Septembre est loin dâĂȘtre un mois creux au verger. Les pommes et les poires commencent Ă entrer dans leur grande pĂ©riode de rĂ©colte, les pruniers ont souvent terminĂ© leur production, les figuiers peuvent encore donner gĂ©nĂ©reusement dans les secteurs chauds, tandis que les jeunes arbres doivent dĂ©jĂ ĂȘtre surveillĂ©s avec attention avant leur premier automne. AprĂšs un Ă©tĂ© marquĂ© par la chaleur ou la sĂ©cheresse, le verger demande encore de lâeau, mais pas nâimporte comment. Il faut aussi savoir quand rĂ©colter, comment manipuler les fruits, quelles branches supprimer, quelles maladies surveiller, comment prĂ©parer les plantations dâautomne et surtout Ă©viter de transformer le mois de septembre en grand chantier de taille. Dans un verger familial, quelques dĂ©cisions prises maintenant peuvent avoir des consĂ©quences trĂšs visibles sur la rĂ©colte de lâannĂ©e suivante.
Septembre au verger : les rĂ©coltes commencent, mais le travail ne sâarrĂȘte pas
Le mois de septembre possĂšde une particularitĂ© que vous remarquez immĂ©diatement lorsque vous possĂ©dez plusieurs arbres fruitiers : le verger devient beaucoup plus exigeant en observation. En aoĂ»t, vous pouviez parfois laisser passer deux ou trois jours sans intervenir. En septembre, certains fruits arrivent rapidement Ă maturitĂ© et une rĂ©colte trop tardive peut entraĂźner des chutes au sol, des blessures, des attaques dâinsectes ou une dĂ©gradation accĂ©lĂ©rĂ©e.
La pomme reprĂ©sente lâun des meilleurs exemples. Toutes les pommes ne se rĂ©coltent pas au mĂȘme moment et deux arbres situĂ©s Ă quelques mĂštres lâun de lâautre peuvent prĂ©senter des diffĂ©rences importantes selon la variĂ©tĂ©, lâexposition et la charge en fruits. Une variĂ©tĂ© prĂ©coce peut ĂȘtre prĂȘte dĂšs la fin aoĂ»t ou le dĂ©but septembre, alors quâune variĂ©tĂ© tardive ne sera rĂ©coltĂ©e quâen octobre, voire plus tard selon les conditions.
Vous devez donc Ă©viter de vous fier uniquement Ă la couleur du fruit. Une pomme rouge nâest pas forcĂ©ment mĂ»re et une pomme encore largement verte peut ĂȘtre parfaitement rĂ©coltable. La fermetĂ©, la couleur des pĂ©pins, le dĂ©tachement du fruit et lâĂ©volution de sa chair donnent des indications plus fiables lorsquâils sont observĂ©s ensemble.
Pour une pomme destinée à la conservation, le moment de récolte est particuliÚrement important. Un fruit récolté trop tÎt peut manquer de qualité gustative et évoluer difficilement. Un fruit récolté trop tard peut tomber spontanément ou avoir subi des blessures invisibles qui réduiront fortement sa durée de conservation.
Un test simple consiste Ă soulever lĂ©gĂšrement la pomme puis Ă lui faire effectuer une petite rotation. Lorsque le fruit se dĂ©tache relativement facilement avec son pĂ©doncule, sans tirer brutalement sur la branche, la maturitĂ© de rĂ©colte peut ĂȘtre proche. Ce test reste toutefois dĂ©pendant de la variĂ©tĂ©.
La poire demande une approche encore diffĂ©rente. Certaines poires destinĂ©es Ă la conservation ne doivent pas ĂȘtre laissĂ©es jusquâĂ complĂšte maturitĂ© sur lâarbre. Elles peuvent ĂȘtre rĂ©coltĂ©es lorsquâelles ont atteint leur maturitĂ© physiologique, puis finir leur Ă©volution aprĂšs la rĂ©colte. Une poire qui devient parfaitement fondante directement sur lâarbre nâest donc pas forcĂ©ment une poire rĂ©coltĂ©e au meilleur moment pour la conservation.
