La France est dans une situation de crue généralisée.

La Garonne continue de monter à Tonneins dans le Lot et Garonne, dépassant actuellement les 9.30m. Son niveau devrait dépasser la crue du 3 février 2021 (9.52m) dans les prochaines heures. Photo : Jérem Bespéa

Selon Vigicrues, la France connait un épisode de crues important, durable et généralisé à une grande partie du territoire national avec une crue majeure sur la Garonne marmandaise et girondine.

Les précipitations successives et abondantes des dernières semaines ont créé des conditions propices à la formation de crues (niveaux des cours d’eau élevés et humidité des sols très élevée sur l’ensemble du pays).
Les cours d’eau sont ainsi particulièrement réactifs.

Ces précipitations ont entraîné des réactions hydrologiques sur de nombreux cours d’eau du pays, ayant déjà engendré des débordements importants.

Évolution prévue

Depuis lundi, une succession de perturbations a traversé le pays d’ouest en est, avec notamment le passage de la tempête Nils jeudi 12 février.
Une grande partie du pays est concerné.

Les crues en cours générées par les précipitations passées poursuivent actuellement leur propagation à l’aval. De nouvelles réactions sont également à prévoir dans les prochaines 24 heures, contenu des précipitations en cours et à venir jusqu’à demain samedi.

La Garonne continue de monter à Tonneins dans le Lot et Garonne, dépassant actuellement les 9.30m. Son niveau devrait dépasser la crue du 3 février 2021 (9.52m) dans les prochaines heures.
Photo : Jérem Bespéa

De nombreux cours d’eau ont déjà atteint des niveaux de débordements localisés, voire dommageables.
Pour les cours d’eau en vigilance orange ou rouge, des débordements importants et majeurs sont en cours ou attendus dans les prochaines 24 heures.

Il convient donc de rester attentif et de se tenir informé de la vigilance crues. En complément, vous pouvez consulter le site Vigicrues Flash pour être informé du risque de crues soudaines sur les petits cours d’eau non-surveillés : https://apic-vigicruesflash.fr

La situation sur la Garonne en aval d’Agen est à suivre particulièrement : des débordements dommageables sont en cours. Les niveaux vont encore augmenter, avec des débordements très importants pour vendredi et samedi, notamment sur les tronçons Garonne marmandaise et Garonne girondine.
Par propagation de l’ensemble des affluents, la Garonne marmandaise attendra un maximum de crue à Tonneins et Marmande dans la journée de samedi.
À la station de La Réole, les niveaux vont continuer d’augmenter au moins jusqu’à samedi matin.

Sur les autres cours d’eau en vigilance orange, des débordements importants sont en cours ou attendus dans les prochaines 24 heures.
Les crues formées ces derniers jours se propagent des amonts vers les avals.
Les nouvelles précipitations, en cours et attendues, pour la journée du vendredi 13, pourront se cumuler aux crues en cours ou générer de nouvelles crues sur des secteurs non touchés jusqu’à présent : Bretagne, Normandie, Ile-de-France, Nièvre (58) et l’Aude (11).

La situation est encore évolutive, pour plus de précisions, veuillez consulter les bulletins des territoires concernés.

Conséquences possibles

Des inondations très importantes sont possibles y compris dans les zones rarement inondées.

Les conditions de circulation peuvent être rendues extrêmement difficiles sur l’ensemble du réseau routier ou ferroviaire.

Des coupures d’électricité plus ou moins longues peuvent se produire.

Des phénomènes de rupture ou de débordement de digues peuvent se produire.

Les zones en sous-sol, notamment les parkings souterrains, peuvent être dangereuses.

Tronçon(s) en vigilance crue orange ou rouge

Fresquel (11), Aveyron – Viaur (12, 81, 82), Aveyron aval (81, 82), Garonne agenaise (47, 82), Garonne marmandaise (47), Gimone – Save (31, 32, 82), Lot aval (46, 47), Oust (22, 35, 56), Meu (35), Seiche (35), Vilaine aval (35, 44, 56), Seugne (17), Charente amont (16), Charente aval (17), Sèvre niortaise amont (79), Vienne tourangelle (37), Dordogne aval (24, 33), Dronne amont (24), Dronne aval (16, 17, 24, 33), Garonne girondine (33), Isle aval (24, 33), Vézère aval (19, 24), Yerres (77, 91), Petit Morin (02, 51, 77), Grand Morin (77), Risle amont (27, 61), Iton amont (27), Aron (58)

Fait(s) nouveau(x)

