Situation générale : Les pluies orageuses ont essentiellement stationné en mer durant la nuit et n’ont que débordé de manière très modérée sur le département des Bouches-du-Rhône, apportant tout au plus 10 à 20 mm. Sur les départements du Gard et de l’Hérault, l’activité a également été très limitée.
Par conséquent, les cumuls de pluie sur l’ensemble de l’épisode ont peu évolué, compris généralement entre 150 et 300 mm du nord-est de l’Hérault au sud et à l’ouest du Gard, les cumuls les plus notoires ayant concerné l’agglomération de Montpellier avec 200 à 250 mm.
Si quelques passages pluvieux sont encore possibles en première partie de journée, la tendance est à l’amélioration progressive, mettant ainsi fin à cet épisode.
Jeudi matin : la pluie recule, l’eau reste
Météo-France a abaissé jeudi matin le Gard, l’Hérault et les Bouches-du-Rhône en vigilance jaune pluie-inondation. Le risque lié aux pluies intenses a donc fortement diminué après l’épisode de mercredi. Quelques précipitations peuvent encore toucher le secteur en première partie de journée, mais la tendance générale est à l’amélioration.
Le bilan pluviométrique reste toutefois impressionnant. Saint-Hippolyte-du-Fort, dans le Gard, a reçu au moins 335 mm depuis le début de l’épisode, dont une très grande partie en quelques heures. Météo-France relevait mercredi à 18 h 337,6 mm à cette station. À Colognac, le cumul atteignait 299,0 mm, tandis que Prades-le-Lez dans l’Hérault avait reçu 264,9 mm. Moulès-et-Baucels affichait 258,4 mm, Générargues 258,0 mm et Saint-Martin-de-Londres 217,8 mm. Ces chiffres permettent de mesurer l’échelle du phénomène : à Saint-Hippolyte-du-Fort, les 337,6 mm correspondent à environ 337 litres d’eau par mètre carré. Météo-France estimait ce cumul à l’équivalent de 61 jours de pluie normale pour cette localité.
Les cours d’eau : c’est maintenant que le risque se décale
Le point important de ce jeudi matin concerne les rivières. Les pluies les plus fortes sont passées, mais les bassins versants ont accumulé énormément d’eau et les niveaux peuvent continuer à évoluer après la fin des précipitations.
Le Vidourle et le Vistre restent en vigilance crues orange dans le dernier bulletin hydrologique disponible hier soir. Le Gardon d’Alès, la Cèze amont, le Gardon d’Anduze et le Lez étaient redescendus au niveau jaune, tandis que plusieurs secteurs étaient repassés au vert. Le bulletin signalait toutefois encore des crues importantes sur le Vidourle et le Vistre.
Le cas du Lez montre bien le décalage entre pluie et réaction des cours d’eau. À Lavalette, le niveau avait atteint 4,42 m mercredi à 16 h 20, soit environ 2 cm au-dessus du niveau observé lors de la crue du 7 octobre 2014.
Il faut donc distinguer deux choses ce matin : le danger météorologique baisse rapidement, mais le danger hydraulique peut encore persister plusieurs heures, notamment dans les secteurs situés en aval des zones cévenoles fortement arrosées.
Plus de 40 routes encore fermées dans le Gard
La situation routière reste compliquée. Un point publié ce matin fait état de plus de quarante routes encore fermées dans le Gard après les inondations. Plusieurs ponts submersibles restent concernés.
Mercredi soir, les fermetures concernaient notamment la RD20C au pont du Rieutord, la RD814 sur la Vis entre Alzon et Vissec, la RD187C au pont de Rochegude, la RD386 au pont du Grand Tournant à Peyremale, la RD284 vers Corbès, la RD284A au pont de Massiès à Thoiras ainsi que la RD25 entre Ganges et Saint-Laurent-le-Minier.
Il faut donc être très prudent avec les informations routières datant de mercredi : une route qui n’est plus sous l’eau peut rester fermée, soit parce que le pont demeure dangereux, soit parce que les services doivent contrôler la chaussée, les talus ou les ouvrages avant réouverture.
Montpellier et l’Hérault ont également payé un lourd tribut
Dans l’Hérault, les pompiers ont réalisé 28 mises en sécurité de personnes à Montpellier, Lunel, Le Triadou, Combaillaux et Saint-Gély-du-Fesc. Trois campings ont aussi été évacués préventivement.