La rĂ©colte doit ĂȘtre rĂ©alisĂ©e avec douceur. Les chocs sont lâennemi des fruits destinĂ©s Ă ĂȘtre conservĂ©s. Une petite blessure de quelques millimĂštres peut devenir une porte dâentrĂ©e pour des champignons et transformer un fruit sain en foyer de pourriture.
Ăvitez donc de remplir brutalement une caisse en jetant les fruits les uns sur les autres. Les cagettes peu profondes sont plus adaptĂ©es que les rĂ©cipients trĂšs profonds. Un fruit tombĂ© de plusieurs dizaines de centimĂštres sur un autre peut prĂ©senter une blessure interne sans que la peau ne montre immĂ©diatement de marque.
Les fruits prĂ©sentant une blessure importante doivent ĂȘtre consommĂ©s rapidement ou transformĂ©s. Ils ne doivent pas ĂȘtre mĂ©langĂ©s avec les fruits destinĂ©s Ă la conservation.
| đ Fruit | đ PĂ©riode indicative | đ Indice de maturitĂ© | đ§ș Conservation |
| đ Pommes prĂ©coces | Fin aoĂ»t Ă septembre | DĂ©tachement plus facile, graines foncĂ©es selon variĂ©tĂ© | Variable |
| đ Pommes tardives | Septembre Ă octobre ou plus | FermetĂ© et maturitĂ© physiologique | Souvent bonne |
| đ Poires | Septembre Ă octobre selon variĂ©tĂ© | MaturitĂ© physiologique, dĂ©tachement | Bonne pour certaines variĂ©tĂ©s |
| đ PĂȘches tardives | DĂ©but Ă septembre | Parfum, souplesse, coloration | Courte |
| đŁ Prunes tardives | AoĂ»t Ă septembre | Couleur et souplesse | Courte |
| đ€ Noisettes | Septembre | Coque et brunissement | Bonne aprĂšs sĂ©chage |
| đ° Noix prĂ©coces | Septembre selon rĂ©gion | Brou immature puis Ă©volution de la coque | Bonne aprĂšs sĂ©chage |
| đŁ Figues | AoĂ»t Ă octobre | Fruit souple, coloration et parfum | TrĂšs courte |
Les pruniers peuvent encore fournir quelques rĂ©coltes en septembre lorsque vous avez choisi des variĂ©tĂ©s tardives. Les fruits doivent ĂȘtre manipulĂ©s avec prĂ©caution car leur peau se marque facilement. Les prunes trĂšs mĂ»res supportent mal le stockage prolongĂ©.
Les figuiers peuvent Ă©galement produire jusqu’en septembre, voire plus tard dans les rĂ©gions chaudes. Une figue mĂ»re se reconnaĂźt notamment Ă son changement de texture et Ă son affaissement progressif. Elle ne doit pas rester trop longtemps sur l’arbre lorsque les conditions humides s’installent, car sa peau peut se fissurer et son contenu devient rapidement sensible aux fermentations.
La noisette entre elle aussi dans une pĂ©riode intĂ©ressante. Lorsque les fruits commencent Ă tomber naturellement ou que leur enveloppe Ă©volue vers des teintes brunes, vous pouvez les rĂ©cupĂ©rer. Le sĂ©chage est ensuite indispensable pour assurer une bonne conservation. Une noisette stockĂ©e alors qu’elle contient encore trop d’humiditĂ© peut moisir.
Les noix suivent un calendrier différent selon les variétés et les régions. En septembre, certaines commencent seulement à montrer les premiers signes de maturité. Il ne faut donc pas systématiquement secouer violemment les branches pour faire tomber tous les fruits. Une récolte échelonnée permet de limiter les blessures sur les branches et les fruits.
Le verger doit aussi ĂȘtre observĂ© aprĂšs les Ă©pisodes de vent. Une branche chargĂ©e de fruits peut casser beaucoup plus facilement qu’une branche peu chargĂ©e. La masse cumulĂ©e de dizaines de pommes ou de poires exerce une contrainte importante, particuliĂšrement sur les jeunes charpentiĂšres.
AprÚs une forte pluie, les fruits peuvent également devenir plus lourds. Une branche déjà fragilisée peut alors plier brutalement. Les jeunes arbres plantés récemment sont particuliÚrement vulnérables.
