La chaleur de septembre n’a décidément rien d’une petite parenthèse estivale. Après les records enregistrés jeudi et vendredi, 83 nouveaux records mensuels de température maximale ont encore été établis ce samedi 5 septembre. Dans le Sud, les 40 °C ont de nouveau été approchés ou dépassés localement, tandis que la chaleur s’étend progressivement vers le centre et le nord du pays. Dimanche constituera une journée particulièrement chaude sur une large moitié nord, alors que le Sud-Est restera sous une forte pression caniculaire. Une évolution plus orageuse et surtout une baisse des températures se dessinent ensuite par l’ouest.
La France connaît actuellement un épisode de chaleur tardif particulièrement remarquable. Le calendrier affiche pourtant le 5 septembre et les premiers signes de l’automne météorologique devraient normalement commencer à apparaître dans plusieurs régions. Cette année, le thermomètre a décidé de prolonger les vacances, avec une situation qui rappelle davantage certaines journées de plein été que le début du mois de septembre.
Après les records mensuels déjà nombreux observés depuis jeudi, 83 nouveaux records mensuels de température maximale ont encore été enregistrés ce samedi 5 septembre dans le réseau de stations pris en compte. Ce nouveau contingent porte à un niveau particulièrement élevé le nombre de références climatiques dépassées depuis le début de cet épisode. La dynamique est donc loin de se limiter à quelques valeurs isolées dans le Roussillon ou le Languedoc : les records concernent désormais plusieurs secteurs du sud et du centre-est, avec une extension de la chaleur vers des régions beaucoup plus septentrionales.
La situation est d’autant plus remarquable que le précédent record n’a pas toujours été battu de quelques dixièmes. Dans certaines stations, l’écart avec l’ancienne référence de septembre est suffisamment important pour montrer que l’on se trouve face à une véritable anomalie thermique. Vendredi, plusieurs valeurs avaient déjà atteint des niveaux exceptionnels : 40,2 °C à Céret, 39,4 °C à Lézignan-Corbières, 38 °C à Carcassonne, 37,5 °C à Toulouse, 37,4 °C à Cahors ou encore 36,1 °C à Avignon. Des valeurs particulièrement élevées avaient également concerné Valence, Millau, Bourg-Saint-Maurice, Strasbourg, Annecy, Chamonix et même le Mont Aigoual.
Ce qui impressionne surtout dans cette séquence, c’est la géographie de la chaleur. Elle ne reste pas confinée au pourtour méditerranéen. La vallée du Rhône constitue un axe privilégié de propagation de l’air chaud, avec des températures très élevées jusque dans la moyenne vallée du Rhône et les secteurs alpins de basse altitude. Les reliefs eux-mêmes ne sont pas totalement épargnés : les valeurs observées à Bourg-Saint-Maurice, Annecy ou Chamonix vendredi montrent bien que l’altitude ne suffit pas à empêcher une masse d’air très chaude de produire des températures inhabituelles.
🌡️ Les chiffres à retenir ce samedi
| Indicateur | Situation au 5 septembre |
| 🔥 Nouveaux records mensuels ce samedi | 83 |
| 🌡️ Pic dépassant les 40 °C vendredi | 40,2 °C à Céret |
| ☀️ Température exceptionnelle vendredi à Toulouse | 37,5 °C |
| 🌡️ Valeur remarquable à Valence vendredi | 35,1 °C |
| 🏔️ Bourg-Saint-Maurice vendredi | 34,7 °C |
| ❄️ Chamonix vendredi | 31,5 °C |
| 🔥 Départements en vigilance orange canicule samedi | 7 |
| 🟡 Départements en vigilance jaune canicule | 10 |
| 📅 Journée encore très chaude | Dimanche 6 septembre |
| 🌦️ Début du changement de temps | Lundi par l’ouest |
Le nombre de records mérite cependant une précision : il s’agit de records mensuels, et non de records absolus pour toutes les périodes de l’année. Une station peut ainsi connaître un nouveau record pour septembre sans dépasser son record annuel historique. Cette distinction est importante, car un 35 °C en septembre peut être extraordinairement élevé pour le mois tout en restant inférieur au maximum absolu observé en juillet ou en août.
