Vigilance rouge crues samedi dans le Lot-et-Garonne pour la Girondine, et en Gironde pour la Garonne marmandaise.
🟠 Vigilance orange crues pour 13 autres cours d'eau de la Bretagne aux Pyrénées. Source Twitter @PrefAquitaine33
@Prefet47
La situation des crues et des inondations en France ce samedi 14 février 2026 à 13 heures reste extrêmement préoccupante, avec une grande partie du territoire encore sous l’emprise d’un épisode hydrologique exceptionnel déclenché par la tempête Nils, qui a balayé le pays dans la nuit du 11 au 12 février. Cette dépression, qualifiée par Météo-France de phénomène d’une intensité rare, a apporté des pluies diluviennes sur des sols déjà saturés par un hiver particulièrement humide, provoquant une montée généralisée des cours d’eau et des inondations massives dans plusieurs régions. Vigicrues, le service national de prévision des crues, décrit une « crue généralisée » à l’échelle nationale, avec des niveaux records battus : 81 départements en vigilance simultanée pour 154 rivières, un chiffre inédit qui dépasse tous les précédents records de l’organisme.
La directrice de Vigicrues, Lucie Chadourne-Facon, a insisté ce matin sur le caractère exceptionnel de la situation, soulignant que l’épisode n’est « pas du tout terminé » et que les perturbations à venir vont « réalimenter les crues », empêchant tout retour à la normale dans les prochains jours.
Le bilan humain s’alourdit légèrement, avec deux décès confirmés liés à la tempête – un chauffeur routier dans les Landes, écrasé par une branche sur son camion, et un homme dans le Tarn-et-Garonne, victime d’une chute d’échelle sous les rafales – ainsi que plusieurs blessés graves. Des évacuations préventives ont touché des milliers de personnes, particulièrement dans le Sud-Ouest, où des communes entières se retrouvent isolées par les eaux. Les dégâts matériels sont considérables : habitations inondées, infrastructures endommagées, et un réseau électrique encore fragilisé, avec des coupures persistantes malgré les efforts des équipes d’Enedis.
Les départements les plus touchés par les vigilances les plus élevées sont concentrés dans le Sud-Ouest, mais l’épisode s’étend désormais vers l’Ouest et le Bassin parisien, avec des risques qui se propagent en aval des bassins versants. À 13 heures, la Gironde et le Lot-et-Garonne restent en vigilance rouge pour crues, un niveau qui indique un risque de crue majeure menaçant directement la sécurité des personnes et des biens, avec des débordements généralisés attendus.
Ces deux départements sont au cœur de la crue exceptionnelle de la Garonne, où les niveaux ont atteint des seuils critiques ce matin : à Tonneins (Lot-et-Garonne), la rivière culminait à 9,56 mètres, surpassant la crue de 2021 (9,51 m) mais loin du record historique de 1930 (10,72 m) ; à Marmande (même département), on mesurait 10,20 mètres, équivalent à 2021 ; à La Réole (Gironde), 8,96 mètres étaient relevés, avec une montée rapide de 10 à 20 centimètres par heure par endroits.
Agen, plus en amont, affichait 6,80 mètres, avec une nouvelle hausse prévue dans la soirée due aux apports des affluents comme le Gers et le Lot. Ces niveaux provoquent des inondations massives des quais, des rues et des quartiers riverains, forçant des évacuations : près de 900 personnes ont été relogées dans 20 communes du Lot-et-Garonne, notamment après la rupture de digues naturelles, comme à Aiguillon où une digue a cédé ce matin, inondant deux quartiers entiers.
En Gironde où 90 routes sont encore coupées, des villages comme Langon et La Réole sont particulièrement vulnérables, avec des hameaux coupés du monde et des habitations submergées par des eaux boueuses.Au-delà de ces zones rouges, une quinzaine de départements sont placés en vigilance orange pour crues, signifiant un risque de crue importante générant des débordements dommageables. Parmi eux, on compte l’Ille-et-Vilaine, le Morbihan, la Loire-Atlantique, l’Indre-et-Loire, les Deux-Sèvres, la Charente, la Charente-Maritime, la Dordogne, le Tarn-et-Garonne, le Gers, le Tarn, la Haute-Garonne et l’Ariège.