Une simple observation des branches suffit souvent Ă repĂ©rer les situations problĂ©matiques. Si une charpentiĂšre descend fortement sous le poids des fruits, vous pouvez soutenir temporairement la branche avec un tuteur ou une fourche suffisamment stable, sans comprimer l’Ă©corce.
Septembre est Ă©galement un mois intĂ©ressant pour observer la vigueur gĂ©nĂ©rale des arbres. Les feuilles doivent encore jouer leur rĂŽle photosynthĂ©tique. Elles permettent Ă l’arbre de fabriquer et de stocker des rĂ©serves qui serviront notamment au redĂ©marrage du printemps suivant.
C’est pourquoi une dĂ©foliation importante en septembre doit vous alerter. Elle peut rĂ©sulter d’une maladie, d’une attaque de ravageurs, d’un stress hydrique important ou d’un problĂšme racinaire. Une lĂ©gĂšre coloration naturelle de certaines feuilles ĂągĂ©es n’a Ă©videmment pas la mĂȘme signification.
AprĂšs une sĂ©cheresse importante, vous devez Ă©galement surveiller les jeunes arbres. Un pommier adulte enracinĂ© depuis quinze ans peut exploiter un volume de sol beaucoup plus important qu’un arbre plantĂ© au printemps. Une jeune plantation reste donc beaucoup plus dĂ©pendante des conditions de surface.
Le retour des pluies ne signifie pas nĂ©cessairement que tout problĂšme hydrique est rĂ©glĂ©. Une pluie de 10 mm reprĂ©sente 10 litres par mĂštre carrĂ©, mais cette eau ne reste pas intĂ©gralement accessible aux racines. Une partie peut ruisseler, une autre s’Ă©vaporer et le reste s’infiltrer plus ou moins profondĂ©ment selon la structure du terrain.
Dans un sol compact, une forte pluie peut mĂȘme provoquer davantage de ruissellement qu’une pluie lente et rĂ©guliĂšre. Dans un sol riche en matiĂšre organique, l’infiltration et la conservation de l’eau sont gĂ©nĂ©ralement meilleures.
Le paillage autour des arbres joue ici un rĂŽle trĂšs intĂ©ressant. Une couche de 5 Ă 10 cm de broyat de branches, de feuilles broyĂ©es ou de matiĂšre organique peut limiter l’Ă©vaporation et amortir les variations de tempĂ©rature du sol.
Le paillage ne doit toutefois pas ĂȘtre collĂ© contre le tronc. Laissez une zone dĂ©gagĂ©e autour de l’Ă©corce afin de conserver une bonne circulation de l’air et d’Ă©viter une humiditĂ© permanente au niveau du collet.
Arrosage, maladies et soins : comment accompagner les arbres aprÚs un été chaud
AprĂšs un Ă©tĂ© caniculaire, septembre peut donner une fausse impression de sĂ©curitĂ©. Les tempĂ©ratures diminuent, les nuits sont plus fraĂźches, quelques pluies apparaissent et vous pourriez penser que les arbres n’ont plus besoin d’attention. Pour les arbres rĂ©cemment plantĂ©s, ce raisonnement peut ĂȘtre dangereux.
Un arbre installĂ© depuis moins de deux ans doit encore dĂ©velopper son systĂšme racinaire. Dans un terrain sec, les racines peuvent ne pas avoir accĂšs Ă suffisamment d’eau malgrĂ© une apparente humiditĂ© superficielle.
L’arrosage doit donc ĂȘtre adaptĂ© Ă l’Ăąge de l’arbre, Ă la nature du sol et Ă la mĂ©tĂ©o. Pour un jeune arbre, un apport de l’ordre de 10 Ă 30 litres peut ĂȘtre pertinent selon sa taille et les conditions, mais il ne faut pas appliquer un volume identique Ă tous les sujets. Un grand arbre adulte n’a pas les mĂȘmes besoins qu’un scion plantĂ© quelques mois auparavant.
L’objectif est d’humidifier correctement la zone racinaire plutĂŽt que de mouiller uniquement la surface.
