En mars, le jardinier en climat montagnard fait face à des conditions climatiques encore assez rigoureuses, mais l’arrivée du printemps annonce des journées plus longues et plus ensoleillées. La neige peut encore recouvrir le sol dans les zones les plus froides, et les températures oscillent souvent autour de zéro degré, mais les signes du redoux se font sentir. C’est un mois de transition où il est important de bien préparer le jardin pour la saison à venir tout en prenant soin de protéger les plantations des risques de gelées tardives, qui sont encore possibles. Voici un guide détaillé pour savoir quoi faire en mars dans un jardin montagnard, entre préparations, plantations et soins.
Observation des conditions météorologiques
Le climat montagnard est marqué par une instabilité de la météo et un contraste important entre les températures diurnes et nocturnes. Dès le début du mois, les journées peuvent commencer à être plus douces, mais la nuit, le froid peut revenir brusquement. Le jardinier doit ainsi suivre les prévisions météorologiques pour éviter de surprendre des épisodes de gelées tardives, encore fréquentes en montagne au mois de mars.
Il est également important de vérifier la hauteur du manteau neigeux. Là où il reste de la neige, la terre est protégée contre le gel, mais en l’absence de couverture neigeuse, le sol peut encore être gelé pendant la nuit. Il est donc primordial de prendre des mesures pour protéger les jeunes plantes, les semis ou les plantations fragiles en cas de retour de froid.
Entretien du sol
Mars est un mois idéal pour commencer à préparer le sol pour les cultures de printemps. En montagne, cela commence généralement dès que le sol commence à dégeler et que la terre est praticable, c’est-à-dire souvent vers la fin du mois. Il est alors possible de nettoyer les parcelles des mauvaises herbes et de commencer à aérer le sol, en évitant de travailler la terre lorsqu’elle est trop humide ou encore gelée.
Une fois que la terre est dégelée et suffisamment sèche, le jardinier peut ameublir le sol à l’aide d’une fourche-bêche ou d’une griffe. Cela permet d’améliorer la structure du sol, de favoriser l’aération des racines et d’éviter le compactage. Si nécessaire, des amendements organiques (compost ou fumier bien décomposé) peuvent être intégrés au sol, en veillant à ne pas trop perturber sa texture fragile en altitude.
Semis sous abri et protection
En climat montagnard, le mois de mars est encore trop froid pour semer directement en pleine terre. Cependant, c’est le moment de commencer les semis sous abri, dans des serres, des tunnels ou des châssis, qui permettent de protéger les semis des températures fraîches et des risques de gel. Les semis en intérieur peuvent débuter avec des plantes sensibles au froid, comme les tomates, les poivrons, les aubergines et les courges, qui profiteront du temps frais pour germer avant d’être transplantées en pleine terre au mois de mai, lorsque les températures seront plus clémentes.
Il est aussi possible de semer certaines plantes vivaces ou des herbes aromatiques, telles que le thym, le romarin, la ciboulette, la lavande, ou encore l’ail, qui seront ensuite mises en pleine terre dès que le sol sera réchauffé. Les légumes à feuilles comme la laitue ou les épinards peuvent également être semés sous abri pour être repiqués un peu plus tard dans le mois, une fois que les conditions le permettront.
Plantation et taille des arbustes
Mars est également un mois favorable pour la plantation de certains arbres fruitiers, particulièrement ceux qui sont plus résistants au froid, comme les pommiers, poiriers, pruniers et cerisiers, à condition que le sol ne soit pas trop gelé. Il est important de veiller à bien tasser la terre autour des racines pour éviter les poches d’air et faciliter l’enracinement.
En parallèle, il peut être judicieux de procéder à une taille légère des arbustes fruitiers et des plantes ligneuses. Cette taille permet de débarrasser les plantes de leurs branches mortes ou malades et de favoriser la circulation de l’air pour éviter l’apparition de maladies. Pour les rosiers, une taille douce peut être effectuée pour stimuler la croissance de nouvelles pousses au printemps.
Arrosage et protection contre le gel
Le mois de mars est souvent une période où les gels tardifs peuvent encore survenir, bien que le climat montagnard soit plus sec à ce moment-là. Néanmoins, si des températures plus douces se manifestent au cours de la journée, un arrosage peut être nécessaire, en particulier pour les semis réalisés sous abri ou les plantations récentes. L’arrosage doit toutefois être effectué de manière parcimonieuse, car le sol reste encore fragile et humide.
Les jeunes plants, les semis et les plantes les plus sensibles au froid doivent être protégés contre les gelées tardives. Pour cela, des voiles d’hivernage, des cloches ou des châssis peuvent être utilisés. Les couvertures peuvent aider à maintenir une température plus stable et éviter le choc thermique des nuits froides.
Gestion des plantes vivaces et des bulbes
Si le sol est dégelé, mars est un bon moment pour diviser les plantes vivaces qui ont besoin de se multiplier. Les hémérocalles, pivoines, hostas ou encore les iris peuvent être divisés et replantés, ce qui permettra de renouveler les pieds, mais aussi d’assurer une floraison abondante l’été venu. En montagne, le dégel peut se faire progressivement, permettant à ces plantes de repartir dès que les températures sont clémentes.
C’est également une période clé pour replanter ou déplacer les bulbes, comme les tulipes ou les narcisses, qui commencent à émerger à la fin du mois. Les bulbes qui sont encore en terre et qui ont produit des fleurs l’année précédente peuvent être nettoyés et redéposés à un emplacement plus adéquat pour favoriser la floraison.
Le jardinier montagnard en mars fait face à des conditions climatiques exigeantes, où le froid et les risques de gel sont encore omniprésents. Cependant, mars marque aussi un tournant pour préparer le jardin à l’arrivée du printemps. Avec des gestes réfléchis et adaptés, comme les semis sous abri, la plantation d’arbustes résistants, la taille des arbres et la protection des jeunes plantations, il est possible d’entamer la saison de croissance dans les meilleures conditions. La clé réside dans une observation attentive de la météo et une bonne gestion de la protection contre les gelées tardives, tout en étant prêt à intervenir dès que les conditions deviendront favorables pour la plantation en pleine terre.




