Pourquoi du givre alors que la température sous abri peut être de 1° ?.

Le phénomène de givre, même lorsque la température sous abri est supérieure à zéro, peut paraître contre-intuitif au premier abord, car on associe généralement la formation de glace à des températures inférieures à 0°C. Pourtant, ce phénomène se produit lorsque des conditions spécifiques de température, d’humidité et de radiations nocturnes se combinent, permettant à la vapeur d’eau présente dans l’air de se déposer sous forme de cristaux de glace sur des surfaces refroidies. Cela peut se produire même si la température de l’air à l’ombre est juste au-dessus de zéro, comme 1°C, à condition que d’autres facteurs soient réunis.

Lorsqu’une nuit est claire et sans nuage, la chaleur du sol et des objets terrestres est rapidement radiée dans l’espace, ce qui provoque un refroidissement important des surfaces exposées, même si la température de l’air ambiant reste relativement douce. Ce phénomène est connu sous le nom de « radiation nocturne ». En raison de ce refroidissement intense de ces surfaces, comme le sol, les branches d’arbres ou même les voitures, leur température peut chuter en dessous du point de congélation, atteignant des valeurs inférieures à 0°C, alors que l’air reste plus chaud. Par exemple, une surface exposée au ciel dégagé peut se refroidir à -1°C, -2°C, ou même plus bas, alors que l’air ambiant à 1°C ne serait pas assez froid pour permettre la formation de givre directement dans l’air.

La clé pour comprendre ce phénomène réside dans le fait que la formation de givre dépend non pas seulement de la température de l’air, mais aussi de la température de ces surfaces. Lorsque la température d’un objet ou d’une surface descend sous le point de congélation, la vapeur d’eau présente dans l’air se condense directement sous forme de cristaux de glace, un processus appelé sublimation. Cela se produit même si l’air autour reste à 1°C ou légèrement au-dessus, car les cristaux de givre se forment lorsque la température des surfaces est suffisamment froide pour les congeler.

De plus, l’humidité relative de l’air joue également un rôle crucial. Lorsqu’il y a suffisamment de vapeur d’eau dans l’atmosphère et que la température des surfaces est inférieure au point de congélation, les molécules d’eau se condensent et se solidifient, formant ainsi des cristaux de givre. C’est pour cette raison que l’on observe souvent ce phénomène par temps calme, où l’humidité de l’air est relativement stable, sans perturbation par le vent.

Ce processus peut également être facilité par un phénomène appelé « inversion thermique ». Cela se produit lorsque, au lieu de la température qui baisse avec l’altitude, une couche d’air plus chaud reste piégée au-dessus d’une couche d’air froid près du sol. Cette situation est courante lors des nuits claires, surtout en hiver, et elle permet au sol de se refroidir davantage que l’air, d’où la formation de givre sur les surfaces au sol.

En résumé, même si la température de l’air sous abri est de 1°C, la combinaison de la radiation nocturne, de l’humidité élevée, et du refroidissement des surfaces au contact de l’air plus froid permet à ces surfaces de descendre en dessous de zéro et de former des cristaux de givre. Ce phénomène est une illustration parfaite des nuances complexes des interactions atmosphériques et de la manière dont la température de l’air et celle des surfaces peuvent différer, permettant ainsi à ce processus naturel de se produire même à des températures modérées.

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