La décrue de la Garonne en Gironde ce vendredi 20 février 2026 à 13 heures marque enfin un tournant après plus de deux semaines de crue majeure qui ont paralysé une grande partie du département. À la station de La Réole, la cote est redescendue à 8,80 mètres ce midi, soit une baisse d’environ 30 centimètres depuis jeudi soir 20 heures et de près de 50 centimètres depuis le pic absolu atteint mercredi soir à 9,30 mètres. C’est la première fois depuis le 6 février que le niveau passe durablement sous les 9 mètres, même si la décrue reste très lente : 2 à 4 centimètres par heure en moyenne, avec des paliers quand les apports amont continuent d’arriver.
À Tonneins, la cote est à 9,00 mètres à 13 heures (baisse de 20 centimètres depuis jeudi soir), et à Marmande elle oscille autour de 9,70 mètres (toujours très haut, mais en légère baisse). À Bordeaux, le niveau à la station de Bordeaux-Bacalan est à 5,20 mètres ce midi, contre 5,80 mètres mercredi soir. La marée haute de ce matin (coefficient 85) a ralenti la baisse à l’aval, mais la marée descendante de l’après-midi devrait accélérer le mouvement. Globalement, la Garonne girondine est sortie du pic de crue quarantennale observé mercredi, mais elle reste dans des niveaux de crue majeure (rouge à La Réole et Tonneins jusqu’à ce matin, orange depuis midi sur certains tronçons aval).
Les zones les plus touchées commencent à voir l’eau reculer, mais lentement. À Langon, les quartiers bas (quartier Saint-Macaire, berges du Ciron) restent submergés sur 50 à 100 centimètres, mais l’eau a baissé de 20-30 centimètres depuis jeudi. À Cadillac, le quartier de la gare et les berges de la Garonne affichent encore 80-120 centimètres d’eau, mais les pompiers ont pu commencer à pomper certaines caves ce matin. À Podensac et à Cérons, les inondations touchent toujours les maisons riveraines, mais les habitants signalent que l’eau stagne ou descend de quelques centimètres par heure. Les vals et les zones d’expansion créées après les crues de 1930 et 2021 ont joué leur rôle : elles ont absorbé plusieurs millions de mètres cubes et évité une montée encore plus haute dans les secteurs urbanisés.
Les routes restent très impactées. À 13 heures, 67 routes départementales sont encore fermées ou restreintes en Gironde. Les principaux axes bloqués incluent :
La RD 10 entre Langon et La Réole (submergée sur plusieurs kilomètres).
La RD 1113 (ancienne RN113) entre Cadillac et Podensac (ponts sur le Ciron et la Garonne impraticables).
La RD 208 au Pian et à Moulis (arbres tombés et câbles Enedis).
La RD 3 à Lacanau (eau stagnante et câbles).
La RD 1 au Pian (inondation résiduelle).
Aucun franchissement direct de la Garonne n’est possible entre Agen et Bordeaux : le pont de Langon, le pont de Cadillac et le pont de Saint-Macaire sont fermés depuis plus d’une semaine. Les déviations passent par les hauteurs (RD 8, RD 11, A62 quand elle est praticable), mais la saturation est totale. Bison Futé maintient la Gironde en rouge jusqu’à dimanche pour les retours de week-end.
Pour les foyers sans courant, Enedis indique à 12 heures environ 3 800 foyers encore privés d’électricité en Gironde, contre 4 800 hier soir. Les principales zones touchées restent Langon, Cadillac, Podensac et les communes du val de Garonne. Les équipes ont rétabli 1 000 foyers depuis jeudi soir, mais les inondations et les chutes d’arbres compliquent les accès. Les lignes haute tension tombées dans la rivière près de Langon et Podensac sont en cours de sécurisation ; la réalimentation complète est prévue d’ici samedi midi pour les zones accessibles, dimanche pour les secteurs les plus inondés.Les conséquences agricoles sont lourdes. Les maraîchers de la vallée de la Garonne estiment déjà 40 à 60 % de pertes sur les cultures d’hiver (choux, salades, poireaux) à cause de l’ensablement et de l’asphyxie racinaire. Les prairies inondées depuis deux semaines commencent à jaunir ; les éleveurs ont dû déplacer du bétail sur les coteaux. Les viticulteurs du Bordelais signalent des parcelles basses sous l’eau depuis dix jours, avec risque de mildiou si la décrue n’est pas assez rapide.
