Tempête Martinho : un habitant de Montpellier décédé par la chute d’une branche d’arbre.

La tempête Martinho fait encore parler d’elle. Après avoir balayé le Portugal et l’Espagne ces derniers jours, elle a atteint nos côtes aujourd’hui, laissant dans son sillage des vents furieux, des pluies battantes et une étrange teinte ocre venue du Sahara. À 20h00, heure d’Europe centrale, le pays respire entre deux bourrasques, mais l’épisode n’est pas terminé.

Nommée le 18 mars par l’Aemet, l’agence météorologique espagnole, Martinho s’est formée au large du Portugal, où elle a frappé dès mercredi avec des rafales dépassant 120 km/h et des pluies diluviennes, causant 5 800 incidents en une matinée, selon Euronews. Lisbonne a vu des toits s’effondrer, des arbres tomber et 50 000 foyers privés d’électricité. Puis, jeudi, l’Espagne a pris le relais : Madrid a battu des records de précipitations pour un mois de mars, avec des risques d’inondation le long de la rivière Manzanares, tandis que la Galice enregistrait des vents à 166 km/h, rapporte fr.euronews.com. Ce soir, c’est au tour de la France de ressentir ses effets, bien que la tempête, en se comblant lentement dans le golfe de Gascogne, ait perdu un peu de sa vigueur initiale, comme l’expliquait Yann Amice, météorologue, à actu.fr.

Le premier choc, aujourd’hui, a été le vent. Dès la nuit dernière, entre jeudi et vendredi, Martinho a poussé des rafales impressionnantes sur le sud-ouest. À 14h, Météo-France relevait 140 km/h dans le Tarn, près de Castres, un pic qui a valu à la Haute-Garonne et au Tarn une vigilance orange jusqu’à midi, selon Charente Libre. Toulouse, aux portes de l’agglomération, a tremblé sous des vents à 100 km/h, assez rares en milieu urbain pour faire frémir les habitants. Plus tard, le sud-est a pris le relais : à 16h, les Bouches-du-Rhône et le Gard restaient en alerte orange, avec des pointes à 110 km/h sur le littoral, tandis que l’Hérault et l’Aude affrontaient des vagues de submersion, précise actu.fr. On a relevé des rafales à Sètee dépssant fréquemment les 100 km/h entre 14 h et 19 h. Et à Montpellier un habitant de 79 ans a succombé après la chute d’une branche . Ce soir, à 20h, le bulletin de Météo-France note une accalmie relative dans le sud-ouest, mais le vent marin souffle encore à 90 km/h entre Sète et Marseille, un relent de cette tempête qui refuse de s’éteindre complètement.

Et puis, il y a la pluie, ou plutôt les orages. Martinho a apporté un front pluvio-orageux qui a traversé le pays d’ouest en est toute la journée. Ce matin, la Bretagne et la Normandie ont essuyé les premières averses, parfois accompagnées de grêle, comme le signalait 20minutes.fr. À midi, le sud-ouest était sous des trombes d’eau, avec des cumuls de 30 à 50 mm en quelques heures dans les Landes, selon Météociel. Cet après-midi, l’Île-de-France et le Centre-Val de Loire ont vu le ciel s’assombrir, et ce soir, les régions de l’est – Alsace, Lorraine – commencent à entendre le tonnerre. Une étude de Climate Dynamics (2022) avait prédit une intensification des conflits de masses d’air dans un climat plus chaud, et Martinho en est la preuve : l’air doux au sol (20 °C hier dans le sud) a clashé avec l’air froid en altitude, dopant ces orages, comme l’analyse Yann Amice sur actu.fr.

Notons aussi ce voile ocre qui flotte dans l’air que l’on pouvait apercevoir dans l’Ain notamment. Martinho, en remontant du sud, a charrié un panache de sable saharien, bien visible sur les images satellites de Météo Concept. En Bretagne, dès jeudi soir, les voitures se sont couvertes d’une fine poussière, et ce vendredi, le phénomène a gagné l’ouest et le sud-est. Une analyse de Remote Sensing (2023) note que ces remontées, amplifiées par des vents comme ceux de Martinho, pourraient devenir plus fréquentes avec le réchauffement. Ce soir, sous les nuages denses, ce sable retombe avec la pluie, laissant des traces boueuses sur les pare-brise et un ciel étrange, presque apocalyptique, que les habitants de Perpignan ou de Bordeaux décrivent sur les réseaux sociaux comme « un coucher de soleil sous stéroïdes ».