Dans la Haute-Garonne, la Garonne a débordé à Toulouse, inondant les quais emblématiques comme ceux de la Daurade et de Saint-Pierre, avec des niveaux dépassant les 3,50 mètres, entraînant la fermeture de ponts et de promenades piétonnes. En Tarn-et-Garonne, autour de Montauban, des débordements localisés affectent des zones résidentielles, amplifiés par les cumuls de pluie. La Dordogne voit ses affluents comme la Vézère et l’Isle monter rapidement, avec des inondations à Bergerac où 27 personnes ont été évacuées.
Plus à l’ouest, en Vendée et Loire-Atlantique, la Sèvre nantaise et d’autres rivières causent des inondations à Vertou et dans les marais de Brière, où plus de 35 routes départementales sont fermées ou partiellement submergées. En Charente et Charente-Maritime, des rues se transforment en rivières, touchant des habitations et forçant des fermetures locales. Le Bassin parisien commence à être impacté, avec l’Essonne, la Marne, la Seine-et-Marne et l’Aisne en orange, où des rivières comme l’Orne et la Marne montent, risquant d’inonder des zones périurbaines.
Enfin, une soixantaine de départements sont en vigilance jaune, couvrant une large partie du territoire, de la Bretagne aux Alpes, où des risques locaux persistent, notamment combinés à des avalanches résiduelles en Savoie et Hautes-Alpes après les chutes de neige massives.
L’évolution prévue pour les prochaines heures et jours n’incite pas à l’optimisme. Vigicrues anticipe une poursuite de la hausse sur la Garonne jusqu’à samedi soir ou dimanche matin, avec des pics retardés mais intenses : à La Réole, les eaux pourraient atteindre 10,35 mètres dans la nuit de samedi à dimanche, approchant ou dépassant la crue majeure de février 2021 (10,22 m à Marmande).
Les débordements très importants se propageront entre Langon et Agen, avec une crue qualifiée de « majeure et durable » due aux apports continus des bassins versants en amont. De nouvelles pluies, attendues dès ce soir et demain dimanche, avec des cumuls de 10 à 20 mm localement, voire plus dans l’Ouest, risquent d’aggraver la situation, en « réalimentant les crues » selon les termes de la directrice de Vigicrues.
Une perturbation venue d’Espagne pourrait toucher la Méditerranée samedi, maintenant les risques sur l’Aude et l’Hérault, tandis que les coefficients de marée élevés (jusqu’à 99) compliquent l’écoulement des eaux vers la mer sur l’estuaire de la Gironde. Dans les Alpes, la fonte des neiges due à des températures douces (5°C au-dessus des normales) pourrait amplifier les crues en aval. Globalement, l’épisode devrait s’atténuer lentement d’ici lundi, mais les sols gorgés d’eau rendent tout nouveau front pluvieux problématique, avec un risque de prolongation jusqu’en milieu de semaine prochaine. Météo-France prévoit une atténuation progressive, mais appelle à une vigilance accrue, car « les prévisions ne sont guère réjouissantes » et les cours d’eau resteront en crue pendant plusieurs jours.
Les perturbations sur les routes sont l’un des impacts les plus visibles et immédiats de ces crues, avec des centaines d’axes fermés ou inondés à travers le pays, rendant les déplacements chaotiques et dangereux. Dans le Lot-et-Garonne, des dizaines de routes départementales sont barrées : la RD 927 à Lafrançaise, la RD 953 au pont de Mondou à Valence, la RD 77 à Mas-Grenier, la RD 113 à Maubec, la RD 57 entre St-Paul-d’Espis et la RD 7, les RD 66 et 78 au moulin de Sadoul à Mirabel, la RD 90 à Caussade, la RD 25 à Gramont, la RD 74 à St-Clair, la RD 2 à Lauzerte, la RD 115 bis à St-Antonin, la RD 95 entre Bioule et la RD 964, la RD 928 à Beaumont-de-Lomagne (avenue du Lac), la RD 65 bis à Albias (Rives de l’Aveyron), la RD 91 à Léojac, la RD 98 au carrefour de la RD 3 à Beaumont-de-Lomagne, la RD 19 à St-Antonin (section RD 115 et 958), la RD 927 à Lafrançaise (à partir du carrefour RD 20 côté Moissac), la RD 45 (section entre les RD 45 et 927 au pont du Saula), la RD 72 section Moissac (RD 45), la RD 72 entre Albefeuille et Barry-d’Islemade, la RD 64 entre Bioule (giratoire de la RD 78) et Nègrepelisse, la RD 959 fermée à Birac et Lamothe-Capdeville inaccessible, la RD 101 à Lizac, la RD 78 entre Bioule et Montricoux, la RD 820E entre Réalville et Cayrac.
