L’été de la St Martin : quel impact sur le jardin ?.

L’été de la Saint-Martin est un phénomène météorologique bien connu des jardiniers. Cette période de redoux, qui survient autour du 11 novembre, peut avoir un impact surprenant sur les cultures, les plantes en dormance et même sur la faune du jardin. Pour certains, c’est une dernière occasion de profiter du jardin avant l’arrivée définitive de l’hiver. Pour d’autres, c’est une perturbation qui peut provoquer des déséquilibres dans la nature.

Pourquoi parle-t-on d’été de la Saint-Martin ?

Ce redoux automnal tire son nom de Saint Martin de Tours, dont la fête tombe le 11 novembre. Selon la légende, alors qu’il faisait froid, Martin, encore soldat romain, aurait partagé son manteau avec un pauvre. Juste après, le temps se serait réchauffé de manière soudaine et temporaire. Ce phénomène a été observé à de nombreuses reprises et se traduit souvent par quelques jours de douceur inattendue après les premiers frimas de l’automne.

D’un point de vue météorologique, l’été de la Saint-Martin est généralement causé par la présence d’un anticyclone qui bloque les perturbations venues du nord et laisse place à des températures plus clémentes. Cette douceur peut durer quelques jours, voire une semaine, avant que l’hiver ne reprenne ses droits.

Quel impact sur le jardin ?

Ce sursaut de chaleur peut avoir des effets positifs mais aussi quelques inconvénients.

Les avantages sont nombreux. Pour les jardiniers qui ont pris du retard dans leurs travaux d’automne, c’est une opportunité bienvenue pour terminer la préparation du jardin avant l’hiver. On peut encore planter des arbres et des arbustes, diviser certaines vivaces ou semer des engrais verts pour enrichir le sol. C’est aussi le bon moment pour ramasser les feuilles mortes et les broyer afin d’en faire du paillage ou du compost.

Mais ce redoux peut aussi troubler le cycle naturel des plantes. Certaines, trompées par la chaleur soudaine, peuvent amorcer un début de bourgeonnement ou de floraison précoce. Ce phénomène est particulièrement visible chez les rosiers, qui peuvent donner une dernière vague de fleurs, ou chez certains fruitiers qui pourraient être tentés de refaire des pousses. Or, ces jeunes tissus seront très vulnérables dès que les températures chuteront à nouveau.

Les bulbes de printemps comme les tulipes ou les narcisses peuvent également être induits en erreur et démarrer une croissance trop tôt, ce qui pourrait compromettre leur floraison future.

Faut-il agir au jardin pendant cette période ?

L’été de la Saint-Martin n’est pas une période pour tout bouleverser, mais quelques précautions peuvent être prises pour éviter les effets négatifs de ce redoux inattendu.

Si certains arbres ou arbustes montrent des signes de reprise de végétation, mieux vaut éviter de les tailler à ce moment-là. Une coupe favoriserait encore davantage leur réveil et les rendrait plus sensibles aux gelées suivantes.

Si l’on a planté récemment, notamment des vivaces ou des jeunes arbres, un bon paillage est recommandé. La douceur de l’air ne signifie pas que le sol ne se refroidira pas brutalement une fois la période passée. Une couche de feuilles mortes, de paille ou de broyat aidera à stabiliser la température du sol et à protéger les racines.

Pour les légumes d’hiver comme les choux, poireaux et carottes, cette période ne présente pas de risque particulier, mais pour les semis tardifs comme les salades d’automne, une surveillance s’impose. Si la douceur favorise leur croissance, elle peut aussi attirer des ravageurs qui seraient restés en sommeil si le froid était resté installé. Une protection sous un voile peut être utile pour réguler la température et éviter une croissance trop rapide.

Un signal pour la faune du jardin

L’été de la Saint-Martin est aussi une période qui perturbe certains animaux du jardin. Les insectes, croyant à un retour des beaux jours, peuvent refaire surface. On peut observer des abeilles ou des papillons qui ressortent, mais qui risquent d’être piégés dès le retour du froid. Les hérissons, qui ont commencé à hiberner, peuvent être tentés de sortir de leur abri pour trouver de la nourriture. S’ils sont affaiblis par l’hiver qui approche, on peut leur laisser un peu de nourriture adaptée, comme des croquettes pour chats (et surtout pas de lait ni de pain).

Les oiseaux, quant à eux, ne seront pas particulièrement affectés, mais ce peut être une occasion de leur fournir des mangeoires pour les habituer à venir se nourrir avant que le froid ne s’installe vraiment.

Une période agréable, mais à surveiller

Si l’été de la Saint-Martin est souvent perçu comme une bénédiction pour profiter du jardin avant l’hiver, il ne faut pas se laisser tromper par cette douceur temporaire. C’est le moment de finaliser les protections hivernales, d’ajuster les paillages et d’observer l’impact de ce redoux sur les plantes. Il est essentiel de ne pas précipiter certaines tâches comme la taille et de veiller aux jeunes pousses qui pourraient apparaître.

Dès que la période prend fin, le froid peut revenir brutalement, et c’est souvent là que les plantes les plus fragiles souffrent. Un bon suivi du jardin pendant ces jours de redoux permettra d’anticiper le retour du gel et d’assurer une transition plus douce vers l’hiver.

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