La situation reste néanmoins exceptionnelle par son caractère tardif. Météo-France souligne que les épisodes de chaleur en septembre ne sont pas inconnus, mais qu’ils deviennent plus probables et plus intenses dans le contexte du réchauffement climatique. Le précédent épisode tardif particulièrement marquant s’était produit du 3 au 11 septembre 2023. L’épisode actuel est moins étendu géographiquement, mais il présente une intensité très élevée dans le Sud.
La vigilance canicule reste élevée dans le Sud
Pour ce samedi, sept départements sont placés en vigilance orange canicule : l’Ardèche, l’Aude, la Drôme, le Gard, l’Hérault, les Pyrénées-Orientales et le Vaucluse. À cela s’ajoutent plusieurs départements en vigilance jaune canicule, avec une situation qui reste particulièrement surveillée dans une partie du Sud-Ouest, du couloir rhodanien et des régions voisines.
La situation n’est donc pas uniforme. Vous pouvez avoir 18 à 22 °C sous des nuages dans certaines régions de l’ouest alors que le thermomètre dépasse 35 °C à quelques centaines de kilomètres plus au sud-est. Cette opposition entre une façade atlantique déjà influencée par une dégradation et un Sud-Est toujours sous l’influence d’un puissant anticyclone constitue l’une des caractéristiques de cette fin de semaine.
Le maintien de la vigilance orange dans les sept départements concernés dimanche confirme que la chaleur ne va pas disparaître après la journée de samedi. Les mêmes départements — Ardèche, Aude, Drôme, Gard, Hérault, Pyrénées-Orientales et Vaucluse — restent concernés par la vigilance orange canicule.
Il faut également surveiller les températures nocturnes. Près de la Méditerranée, les minimales restent particulièrement élevées. Une température de 22, 23, 24 °C ou davantage durant la nuit ne présente pas la même contrainte physiologique qu’une nuit fraîche à 14 ou 15 °C. Le corps dispose alors de moins de possibilités pour évacuer la chaleur accumulée durant la journée, surtout dans les logements urbains ou mal ventilés.
Dimanche 6 septembre : encore très chaud, mais la météo commence à se déstabiliser
Dimanche sera probablement la dernière grande journée de chaleur généralisée de cet épisode, même si le Sud-Est conservera des températures très élevées lundi et mardi.
Le scénario prévu présente une évolution assez nette. Dès la matinée, une bande nuageuse doit concerner une partie de la Bretagne, des Pays de la Loire, de l’Anjou et de la région bordelaise. Quelques averses sont possibles, avec localement un coup de tonnerre. Cette dégradation reste toutefois encore irrégulière et ne signifie pas que tout l’ouest va basculer brutalement dans la fraîcheur.
Sur une grande partie du pays, le soleil restera largement présent. Le Sud-Est conservera même un temps très chaud et souvent bien ensoleillé, notamment entre le Roussillon, le Languedoc, la basse vallée du Rhône, la Provence et une partie de Rhône-Alpes. Les cumulus pourront se développer sur certains reliefs, notamment dans les Alpes et les secteurs méditerranéens, mais ils ne suffiront pas à faire disparaître la chaleur.
Le contraste sera particulièrement marqué entre l’ouest, où quelques averses ou orages pourront apparaître, et le Sud-Est, où le soleil dominera encore largement.
Mais la grande particularité de dimanche sera ailleurs : la chaleur va gagner une bonne partie de la moitié nord.
La Bretagne, la Normandie et l’Île-de-France pourront atteindre 30 à 32 °C localement. Le Centre et une partie du Bassin parisien connaîtront également une forte hausse des températures. Ce sera donc une journée très chaude non seulement dans le Midi, mais aussi dans des régions où septembre commence habituellement à montrer un visage beaucoup plus doux.
Cette remontée de la chaleur vers le nord est liée à la circulation générale de la masse d’air. Avant le passage progressif d’une dégradation atlantique, le flux de sud à sud-ouest permet encore à l’air chaud de remonter vers le nord et le nord-ouest.
C’est précisément ce qui explique pourquoi dimanche pourrait être la journée la plus chaude de la moitié nord, alors que le Sud connaîtra déjà une chaleur intense depuis plusieurs jours.
À quoi s’attendre dimanche selon les grandes régions ?
Dans le Sud-Est, la chaleur restera très forte. Les départements actuellement en vigilance orange pourront encore connaître des maximales très élevées, avec des valeurs proches de 35 °C ou davantage selon les secteurs. Le Roussillon, le Languedoc, la basse vallée du Rhône et certaines plaines intérieures seront les zones les plus exposées.