Montée en vigilance Orange des tronçons : Fresquel, Risle amont, Iton amont
Montée en vigilance Jaune des tronçons : Saulx aval, Arize – Lèze, Touch, Sarthe aval, Bec du Gave, Gave d’Oloron, Iton aval, Andelle, Loire giennoise, Allier à l’aval de la Sioule
Redescente en vigilance Jaune des tronçons : Célé, Vienne médiane, Isle amont
Redescente en vigilance Verte des tronçons : Savoureuse, Allan, Aulne, Odet, Tardes – Cher amont


Une situation déjà très tendue

La situation des crues et des inondations en France ce vendredi 13 février 2026 reste particulièrement tendue, surtout dans le Sud-Ouest, la tempête Nils a laissé des traces durables après son passage violent dans la nuit du 11 au 12 février. Cette dépression, qualifiée d’exceptionnelle par Météo-France avec des rafales dépassant les 160 km/h et localement 180 km/h dans les Pyrénées-Orientales, a cumulé des pluies intenses sur des sols déjà saturés par un hiver pluvieux, provoquant une montée généralisée des cours d’eau. Vigicrues, le service national de surveillance des crues, parle d’une « crue généralisée » à l’échelle du pays, avec des niveaux qui rappellent les épisodes majeurs de 2021 ou 2022 sur certains bassins. Deux morts sont à déplorer : un chauffeur routier dans les Landes, écrasé par une branche sur son camion, et un homme dans le Tarn-et-Garonne, victime d’une chute d’échelle sous les rafales. Des centaines de milliers de foyers restent sans électricité, et les autorités multiplient les appels à la prudence, car de nouvelles perturbations, bien que de moindre intensité, sont attendues dès ce soir et pourraient aggraver les inondations existantes.

Les départements les plus concernés par les vigilances rouges pour crues sont la Gironde et le Lot-et-Garonne, où la Garonne connaît une crue majeure, qualifiée d’importante et durable. En Gironde, des villes comme La Réole et Langon sont directement menacées, avec des niveaux qui ont déjà dépassé les 8,50 mètres à La Réole ce matin, et un pic attendu autour de 10,35 mètres dans la nuit de vendredi à samedi. Cela pourrait entraîner des débordements très importants, inondant des quartiers entiers, des routes et des habitations riveraines. Des évacuations préventives ont touché une trentaine de personnes supplémentaires depuis hier soir, et la préfecture recommande d’éviter absolument les berges. Dans le Lot-et-Garonne, des communes comme Tonneins, Marmande et Agen sont en première ligne : à Tonneins, le fleuve frôle les 9 mètres, provoquant des inondations sur les berges et les routes adjacentes, tandis qu’à Marmande, les niveaux avoisinent les 8,50 mètres avec une hausse prévue en matinée. À Agen, une nouvelle montée est anticipée ce soir, due aux apports des affluents comme le Gers et le Lot, avec des niveaux actuels autour de 6,80 mètres pouvant grimper à 8 mètres. Ces deux départements restent en rouge jusqu’à au moins samedi matin, avec des risques pour la sécurité des biens et des personnes.

Au-delà de ces zones critiques, une vingtaine d’autres départements sont en vigilance orange pour crues, couvrant un large arc du Sud-Ouest aux Alpes et même jusqu’à l’Île-de-France. En Haute-Garonne, la Garonne est sortie de son lit à Toulouse, inondant les quais emblématiques comme ceux de la Daurade et de Saint-Pierre, avec des niveaux supérieurs à 3,50 mètres. Cela force la fermeture de ponts et de promenades, et des inondations locales touchent les quartiers bas de la ville rose. L’Ariège, le Tarn-et-Garonne et l’Aveyron sont aussi concernés, avec des rivières comme l’Ariège, le Tarn et le Lot qui débordent, menant à l’évacuation d’un collège en Aveyron hier et à des routes submergées. Dans le Tarn-et-Garonne, des secteurs autour de Montauban voient des débordements localisés, amplifiés par les cumuls de pluie. Plus à l’ouest, en Vendée et Loire-Atlantique, la Sèvre nantaise et d’autres cours d’eau causent des inondations, comme à Vertou où des rues sont transformées en rivières. L’Orne, l’Eure et même des départements normands comme la Seine-Maritime entrent dans le tableau avec des vigilances orange, où des rivières comme l’Orne montent rapidement. En Île-de-France, la vigilance orange s’étend autour de Paris, avec des risques sur la Marne et la Seine, bien que moins intenses que dans le Sud-Ouest. Dans les Alpes, la Savoie, les Hautes-Alpes et l’Isère combinent crues et avalanches, avec une station de ski ensevelie en Isère cette nuit, même si l’alerte rouge avalanches a été levée pour passer en orange.