Les arrosages frĂ©quents avec de petites quantitĂ©s d’eau favorisent souvent un enracinement superficiel. Ă l’inverse, des apports plus importants et espacĂ©s lorsque le sol est rĂ©ellement sec encouragent les racines Ă explorer une plus grande profondeur.
Vous devez nĂ©anmoins Ă©viter les excĂšs. Un terrain constamment saturĂ© en eau manque d’oxygĂšne et les racines peuvent en souffrir. L’arrosage doit donc toujours ĂȘtre associĂ© Ă l’observation de la terre.
Les maladies constituent une autre prĂ©occupation du mois. AprĂšs un Ă©tĂ© chaud et sec, les Ă©pisodes de pluie peuvent modifier rapidement l’environnement du feuillage. Les taches foliaires deviennent parfois plus nombreuses et certains champignons profitent des pĂ©riodes humides.
La tavelure reste particuliÚrement surveillée sur les pommiers et les poiriers. Elle peut provoquer des taches sur les feuilles et les fruits, avec des conséquences importantes sur la qualité des récoltes.
La moniliose peut Ă©galement toucher les fruits, surtout lorsque ceux-ci prĂ©sentent des blessures ou lorsque les conditions deviennent humides. Les fruits atteints doivent ĂȘtre retirĂ©s du verger et ne doivent pas rester au sol ou accrochĂ©s aux branches.
Une pomme pourrie qui reste plusieurs semaines sous l’arbre constitue une source potentielle de contamination pour les fruits voisins. Le nettoyage du verger reprĂ©sente donc une mesure sanitaire simple.
Vous pouvez Ă©galement surveiller les attaques d’insectes. Les fruits encore prĂ©sents sur les arbres attirent diverses espĂšces, et les fruits dĂ©jĂ blessĂ©s sont particuliĂšrement vulnĂ©rables.
Les fruits tombĂ©s doivent ĂȘtre ramassĂ©s rĂ©guliĂšrement, surtout lorsqu’ils prĂ©sentent des dĂ©gĂąts importants. Cette opĂ©ration demande quelques minutes mais Ă©vite de laisser s’accumuler une importante quantitĂ© de matiĂšre organique susceptible d’abriter des organismes indĂ©sirables.
La taille constitue un autre sujet particuliĂšrement sensible en septembre. Contrairement Ă une idĂ©e rĂ©pandue, septembre n’est pas le moment de rabattre systĂ©matiquement tous les arbres fruitiers.
Une taille importante peut provoquer des rĂ©actions de croissance et modifier l’Ă©quilibre entre les branches. Sur certains arbres, une intervention importante peut aussi favoriser la formation de nouvelles pousses qui n’auront pas le temps de bien se lignifier avant l’hiver.
Le bois mort, les branches cassĂ©es et les rameaux prĂ©sentant un danger peuvent ĂȘtre retirĂ©s. Une branche qui menace une toiture, un passage ou une installation peut Ă©videmment justifier une intervention.
En revanche, une grande taille de restructuration doit ĂȘtre programmĂ©e selon l’espĂšce et l’objectif recherchĂ©. Le pommier, le poirier, le prunier, le cerisier, le pĂȘcher et l’abricotier ne rĂ©pondent pas exactement de la mĂȘme maniĂšre aux interventions.
Le cerisier mĂ©rite notamment une grande prudence. Les grosses coupes constituent des portes d’entrĂ©e potentielles pour certaines maladies du bois. Il vaut donc mieux Ă©viter les interventions importantes rĂ©alisĂ©es sans raison prĂ©cise.
Le pĂȘcher et l’abricotier demandent Ă©galement une approche spĂ©cifique, avec des calendriers de taille qui peuvent diffĂ©rer de ceux des pommiers et poiriers.
Septembre peut en revanche ĂȘtre intĂ©ressant pour supprimer quelques rejets indĂ©sirables lorsqu’ils sont clairement identifiĂ©s, notamment certains gourmands ou pousses qui dĂ©sĂ©quilibrent fortement l’arbre. LĂ encore, mieux vaut intervenir avec mesure.
L’utilisation d’un sĂ©cateur bien affĂ»tĂ© est importante. Une coupe nette cicatrise gĂ©nĂ©ralement mieux qu’une branche Ă©crasĂ©e par un outil mal entretenu.
