non plus bénins. Ils aggravent la fragilité des plus âgés et des personnes souffrant de maladies chroniques.
Comment réduire ces risques ?
Le défi consiste à adopter des comportements adaptés à chaque extrême climatique :
En hiver, maintenir une température ambiante ≥18 °C, s’habiller chaudement, surveiller sa tension et son hydratation, éviter les efforts physiques brusques.
En été, boire suffisamment, rester dans des environnements frais, éviter les efforts en plein pic de chaleur, vérifier son état de santé et éviter l’exposition directe au soleil.
En toute saison, contrôler la tension, traiter les maladies cardiovasculaires, informer les proches en cas de signes d’avertissement (maux de tête soudains, troubles visuels, perte de force).
Cette double réalité illustre bien l’importance d’une stratégie de prévention saisonnière, adaptée aux variations extrêmes de température. Mieux comprendre ces mécanismes aide à réduire les AVC et protéger les populations les plus vulnérables.




