Bilan climatique : un mois de janvier très humide en France.

Météo France vient de publier le premier bulletin climatique mensuel pour 2025. Le mois de janvier a encore été marqué par de fortes précipitations. Les températures sont restées proches de la normale.

Ce qu’il faut retenir :

Des pluies abondantes sur le pays, avec une série de perturbations au Nord-Ouest
Deux épisodes de douceur entrecoupés d’un épisode froid
Un soleil généreux sur le Nord-Est

Des pluies abondantes sur le pays, avec une série de perturbations au Nord-Ouest

Si le milieu du mois de janvier a été marqué par des conditions anticycloniques froides, janvier 2025 a débuté dans des conditions agitées et s’est terminé avec une succession de dépressions touchant le pays (Gabri, Eowyn, Herminia puis Ivo).

Les précipitations ont été abondantes sur la majeure partie du territoire. Janvier 2025 affiche ainsi un excédent pluviométrique de 50 % (cumul de 125 mm). Il est tombé plus de deux fois la normale sur le quart nord-ouest du pays ou encore sur les Alpes.
Des cumuls de précipitations inédits

Avec un excédent atteignant parfois trois fois la normale, janvier 2025 devient le mois de janvier le plus arrosé sur l’Ille-et-Vilaine et la Loire-Atlantique, et le deuxième mois de janvier le plus arrosé sur le Morbihan et les Côtes-d’Armor (derrière janvier 1995), entraînant ainsi des inondations historiques.

À Rennes, janvier 2025 devient le mois le plus pluvieux jamais enregistré depuis 1945.

Seules les régions les plus méridionales (Pyrénées et Roussillon) ont connu un déficit de pluie, parfois très marqué (-65 % sur les Pyrénées-Orientales, -50 % sur l’Aude).

Quant à l’enneigement, il est déficitaire sur les Pyrénées à la fin janvier. Sur les Alpes, il est proche de la normale ou excédentaire à haute altitude, mais déficitaire à basse altitude.

Deux épisodes de douceur entrecoupés d’un épisode froid

À l’échelle du pays, la température moyenne de janvier 2025 est proche de la normale (anomalie de +0,5 °C). Les températures ont été anormalement douces sur l’ensemble des massifs montagneux. Elles sont en revanche restées inférieures à la normale sur le nord-ouest du pays.

Le milieu de mois a été marqué par des conditions anticycloniques froides avec de fortes gelées le matin et des journées parfois sans dégel. Si la France a enregistré le 14 janvier sa nuit la plus froide depuis 2018, cet épisode de températures anormalement froides ne peut être qualifié de vague de froid.

Conséquence du changement climatique, les vagues de froid se raréfient sur le pays : la dernière observée remonte à février 2018.

Un soleil généreux sur le Nord-Est

Très contrasté, l’ensoleillement à l’échelle du mois et du pays est proche de la normale. Il est déficitaire de la frontière belge au Val de Loire, sur le Sud-Ouest et sur les régions méditerranéennes (-10 à -30 %). L’ensoleillement est en revanche excédentaire sur le nord-est du pays (+20 à +60 %).

Quelques faits marquants :

Retour sur Dikeledi, le cyclone qui a frappé Mayotte un mois après Chido
Fortes gelées mi-janvier dans l’Hexagone
Retour sur les pluies abondantes et les inondations d’ampleur dans le Nord-Ouest

Des précipitations très abondantes sur le Nord-Ouest, déficitaires sur le Sud-Est

Les pluies ont été très inégalement réparties sur le territoire hexagonal. Le nord-ouest du pays a connu des cumuls de pluie très importants, parfois historiques :

Rennes : 202,5 mm, valeur mensuelle la plus élevée jamais enregistrée à la station (mesures depuis 1944). Cela représente plus de trois fois la normale mensuelle.
Saint-Brieuc : 184,5 mm, valeur inédite pour un mois de janvier.
Saint-Nazaire : 208,3 mm, valeur inédite pour un mois de janvier.

Le contraste est saisissant avec le pourtour méditerranéen, en particulier le Roussillon, où l’on a enregistré de très faibles cumuls :

Perpignan : 11,2 mm (-80 % par rapport aux normales).
Leucate (Aude) : 22,1 mm (-50 % par rapport aux normales).

Un ensoleillement très contrasté

L’ensoleillement a été particulièrement important pour la saison sur le relief ou encore sur le Nord-Est :

Strasbourg : 89 heures de soleil (+60 %). C’est le 2ᵉ mois de janvier le plus ensoleillé derrière 2009 (103 heures).
Besançon : 99 heures (+45 %).

Sur le Centre et le Val de Loire, les grisailles ont été encore très tenaces. Ainsi, le soleil a très peu brillé sur ces régions :

Blois : 40 heures (-35 %).
Chartres : 40 heures (-35 %).

Sur ces régions, l’ensoleillement est déficitaire depuis le mois de septembre 2024.
Des températures anormalement froides en milieu de mois, mais loin d’être inédites

En milieu de mois, du 12 au 20 janvier, les températures sont restées plus froides que les normales de saison. Au cours de cet épisode :

Toulouse a connu une série de neuf gelées consécutives (du 12 au 20 janvier), une première depuis 10 ans. On reste cependant loin de 1955 (17 gelées consécutives) ou encore de février 2012 (14 gelées consécutives).
Dijon, Mâcon ou encore Strasbourg ont enregistré 3 journées consécutives sans dégel, bien loin des séries enregistrées lors des hivers d’antan (jusqu’à 30 journées consécutives sans dégel lors des vagues de froid des années 50 ou 60).

Aucune valeur inédite de froid n’a néanmoins été enregistrée au cours de cet épisode.

Douceur remarquable sur l’Est en fin de mois

En marge de la tempête Eowyn qui a sévi sur l’Irlande et le Royaume-Uni le 24 et le 25 janvier, le mercure a atteint des niveaux inédits pour un mois de janvier sur le flanc est :

20,3 °C à Chambéry ;
18,7 °C à Ambérieu ;
18,2 °C à Grenoble-St-Geoirs ;
17,6 °C à Strasbourg.

Communiqué de presse de Météo France

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