Rétro : la tempête de neige en Auvergne du 25 décembre 1957.

Photo d'illustration.

L’Auvergne touchée fin décembre 1957 par d’abondantes chutes de neige.

La veillée et la journée de Noël 1957 ont été bien éprouvantes pour les habitants du Massif Central, la neige causant de graves dégâts. D’importantes chutes de neige se sont abattues au point que l’Auvergne fut littéralement ensevelie sous une véritable tempête. Au Mont Dore, la couche dépasse les 50 centimètres. Les routes qui y mènent par le col de Guéry et de celui de la Croix Morand ont été coupées. A Ambert et dans la montagne environnante, il y a plus de 25 cm de neige. Dans le Cantal, au Lioran, la couche atteignait les 40 cm et le chasse-neige a dû intervenir pour dégager la route Clermont Ferrand-Aurillac. La couche dépasse 40 cm en Haute Loire et la route qui permet de relier le Puy à Aurillac est obstruée sur le plateau de Peyrebelle.

Les communications téléphoniques entre Clermont-Ferrand et le Puy ont été interrompues. Une cinquantaine de voitures sont bloquées par la neige. Saint Flour a été pratiquement isolée. Le car assurant le service avec Clermont a été bloqué depuis la veille de Noël. On a dû faire appel à un chasse-neige pour le dégager mais celui-ci est arrivé à St Flour avec trois heures de retard. Par suite du poids de la neige, plusieurs câbles électriques ont cédé et St Flour a été privée de lumière pendant la nuit. On a dû user de chandelles pour le réveillon. Des dégâts importants ont également été causés aux lignes téléphoniques. Le central téléphonique du Puy n’a pu conserver la liaison qu’avec trois cantons sur dix. Le secteur Langeac-Brioude a été complètement isolé . Sur la route nationale 102, 53 poteaux téléphoniques sont couchés sur la route. De graves dégâts sont aussi signalés le long de la voie ferrée Le Puy-St Georges d’Aurac.

Le lendemain, de nombreux itinéraires sont encore rendus impraticables mais par la neige le col de Diane sur la route nationale 496 (Tauves-Lyon) est fermé. Les routes nationales 497 de Clermont à Ambert et 683 entre Clermont et le Mont Dore, par le lac de Guéry sont également interdites. Le vendredi 27 décembre, le retour à une vie normale est assez lent en Haute Loire. La ligne ferroviaire Clermont-Nîmes reste coupée.

A St Flour, six trains à vapeur sont arrivés dont celui de Paris avec plusieurs heures de retard. Dans les services publics, on note que les villes et les gros bourgs ont retrouvé le courant électrique, notamment St Flour, la ville la plus éprouvée. Les lignes de téléphone n’ont pu encore être rétablies entre Issoire et Brioude notamment ; il faudra l’aide d’un train-parc.  300 poteaux ont été abattus en Haute Loire soit 30 millions de dommages. Des équipes de secours d’urgence ont été mises sur pied pour procéder aux réparations nécessaires. A Issoire, la neige a fait effondrer un hangar du terrain d’aviation. Les avions abrités ont été détruits ou endommagés et les dégâts se chiffrent par dizaines de millions. A St Paul de Tartas,  trois maisons se sont écroulées.

A noter que cette tempête de neige n’est pas épargnée non plus le département de l’Ardèche. La neige particulièrement abondante sur le plateau de l’Ardèche a détruit plusieurs fermes entre Aubenas et Le Puy, notamment près de Lanarce. De nombreux poteaux téléphoniques ont été également brisés dans ce secteur. Les dégâts ont été estimés en Ardèche à plusieurs dizaines de millions de francs anciens. Dans la région de Ste Eulalie, un collecteur de lait d’une société d’Aubenas a été bloqué par la neige avec les 3000 litres qu’il devait descendre dans la vallée. Le 29 décembre, la situation est encore laborieuse dans le massif Central où le froid jusqu’à -10° freine la fonte de la neige et la couche étant épaisse depuis Noël. le verglas a aussi rendu plus difficile encore la circulation routière.

Tandis que se poursuit néanmoins la réparation des lignes téléphoniques et électriques et que le trafic ferroviaire s’est normalisé entre Nîmes et Neussargues dans le Cantal, un premier bilan a pu être dressé. Ceux-ci sont évalués en Haute-Loire, rien qu’en ce qui concerne les PTT et l’EDF à une centaine de millions de francs. Dans le Cantal où 10 communes du secteur de St Flour le plus impacté sont encore privées d’électricité et de téléphone et dans le Puy de Dôme les dégâts se montent aussi par millions.

On peut y ajouter aussi les pertes encore non précisées qui ont été causées dans les trois départements de la Haute Loire, du Cantal et du Puy de Dôme, aux installations ferroviaires, aux plantations d’arbres fruitiers, aux forêts et notamment aux sapinières de la région de St Flour. Pour le seul hameau de Pirou, commune de St Georges dans le Cantal, les pertes subies par les exploitations forestières ont été chiffrées à 15 millions. Aux sapinières de la Margeride, on les évalue à plusieurs dizaines de millions. L’effondrement d’une dizaine de fermes ou de maison dans la région de St Paul de Tartas en Haute-Loire ajoute encore aux dommages.