La situation des crues et des inondations en France ce mercredi 19 février 2026 à 19 heures continue de se tendre comme une corde prête à rompre, avec un pays qui semble englué dans un épisode hydrologique qui n’en finit pas depuis le passage de Nils il y a plus d’une semaine. Vigicrues, ce service qui ne dort jamais quand les rivières s’agitent, décrit encore une crue généralisée qui défie les records, avec des niveaux qui stagnent ou remontent dans certains tronçons malgré une accalmie temporaire en début de journée. À 19 heures, on compte quatre tronçons en vigilance rouge, ce qui indique un risque de crue majeure avec des menaces immédiates pour les vies et les biens, vingt-trois en orange pour des débordements dommageables, et cent vingt-huit en jaune pour des risques localisés. C’est une carte qui couvre une large partie ouest et sud du territoire, avec des touches au centre et en Bretagne, où la nouvelle perturbation Pedro commence à faire sentir ses effets, apportant des pluies soutenues et des vents violents qui pourraient relancer les crues dès cette nuit. Vous qui vivez près de la Garonne ou de la Charente, vous devez commencer à vous habituer à cette vigilance permanente, mais l’arrivée de Pedro ce soir change la donne, avec des prévisions qui n’annoncent rien de bon pour demain.
Les départements en vigilance rouge pour crues sont toujours les quatre mêmes que ce matin : la Gironde, le Lot-et-Garonne, le Maine-et-Loire et la Charente-Maritime, qui avait basculé en rouge hier après-midi. Pas de cinquième ce soir, mais la tension reste maximale. En Gironde et Lot-et-Garonne, la Garonne garde des niveaux critiques : à La Réole en Gironde, l’eau est à 9,20 mètres environ ce soir, un plateau qui descend à peine de quelques centimètres depuis midi, laissant des quartiers submergés et des routes impraticables. À Tonneins dans le Lot-et-Garonne, autour de 9,40 mètres avec une décrue fragile, et à Marmande 10,10 mètres, où les inondations persistent sur les berges et les rues adjacentes. Agen voit une légère baisse à 6,50 mètres, mais les affluents comme le Gers maintiennent la pression. Au Maine-et-Loire, la Loire aval autour d’Angers est à 5,60 mètres ce soir, avec des débordements majeurs dans les basses vallées angevines, des évacuations préventives qui se poursuivent et des quartiers bas noyés. Et la Charente-Maritime reste en rouge pour la Charente aval autour de Saintes, où les niveaux culminent ce soir à des pics comparables à des crues quarantennales, inondant des zones urbaines et agricoles. Vous imaginez les habitants de Saintes scrutant la rivière, sachant que des records locaux pourraient être approchés si Pedro apporte trop d’eau supplémentaire.
En vigilance orange, on compte une vingtaine de départements ce soir, formant un arc ouest-sud-ouest élargi : Aude, Charente, Corrèze, Dordogne, Gers, Haute-Garonne, Ille-et-Vilaine, Indre-et-Loire, Landes, Loire-Atlantique, Sarthe, Tarn-et-Garonne, Vendée, et des touches comme les Pyrénées-Orientales pour vents violents liés à Pedro, ou l’Aveyron. En Charente, la Charente et ses affluents débordent à Cognac ou Angoulême, avec des rues en rivières. La Dordogne aval reste haute à Bergerac, laissant des champs inondés. En Bretagne, l’Ille-et-Vilaine voit la Seiche stabiliser mais risque de remonter avec Pedro. La Loire-Atlantique et la Vendée ont la Sèvre nantaise et d’autres cours d’eau côtiers qui menacent les marais de Brière, avec déjà 35 routes fermées en Loire-Atlantique. Le Tarn-et-Garonne autour de Montauban a des débordements localisés. En Haute-Garonne, Toulouse respire un peu avec la Garonne sous 3,40 mètres, mais les quartiers bas restent vulnérables. Une soixantaine de départements en jaune couvrent le reste, où des réactions locales persistent.
L’évolution prévue pour la nuit et les prochains jours n’incite pas à l’optimisme ce soir. Vigicrues anticipe une décrue lente sur la Garonne aval jeudi, mais avec des niveaux élevés persistants jusqu’à vendredi ou samedi. L’arrivée de la tempête Pedro dès cette nuit change tout : centrée sur le pays, elle apporte un régime d’averses fréquentes dans un grand quart sud-ouest, menant à des cumuls jusqu’à 30 à 50 mm, localement 60 mm, notamment sur les Landes et les Pyrénées, l’ouest du Massif central et sur les Alpes. Ça va réalimenter les bassins versants en amont, comme dans les Pyrénées-Atlantiques ou les Hautes-Pyrénées où quatre départements sont en orange pluie-inondation. Pour la Loire à Angers, le pic est passé, mais les débordements se maintiennent jeudi. En Charente-Maritime, la Charente aval culminera jeudi, avec des inondations durables. Les coefficients de marée élevés compliquent l’écoulement sur les estuaires. Météo-France prévoit des rafales à 130 km/h sur les côtes atlantiques ce soir et demain, avec des vents à 100 km/h dans les terres, et des pluies orageuses qui pourraient aggraver les crues locales. C’est une situation qui dure depuis 34 jours, du jamais vu, avec une accalmie relative ce mercredi mais des pluies qui reviennent en force avec Pedro.
