Le plan ORSAN (Organisation de la Réponse du Système de Santé en situations sanitaires exceptionnelles) est un dispositif national créé par décret en 2016. Il sert de cadre intégré pour coordonner et renforcer progressivement tous les acteurs de santé – hôpitaux, Samu, médecine de ville, cliniques et secteur médico-social – face à une crise. Il comporte plusieurs volets spécialisés. Pour la canicule, c’est le volet EPI-CLIM qui est activé : il gère les tensions liées aux événements climatiques (canicule, grand froid, pollution) ou aux épidémies saisonnières. Ce plan se distingue du plan blanc (qui est déclenché localement par un établissement en cas de crise interne). Orsan est piloté au niveau régional par les Agences régionales de santé (ARS) et peut être activé nationalement, comme c’est le cas ici. Il repose sur une montée en puissance graduelle en quatre niveaux :
- Niveau 1 : Veille renforcée. Surveillance accrue sans modification majeure de l’organisation.
- Niveau 2 (activé actuellement) : Phase opérationnelle et d’anticipation. Les établissements renforcent leur vigilance, adaptent les effectifs, optimisent les capacités d’accueil et peuvent reporter des interventions non urgentes si nécessaire pour préserver les lits et le personnel pour les urgences liées à la chaleur (déshydratation, coups de chaleur, décompensations cardiaques ou rénales, etc.). Il renforce aussi la coordination entre ville, hôpital et Ehpad, et améliore la régulation des appels au Samu.
- Niveau 3 : Conduite de crise majeure. Mobilisation plus intensive : ouverture de lits supplémentaires, réorganisation de services, rappel de personnels en congé, transferts interrégionaux de patients si saturation, déprogrammations plus larges.
- Niveau 4 : Retour progressif à la normale une fois la crise passée.
Le niveau 2 permettait déjà d’anticiper les décompensations qui arrivent souvent 5 à 10 jours après le début d’une forte chaleur, notamment chez les personnes vulnérables (âgés, malades chroniques, isolés).
Mesures concrètes mises en œuvre Avec ce niveau 2 :
- Suivi quotidien renforcé des capacités hospitalières par les ARS.
- Adaptation des plannings et mobilisation de personnels.
- Report éventuel d’opérations programmées non urgentes (en dernier recours).
- Meilleure coordination pour éviter l’engorgement des urgences.
- Soutien renforcé au secteur médico-social (Ehpad) pour limiter les hospitalisations évitables.
- Régulation médicale accrue via les Samu.
Les autorités insistent sur l’anticipation : mieux vaut agir tôt pour que le système tienne sur la durée, surtout avec des nuits très chaudes qui empêchent la récupération et augmentent les risques sanitaires.
Le niveau 3 représente l’escalade sérieuse dans le dispositif à quatre niveaux du plan Orsan EPI-CLIM. Il est déclenché quand les tensions liées à la canicule deviennent majeures et durables, avec un risque réel de saturation des services d’urgences, des Samu et des lits hospitaliers. À ce stade, on passe d’une anticipation renforcée (niveau 2) à une gestion active de crise, avec des mesures exceptionnelles pour maintenir la capacité de prise en charge des patients, surtout les plus vulnérables touchés par la chaleur (déshydratation, coups de chaleur, décompensations cardiaques, rénales ou respiratoires). Ce qui change concrètement au niveau 3
- Déprogrammations larges : Les interventions chirurgicales et actes programmés non urgents sont reportés sur une échelle plus importante, pas seulement localement ou en dernier recours comme au niveau 2. L’objectif est de libérer des lits, du personnel et des ressources pour les urgences liées à la canicule.
- Renforts exceptionnels : Mobilisation massive de personnels (rappels de soignants en repos, recours à des réservistes, heures supplémentaires, réaffectation de personnels d’autres services). Les ARS peuvent activer des mécanismes de renfort interrégionaux.
- Transferts de patients : Possibilité de transférer des malades vers d’autres établissements, y compris hors région, pour soulager les zones les plus saturées. Cela concerne surtout les patients stables qui peuvent être déplacés sans risque majeur.
- Réorganisation des circuits : Ouverture de lits supplémentaires (extension de capacités en médecine, gériatrie, urgences), création de circuits dédiés pour les patients caniculaires, renforcement de la régulation au Samu-Centre 15, et coordination étroite entre médecine de ville, hôpitaux, cliniques et secteur médico-social (Ehpad notamment).
- Mobilisation élargie : Activation plus forte des plans blancs dans les établissements, plans bleus dans les Ehpad, et une implication plus directe des préfets et de la cellule de crise nationale. La communication vers le public et les professionnels s’intensifie.
Ce niveau reste piloté par les Agences régionales de santé (ARS) avec un suivi national très étroit. Il s’articule avec le plan canicule classique (niveaux 1 à 4) mais va plus loin sur l’organisation hospitalière. Dans le contexte actuel (25 juin 2026)Le gouvernement a activé le niveau 2 national le 23 juin pour anticiper les décompensations qui arrivent souvent 5 à 10 jours après le début des fortes chaleurs. Le passage au niveau 3 n’est pas automatique : il dépend de l’évolution réelle des indicateurs (afflux aux urgences, taux d’occupation des lits, appels au 15, mortalité liée à la chaleur). Avec les records des 23 et 24 juin et des nuits très chaudes, le risque d’escalade existe si la vague persiste plusieurs jours de plus.