Les pompiers et les services de l’État poursuivent les opérations : 450 interventions recensées depuis mercredi matin en Gironde, dont 120 évacuations de personnes isolées et 200 pompages de caves. Les centres d’accueil d’urgence (gymnases, salles des fêtes) hébergent encore 180 personnes à Langon, Cadillac et Podensac.
La décrue, même lente, est réelle. Les modèles hydrologiques de Vigicrues prévoient que La Réole repassera sous les 8 mètres samedi matin et sous les 7 mètres dimanche soir si les pluies restent faibles. Tonneins et Marmande devraient suivre avec 24 à 48 heures de décalage. À Bordeaux, le niveau devrait redescendre sous les 4,50 mètres dimanche. Mais les sols gorgés et les nappes hautes vont continuer à alimenter les petits cours d’eau et les zones basses pendant encore une semaine. L’accalmie météo annoncée pour le week-end (retour anticyclonique, températures de 8 à 12 °C) devrait accélérer le processus.
En résumé, la Gironde sort du pire : la crue majeure touche à sa fin, les niveaux baissent, les routes commencent à se rouvrir par endroits, et les coupures électriques diminuent. Mais les traces seront longues à effacer : maisons sinistrées, terres agricoles noyées, infrastructures endommagées. La décrue est là, mais elle sera longue et coûteuse.
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Situation des inondations en Lot-et-Garonne
La situation des inondations en Lot-et-Garonne ce vendredi 20 février 2026 à 13 heures montre une décrue qui progresse, même si elle reste très lente et que de nombreux secteurs gardent des niveaux d’eau élevés. La Garonne, principale responsable de la crue majeure qui touche le département depuis le 6 février, amorce enfin une baisse plus marquée après le pic atteint mercredi soir à Tonneins (9,40 m) et Marmande (10,10 m). À la station de Tonneins, la cote est redescendue à 9,00 mètres ce midi, soit une baisse d’environ 40 centimètres depuis le maximum et de 20 centimètres depuis hier soir 20 heures. À Marmande, on est à 9,70 mètres, toujours très haut mais en perte de 40 centimètres sur 24 heures. À Agen, la cote est à 6,10 mètres, en baisse régulière de 5 à 8 centimètres par heure depuis jeudi matin.
Cette décrue s’explique par plusieurs facteurs : les apports amont (Ariège, Gers, Tarn) diminuent nettement depuis l’accalmie de mercredi, Pedro n’a apporté « que » 15 à 30 mm sur le bassin moyen et aval du Lot-et-Garonne (contre 40-60 mm en Bretagne), et les zones d’expansion de crue mises en place après 1930 et renforcées après les crues de 2021 absorbent encore une partie du volume résiduel. À Agen, le pont-canal et les berges basses commencent à réapparaître, même si l’eau stagne encore sur 50 à 100 centimètres dans les quartiers riverains comme le Pin et la rive gauche. À Marmande, les inondations touchent toujours le quartier de la gare, les berges du Trec et les zones agricoles en aval ; l’eau a baissé de 30-50 centimètres dans les rues les plus basses, mais les caves et rez-de-chaussée restent envahis.
Les petits affluents aggravent encore la situation dans plusieurs secteurs. Le Gers est toujours en crue importante : à Fleurance et à Condom, les niveaux restent au-dessus des seuils rouges, avec des inondations de routes et de maisons isolées. La Baïse est en orange fort à Nérac et à Condom, avec des débordements qui touchent les quartiers bas et les zones artisanales. L’Auvignon et l’Osse restent en orange, avec des inondations de prairies et de routes secondaires. Le Lot, en amont de Fumel, est en décrue mais maintient des niveaux élevés qui alimentent la Garonne aval.Les routes sont encore très perturbées à 13 heures. En Lot-et-Garonne, plusieurs dizaines d’axes restent fermés ou impraticables :
RD 933 aux ponts de Marmande (complètement submergée sur plusieurs centaines de mètres).
