Les inondations des 9 et 24 novembre 1944 dans l’Ain
Il y a tout juste 80 ans, en ce mois de novembre 1944, l’Ain avait subi d’importantes inondations.
En cette fin de première décade de novembre 1944, les précipitations ne cessent de tomber sur la région et pour corser le tout, la neige a fait une apparition timide mais refroidissante sur les plaines de l’Ain. Naturellement en montagne, les sommets en ont pris une dose correspondante à leur altitude. En plaine, rivières et cours d’eau sont en crue. Dans notre proche région, la Reyssouze et la Veyle sont sorties de leur lit. Des chemins sont coupés, prairies et champs sont recouverts d’eau. La Saône et l’Ain ont également élevé dangereusement le niveau de leur cours où ce dernier a atteint une côte de 4,72 m. Pendant ce temps, nombreux sont les cultivateurs qui n’arrivent pas à terminer leurs semailles.
En fin de mois, le 24, de nouvelles crues et inondations se produisent de nouveau un peu partout, sur notre département notamment. On signala la hausse inquiétante des fleuves et des rivières. De très graves dégâts ont déjà été causés par les inondations et le mauvais temps qui persiste menaçait d’occasionner les pires catastrophes. La crue de l’Ain tout aussi forte qu’en début de mois, a encore augmenté. A Pont d’Ain, le quartier du Blanchon sur la rive gauche évacué il y a trois semaines a dû être évacué de nouveau. A Neuville sur Ain, l’eau atteint presque le tablier du pont, tandis qu’en aval, elle atteint après Varambon la route de Priay.
En face de cette commune, l’eau est sortie du lit de la rivière et s’étale sur de vastes étendues. On note aussi qu’à Lyon, en raison de la crue du Rhône, de nombreux pont provisoires ont été fermés à la circulation ; seul le pont de la Guillotière, rouvert la veille à la circulation, présente des garanties suffisantes de sécurité. De nouvelles perturbations sont également apportées au trafic téléphonique où de nombreuses lignes sont coupées à l’intérieur de la ville de Lyon.
A Bellegarde sur Valserine, les chutes de la perte du Rhône disparaissent sous la masse d’eau. A l’usine des forces motrices, installée dans la gorge, au confluent du Rhône et de la Valserine, les turbines sont arrêtées et à demi submergées. Cette crue du Rhône ne manque pas de provoquer de sérieuses craintes à Génissiat, où les tunnels de dérivation n’arrivent pas à canaliser le débit des 1400 mètres cubes secondes accusé par le fleuve. Les ouvrages préliminaires à la construction du barrage sont menacés d’être submergés. Depuis 1910, on n’avait pas vu de pareille crue du Rhône.




