RETRO ETE 1975: les départs en vacances compliqués en France (VIDEO)

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Ah les bouchons sur les routes des vacances en France ne datent pas d’hier alors que Bison Futé faisait ses premiers débuts.
Comme lors de l’été 1975. Il y avait eu pas moins de 145 mots dans le bouchon de 600 km le samedi 2 août 1975.
A cette époque, on était loin de la clim dans nos véhicules; un confort indispensable désormais avec le réchauffement climatique.

Août 1975, il faut plus de 3h pour relier Garches à Fontainebleu. Une immense file de voitures bloque l’autoroute. Interviews des automobilistes coincés dans cet immense bouchon en région parisienne.

Le « Bouchon du siècle » du 2 août 1975 est l’un des épisodes les plus célèbres de l’histoire des vacances estivales en France.ContexteDans les années 1970, la voiture s’est démocratisée massivement : la France compte environ 15 millions de véhicules (contre 1,5 million en 1950). Les congés payés s’allongent (4 semaines pour beaucoup) et les usines ferment traditionnellement les trois premières semaines d’août. Des centaines de milliers de Français partent en même temps vers le Sud, la côte Atlantique ou l’Espagne.Les infrastructures routières ne suivent pas :

  • Le réseau autoroutier est encore très incomplet.
  • La RN 10 (Paris – Chartres – Tours – Poitiers – Bordeaux – Hendaye) reste l’axe principal vers le Sud-Ouest.
  • Beaucoup de routes nationales traversent encore le centre des villes.

Ce qui s’est passé le 2 août 1975Ce samedi-là, sous une forte canicule (35 °C à Tours, jusqu’à 39 °C dans les Landes), le trafic s’effondre complètement.

  • Plus de 450 à 600 km de bouchons cumulés sur le réseau.
  • Environ 40 000 à 60 000 véhicules bloqués rien que sur la RN 10.
  • Des files immobiles de plusieurs dizaines de kilomètres, parfois pendant 4 à 5 heures pour traverser une ville comme Poitiers ou Tours.

Les automobilistes, souvent sans climatisation, souffrent de la chaleur. Beaucoup ont des voitures chargées jusqu’au toit (galeries, matelas, bagages). Des familles passent des heures arrêtées, avec des enfants, sans possibilité de s’arrêter facilement.Bilan humain.

Le week-end est particulièrement meurtrier :

  • 145 morts sur les routes françaises (accidents + malaises liés à la chaleur et aux insolations).
  • Des milliers de blessés.

C’est l’un des week-ends les plus noirs de l’histoire routière française.ConséquencesCet événement marque un tournant :

  1. Création de Bison Futé (en 1976) : premier système de prévision et d’information routière grand public.
  2. Développement des itinéraires bis (cartes distribuées à 600 000 exemplaires l’année suivante).
  3. Accélération de la construction du réseau autoroutier (A10, A11, etc.).
  4. Prise de conscience collective : les « grands départs » deviennent un sujet national chaque été.

Le « bouchon du siècle » reste aujourd’hui encore une référence dans la mémoire collective française, souvent cité comme symbole des débuts chaotiques du tourisme de masse motorisé.


Voici quelques témoignages authentiques d’automobilistes et de témoins bloqués lors du « bouchon du siècle » du 2 août 1975, recueillis dans des archives (INA, presse, récits historiques) :

Témoignages d’automobilistes

  • Daniel Pépin (qui a raconté son périple des années plus tard) :
    « La veille, mon père nous avait prévenus : “Demain, départ à 3 h pour éviter les bouchons !” […] On met la réponse [d’un Belge] sur le compte de l’humour belge et on prend son mal en patience. Ça redémarre, doucement ; nouveau blocage au niveau de Châtellerault, puis plus bas à Ruffec. […] Un peu avant Bordeaux, on profite d’un énième arrêt pour avaler nos sandwichs, sans descendre de la voiture. […] Arrivée à l’entrée de Bayonne : 20 h. Et, 39 ans plus tard, quand on parle du bouchon du siècle, je peux dire : “J’y étais !” »
  • Une vacancière interviewée par l’INA en 1975 (dans les bouchons) :
    « C’est la première fois que je vois ça ! »
  • Un autre automobiliste interrogé sur le choix de partir ce jour-là :
    « Je me suis dit que peut-être les autres jours, ce sera la même chose. »

Souvenirs et observations

  • Laurent Carré (historien de la RN 10) :
    « Ces routes n’étaient pas du tout calibrées pour recevoir un tel flux de voitures ! […] Pour se rafraîchir, on prend d’assaut les fontaines municipales et les boulangeries. Les voitures n’avancent que de quelques mètres en plusieurs heures. Et comme le moteur est coupé pour éviter qu’il ne chauffe, on descendait tous pour pousser la voiture. »
    Il évoque aussi des gens écoutant en boucle L’Été indien de Joe Dassin, et des voisins qui ont hébergé un couple de Belges bloqués dans leur sous-sol pour la nuit.
  • Yves Naulet, jeune policier de 22 ans à Châtellerault en 1975 :
    « Il y avait des voitures partout ! Nous avons tenté une évaluation de l’évolution du bouchon : un policier avait été envoyé sur un vieux vélo […] Nous avons dû la voir passer trois à quatre heures plus tard. Quand nous sommes allés nous coucher à 2 h du matin, ce n’était pas encore résolu. »
    Il note aussi l’ambiance : certains automobilistes étaient « détendus » et se sentaient déjà en vacances, mais la chaleur, l’alcool au volant et la frustration ont exacerbé les tensions.

Ambiance générale rapportéeLes gens sortaient des voitures, pique-niquaient sur le bord de la route, poussaient les véhicules, cherchaient de l’eau. La canicule rendait l’attente particulièrement pénible (pas de climatisation). Certains ont mis 4 à 5 heures pour traverser une seule ville comme Poitiers.Ces témoignages proviennent principalement d’archives INA, d’articles du Parisien, France 3, La Nouvelle République et de récits d’historiens locaux. L’INA a conservé plusieurs reportages TV du jour même avec des interviews sur le vif.