Dans le Sud-Ouest, la situation sera plus contrastée. Les nuages pourront être plus nombreux et quelques averses ou orages apparaître, notamment vers l’ouest. Malgré cela, les températures resteront élevées dans plusieurs secteurs.
Dans la vallée du Rhône et Rhône-Alpes, la chaleur restera bien présente, surtout dans les plaines et les vallées. Le relief pourra connaître davantage de nuages l’après-midi, mais les basses altitudes conserveront des températures élevées. La situation sera donc très différente selon que vous soyez en plaine, dans une vallée encaissée ou à moyenne altitude.
Dans le Centre, le temps restera chaud, avec un risque d’averses qui augmentera progressivement vers l’ouest et le sud-ouest. Les températures pourront rester nettement supérieures aux normales de début septembre.
Dans le Nord et le Nord-Est, la chaleur progressera encore dimanche, avec des valeurs qui pourront dépasser 25 °C et localement approcher ou atteindre 30 °C selon les secteurs.
Dans l’Ouest, la situation sera plus instable. Des nuages menaçants pourront apparaître dès la matinée, avec quelques averses parfois orageuses. Cette zone constitue la première porte d’entrée du changement de temps qui va progressivement gagner le pays.
Et après dimanche ?
Le changement ne sera pas brutal partout. Lundi 7 septembre, les températures commenceront à baisser par l’ouest, mais il fera encore chaud sur une grande partie de la France. Les projections de Météo-France donnent encore 25 à 32 °C sur une grande partie du pays, avec une chaleur qui résistera nettement dans le quart sud-est, où 35 à 37 °C pourront encore être atteints.
Le scénario est donc celui d’une dégradation progressive, et non d’un spectaculaire plongeon thermique en 24 heures.
L’ouest sera le premier à retrouver des températures plus respirables, sous l’effet de l’arrivée de l’air océanique et d’une circulation plus perturbée. Le centre et l’est suivront ensuite, tandis que le Sud-Est conservera plus longtemps la chaleur.
Mardi, les températures resteront encore élevées dans plusieurs régions, mais la tendance générale sera à la baisse. La circulation perturbée venant de l’Atlantique devrait ensuite devenir plus présente. La chronologie exacte des pluies reste toutefois plus délicate à établir, car les précipitations dépendront du positionnement des dépressions et des fronts.
Ce point est particulièrement important après un été aussi sec. Une première perturbation ne signifie pas automatiquement que la sécheresse sera terminée. Quelques dizaines de millimètres répartis sur plusieurs jours peuvent être très bénéfiques pour les sols superficiels, les végétaux et les cours d’eau, mais ils ne suffisent pas nécessairement à reconstituer les réserves hydrologiques.
Le danger des incendies reste élevé
La chaleur de ce week-end intervient dans un contexte particulièrement défavorable sur le plan des incendies. Après un été 2026 exceptionnellement chaud, les sols et la végétation restent très secs dans plusieurs régions.
Le bilan climatique officiel de l’été donne une idée de l’ampleur de la situation : 24,0 °C de température moyenne sur l’ensemble de l’été, soit 3,6 °C au-dessus de la normale 1991-2020, ce qui fait de l’été 2026 le plus chaud depuis le début des mesures nationales en 1900. Le déficit pluviométrique a atteint environ 40 % sur l’ensemble de l’été.
Cette situation constitue un véritable réservoir de combustible végétal dans les secteurs qui ont connu les déficits pluviométriques les plus importants.
La combinaison chaleur + sécheresse + vent constitue le cocktail le plus défavorable. Une journée à 35 °C avec peu de vent n’a pas exactement le même danger qu’une journée légèrement moins chaude mais accompagnée d’un vent soutenu. Le vent augmente la vitesse de propagation des flammes, favorise le dessèchement de la végétation et complique considérablement le travail des secours.
Le danger reste particulièrement élevé dans les zones méditerranéennes. D’autres régions du Sud-Ouest et du centre-ouest restent également sous surveillance.
Une situation remarquable après un été déjà hors normes
Il serait tentant de considérer cet épisode de septembre comme une simple prolongation de l’été. Le contexte climatique de 2026 montre pourtant que le phénomène est beaucoup plus large.