L’évolution prévue n’incite pas à l’optimisme immédiat. Vigicrues anticipe une poursuite de la hausse des niveaux sur la Garonne jusqu’à vendredi soir ou samedi matin, avec des débordements très importants entre Langon et Agen. Les pics devraient être atteints progressivement : à La Réole, autour de 10 mètres ce week-end, comparable ou supérieur à la crue de janvier 2022. Sur d’autres tronçons comme la Garonne marmandaise et girondine, les montées seront lentes mais continues, aggravées par les apports des bassins versants en amont. De nouvelles pluies, annoncées par Météo-France avec des cumuls de 10 à 20 mm localement dès ce soir et demain, pourraient « potentiellement aggraver les phénomènes d’inondations », selon Virginie Schwarz, directrice de Météo-France. Une perturbation venue d’Espagne pourrait toucher la Méditerranée dès samedi, maintenant les risques sur l’Aude et l’Hérault. Dans les Alpes, les chutes de neige persistantes pourraient amplifier les avalanches, bien que le risque descende légèrement à 3/5 ou 4/5 ce week-end. Globalement, l’épisode devrait s’atténuer d’ici dimanche, mais les sols gorgés d’eau rendent toute nouvelle précipitation problématique, avec des températures douces favorisant la fonte des neiges en montagne et des coefficients de marée élevés (jusqu’à 99) qui compliquent l’écoulement vers la mer sur l’estuaire de la Gironde.

Les perturbations sur les routes sont massives, avec des dizaines d’axes fermés ou inondés, rendant les déplacements extrêmement compliqués. Dans le Lot-et-Garonne et la Gironde, des routes majeures comme la RD 813 à Tonneins, la RD 642 à Aiguillon, la RD 234 à Lagruère et la RD 427 à Monheurt sont interdites, avec des déviations souvent saturées. En Haute-Garonne, 42 routes départementales restent coupées ce matin, en raison de crues, chutes d’arbres et débris, affectant l’agglomération toulousaine et des secteurs comme Verfeil où une vallée est inondée. En Aveyron, plus de 40 routes sont perturbées ou barrées, dont la RD 840 à Livinhac-le-Haut, la RD 47 et RD 638 à Monteil, la RD 558 à Naussac, la RD 146 à Salvagnac-Cajarc, et bien d’autres pour inondations ou éboulements. Dans les Deux-Sèvres, une trentaine d’axes sont impactés, avec quatre fermés comme la D158 et D37 à Loretz-d’Argenton, la D315 à Plaine-d’Argenson et la D166 à Asnières-en-Poitou. En Vienne, des interventions pour arbres tombés et fils électriques sur la chaussée, sans inondations majeures mais avec des risques sur la Charente qui monte à 2,60 m à Charroux. En Lozère et Hautes-Pyrénées, 40 routes départementales étaient inaccessibles hier soir, avec des dégagements en cours. Sur les autoroutes, l’A64 dans les Pyrénées-Atlantiques est coupée par des arbres, l’A75 fermée aux poids lourds en Aveyron pour vents et inondations, et l’A9 a vu un camion percuter un arbre. Le périphérique de Nantes a été paralysé par les eaux du Gesvres, et en Charente et Charente-Maritime, une dizaine de routes restent fermées. Bison Futé conseille de reporter les voyages non essentiels, surtout avec les vacances d’hiver qui chargent les axes vers les Alpes, où des routes comme l’A40 et A43 pourraient être affectées par les avalanches résiduelles.

Les impacts humains et matériels s’accumulent. Environ 450 000 foyers sont toujours sans courant, après un pic à 900 000, avec Enedis mobilisant 4 500 agents pour des réparations compliquées par les inondations. Des écoles sont fermées dans les zones touchées, comme en Aude et Pyrénées-Orientales où les vents ont arraché des toitures et renversé des camions. À Sète dans l’Hérault, une grue de 600 tonnes s’est effondrée sur un bateau. En Bretagne et Normandie, des rues inondées et des habitations touchées, avec des pompiers intervenant pour des sauvetages, comme une femme sur une route submergée en Haute-Garonne. Les autorités insistent sur l’évitement des zones à risque, et les prévisions à moyen terme évoquent une possible nouvelle tempête Oriana dès ce soir, qui pourrait ajouter des pluies et vents, prolongeant l’épisode. Globalement, cette crise met en lumière la vulnérabilité croissante face aux événements extrêmes, avec des cumuls de pluie bien au-dessus des normes et des sols incapables d’absorber plus. Les prochains jours seront cruciaux pour évaluer les dommages et entamer les reconstructions, mais pour l’heure, la vigilance reste de mise partout où l’eau continue de monter.

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