La fertilisation doit elle aussi rester modĂ©rĂ©e. Un apport massif d’azote en septembre n’est gĂ©nĂ©ralement pas souhaitable. Vous ne cherchez pas Ă provoquer une nouvelle explosion de croissance juste avant l’automne.
Le compost mĂ»r peut ĂȘtre utilisĂ© pour amĂ©liorer progressivement le sol, notamment sous la frondaison des jeunes arbres. Il vaut mieux l’utiliser comme amendement organique que de chercher à « booster » artificiellement un arbre dĂ©jĂ stressĂ©.
Le sol du verger peut ĂȘtre entretenu de plusieurs façons. Une partie peut rester enherbĂ©e, une autre peut ĂȘtre paillĂ©e autour des arbres. Dans les petits vergers familiaux, cette organisation permet de limiter la concurrence immĂ©diate autour des jeunes troncs.
Un cercle dĂ©gagĂ© autour d’un jeune arbre permet Ă©galement de mieux observer l’humiditĂ© du sol et de faciliter les arrosages. Une herbe trĂšs dense jusqu’au pied de l’arbre peut concurrencer fortement les jeunes racines.
 Septembre, un excellent mois pour préparer les plantations du futur verger
Si vous souhaitez planter de nouveaux arbres fruitiers, septembre constitue surtout un mois de préparation. Les plantations à racines nues se feront généralement plus tard, pendant la période de repos végétatif, mais vous pouvez déjà choisir les variétés, préparer les emplacements et améliorer le terrain.
Le choix de l’emplacement doit tenir compte de la lumiĂšre, du vent, de la profondeur du sol, du drainage et de la taille adulte de l’arbre.
Un pommier installĂ© dans un secteur constamment ombragĂ© ne donnera pas le mĂȘme rĂ©sultat qu’un arbre bĂ©nĂ©ficiant de plusieurs heures de soleil direct. Une bonne circulation de l’air peut Ă©galement rĂ©duire certaines pĂ©riodes d’humiditĂ© excessive sur le feuillage.
Le drainage constitue un point particuliĂšrement important pour les arbres fruitiers. Un sol qui reste gorgĂ© d’eau pendant de longues pĂ©riodes peut provoquer des problĂšmes racinaires.
Vous pouvez Ă©galement profiter de septembre pour analyser visuellement votre terrain. Les zones oĂč l’eau reste longtemps aprĂšs un orage sont faciles Ă repĂ©rer. Elles peuvent ĂȘtre Ă©vitĂ©es pour certaines espĂšces sensibles Ă l’humiditĂ© permanente.
Le choix du porte-greffe mĂ©rite aussi votre attention. Deux pommiers de la mĂȘme variĂ©tĂ© greffĂ©s sur des porte-greffes diffĂ©rents peuvent atteindre des dimensions trĂšs diffĂ©rentes. Dans un petit jardin, cette information est dĂ©terminante.
Un arbre fruitier de grand développement peut demander plusieurs dizaines de mÚtres carrés à terme. Planter plusieurs arbres trop proches peut donner un beau résultat les premiÚres années, puis créer rapidement un problÚme de concurrence et de lumiÚre.
La pollinisation doit Ă©galement ĂȘtre prise en compte. Certaines variĂ©tĂ©s sont partiellement ou totalement autofertiles, tandis que d’autres produisent davantage lorsqu’une variĂ©tĂ© compatible fleurit Ă proximitĂ©.
Pour les pommes, les poires, les cerises et certains autres fruits, la présence de plusieurs variétés compatibles peut donc améliorer la fructification. Il faut toutefois vérifier les périodes de floraison plutÎt que simplement planter deux variétés différentes.
Le verger peut aussi devenir un espace favorable Ă la biodiversitĂ©. Une bande d’herbe fleurie, quelques plantes mellifĂšres et des zones moins tondues peuvent fournir des ressources Ă de nombreux insectes.
Les abeilles domestiques ne sont pas les seules pollinisatrices. Les abeilles sauvages, syrphes, bourdons et autres insectes jouent également un rÎle important.
