Mardi Gras, fête colorée marquée par des défilés, des costumes et des réjouissances, est également un moment qui inspire de nombreux dictons populaires, souvent liés aux traditions agricoles, au calendrier chrétien, ou à des croyances anciennes. Derrière ces expressions, il est possible de déceler des symboles culturels, des pratiques ancestrales et des observations liées au cycle des saisons.
« À Mardi Gras, les poules ont des dents. »
Ce dicton, humoristique, semble exprimer l’absurdité de certaines situations. L’image de « poules avec des dents » évoque l’impossibilité, un phénomène totalement contraire à la nature. Dans le contexte de Mardi Gras, ce dicton pourrait être interprété comme une invitation à laisser libre cours à la folie et à l’extravagance, où tout devient possible, même les choses les plus irrationnelles.
« Mardi Gras, tout ce que tu feras sera avalé. »
Ce dicton souligne l’idée que pendant la période de Carnaval, les excès sont permis. La consommation, notamment alimentaire, est mise à l’honneur avec les fameux beignets, crêpes et autres délices. L’expression met en avant l’importance de profiter pleinement de ces festivités, car une fois cette période passée, les restrictions et les jeûnes du Carême débuteront. C’est une manière de dire que tout ce qui est englouti ce jour-là, que ce soit sous forme de nourriture ou d’amusements, est pris comme une sorte de « mise à l’écart » des règles avant la période austère de la repentance.
« À Mardi Gras, tout est permis. »
Probablement l’un des dictons les plus célèbres associés à la fête, celui-ci résume parfaitement l’esprit de Mardi Gras. L’idée est que ce jour-là, les règles sociales et morales peuvent être suspendues ou allégées. En effet, le carnaval est historiquement un moment de renversement des hiérarchies, de déguisements et de débauche, un jour où les rôles sont échangés et où l’on célèbre le ridicule et l’excès. Ce dicton souligne l’aspect transgressif de la fête, marquée par l’irrévérence et la libération des conventions sociales.
« Quand vient Mardi Gras, les bœufs sont maigres. »
Ce dicton évoque l’idée que, au moment de Mardi Gras, les animaux de ferme sont maigres, car les réserves de nourriture commencent à s’épuiser après l’hiver. Il est aussi possible que cette expression soit liée à la période précédant le Carême, où les gens se préparent à réduire leurs consommations de viande. Le dicton fait écho à une époque où, avant l’arrivée du Carême, il était d’usage de sacrifier les animaux excédentaires ou moins en forme pour éviter qu’ils ne soient sacrifiés durant les mois de privation. Cela souligne le caractère de transition entre une période d’abondance et un temps de pénitence et de jeûne.
« À Mardi Gras, on se régale, mais à Carême, on se démène. »
L’idée ici est de faire un contraste net entre la fête de Mardi Gras, où l’on se livre aux plaisirs, et le Carême, qui est un temps de privation et de dévouement. Ce dicton rappelle que Mardi Gras est le dernier jour où l’on peut se permettre des excès avant de commencer une période de renoncements et de réformes personnelles. Les plaisirs de Mardi Gras sont ainsi vus comme un dernier souffle avant les exigences spirituelles du Carême.
« Mardi Gras bien fat, Carême bien maigre. »
Ce dicton évoque la tradition chrétienne du Carême, une période de 40 jours de jeûne et de pénitence. En contraste, Mardi Gras est un moment de fête et de consommation, où l’on « fait le plein » avant de se lancer dans un régime de privation. Il s’agit d’une manière symbolique de marquer la fin d’une période d’abondance et le début d’une période de rigueur spirituelle et physique. Cette dichotomie entre abondance et abstinence est au cœur de nombreuses traditions de carnaval et de Mardi Gras.
« S’il pleut à Mardi Gras, il pleuvra jusqu’à Pâques. »
Ce dicton, plus axé sur la météorologie, fait écho aux croyances populaires qui lient certaines conditions climatiques à des événements futurs. La pluie pendant Mardi Gras est perçue comme un présage de mauvaises conditions météo prolongées. À l’époque, ce genre de dicton était pris très au sérieux, car la météo influençait grandement la vie quotidienne, notamment pour les agriculteurs et les pêcheurs. L’idée de relier la pluie de Mardi Gras à la pluie de Pâques symbolise une connexion entre la fête et les cycles naturels de l’année.
« Mardi Gras, tout est bien, tout est joli. »
Ce dicton illustre l’esprit joyeux et débridé qui caractérise la journée de Mardi Gras. L’excès de couleurs, de musique, de danse et de bonne humeur donne un air de festivité et de plaisir, où l’on oublie les tracas du quotidien pour s’immerger dans un monde de liberté et de gaieté. Le dicton rappelle que ce jour est une forme de « répit » avant le retour aux contraintes, un moment où tout est permis et tout semble parfait, même pour les plus démunis ou ceux vivant des situations difficiles.
« Mardi Gras, l’hiver s’achève, le printemps s’avance. »
Ce dicton fait référence à la période de l’année où Mardi Gras a lieu, juste avant l’arrivée du printemps. Cette fête, souvent marquée par un temps froid et hivernal, annonce toutefois un changement dans les cycles saisonniers. Mardi Gras peut ainsi être perçu comme un moment symbolique de passage, non seulement entre l’hiver et le printemps, mais aussi entre l’abondance de la fête et la sobriété du Carême. Ce dicton souligne le rôle de Mardi Gras comme un marquage de la fin de la saison froide et le début d’une période plus douce et plus lumineuse.
« Mardi Gras est la fin des rois et des reines. »
Il est lié aux célébrations traditionnelles du Carnaval, où les rôles sont souvent inversés, et où les « rois » et les « reines » du moment sont désignés parmi les participants. Il marque la fin de ces festivités et de ces « règles du jeu » temporaires, avant le retour à la normalité. Mardi Gras est donc vu comme un dernier moment de folie avant de reprendre sa place dans la société. Il souligne l’aspect transitoire et symbolique de la fête, marquée par l’exubérance et la convivialité, mais aussi par une structure temporelle bien définie.
Les dictons liés à Mardi Gras nous offrent un aperçu de la façon dont cette fête a été perçue à travers les âges. Au-delà des festivités et des réjouissances, ils révèlent aussi des préoccupations agricoles, des croyances populaires et des pratiques chrétiennes profondément ancrées dans le quotidien des gens. Chaque expression résume une facette de cette célébration, que ce soit l’excès avant le Carême, la joie avant la pénitence, ou encore l’observation des cycles naturels. Mardi Gras est bien plus qu’une simple fête : il est un marqueur du temps, une passerelle entre deux saisons et deux états d’esprit.