À Montpellier, le Lez a donc connu une montée particulièrement forte, avec ce niveau de 4,42 m à Lavalette. Les transports urbains ont été fortement perturbés mercredi et le trafic ferroviaire reste également touché ce jeudi matin, avec certaines circulations interrompues jusqu’à la mi-journée. Le bilan humain disponible ce jeudi matin est plutôt rassurant : aucun décès ni blessé n’était recensé dans les premiers bilans disponibles. Dans le Gard, les secours ont cependant dû effectuer plusieurs dizaines d’interventions pour des personnes qui s’étaient retrouvées en difficulté, dont une personne coincée dans son véhicule.
Ce qui s’est réellement passé mercredi
L’épisode avait commencé dès mardi soir avant de se renforcer durant la nuit. L’air chaud et très humide remontant de Méditerranée est venu buter contre les reliefs cévenols. Les pluies ont alors pris un caractère durable et parfois extrêmement intense.
Mercredi, les cumuls ont dépassé 300 mm dans plusieurs secteurs. Météo-France relevait à 18 h 337,6 mm à Saint-Hippolyte-du-Fort, 299 mm à Colognac et plus de 250 mm dans plusieurs stations du Gard et de l’Hérault.
Le phénomène s’est ensuite déplacé vers les plaines et les zones littorales. Les ruissellements ont provoqué des inondations urbaines, tandis que les cours d’eau cévenols ont réagi rapidement.
Le Vidourle est particulièrement surveillé parce que son bassin possède une réponse très rapide aux fortes pluies. Le relief amont peut recevoir plusieurs centaines de millimètres avant que les eaux ne se propagent vers les secteurs situés plus bas. C’est précisément pourquoi une amélioration météo ne signifie pas automatiquement une décrue immédiate.
🔴 En direct de Sommières dans le Gard : crue du Vidourle qui déborde, les sirènes sonnent pour alerter la population. #vidourle #sommieres #crue #inondations pic.twitter.com/oOKnjTI11m
— InfOccitanie (@infoccitanie) September 30, 2026
Le point chiffré de ce jeudi matin
| 🌧️ Secteur | Chiffre relevé |
| 💧 Saint-Hippolyte-du-Fort | 337,6 mm |
| 💧 Colognac | 299,0 mm |
| 💧 Prades-le-Lez | 264,9 mm |
| 💧 Moulès-et-Baucels | 258,4 mm |
| 💧 Générargues | 258,0 mm |
| 💧 Saint-Martin-de-Londres | 217,8 mm |
| 🌊 Lez à Lavalette | 4,42 m |
| 🚧 Routes gardoises encore fermées | plus de 40 |
| 🚑 Mises en sécurité dans l’Hérault | 28 personnes |
Les valeurs de pluie ci-dessus correspondent aux relevés communiqués par Météo-France mercredi, tandis que les données concernant les secours et les routes correspondent aux bilans disponibles dans la nuit et jeudi matin.
Et ce jeudi, que faut-il surveiller ?
Le scénario n’est plus celui de mercredi. Il n’y a plus de vigilance rouge pluie-inondation dans le Gard et l’Hérault ce matin. La phase de précipitations extrêmes est terminée ou en voie de nette diminution.
En revanche, trois paramètres restent à surveiller : la hauteur des cours d’eau, la vitesse de décrue et la réouverture des routes.
Un cours d’eau peut continuer à monter alors que le ciel s’éclaircit, surtout lorsqu’une masse d’eau importante descend depuis l’amont. C’est particulièrement vrai pour les bassins cévenols. Le Vidourle et le Vistre restent donc les deux secteurs hydrologiques qui retiennent le plus l’attention ce jeudi matin.
Les Bouches-du-Rhône ont également été touchées pendant la nuit. Le département est repassé en jaune ce matin, après une vigilance orange. Les cumuls depuis mercredi soir étaient estimés entre 50 et 100 mm sur l’ouest du département, 20 à 50 mm à l’est, avec des valeurs pouvant atteindre 150 à 200 mm dans certains secteurs de la Camargue et de la Côte Bleue en cas d’orages stationnaires.
Le point important ce jeudi à 8 h 40 est donc assez simple : la crise météorologique est derrière le Gard et l’Hérault, mais la crise hydraulique n’est pas totalement terminée. Avec plus de 335 mm à Saint-Hippolyte-du-Fort, près de 300 mm à Colognac, un Lez monté à 4,42 m et encore plus de quarante routes fermées dans le Gard, les sols, les rivières et les infrastructures ont besoin de temps pour revenir à la normale. Pour les déplacements, une route ou un pont fermé reste à considérer comme fermé, même si la pluie a cessé. Le risque le plus trompeur ce matin n’est plus forcément l’averse : c’est l’eau qui continue de circuler, de monter localement ou de recouvrir une chaussée en aval.




