Juin 2025 : le 2ᵉ mois de juin le plus chaud jamais enregistré en France,derrière juin 2003

Source : Meteo France
Juin 2025 vient de s’achever comme le deuxième mois de juin le plus chaud jamais enregistré dans l’Hexagone, se plaçant juste derrière l’inoubliable juin 2003, année de la canicule meurtrière. Avec une anomalie thermique de +3,3 °C par rapport aux normales de référence (+3,6° pour celui de 2003), ce mois a laissé une empreinte durable, marquée par des records locaux, des nuits étouffantes et une prise de conscience croissante face au réchauffement climatique.
Le mois de juin 2025 a été façonné par une vague de chaleur précoce et prolongée, débutant autour du 19 juin et s’étendant jusqu’aux premiers jours de juillet, un épisode classé comme la 50e vague de chaleur nationale depuis 1947. Les relevés de Météo-France indiquent une température moyenne nationale de 21,61 °C, bien en deçà des 22,53 °C de juin 2003, mais suffisamment élevée pour s’imposer comme un record historique. Cette anomalie de +3,3 °C, légèrement inférieure aux +3,6 °C de 2003, a été alimentée par des maximales dépassant régulièrement 35 °C, avec des pics atteignant 41,5 °C à Céret dans les Pyrénées-Orientales le 25 juin et 41,9 °C à Vinsobres dans la Drôme le 30 juin. À Paris Montsouris, les thermomètres ont grimpé jusqu’à 36,5 °C le 25, tandis qu’Avignon a comptabilisé 11 jours au-dessus de 35 °C ( pointe à 39,1° le 30 juin), pulvérisant le précédent record de 7 jours établi en 2019 mais aussi lors du chaud moins de juin de 2003. Le 30 juin s’est même hissé comme la journée la plus chaude jamais mesurée pour un mois de juin, avec un indicateur thermique national de 28,2 °C, surpassant le 27,9 °C du 27 juin 2019.
Cette chaleur a transformé le quotidien des Français, notamment dans le sud et l’est du pays. À Toulouse, un habitant raconte avoir dormi les fenêtres ouvertes sans trouver de fraîcheur, les nuits stagnantes autour de 24 °C rendant le sommeil impossible. Dans le Gard, un agriculteur de Vaucluse témoigne que ses vignes, déjà éprouvées par la sécheresse, ont vu leurs raisins se flétrir sous un soleil implacable, obligeant à des arrosages d’urgence. À Colmar, où quatre jours ont dépassé 35 °C, une enseignante évoque des salles de classe transformées en étuves, avec des élèves en difficulté malgré les ventilateurs. Ces récits, relayés par des médias locaux, soulignent une réalité tangible : la chaleur n’épargne plus les régions autrefois tempérées, imposant un défi physique et psychologique.
Les études confirment cette tendance alarmante. Des travaux de Météo-France montrent que les températures maximales ont affiché une anomalie de +4,2 °C sur la deuxième quinzaine, avec des régions comme le Limousin et le sud du Massif Central enregistrant des écarts de +5 °C à Millau. L’ensoleillement a suivi, avec un excédent national de +26 %, atteignant +40 % dans le bassin parisien et les Pays de la Loire, exacerbant la sensation de chaleur. Les précipitations, elles, ont chuté de 33 % par rapport aux normales, plongeant le sud-est dans une sécheresse précoce, tandis que des orages localisés, comme celui ayant déversé 38,5 mm en six minutes à Bernay, ont ponctué le mois sans apporter de soulagement durable. Une analyse du CNRS lie cette intensité à une combinaison de réchauffement climatique et d’un anticyclone persistant, un schéma qui pourrait se répéter avec une fréquence accrue.

 

Le bilan en détails

Une vague de chaleur précoce et durable concerne le pays depuis le 19 juin durant laquelle la température a dépassé localement 40 °C la journée et où elle n’est pas descendue sous 20 °C la nuit.
Plusieurs villes comme Toulouse, Avignon, Perpignan ou Colmar ont connu un nombre record de jours de très fortes chaleurs (température maximale dépassant 35 °C).
Les précipitations sont déficitaires de 30 % en moyenne sur le pays, avec un déficit particulièrement marqué près de la Méditerranée où il n’a quasiment pas plu. De violents orages ont touché le pays les 13 et 25 juin avec de fortes rafales de vent, de gros grêlons et de forts cumuls de précipitations en peu de temps.

