Septembre 2026 : troisième mois de septembre le plus chaud jamais mesuré en Europe, avec des records dans le Sud

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Le mois de septembre a prolongé l’été climatique sur une large partie de l’Europe. Selon le service européen Copernicus, la température moyenne sur les terres européennes a atteint 16,26 °C, soit 1,54 °C de plus que la moyenne de référence 1991-2020. Ce mois se classe au troisième rang des mois de septembre les plus chauds jamais observés à l’échelle du continent. L’ouest de l’Europe a, lui, égalé son record, tandis que le sud-est de la France et de vastes secteurs de la péninsule Ibérique et de l’Italie ont connu un mois exceptionnellement chaud.

Une anomalie de +1,54 °C sur l’Europe

Le bulletin mensuel publié le 9 octobre par le service Copernicus sur le changement climatique (C3S), mis en œuvre par le Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme, confirme une anomalie thermique marquée. La moyenne de 16,26 °C calculée sur les terres européennes dépasse de 1,54 °C la normale de septembre pour la période 1991-2020. Ce classement place septembre 2026 derrière les deux mois de septembre les plus chauds de la série, sans pour autant en faire un record absolu à l’échelle de l’Europe.

La situation est encore plus remarquable à l’ouest du continent. Copernicus indique que l’Europe occidentale a connu son mois de septembre le plus chaud à égalité avec septembre 2023. L’anomalie atteint +2,51 °C par rapport à la référence 1991-2020 pour cette région. Les écarts les plus marqués ont concerné notamment le sud de la France, le Portugal, l’Espagne et une partie de l’Italie, avec des températures moyennes localement supérieures de 4 à 6 °C aux normales.

Ces chiffres correspondent à des moyennes climatiques, calculées sur des zones géographiques et des périodes précises. Ils ne signifient pas que chaque journée a été plus chaude de 4 à 6 °C, ni que toutes les stations météorologiques ont battu un record. Ils montrent en revanche que la chaleur a persisté à l’échelle régionale, avec des effets sensibles sur les sols, les cours d’eau et les besoins en eau après un été déjà exceptionnellement chaud et sec.

Le sud de la France parmi les régions les plus touchées

En France, les relevés de Météo-France confirment une anomalie particulièrement forte. Septembre 2026 se classe au deuxième rang des mois de septembre les plus chauds depuis le début des mesures nationales en 1900, derrière septembre 2023. La température moyenne nationale a dépassé la normale 1991-2020 de 3,1 °C. Il s’agit du quatrième mois consécutif où l’anomalie thermique dépasse +3 °C, une succession inédite dans les séries nationales de mesures.

Trois épisodes de chaleur se sont succédé au cours du mois. Le plus intense s’est produit du 3 au 8 septembre, avec des températures maximales souvent supérieures à 35 °C dans la moitié sud. Plusieurs stations ont enregistré des valeurs inédites pour septembre, parfois après plusieurs décennies de mesures. Le 6 septembre, le thermomètre a atteint 40,3 °C à Lavaur, dans le Tarn, dépassant le précédent record national mensuel de 40,2 °C établi à Pissos, dans les Landes, le 12 septembre 2022.

D’autres valeurs témoignent de la vigueur de cet épisode. Perpignan a enregistré 39,4 °C le 5 septembre, Albi 39,2 °C le lendemain, Nîmes-Courbessac 38,2 °C le 5 septembre et Carcassonne 38 °C le 4 septembre. Même des secteurs moins habitués à de telles températures en septembre ont été concernés : Strasbourg a atteint 35,1 °C le 8 septembre et Bourg-Saint-Maurice, en Savoie, 34,7 °C le 4 septembre. Au mont Aigoual, à 1 567 mètres d’altitude, le thermomètre est monté à 27,6 °C le 4 septembre.

La chaleur n’a pas seulement été intense durant quelques après-midi. Elle s’est inscrite dans une moyenne mensuelle élevée, ce qui pèse davantage dans le classement climatique. Un record ponctuel indique qu’une station a dépassé ses valeurs antérieures ; une anomalie mensuelle élevée montre que la chaleur a persisté sur une période plus longue et sur un territoire plus vaste.