En Aveyron, plus de 40 routes sont impactées ou fermées : dans l’Ouest, la RD 638 à Monteils, la RD 47 et RD 638 à Monteil, la RD 558 à Naussac, la RD 146 à Salvagnac-Cajarc ; dans le Nord, la RD 68 à Rodelle, la RD 220 à Anglars, la RD 622 sur l’axe Ampiac-Anglars-Laissac, la RD 45 et RD 345 à Coussergues, la RD 526 à Pons, la RD 259 à Montrozier, la RD 59 à Montrozier, la RD 27 à Bertholène, la RD 107 à Entraygues. En Dordogne, une cinquantaine d’axes sont coupés, dont la RD 6089, avec des câbles électriques au sol compliquant les interventions.
En Loire-Atlantique, plus de 35 routes départementales sont fermées partiellement ou totalement, particulièrement dans les marais de Brière. Dans l’Aisne, 8 routes sont fermées et 3 submergées, comme la D491 à Étréaupont, la D318 à Sorbais-Étréaupont, la D774 à Marly-Gomont-Englancourt, la D51 à Bosmont-sur-Serre-Burelles, la D3060 à Mortiers-Barenton-sur-Serre, la D515 à Mortiers-Froidmont/Cohartille. À Rennes et dans sa métropole, plusieurs routes sont barrées, notamment à Bruz particulièrement touchée. En Tarn-et-Garonne, le réseau est fortement impacté, avec des axes comme la RD 98 reliant Beaumont à Escazeaux coupée par la crue de la Gimone. En Haute-Garonne, une quarantaine de routes départementales restent fermées, affectant l’agglomération toulousaine et des secteurs comme Verfeil. Ces fermetures s’expliquent par des inondations, des éboulements, des arbres tombés ou des lignes électriques au sol, et les autorités recommandent de reporter tout déplacement non essentiel, surtout avec le début des vacances d’hiver qui surcharge les axes vers les Alpes.
Enfin, concernant les coupures d’électricité issues de la tempête Nils, Enedis rapportait ce matin environ 171 000 foyers encore privés de courant, un chiffre en baisse par rapport au pic de 900 000 jeudi matin, grâce à la mobilisation de 4 500 agents et à plus de 4 500 interventions réalisées. À 13 heures, on estime que ce nombre a légèrement diminué, autour de 150 000 à 160 000, avec une poursuite des réparations tout au long de la journée malgré les conditions compliquées par les inondations persistantes. Les régions les plus affectées restent la Nouvelle-Aquitaine (environ 100 000 foyers, en Gironde, en Dordogne, dans les Landes, en Lot-et-Garonne et dans le Gers) et l’Occitanie (autour de 50 000, avec 18 400 dans le Gers, 10 000 en Haute-Garonne, 4 200 en Tarn-et-Garonne).
Enedis qualifie l’événement d' »ampleur historique », avec des dégâts sur les lignes moyennes et basses tension causés par les vents violents et les chutes d’arbres. Les équipes promettent de réalimenter 70 % des clients d’ici la fin de la journée, mais dans certaines zones inondées, comme autour de la Garonne, les réparations pourraient prendre plus de temps, nécessitant des hélicoptères pour les inspections et des groupes électrogènes temporaires. Les autorités locales, comme les préfectures, signalent que ces coupures entraînent des perturbations sur les réseaux de téléphonie et d’eau potable dans certains secteurs, aggravant la situation pour les habitants déjà sinistrés. Des points de recharge pour téléphones et des distributions de bouteilles d’eau sont organisés dans les communes touchées, et Enedis conseille aux usagers de signaler les pannes via leur application ou le numéro d’urgence 09 72 67 50 XX (XX étant le numéro du département).