Une gestion moins intensive du sol peut donc avoir un intĂ©rĂȘt Ă©cologique. Vous n’avez pas besoin de transformer tout le verger en prairie sauvage, mais laisser certaines zones Ă©voluer naturellement peut enrichir considĂ©rablement le milieu.
Les haies jouent également un rÎle intéressant. Elles peuvent réduire la vitesse du vent, créer des zones refuges et diversifier les habitats.
Il faut toutefois Ă©viter de planter une haie trop prĂšs des arbres fruitiers. La concurrence racinaire et l’ombrage peuvent devenir importants lorsque les vĂ©gĂ©taux atteignent leur taille adulte.
Agenda pratique semaine par semaine pour votre verger en septembre
Du 1er au 7 septembre : récolter, observer et remettre le verger en ordre
La premiĂšre semaine doit ĂȘtre consacrĂ©e Ă l’observation des fruits et Ă la rĂ©colte des variĂ©tĂ©s arrivĂ©es Ă maturitĂ©. Ramassez rĂ©guliĂšrement les fruits tombĂ©s, surtout ceux qui prĂ©sentent des blessures ou des signes de pourriture. Les pommes et les poires destinĂ©es Ă la conservation doivent ĂȘtre manipulĂ©es avec soin et stockĂ©es sĂ©parĂ©ment des fruits endommagĂ©s.
Profitez Ă©galement de cette pĂ©riode pour inspecter les branches chargĂ©es de fruits. Les charpentiĂšres qui ploient fortement peuvent ĂȘtre soutenues temporairement. VĂ©rifiez Ă©galement les attaches des jeunes arbres afin qu’elles ne blessent pas l’Ă©corce.
Du 8 au 14 septembre : eau, sol et surveillance sanitaire
La deuxiĂšme semaine permet de contrĂŽler l’humiditĂ© du terrain, particuliĂšrement autour des jeunes plantations. AprĂšs une longue pĂ©riode sĂšche, vĂ©rifiez la terre en profondeur plutĂŽt que de vous fier Ă son apparence superficielle.
Nettoyez Ă©galement les fruits tombĂ©s et observez le feuillage. Une progression rapide des taches, une chute anormale des feuilles ou des fruits prĂ©sentant des pourritures doivent ĂȘtre surveillĂ©s.
C’est Ă©galement une bonne pĂ©riode pour contrĂŽler le paillage. Une couche de 5 Ă 10 cm peut protĂ©ger efficacement les racines, mais elle doit rester Ă distance du tronc.
Du 15 au 21 septembre : préparer les futures plantations et limiter les tailles
La troisiĂšme semaine peut ĂȘtre consacrĂ©e Ă la prĂ©paration des emplacements oĂč vous installerez de nouveaux arbres fruitiers pendant l’automne et l’hiver. Ameublissez le sol si nĂ©cessaire, amĂ©liorez sa structure et identifiez les Ă©ventuelles zones trop humides.
Ăvitez les grosses tailles sans raison prĂ©cise. Retirez seulement les branches mortes, cassĂ©es ou prĂ©sentant un danger Ă©vident. Pour les interventions plus importantes, identifiez d’abord l’espĂšce et son mode de fructification.
Du 22 au 30 septembre : préparer octobre et protéger le sol
La derniĂšre partie du mois doit permettre de prĂ©parer la transition vers l’automne. Continuez les rĂ©coltes, surveillez les arbres tardifs et commencez Ă organiser le stockage des fruits.
Vous pouvez également préparer le matériel pour les futures plantations : tuteurs, liens souples, compost mûr, paillage et protections contre les dégùts éventuels du gibier dans les secteurs concernés.