Des températures caniculaires
Avec une température moyenne de 22,2 °C et une anomalie de +3,3 °C, juin 2025 devient le deuxième mois de juin le plus chaud depuis le début des mesures en 1900, derrière juin 2003 (+3,6 °C).

Après un début de mois proche de la normale, les températures sont restées au-dessus des normales de saison, en particulier en fin de mois avec la mise en place d’une vague de chaleur précoce et longue.
Les températures maximales ont été anormalement élevées sur l’ensemble du pays, particulièrement sur le Sud et le relief, où elles dépassent de 4 à 5 °C la normale sur l’ensemble du mois.
Seules quelques régions près de la Manche et les zones de relief n’ont pas connu de températures supérieures à 30 °C (fortes chaleurs). La température a dépassé 35 °C (très fortes chaleurs), sur plus de la moitié du territoire, de façon durable sur la moitié sud. Sur les départements méditerranéens, juin 2025 compte parmi les mois de juin les plus chauds, avec juin 2022 et juin 2003.
Les nuits tropicales (température minimale dépassant 20 °C) ont été particulièrement fréquentes près de la Méditerranée, conséquence d’une température de l’eau très chaude pour la saison (25 °C, +5 °C par rapport à la normale).

Source Météo France

Une pluviométrie très insuffisante

Les précipitations ont été très faibles autour de la Méditerranée (moins de 5 mm), parfois même inexistantes comme à Marseille, Cassis (Bouches-du-Rhône) ou encore Ajaccio et Calvi. Le déficit de précipitations dépasse 75 %.
Les régions allant du Poitou au Centre – Val de Loire aux Pays de la Loire ont bénéficié de moins de 20 mm de pluie au cours du mois, ce qui représente un déficit dépassant localement 50 %.
Au pied des Pyrénées, la pluviométrie est en revanche conforme à la normale. Les régions au nord de la Loire ou encore sur le Nord-Est ont reçu plus de pluie qu’à l’accoutumée, l’excédent atteignant 20 à 40 %. À l’échelle du mois et du pays, la pluviométrie est déficitaire de 30 %.

La sécheresse des sols s’est installée dès le début du printemps sur le tiers nord de la France. Cette sécheresse s’est élargie à l’ensemble de la moitié nord à la fin du mois d’avril.
En lien avec les faibles précipitations de ce mois de juin et les températures caniculaires de ces derniers jours, la sécheresse des sols s’est désormais étendue à une grande partie du territoire avec des sols superficiels plus secs que la normale.

Le soleil très généreux sur l’ensemble du pays
Conséquence des conditions anticycloniques dominantes au cours du mois de juin, l’ensoleillement a été excédentaire sur le pays (+20 %).
Le soleil a été particulièrement généreux sur la moitié nord (excédent de +20 à +40 %). L’ensoleillement est légèrement excédentaire sur la moitié sud (+10 à +20 %).

 

Zoom régional
Une nouvelle vague de chaleur longue et intense
Une vague de chaleur précoce et longue a débuté le 19 juin sur la France et devrait se terminer dans les premiers jours de juillet. Il s’agit de la 50e vague de chaleur recensée à l’échelle nationale depuis le début de l’indicateur en 1947.
Au cours de cet épisode, la chaleur a été intense et durable sur de nombreuses régions. Ainsi, le nombre de très fortes chaleurs, jours durant lesquels la température maximale a dépassé 35 °C, sur certaines villes est inédit pour un mois de juin (liste non exhaustive) :

En juin 2025, 600 postes de mesure ont enregistré au moins à une reprise 35 °C (ou plus) soit 70 % des stations automatiques du réseau de Météo-France. En juin 2019, 2022 ou 2003, respectivement 82 %, 75 % et 57 % du réseau avait enregistré au moins 35 °C.
Mais, en juin 2025, le nombre de dépassements a été remarquable par la fréquence : près de 10 % des températures maximales enregistrées en juin 2025 ont dépassé 35 °C (9 % en 2019, 7 % en 2003 et 6 % en 2022).

La température a pu dépasser localement 40 °C dès le 24 juin dans l’Hérault (40,2 °C à Moulès-et-Baucels) ou encore le 25 juin dans les Pyrénées-Orientales (41,5 °C à Céret) puis de nouveau les 28, 29 juin sur les régions méditerranéennes et le 30 juin près de la Méditerranée et dans le Sud-Ouest.
Les nuits sont restées suffocantes près de la Méditerranée (température minimale supérieure à 20 °C), conséquence notamment d’une température de l’eau anormalement chaude (25 °C, +5 °C par rapport à la normale).
Le 30 juin, la France a connu la nuit la plus chaude jamais enregistrée pour un mois de juin, avec une température minimale de 20,2 °C (précédent: 20,1 °C le 27/06/2019) et son après-midi la plus chaude de juin, avec 36,2 °C, exaequo avec la journée du 18/06/2022.