RD 813 Marmande-Tonneins à Saint-Pardoux-du-Breuil (déviation par RD 641/299 toujours en place).
RD 927 à Lafrançaise.
RD 953 au pont de Mondou.
RD 77 à Mas-Grenier.
RD 113 à Maubec.
RD 57 à Mirabel.
RD 90 à Caussade.
RD 25 à Gramont.
RD 74 à Saint-Clair.
RD 2 à Lauzerte.
RD 115 bis à Saint-Antonin.
RD 95 à Bioule.
RD 928 à Beaumont-de-Lomagne.
RD 65 bis à Albias.
RD 91 à Léojac.
RD 98 à Beaumont.
RD 19 à Saint-Antonin.
RD 45 à plusieurs points.
RD 72 à Moissac et Albefeuille.
RD 64 à Bioule-Nègrepelisse.
RD 959 à Birac.
RD 101 à Lizac.
RD 78 à Bioule-Montricoux.
RD 820E à Réalville-Cayrac.
Certaines routes secondaires autour de Nérac, Condom et Agen ont rouvert ce matin après la baisse des niveaux sur le Gers et la Baïse, mais la plupart des axes traversant la vallée restent coupés. Les déviations par les coteaux (RD 8, RD 11, A62 quand elle est praticable) sont saturées.Les foyers sans courant issus de Nils et aggravés par les vents de Pedro sont en nette diminution. Enedis indique à 12 heures environ 1 800 foyers encore privés d’électricité dans le Lot-et-Garonne, contre 2 400 hier soir. Les principales zones concernées restent Marmande, Tonneins, Nérac et les communes riveraines du Gers. Les équipes ont rétabli 600 foyers depuis jeudi soir, mais les lignes tombées dans la rivière près de Nérac et Condom ralentissent les interventions. La réalimentation complète est prévue d’ici samedi midi pour les zones accessibles, dimanche pour les secteurs les plus inondés.
Les conséquences agricoles sont déjà très lourdes. Les maraîchers de la vallée de la Garonne et du confluent Garonne-Lot estiment 50 à 70 % de pertes sur les cultures d’hiver (choux, salades, épinards, poireaux) à cause de l’ensablement, de l’asphyxie racinaire et de la pollution par les eaux usées débordantes. Les prairies inondées depuis deux semaines jaunissent rapidement ; les éleveurs ont dû déplacer une partie du bétail sur les coteaux, avec des pertes estimées à plusieurs milliers de têtes. Les arboriculteurs du Marmandais et du Néracais signalent des parcelles basses sous l’eau depuis quinze jours, avec un risque élevé de pourriture des racines et de maladies fongiques dès que l’eau se retirera.
Les pompiers et les services de l’État poursuivent les opérations : 350 interventions recensées depuis mercredi matin dans le département, dont 80 évacuations de personnes isolées et 150 pompages de caves ou de sous-sols. Les centres d’accueil d’urgence (gymnases de Marmande, Tonneins, Nérac) hébergent encore 120 personnes ce midi.
La décrue est réelle, même si elle est lente. Les modèles hydrologiques de Vigicrues prévoient que Tonneins repassera sous les 8,50 mètres samedi matin et sous les 7 mètres dimanche soir si les pluies restent faibles. Marmande devrait suivre avec 24 heures de décalage. À Agen, le niveau devrait redescendre sous les 5 mètres dimanche. Mais les sols gorgés et les nappes hautes vont continuer à alimenter les petits cours d’eau et les zones basses pendant encore une semaine. L’accalmie météo annoncée pour le week-end (retour anticyclonique, températures de 8 à 12 °C) devrait accélérer le processus.
En résumé, le Lot-et-Garonne sort progressivement du pire : la crue majeure touche à sa fin, les niveaux baissent, les routes commencent à se rouvrir par endroits, et les coupures électriques diminuent. Mais les traces seront longues à effacer : maisons sinistrées, terres agricoles noyées, infrastructures endommagées. La décrue est là, mais elle sera longue et coûteuse.
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