Tableau pratique : les grands travaux du verger en septembre
| đ Travail | đ Moment conseillĂ© | đ RepĂšre technique | â ïž Ce qu’il faut Ă©viter |
| Récolte des pommes | Selon variété | Récolte sans choc | Attendre la chute massive |
| RĂ©colte des poires | Selon variĂ©tĂ© | DĂ©tachement et maturitĂ© physiologique | Les laisser trop mĂ»rir sur l’arbre |
| Ramassage des fruits au sol | Régulier | Au moins plusieurs fois par semaine | Laisser les fruits pourrir |
| Arrosage des jeunes arbres | Selon météo | ContrÎler le sol en profondeur | Petits apports permanents |
| Paillage | Septembre | 5 Ă 10 cm | Coller le paillis au tronc |
| Taille sanitaire | Si nécessaire | Bois mort ou cassé | Taille sévÚre systématique |
| Préparation des plantations | Tout le mois | Vérifier sol et exposition | Planter sans tenir compte du développement adulte |
| Compost | Selon état du sol | Apport modéré | Surfertiliser |
| Surveillance des maladies | Toute la pĂ©riode | Observer l’Ă©volution | Traiter sans diagnostic |
| Protection des jeunes arbres | Avant l’automne | Tuteur et protection adaptĂ©e | Liens trop serrĂ©s |
Les espÚces à favoriser, celles qui demandent davantage de prudence et les piÚges à éviter
Le choix des espÚces doit désormais prendre en compte les conditions climatiques de votre jardin. AprÚs plusieurs années de chaleur estivale, vous pouvez privilégier progressivement les variétés et porte-greffes adaptés à votre sol et à votre climat.
Le pommier reste trĂšs intĂ©ressant dans de nombreuses rĂ©gions françaises, mais le choix variĂ©tal compte beaucoup. Certaines variĂ©tĂ©s sont plus sensibles Ă la tavelure, d’autres prĂ©sentent une meilleure rĂ©sistance. Dans un jardin familial, privilĂ©gier des variĂ©tĂ©s adaptĂ©es Ă votre climat et prĂ©sentant une bonne rĂ©sistance sanitaire peut rĂ©duire le nombre d’interventions.
Le poirier apprĂ©cie gĂ©nĂ©ralement les sols suffisamment profonds et correctement drainĂ©s. Il supporte moins bien certains excĂšs d’humiditĂ© prolongĂ©s. Le choix du porte-greffe peut lĂ encore modifier considĂ©rablement le dĂ©veloppement de l’arbre.
Le prunier constitue une option intéressante pour de nombreux jardins. Il peut produire généreusement, mais certaines variétés présentent une sensibilité particuliÚre aux conditions humides ou à certains ravageurs.
Le cerisier offre de belles rĂ©coltes mais demande davantage d’espace et une bonne gestion de la taille. Dans un petit jardin, il faut surtout Ă©viter de choisir un arbre dont le dĂ©veloppement adulte dĂ©passe largement la surface disponible.
Le figuier mĂ©rite une place particuliĂšre dans les secteurs suffisamment chauds. Il rĂ©siste relativement bien aux pĂ©riodes sĂšches lorsqu’il est bien installĂ©, mais les jeunes sujets restent sensibles au manque d’eau.
Le cognassier peut Ă©galement ĂȘtre intĂ©ressant dans certains jardins, tout comme le nĂ©flier, qui reste beaucoup moins prĂ©sent qu’autrefois alors qu’il possĂšde une bonne rusticitĂ© dans de nombreuses rĂ©gions.
Ă l’inverse, certaines espĂšces trĂšs exigeantes en chaleur peuvent demander davantage de surveillance dans les secteurs oĂč les Ă©tĂ©s sont plus frais. Le choix doit toujours tenir compte du microclimat.
Les arbres plantĂ©s dans une zone exposĂ©e au vent fort doivent aussi ĂȘtre choisis avec soin. Une croissance trop rapide ou une structure fragile peut augmenter les risques de casse lorsque les branches portent beaucoup de fruits.
Les points clés à retenir pour septembre
đ RĂ©coltez au bon moment plutĂŽt que de vous fier uniquement Ă la couleur des fruits. La maturitĂ© de rĂ©colte des pommes et des poires varie selon les variĂ©tĂ©s, et les fruits destinĂ©s Ă la conservation demandent particuliĂšrement de la prĂ©cision.
đ Manipulez les fruits comme des produits fragiles. Une chute ou un choc peut provoquer une blessure interne qui deviendra visible plusieurs jours plus tard.
đ§ Continuez Ă surveiller les jeunes arbres aprĂšs les premiĂšres pluies. Leur systĂšme racinaire reste limitĂ© et peut rapidement manquer d’eau lorsque les conditions redeviennent sĂšches.
