En ouvrant le bilan de janvier 2026, il faut d’abord se représenter l’ambiance générale du mois : un cocktail de froid vif en début de période, suivi d’une succession d’épisodes pluvieux intenses, de neige abondante par endroits comme vers la Normadie, et d’un régime thermique global qui, sur l’ensemble du pays, s’est maintenu proche des normales saisonnières. Cette alternance de temps très contrasté a marqué les semaines de janvier et laissé des traces mesurables dans les relevés thermiques, pluviométriques et de vent.
Dans les premiers jours du mois, le climat a basculé vers un épisode froid remarquable, avec des températures largement négatives dans de nombreuses régions. Les valeurs relevées ont parfois été impressionnantes : dans le Doubs, à Mouthe, les thermomètres sont restés en dessous de –20 °C pendant quatre nuits consécutives, ce qui ne s’était pas vu depuis plus de quarante ans dans cette région. D’autres stations ont témoigné de minima tout aussi saisissants : –19,7 °C à Pontarlier, –14,2 °C à Luxeuil, –12,1 °C en Normandie à Alençon ou encore –8,5 °C à Toulouse, où ces températures hivernales restent rares pour un mois de janvier. Là où la campagne ou les plateaux sont restés glacés, certaines zones urbaines ont enregistré des minimales proches ou inférieures à –3 à –4 °C, un contraste qui dit bien la vigueur de cet épisode froid initial.
Ces conditions, bien qu’extraordinaires sur courte durée, n’ont pas donné lieu à ce qu’on appelle une vague de froid à l’échelle nationale, terme technique réservé à des périodes de froid soutenu sur l’ensemble du pays. Sur l’ensemble du mois, la température moyenne nationale est restée proche de la normale, avec un léger excédent global de l’ordre de +0,3 °C par rapport à la période de référence 1991-2020. Cette moyenne tient compte du redoux progressif observé après la première décade du mois, qui a atténué l’impact de la période vraiment glaciale.
Pluies abondantes, crues et records mensuels
Le deuxième caractère frappant du mois fut l’abondance de précipitations sur une large partie du territoire. Là où l’hiver se déroule parfois dans des conditions plutôt sèches, janvier 2026 s’est inscrit dans une dynamique bien différente. Sur la Bretagne, sur la méditerranée continentale, en Corse et dans le Sud-Ouest, on a mesuré des cumuls de pluie parfois deux à quatre fois supérieurs à la normale mensuelle dans certaines localités.
Pour donner une idée concrète, voici des ordres de grandeur : dans le Finistère, Brest a enregistré des précipitations cumulées à hauteur de 319 mm, ce qui représente plus de deux fois la normale mensuelle pour janvier. À Quimper, ce total a atteint 352 mm, également au-dessus du double des valeurs habituelles pour cette période. En Corse-du-Sud, des relevés très élevés comme 494 mm à Sampolo ont été notés, des montants qui, ici encore, doublent voire triplent les moyennes d’un mois de janvier classique.
Ce régime humide s’est traduit par des crues de rivières et des saturations de sols dans plusieurs bassins versants, notamment dans le sud du pays. Là où les précipitations tombent sous forme liquide en hiver, elles s’infiltrent ou ruissellent rapidement, accentuant le risque d’inondations. Dans certaines zones méditerranéennes, les cumuls pluviométriques enregistrés ont même été quatre à six fois supérieurs aux normales, notamment autour de Narbonne et d’Argeliers, où l’on a dépassé 250 à 330 mm sur le mois.
En Bretagne, une pluie tombée un jour sur deux sur le mois a contribué à ce bilan remarquable : il n’y a guère de souvenir de janvier aussi arrosé depuis le début des mesures il y a près de sept décennies dans plusieurs stations de Finistère et de l’Aude.
Neige, enneigement et contrastes massifs
Si en plaine la pluie a été le principal acteur, la neige n’a pas été absente du tableau météorologique. Selon les données régionales, l’est des Pyrénées, les Alpes du Sud et la Corse ont connu des chutes de neige abondantes, parfois au-dessus des normes saisonnières pour ces massifs. Dans ces zones, les quantités de neige au sol ont augmentées nettement au cours du mois, alimentant le manteau neigeux, cette « ressource » emblématique de l’hiver montagnard.
En revanche, l’Alpe du Nord, les Vosges, le Jura et le Massif central ont vu leur enneigement s’affaiblir par rapport aux moyennes habituelles, ce qui constitue un contraste intéressant : des précipitations conséquentes mais une répartition spatiale très inégale entre pluie et neige selon les altitudes et les températures locales.
Vent, tempête et dynamisme atmosphérique
Janvier 2026 n’a pas seulement été pluvieux : il a aussi été venté à plusieurs reprises. Une tempête baptisée Goretti a traversé la Manche et les côtes du Nord-Ouest du pays dans la nuit du 8 au 9 janvier. Les anémomètres ont mesuré des rafales très élevées : à Gonneville (Manche) on a enregistré une pointe instantanée de 161 km/h, à la Pointe de la Hague près de 157 km/h, 147 km/h à Caen, 144 km/h à Octeville-sur-Mer, et encore 129 km/h à Saint-Cast-le-Guildo. Ces valeurs situent ce passage tempétueux parmi les plus violents observés en janvier depuis plusieurs années, générant des vagues de tempête, des dégâts matériels locaux et un élargissement du spectre des risques hivernaux sur les zones littorales.
Soleil et éclaircies : des contrastes d’ensoleillement
Sur une période réputée grise et froide, l’ensoleillement a lui aussi connu des disparités marquées selon les régions. Dans le nord et l’est, notamment près des frontières et sur la Bretagne, l’ensoleillement a été sensiblement inférieur aux normales, souvent de 10 à 20 % en dessous des moyennes mensuelles habituelles. Cela signifie que les jours gris, couverts ou pluvieux ont dominé, limitant la fréquence des périodes de lumière.
Inversement, des secteurs comme les Pays de la Loire, Auvergne-Rhône-Alpes, ou certaines zones de la Dombes ont bénéficié de périodes plus lumineuses que la normale, avec des excédents de 10 % à 40 % d’ensoleillement selon les relevés locaux. Ces variations marquent une fois de plus les contrastes régionaux du climat français, même en plein hiver.
En résumé : un mois fort en événements et en chiffres
Si vous deviez retenir l’essentiel en termes chiffrés et observés de ce janvier 2026, voici ce qui ressort avec force :
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Température moyenne nationale : proche des normales saisonnières, avec un léger excédent d’environ +0,3 °C pour l’ensemble du pays.
- Épisode froid notable : températures descendues parfois en dessous de –20 °C dans le Doubs, avec des minima à –19,7 °C à Pontarlier, –14,2 °C à Luxeuil ou –8,5 °C à Toulouse sur plusieurs jours.
- Précipitations exceptionnelles : cumuls atteignant 319 à 352 mm dans des départements du Finistère, jusqu’à 494 mm en Corse-du-Sud, souvent deux à quatre fois les normales mensuelles.
- Vent fort : rafales mesurées jusqu’à 161 km/h le long de la Manche lors de la tempête Goretti.
- Enneigement contrasté : excédents de neige dans les Alpes du Sud et Pyrénées, déficits notables dans les Alpes du Nord, Vosges, Jura et Massif central.
- Ensoleillement : variations régionales d’ensoleillement allant de –20 % à +40 % des normales selon les zones.
Ce panorama de janvier 2026 montre un hiver loin d’être uniforme : des épisodes froids intenses de courte durée, des pluies souvent abondantes, des différences marquées entre régions, et des événements extrêmes qui ont dessiné un mois singulier sur le plan météorologique.