Source Météo France

Violentes dégradations orageuses les 13 et 25 juin
Le 13 juin, de violents orages se forment sur le Sud-Ouest et le Nord-Ouest du pays. Ils apportent de gros grêlons, de violentes rafales de vent et localement beaucoup de pluie comme à Rouen (Seine-Maritime) avec 124 km/h et 50 mm en une heure. On dénombre près de 20 000 éclairs sur le pays au cours de cet épisode.
Le 25 juin, une violente dégradation orageuse balaie la France du sud au nord dès la fin d’après-midi. Les orages génèrent de violentes rafales de vent :
• 140 km/h à Bailleul-le-Soc (Oise) ;
• 135 km/h à Montbeugny (Allier) ;
• 126 km/h à Bernay (Eure) ;
• 114 km/h à Montauban (Tarn-et-Garonne) ;
• 109 km/h à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) ;
• 107 km/h à Autun (Saône-et-Loire) ;
• 102 km/h à Nancy (Meurthe-et-Moselle).
L’activité orageuse est localement accompagnée de gros grêlons et de pluies intenses : le 25 juin, il est tombé plus de 50 mm en une heure à Bernay dans l’Eure. Plus de 15 000 éclairs ont également été enregistrés au cours de cet épisode

Les enquêtes mettent en lumière les failles de notre résilience. Une investigation de Franceinfo révèle que seulement 30 % des foyers français, et encore moins dans le sud-est, disposent de climatisation, un équipement coûteux qui reste un luxe pour beaucoup. À Marseille, une mairie a recensé une hausse de 15 % des appels pour malaises chez les personnes âgées, un chiffre qui alerte sur les risques sanitaires. Les autorités ont multiplié les points d’eau et les patrouilles, mais les témoignages d’habitants, comme une retraitée de Draguignan préférant les brumisateurs aux appareils électriques, traduisent une méfiance envers des solutions perçues comme énergivores. Cette fracture entre besoin et accès aux outils de rafraîchissement soulève des questions sur les politiques d’adaptation.
Les analyses climatiques approfondissent le constat. Depuis 1900, la température moyenne annuelle en France a grimpé de 1,7 °C, et les mois de juin, traditionnellement doux, s’alignent désormais sur des profils estivaux d’antan. Les projections de Météo-France anticipent une multiplication par dix des jours de canicule d’ici 2100 si les émissions de gaz à effet de serre persistent, avec des juillet et août qui pourraient devenir des prolongements de ce juin 2025. Cette évolution pousse les experts à repenser l’urbanisme, plaidant pour des toitures végétalisées et des espaces verts, des mesures testées avec succès à Montpellier mais encore marginales. Pourtant, les critiques pointent un manque d’investissements, les budgets alloués restant insuffisants face à l’ampleur du défi.
Cette chaleur exceptionnelle a aussi des répercussions économiques. L’Ademe estime que les pertes de productivité liées aux vagues de chaleur atteignent déjà un milliard d’euros par an, un coût qui grimpe avec des épisodes comme celui-ci, forçant les entreprises à ajuster les horaires ou à équiper leurs locaux. Dans les écoles, la fermeture anticipée de certaines classes a été évoquée, un sujet débattu lors de conseils municipaux à Nîmes. À l’inverse, le tourisme côtier a profité de températures méditerranéennes atteignant 26 °C, attirant des vacanciers malgré les alertes, un paradoxe relevé par une enquête de Le Monde.
En conclusion, juin 2025, avec son titre de deuxième mois de juin le plus chaud derrière 2003, marque un tournant dans l’histoire climatique française. Ce vendredi matin, alors que les 14 départements du sud-est restent sous vigilance orange, les relevés et témoignages dessinent une nation confrontée à une chaleur qui s’installe, portée par des études alarmantes et des enquêtes sur nos faiblesses. Entre résilience et urgence, la question reste ouverte : ce mois n’est-il qu’un avant-goût d’un été à venir, ou un appel à transformer radicalement nos modes de vie face à un climat qui échappe aux normes d’hier ?
Dossier réalisé avec l’aide du communiqué de presse de Météo France
PARTAGEZ CET ARTICLE