Portugal, Espagne et Italie : des anomalies de 4 à 6 °C par endroits

Le bulletin de Copernicus fait ressortir des températures très supérieures aux normales sur la péninsule Ibérique et une partie de l’Italie. Dans les zones les plus touchées, l’écart à la moyenne 1991-2020 atteint 4 à 6 °C. Les cartes de classement mensuel placent de vastes secteurs du Portugal, de l’Espagne, de l’Italie et du sud-est de la France parmi les régions les plus exceptionnellement chaudes pour un mois de septembre.

Ces anomalies s’expliquent par la persistance de conditions météorologiques favorables à la chaleur : périodes anticycloniques, ensoleillement important et circulation de masses d’air chaudes. Lorsque ces situations se prolongent, les sols perdent de l’humidité, ce qui limite le refroidissement par évaporation et favorise une hausse supplémentaire des températures de surface. Ce mécanisme peut amplifier la chaleur, surtout après plusieurs semaines de faibles précipitations.

Il faut néanmoins distinguer les records régionaux de la moyenne européenne. Copernicus classe l’Europe dans son ensemble au troisième rang, tandis que l’ouest du continent égale son record de septembre 2023. Les secteurs les plus chauds peuvent donc connaître des valeurs exceptionnelles sans que chaque pays ou chaque région établisse un record national. Le classement dépend de la zone considérée, de la période de référence et de la série de données utilisée.

Chaleur et sécheresse : un mois qui a fortement aggravé le déficit hydrique

La chaleur de septembre s’est accompagnée d’un manque de pluie particulièrement marqué en France. Selon Météo-France, le cumul national des précipitations a été inférieur d’environ 70 % à la normale. Septembre 2026 devient ainsi le troisième mois de septembre le moins arrosé depuis le début de la série nationale en 1958, après 1977 et 1985. L’ensoleillement a, de son côté, dépassé la normale de plus de 30 %, ce qui place le mois au deuxième rang des mois de septembre les plus ensoleillés, derrière 1997.

Le déficit de pluie n’a pas concerné seulement le Sud. Il s’est étendu sur une large partie du territoire, notamment selon un axe allant du Sud-Ouest au Nord-Est. La sécheresse des sols superficiels a atteint un niveau inédit pour cette période de l’année dans l’indicateur national suivi par Météo-France. Cette situation est particulièrement préoccupante pour les cultures, la végétation et la recharge des réserves en eau, même si les conséquences varient selon les sols, les nappes et les bassins versants.

L’ironie météorologique du mois est apparue dans les derniers jours : après une longue période sèche, de violentes pluies méditerranéennes ont frappé le Gard et l’Hérault. Les 29 et 30 septembre, les cumuls ont atteint 340 mm à Saint-Hippolyte-du-Fort, 305 mm à Colognac et 269 mm à Prades-le-Lez. Montpellier a reçu 154 mm et Nîmes 93 mm sur ces deux journées. Ces précipitations intenses ont provoqué des inondations, mais elles ne suffisent pas à effacer le déficit accumulé sur l’ensemble du mois ni à reconstituer instantanément les réserves d’eau profondes.

À l’échelle européenne, Copernicus observe également une sécheresse étendue dans l’ouest, le centre et une partie de l’est du continent. Les débits de certains cours d’eau ont atteint des niveaux record pour un mois de septembre, notamment sur des secteurs du Rhin, du Danube, de la Vistule et du système Garonne-Dordogne. Les conséquences ont concerné la navigation, l’approvisionnement en eau et l’agriculture dans plusieurs pays.

Un mois exceptionnel aussi à l’échelle mondiale

Septembre 2026 n’a pas été remarquable uniquement en Europe. La température moyenne mondiale de l’air à la surface a atteint 16,27 °C, soit 0,82 °C au-dessus de la moyenne 1991-2020. Selon Copernicus, il s’agit du deuxième mois de septembre le plus chaud jamais mesuré dans la série ERA5, derrière septembre 2023 de seulement 0,11 °C.

Comparée à la période préindustrielle 1850-1900, la température mondiale de septembre a été supérieure de 1,63 °C. C’est la deuxième fois consécutive en 2026, après août, que la moyenne mensuelle dépasse le seuil de 1,5 °C au-dessus de cette référence. Cette comparaison demande toutefois une précision : le seuil de 1,5 °C de l’Accord de Paris se rapporte à un réchauffement moyen de long terme, et non à un seul mois. Le dépassement mensuel constitue un indicateur du niveau actuel de chaleur, mais ne signifie pas que la limite climatique de long terme a été officiellement franchie.