đł Ăvitez les grosses tailles sans objectif prĂ©cis. En septembre, privilĂ©giez le retrait du bois mort, cassĂ© ou dangereux et reportez les restructurations importantes Ă une pĂ©riode adaptĂ©e Ă l’espĂšce.
đ ProtĂ©gez le sol avec un paillage de 5 Ă 10 cm. Cette couverture limite l’Ă©vaporation, protĂšge les racines superficielles et amĂ©liore progressivement le sol lorsqu’elle est organique.
đ Surveillez les maladies et les ravageurs, mais ne traitez pas au hasard. L’Ă©volution des symptĂŽmes, leur localisation et l’Ă©tat gĂ©nĂ©ral de l’arbre permettent de mieux distinguer une maladie d’un simple stress climatique ou d’un vieillissement naturel des feuilles.
đ± PrĂ©parez dĂ©jĂ vos plantations d’automne. Septembre permet de choisir les variĂ©tĂ©s, les porte-greffes et les emplacements avant l’arrivĂ©e de la pĂ©riode de repos vĂ©gĂ©tatif.
đ Pensez aux pollinisateurs. Une bande fleurie, une haie diversifiĂ©e et quelques zones moins tondues peuvent amĂ©liorer la biodiversitĂ© du verger et fournir des ressources aux insectes.
đ Notez vos observations. Les arbres qui ont rĂ©sistĂ© Ă la sĂ©cheresse, ceux qui ont demandĂ© beaucoup d’eau, les variĂ©tĂ©s sensibles aux maladies et les arbres ayant produit malgrĂ© la chaleur vous donnent des informations particuliĂšrement utiles pour les futures plantations.
Septembre est donc un mois oĂč le verger demande davantage de prĂ©cision que de force. Vous devez rĂ©colter au bon moment, protĂ©ger les fruits, accompagner les jeunes arbres, surveiller le feuillage, nettoyer les fruits tombĂ©s et prĂ©parer les prochaines plantations sans multiplier les interventions inutiles. AprĂšs un Ă©tĂ© chaud, cette pĂ©riode permet surtout de mesurer la capacitĂ© rĂ©elle de chaque arbre Ă supporter les nouvelles conditions climatiques.
Le verger vous fournit alors une sorte de bulletin de santé grandeur nature. Le pommier qui a gardé un feuillage dense malgré plusieurs semaines sÚches, le prunier qui a continué à produire sans montrer de faiblesse majeure, le figuier qui a supporté la chaleur ou, au contraire, le jeune arbre qui a demandé des arrosages répétés vous indiquent déjà quelles espÚces et quelles variétés sont réellement adaptées à votre terrain.
Cette observation peut vous aider Ă faire Ă©voluer progressivement votre verger. Il ne s’agit pas de supprimer toutes les espĂšces gourmandes en eau, mais de mieux rĂ©partir les arbres selon leurs besoins et les caractĂ©ristiques du sol. Les jeunes arbres peuvent ĂȘtre regroupĂ©s dans les secteurs oĂč l’irrigation est plus facile, tandis que les espĂšces plus rĂ©sistantes peuvent occuper les zones les plus sĂšches.
Le mois de septembre prĂ©pare Ă©galement le verger de l’annĂ©e suivante. Les rĂ©serves constituĂ©es par les feuilles jouent encore un rĂŽle important avant leur chute. Il est donc prĂ©fĂ©rable de ne pas provoquer inutilement une dĂ©foliation prĂ©coce par des tailles excessives ou des interventions mal adaptĂ©es.
Lorsque vous rĂ©coltez une pomme, vous ne terminez donc pas simplement le travail commencĂ© au printemps. Vous rĂ©cupĂ©rez le rĂ©sultat de plusieurs mois de floraison, de pollinisation, de croissance et de maturation. Et pendant que les fruits remplissent les cagettes, l’arbre prĂ©pare dĂ©jĂ discrĂštement la saison suivante. C’est prĂ©cisĂ©ment pour cette raison que septembre mĂ©rite une vraie place dans le calendrier du verger : vous rĂ©coltez l’Ă©tĂ©, mais vous prĂ©parez dĂ©jĂ le printemps.




