L’orage du 28 juillet 1901 dans l’Ain.

Le terrible orage du 28 juillet 1901

Un orage d’ une extrême violence a sévi sur notre département de l’ Ain en ce dimanche 28 juillet 1901. Les dégâts furent immenses sur plusieurs localités. A Jujurieux on parla d’ un véritable cyclone de grêle et de pluie qui dévasta la région. Les grêlons avaient souvent la grosseur d’une noix et l’ on juge par là du ravage qu’ ils ont pu causer. Les tuiles furent enlevées, les vitres brisées, les poteaux télégraphiques renversés, les arbres abattus qui obstruèrent les routes. En quelques instants tout devint désolation. Le tramway Ambérieu – Cerdon dut être interrompue. Les fils conducteurs de l’ usine électrique ont été rompus. Les communes les plus éprouvées par cet ouragan furent celles de Jujurieux, St Jean le Vieux, Poncin, Boyeux St Jérôme, Mérignat, Cerdon, Leymiat et Le Préau. Ce fut une véritable désolation pour les cultivateurs. Les récoltes furent absolument hachées, et couchées au sol. Quant à la vigne, ce ne fut pas mieux. Les raisins très nombreux jonchèrent le sol également. Une heure seulement a suffi pour provoquer tous ces dégâts qui furent irréparables pour nos vignobles. Les plus éprouvés furent ceux de la Boissière, la Verjatière et le grand vignoble de Fayolle.

La grêle s’ est abattue aussi sur le secteur de Neuville sur Ain y causant les mêmes pertes. A Pont d’ Ain les récoltes sont complètement perdues à certains endroits ; du côté d’ Ambronay les arbres se sont retrouvés bien souvent totalement dépouillés de leurs feuilles, comme en plein hiver. L’ orage qui suivait le cours de la rivière d’ Ain allant du midi au nord et venant du côté de Méximieux a traversé les communes de Villieu, Leyment, Loyes, Mallon, Châtillon la Palud, Villette sur Ain et Priay. De là obliquant à l’ est, l’ orage se dirigea du côté du Bugey, sur Ambronay, St Jean le Vieux, Poncin et Cerdon. Depuis 1860, on n’ avait pas souvenir d’ un tel désastre dans notre région.

Des arbres ont été arrachés, plusieurs poteaux télégraphiques ont été brisés et du côté d’ Ambérieu les communications télégraphiques furent interrompues. A Cerdon, et Ambronay des vitres ont été brisées. A Pont d’ Ain et Druillat plus des 2 tiers de la récolte sont perdus. ; les caves furent envahies par les eaux. Les vignes furent partout ravinées et des amas considérables de terre furent entrainés par les flots. La vision de la campagne fut lamentable.

La grêle a produit des ravages énormes sur les communes de Ste Julie, Leyment et surtout dans la région de la Côtière, St Maurice de Beynost, Gévrieux, Dublanne etc…Dans tous ces secteurs une bonne partie de la récolte est complètement perdue. Les vignes furent là encore très éprouvées par les cieux. Dans le secteur de Tenay l’ orage provoqua un éboulement sur la montagne de la côte d’ Hostiaz. Un bloc de rocher de 400 à 500 kilos se détacha du flanc de la montagne, venant rouler contre une maison dans la quartier de la Guinguette. Les dégâts matériels furent très importants.

Côté trains, tous ceux en provenance d’ Ambérieu et à destination de Bellegarde connurent des retards considérables au point qu’ ils arrivèrent le lendemain en raison des nombreux dégâts occasionés dans la journée et la nuit du dimanche.

A St André de Corcy, plus au centre du département, la pluie fut accompagnée de grêle d’ un diamètre équivalent à celui de noix. Tout cela tomba pendant une heure, ravageant tout sur son passage. La commune la plus éprouvée dans ce secteur fut Mionnay. Ce fut un véritable désastre avec de gros arbres coupés en 2 et arrachés. Cela perturba la circulation. La toiture d’ une ferme fut transportée à plusieurs mètres. Ici de mémoire d’ homme on n’ avait pas souvenir d’une telle catastrophe. A noter enfin de nombreux dégâts également à Chatillon sur Chalaronne et à Feillens où les agriculteurs furent blessés par la foudre.