L’été qui vient de s’achever est désormais officiellement le plus chaud jamais mesuré en France depuis 1900. Sa température moyenne de 24,0 °C dépasse de 3,6 °C la moyenne 1991-2020. La France a connu 53 jours de vague de chaleur au cours de l’été, tandis que 45 % du territoire ont atteint au moins 40 °C à un moment donné.
Le mois de juillet avait lui-même établi un record historique avec une température moyenne de 24,9 °C, supérieure à tous les mois précédents depuis le début des relevés nationaux.
La chaleur de septembre intervient donc après plusieurs mois particulièrement éprouvants. Elle ne part pas d’un terrain climatique neutre : les sols ont déjà subi des températures exceptionnelles et des déficits hydriques importants. Les organismes humains, la végétation, l’agriculture, les infrastructures et les écosystèmes abordent cet épisode avec plusieurs semaines de chaleur derrière eux.
C’est aussi ce qui donne une importance particulière aux 83 records mensuels supplémentaires enregistrés ce samedi. Pris séparément, chacun constitue une donnée locale. Pris ensemble, ils montrent une anomalie beaucoup plus vaste.
Et demain matin ?
La nuit de samedi à dimanche sera encore très douce dans le Sud, surtout autour de la Méditerranée. Les températures pourront rester autour de 20 à 25 °C dans les secteurs les plus chauds, avec localement davantage.
Plus au nord, le contraste sera nettement plus important. Les minimales pourront descendre vers 9 à 12 °C dans certaines régions du Nord et du Nord-Est, alors que le Sud-Ouest conservera des valeurs proches de 20 °C et que le Languedoc-Roussillon et la basse vallée du Rhône resteront nettement plus doux.
Cette différence de températures entre les régions sera l’un des marqueurs de la journée de dimanche : une France coupée en deux entre un ouest qui commence à subir les premiers effets de la dégradation et un Sud-Est qui reste enfermé dans la chaleur.
Pour ceux qui doivent prendre la route dimanche, la vigilance devra donc porter moins sur les conditions générales que sur les contrastes régionaux. Un trajet commencé sous 20 °C en Bretagne ou en Normandie peut conduire quelques heures plus tard vers une région dépassant 30 ou 35 °C. Dans une voiture stationnée, l’écart peut devenir rapidement problématique pour les passagers sensibles à la chaleur, les enfants et les animaux.
📌 Repères pour dimanche 6 septembre
☀️ Sud-Est : chaleur très forte et soleil largement dominant, avec maintien de températures proches de 35 °C ou davantage dans plusieurs secteurs.
🔥 Méditerranée : nuits encore très douces, forte chaleur persistante et vigilance orange canicule maintenue dans sept départements.
🌡️ Rhône-Alpes : chaleur encore marquée en plaine et dans les vallées, avec davantage de cumulus sur les reliefs.
⛈️ Ouest : nuages plus nombreux, averses parfois orageuses possibles dès la matinée et dégradation progressive.
🌤️ Centre : journée chaude, avec un risque d’averses qui augmente progressivement.
🌡️ Nord et Nord-Est : nette remontée des températures, avec localement près de 30 °C.
🔥 Feux de forêt : danger toujours élevé dans plusieurs secteurs méditerranéens et dans les régions où la végétation reste très sèche.
📉 Lundi : début de la baisse des températures par l’ouest, mais chaleur encore forte dans le Sud-Est.
Ce qui se joue ce week-end est donc assez inhabituel : la chaleur atteint encore son plein régime alors que le calendrier météorologique commence à tourner vers l’automne. Les 83 records mensuels supplémentaires de ce samedi ne sont pas une anecdote statistique. Ils s’ajoutent à une succession de valeurs remarquables depuis jeudi et confirment l’intensité de cet épisode tardif.
Dimanche ne sera donc pas encore la journée du pull et du café chaud. Le Sud-Est restera franchement estival, tandis que la moitié nord connaîtra à son tour une forte poussée thermique. Mais la mécanique atmosphérique commence à changer : l’Atlantique reprend progressivement la main par l’ouest, les nuages et les averses gagnent du terrain, puis les températures commencent à décroître lundi.
Le véritable changement de temps se fera donc par étapes. Après plusieurs journées de chaleur exceptionnelle et une nouvelle salve de records ce samedi, la France devrait progressivement retrouver des températures plus conformes au début du mois de septembre. Il faudra toutefois patienter encore un peu dans le Sud-Est, où la chaleur aura décidément beaucoup de mal à rendre les clés.