Cette crise hydrologique, amplifiée par le changement climatique qui intensifie les épisodes pluvieux, met en lumière la vulnérabilité croissante des territoires français face aux événements extrêmes. Les autorités multiplient les appels à la prudence : éviter les berges, ne pas traverser les routes inondées (où 30 cm d’eau suffisent à emporter une voiture), et suivre les consignes locales. Les pompiers et la gendarmerie restent mobilisés, avec des sauvetages en cours, comme celui d’une femme piégée sur une route submergée en Haute-Garonne. À plus long terme, cet épisode relance le débat sur l’aménagement des zones inondables et la renforcement des digues, alors que les coûts des dommages se chiffrent déjà en millions d’euros. Pour l’heure, à 13 heures ce samedi, la France retient son souffle en attendant les pics de crue et les prochaines pluies, espérant une accalmie qui tarde à venir.
Montée en vigilance Orange des tronçons : Basses Vallées Angevines, Loire aval, Loire saumuroise, Charente moyenneMontée en vigilance Jaune des tronçons : Ariège – Hers vif, Ger – Salat
Redescente en vigilance Verte des tronçons : Saulx amont, Meu, Allier entre Dore et Sioule, Charentonne – Guiel, Risle amont, Orb amont, Calavon – Coulon, Sèvre Nantaise amont
Qualification de la situation
Épisode de crues important, durable et généralisé à une grande partie du territoire national.
Crue majeure sur la Garonne marmandaise et girondine.
La situation ce samedi
Les précipitations successives et abondantes des dernières semaines ont créé des conditions propices à la formation de crues (niveaux des cours d’eau élevés et humidité des sols très élevée sur l’ensemble du pays).
Les cours d’eau sont ainsi particulièrement réactifs.
Ces précipitations ont entraîné des réactions hydrologiques sur de nombreux cours d’eau du pays, ayant déjà engendré des débordements importants.
Vigilance rouge crues samedi dans le Lot-et-Garonne pour la Girondine, et en Gironde pour la Garonne marmandaise. Vigilance orange crues pour 13 autres cours d’eau de la Bretagne aux Pyrénées. Source Twitter @PrefAquitaine33/@Prefet47
Évolution prévue
Depuis lundi, une succession de perturbations a traversé le pays d’ouest en est, avec notamment le passage de la tempête Nils jeudi 12 février.
Une grande partie du pays est concerné.
D’ici dimanche matin, une relative accalmie des pluies s’installe sur le pays sauf sur la chaine des Pyrénées, son piémont et le versant ouest des Cévennes.
Les crues en cours générées par les précipitations passées poursuivent actuellement leur propagation vers l’aval.
De nombreux cours d’eau ont déjà atteint des niveaux de débordements localisés, voire dommageables.
Pour les cours d’eau en vigilance orange ou rouge, des débordements importants et majeurs sont en cours ou attendus dans les prochaines 24 heures.
Il convient donc de rester attentif et de se tenir informé de la vigilance crues. En complément, vous pouvez consulter le site Vigicrues Flash pour être informé du risque de crues soudaines sur les petits cours d’eau non surveillés : https://apic-vigicruesflash.fr
Situation hydrologique détaillée
La situation sur la Garonne en aval d’Agen est à suivre particulièrement : des débordements dommageables sont en cours.
Ces inondations sont majeures sur le secteur de la Garonne marmandaise et girondine où les niveaux se stabilisent en ce début de matinée de samedi à Tonneins et atteindront leur maximum en début de soirée de samedi à Marmande et dimanche à la Réole. Ils seront comparables à ceux observés lors de la crue des 03 et 04 février 2021.
Sur les autres cours d’eau en vigilance orange, des débordements importants sont en cours ou attendus dans les prochaines 24 heures et viennent se rajouter à la carte de 10h les tronçons des Basses Vallées Angevines (dép. 49), Loire aval (dép. 44 et 49), Loire saumuroise (dép. 49), Charente moyenne (dép. 16).
Les crues formées ces derniers jours se propagent des amonts vers les avals.
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