La centrale nucléaire de Gravelines (Nord) est confrontée à des perturbations d’origine biologique liées à des afflux massifs de méduses. Le phénomène s’est notamment produit en août 2025 puis se répète en ce mois d’août 2026.
Pourquoi les méduses provoquent-elles la mise à l’arrêt ?
Pour fonctionner en toute sécurité, une centrale nucléaire puise en permanence d’importants volumes d’eau (ici dans la mer du Nord) afin de refroidir ses condenseurs. L’eau captée passe au préalable par des filtres rotatifs géants, appelés tambours filtrants, situés dans la partie non nucléaire de l’installation.
Lorsqu’un banc massif de méduses dérive vers les prises d’eau de la centrale, les organismes marins viennent colmater ces filtres. La perte de débit d’eau de refroidissement déclenche automatiquement les mécanismes de sécurité de la centrale, provoquant la mise à l’arrêt d’urgence des réacteurs concernés afin d’éviter toute surchauffe.
L’ampleur de la situation
La centrale de Gravelines, plus grande centrale d’Europe occidentale avec ses six réacteurs de 900 MW chacun, a vu sa production fortement réduite lors de ces événements. En août 2025, la quasi-totalité des réacteurs en service s’étaient arrêtés automatiquement. En août 2026, un scénario similaire se reproduit, provoquant l’arrêt partiel du site avec au moins trois unités stoppées net par la présence de ces cnidaires.
Pour remédier au problème et accélérer le redémarrage des tranches, les équipes d’EDF doivent intervenir pour nettoyer et débloquer les tambours de filtrage. Des partenariats locaux avec des marins-pêcheurs ont également été mis en place pour collecter les méduses directement en mer en amont des prises d’eau afin d’éviter l’engorgement.
Un problème non isolé et lié au réchauffement des eaux
Ces épisodes d’obstruction par la faune marine ne sont pas une première absolue à Gravelines — des précédents avaient été observés dans les années 1990 —, mais la récurrence du phénomène s’explique par la hausse des températures de l’eau. Le réchauffement des mers favorise la prolifération rapide des méduses et modifie leurs déplacements près du littoral, posant des défis récurrents pour la gestion industrielle des prises d’eau côtières.