Les perturbations sur les routes sont toujours massives ce soir, avec des centaines d’axes fermés qui rendent les déplacements un vrai parcours du combattant dans l’Ouest et le Sud-Ouest. En Gironde, 67 routes départementales fermées ou restreintes : portions autour de La Réole, Langon, Cadillac (ponts interdits), RD 208 au Pian et Moulis (arbre et câble Enedis), RD 3 à Lacanau (eau et câble), RD 1 au Pian. Aucun franchissement de la Garonne entre Agen et Bordeaux. En Lot-et-Garonne, des dizaines barrés : RD 933 aux ponts de Marmande, RD 813 Marmande-Tonneins à Saint-Pardoux-du-Breuil (déviation RD 641/299), RD 927 à Lafrançaise, RD 953 au pont de Mondou, RD 77 à Mas-Grenier, RD 113 à Maubec, RD 57 à Mirabel, RD 90 à Caussade, RD 25 à Gramont, RD 74 à Saint-Clair, RD 2 à Lauzerte, RD 115 bis à Saint-Antonin, RD 95 à Bioule, RD 928 à Beaumont-de-Lomagne, RD 65 bis à Albias, RD 91 à Léojac, RD 98 à Beaumont, RD 19 à Saint-Antonin, RD 45 à divers points, RD 72 à Moissac et Albefeuille, RD 64 à Bioule-Nègrepelisse, RD 959 à Birac, RD 101 à Lizac, RD 78 à Bioule-Montricoux, RD 820E à Réalville-Cayrac. En Landes, 46 routes fermées : 27 pour chutes de câbles, 10 pour inondations. En Sarthe, 8 fermées : RD115 à Fresnay-sur-Sarthe et Piacé (déviation), RD55 à Vivoin et Maresché (déviation), RD197 à Neuville-sur-Sarthe (déviation), RD220, RD323 partiellement. En Aveyron, 36 fermées : RD68 (Rodelle), RD220 (Anglars), RD622 (Ampiac-Anglars-Laissac), RD45 et RD345 (Coussergues), RD526 (Pons), RD259 (Montrozier), RD59 (Montrozier), RD27 (Bertholène), RD107 (Entraygues), RD638 (Monteils), RD47 et RD638 (Monteil), RD558 (Naussac), RD146 (Salvagnac-Cajarc), RD665 (Labastide-Solages), RD106 (Le Cayla), RD12-RD174-RD92 (Arnac-sur-Dourdou). En Loire-Atlantique, 33 routes fermées, surtout dans les marais de Brière. Dans l’Aisne, 8 fermées et 3 submergées : D491 à Étréaupont, D318 à Sorbais-Étréaupont, D774 à Marly-Gomont-Englancourt, D51 à Bosmont-sur-Serre-Burelles, D3060 à Mortiers-Barenton-sur-Serre, D515 à Mortiers-Froidmont/Cohartille. À Rennes, routes barrées à Bruz. En Tarn-et-Garonne, RD98 Beaumont-Escazeaux coupée par la Gimone. En Haute-Garonne, quarantaine fermées, affectant Toulouse et Verfeil. En Gers, 18 fermées : D634 et D1124 à L’Isle-Jourdain, D19 à Gimbrède et Miradoux, D218 à Plieux Lectoure et Castet-Arrouy, D219 à Castéra-Lectourois et Lectoure, D266 à Saint-Mézard et Sempesserre, D266A à Saint-Martin-de-Goyne et Castéra-Lectourois, D165 à Sainte-Anne, D286 à Monlezun et Troncens, D180 à Cahuzac-sur-Adour et Tasque, D131 à Lasserade, D373 à Plaisance, D247 à Noilhan, D537 à Lombez Montadet et Espaon, D160 à Pompiac, D150 à Saint-Arroman Lagarde-Hachan et Aujan-Mournède, D127 à Miélan et Sainte-Dode, D3 à Miélan. Ces fermetures s’ajoutent à des déviations saturées, et Bison Futé recommande de reporter les voyages.
Pour les foyers encore sans courant issus de Nils, Enedis a beaucoup avancé ce soir, mais des poches résistent avec les nouvelles pluies de Pedro qui compliquent les interventions. À 18 heures, les dernières opérations pouvaient durer quelques jours, avec des zones inondées qui ralentissent tout. Ce mercredi, de nouvelles coupures sont signalées à Nérac et Barbaste en Lot-et-Garonne, où une ligne haute tension est tombée dans la rivière. Globalement, le nombre est descendu à quelques milliers : autour de 3 000 en Lot-et-Garonne, 10 500 en Gironde (11 communes totalement coupées), 11 000 dans les Landes, 12 600 en Occitanie (1 000 en Haute-Garonne, 1 000 dans le Gers, etc.), 2 800 dans les Pyrénées-Atlantiques, 200 dans les Hautes-Pyrénées. Ces poches résistent à cause d’arbres sur lignes ou inondations. Enedis mobilise toujours des milliers d’agents, avec hélicoptères et groupes électrogènes, promettant une quasi-totalité réalimentée d’ici vendredi, mais délais plus longs en zones comme le Sud-Gironde. Vous qui êtes concernés, utilisez les points de recharge mairies ou signalez via l’app Enedis.
Cette crise, qui s’étend sur 35 jours, met en lumière la vulnérabilité face à des pluies persistantes amplifiées par des températures douces (5°C au-dessus des normes, favorisant la fonte des neiges). Les autorités appellent à la prudence : évitez les zones inondables, préparez un kit d’urgence, et suivez les consignes locales. Les pompiers ont évacué des centaines, comme les 900 en Lot-et-Garonne après ruptures de digues. Les coûts se chiffrent en millions, avec écoles fermées et entreprises à l’arrêt.
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