Les impacts, eux, se comptent déjà. À 18h, la protection civile française recensait 320 incidents liés à Martinho, selon un pointage partiel de La Chaîne Météo. Dans le Tarn, des arbres déracinés ont bloqué des routes secondaires, et à Toulouse, une dizaine de toitures ont été endommagées. Sur la côte méditerranéenne, les vagues de 3 à 4 mètres au large de Port-la-Nouvelle (Aude) ont poussé les autorités à fermer des portions du littoral, rapporte actu.fr. Les trains, aussi, ont trinqué : la ligne Bordeaux-Toulouse a subi des retards cet après-midi à cause de branches sur les voies, un écho aux perturbations ferroviaires de Lisbonne hier. Électriquement, on s’en sort mieux qu’au Portugal : seuls 5 000 foyers étaient sans courant à 19h, principalement en Gironde, selon Enedis.

Ce soir, à 20h, où en est-on ? Martinho s’éloigne doucement vers le sud de l’Irlande, comme prévu par Yann Amice, mais ses restes traînent encore. Le bulletin de Météo-France à 20h prévoit une poursuite des orages cette nuit dans l’est, avec des rafales à 80 km/h possibles en Alsace. Demain, samedi, une nouvelle perturbation arrivera par l’ouest, prolongeant cette météo agitée jusqu’à dimanche, selon METEO CONSULT. Les températures, elles, vont chuter : de 20 °C hier dans le sud, on passera à 12-15 °C demain, un retour à la normale printanière après cette parenthèse chaude qui a boosté la tempête, comme le notait nuitfrance.fr.

Que retenir de Martinho ce soir ? C’est une tempête qui nous a secoués, mais pas autant que nos voisins ibériques. Les 140 km/h du Tarn ou les vagues du Languedoc impressionnent, mais la France a tenu bon, grâce à une vigilance bien rodée – trois départements en orange hier, cinq aujourd’hui. Pourtant, elle nous laisse pensifs. Une étude de l’INRAE (2023) rappelait que ces événements extrêmes, dopés par un Atlantique plus chaud et un jet-stream capricieux, risquent de devenir notre quotidien d’ici 2050. Ce soir, alors que le vent siffle encore dehors et que le sable saharien joue des siennes, Martinho n’est pas qu’un bulletin météo : c’est un aperçu d’un climat qui change, un rappel que nos printemps ne seront plus jamais tout à fait tranquilles….Demain, place à la pluie et aux orages sur bon nombre de nos régions.


Bulletin de suivi national de la Vigilance

Publié le vendredi 21 mars 2025 à 19:00 (heure métropole)

Situation météorologique

Faits nouveaux : fin de la vigilance orange vent sur les Bouches du Rhône, le Gard et l’Hérault, qui repassent en vigilance jaune avant une descente vers une vigilance verte.
L’épisode de fortes vagues est lui toujours en cours.

Situation générale : Le vent d’est s’est nettement renforcé ce vendredi après-midi sur le nord du bassin méditerranéen.

Il est à l’origine de fortes vagues, particulièrement sur le littoral du Roussillon.

Les remontées pluvieuses en cours s’accompagnent d’une baisse sensible de ce vent d’est.

Observations notables : Le vent a nettement baissé, il atteint désormais 60 à 80 km/h. Au cours des 3 dernières heures, des rafales atteignant 80 à 100 km/h ont été mesurées de manière généralisées sur l’ensemble des Bouches du Rhône et de l’Hérault, ainsi que sur le sud du Gard. De manière plus locale (littoral et arrière pays héraultais), des pointes atteignant 100 à plus de 120 km/h ont été enregistrées.

Vagues submersion

Méditerranée
Qualification : Episode de fortes vagues dans le golfe du Lion nécessitant une vigilance toute particulière.
Évolution prévue : Le vent d’Est à Sud-Est qui s’est renforcé en cours de matinée de vendredi sur le golfe du Lion, a amplifié également l’état de la mer. Les vagues les plus fortes touchent le littoral du Languedoc Roussillon. Les conditions atmosphériques sont également à l’origine d’une surélévation importante du niveau de la mer (phénomène de surcote).
La conjonction de ces éléments induit un risque de submersion notable sur les littoraux nord des Pyrénées Orientales, de l’Aude et de l’Hérault. Ces trois départements sont donc placés en vigilance vagues-submersion de niveau orange le vendredi 21 mars jusqu’à 22h.Dans une moindre mesure, les littoraux du Gard et de l’ouest des Bouches du Rhône sont placés en vigilance vagues-submersion de niveau jaune jusqu’au samedi 22 mars à 03h.
De plus, le vent d’Est à Nord-Est s’est renforcé également sur la Côte d’Azur, avec une mer forte.
Les départements des Alpes-Maritimes et du Var sont placés en vigilance « vagues-submersion » de niveau jaune jusqu’au samedi 22 mars à 03h.
C’est principalement la moitié ouest du littoral des Alpes Maritimes et l’est du Var qui sont concernés par cette vigilance de niveau jaune.
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