Les océans ont eux aussi affiché des valeurs très élevées. La température moyenne de surface des océans situés entre 60° de latitude sud et 60° nord a atteint 21,05 °C, un record pour un mois de septembre dans les données de Copernicus. Le précédent record mensuel, établi en 2023, était de 20,92 °C. Dans la région Niño 3.4 du Pacifique tropical, utilisée pour surveiller El Niño, la température de surface a atteint 29,70 °C, un niveau supérieur aux pics observés lors des épisodes très intenses de 1982-1983, 1997-1998 et 2015-2016 dans cette série.

Ces températures océaniques élevées interviennent alors que les conditions El Niño se renforcent dans le Pacifique équatorial. El Niño modifie les échanges de chaleur entre l’océan et l’atmosphère et influence les régimes de pluie et de température dans plusieurs régions du globe. Il ne provoque pas partout les mêmes effets et ne suffit pas à expliquer, à lui seul, la chaleur européenne de septembre. Le contexte météorologique régional et le réchauffement climatique de fond interviennent également.

Les chiffres clés de septembre 2026

🌡️ Indicateur 📊 Chiffre relevé 📍 Repère
🇪🇺 Température moyenne sur les terres européennes 16,26 °C +1,54 °C par rapport à 1991-2020
🥉 Classement européen 3e septembre le plus chaud Série Copernicus ERA5
🇪🇺 Europe occidentale +2,51 °C Record égalé avec septembre 2023
🇫🇷 Anomalie moyenne en France +3,1 °C 2e septembre le plus chaud depuis 1900
🔥 Record français de septembre 40,3 °C Lavaur, Tarn, le 6 septembre
🌧️ Déficit de pluie en France Environ −70 % 3e septembre le plus sec depuis 1958
☀️ Excédent d’ensoleillement en France Plus de +30 % 2e septembre le plus ensoleillé
🌍 Température moyenne mondiale 16,27 °C 2e septembre le plus chaud, +0,82 °C par rapport à 1991-2020
🌍 Écart à la période préindustrielle +1,63 °C Moyenne mensuelle mondiale
🌊 Température moyenne de surface des océans, 60°S–60°N 21,05 °C Record pour un mois de septembre

Sources des données : Copernicus C3S et Météo-France. Les anomalies thermiques utilisent la période 1991-2020, sauf mention contraire.

Ce que ce mois nous apprend sur l’évolution du climat

Septembre 2026 rassemble plusieurs indicateurs qui méritent d’être considérés ensemble : une anomalie thermique européenne de +1,54 °C, un record égalé en Europe occidentale, des températures localement supérieures de 4 à 6 °C aux normales dans le sud du continent, un déficit de pluie proche de 70 % en France et des températures océaniques mondiales record pour la période. Aucun de ces chiffres, pris isolément, ne résume toute l’évolution du climat. Leur convergence montre cependant que la chaleur persistante et le manque de précipitations ont touché de vastes territoires au même moment.

Le réchauffement climatique augmente la probabilité et l’intensité de nombreux épisodes de chaleur, tandis que les conditions météorologiques déterminent la répartition exacte des températures et des pluies d’une année à l’autre. Pour attribuer précisément un événement à l’influence humaine, les climatologues utilisent des études spécifiques qui comparent des simulations avec et sans émissions anthropiques de gaz à effet de serre. Le bulletin mensuel de Copernicus établit le constat climatique ; il ne constitue pas, à lui seul, une étude d’attribution détaillée pour chaque région.

Le contraste entre les sols desséchés et les pluies diluviennes de fin septembre dans le Gard et l’Hérault rappelle aussi qu’une sécheresse et un risque d’inondation peuvent se succéder au cours du même mois. Les épisodes pluvieux intenses n’annulent pas nécessairement un déficit hydrique de plusieurs semaines, notamment lorsque l’eau ruisselle rapidement plutôt que de s’infiltrer.

Le bilan est donc net : septembre 2026 fut le troisième mois de septembre le plus chaud en Europe, mais l’ouest du continent a égalé son record et plusieurs régions du Sud ont subi des anomalies thermiques exceptionnelles. En France, le mois se distingue encore davantage par son rang national, sa sécheresse et son ensoleillement. Ces données prolongent le signal d’un été déjà très chaud et sec, sans permettre pour autant de déduire mécaniquement les conditions de l’automne ou de l’hiver à venir.